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 La rue commerçante

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Charlie Dickens
Humain


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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Dim 8 Juil 2012 - 20:33

Spoiler:
 


Pendant que le présentateur lançait son baratin à la caméra et aux jumelles, Charlie cherchait désespérément une issue, une brèche qui lui permettrait de prendre ses jambes à son cou et de planter toute l'équipe de tournage et son leader, ayant probablement pactisé avec le diable pour un sourire aussi blanc, en pleine rue, comme ça, sans demander son reste. Le tout s'était de le faire sans que big brother la remarque, mais le caméraman pointait toujours et vicieusement sa caméra sur le petit trio qu'elle formait avec les jumelles. Condamnée à y rester, visiblement, Dickens regardait à quel point Amy et Emmy avaient l'air de deux petits poissons dans l'eau, faisant quasiment fi de la caméra et lorsque Emmy reconnue ''le beau mec de la télé'', Charlie arqua de nouveau un sourcil, vraiment, elle le reconnaissait ? Il lui faudrait apparemment regarder bien plus la ''boîte à images'' qui lui servait de patère dans sa chambre qu'auparavant, histoire d'éviter les spots de ces stupides séries télé !

Le comble fut sans doute lorsque Mr. Garnett, plein d'humilité vraisemblablement, répéta et affirma qu'il était le ''beau mec du matin'', ce qui acheva la jeune anglaise pas très friande de ce genre de personnage ne passant plus les portes tant sa boîte crânienne était enflées d'orgueil et de fierté. Fierté pour quoi ? Charlie ne le savait pas trop en fait... Quoi qu'il en soit, Dickens aurait bien aimé donner un faux nom à la caméra lorsque le nouveau Jim Jones irlandais leur proposa de faire connaissance, mais elle avait déjà donné son véritable prénom aux jumelles et prise de court, se résigna à se présenter à Garnett. Habituellement ils ne devaient pas faire signer des décharges pour ce genre d'émission ? Et l'autre crétin qui leur demandait si elles savaient pourquoi ils étaient là... Oh ! qu'elle avait envie de lui dire de se foutre le micro du perchiste là où elle l'imaginait, oh ! qu'elle avait envie de lui pourrir son show ! Des épreuves, à ça non ! Hors de question, pas pour un truc aussi stupide que cette émission de télé pour les défavorisés mental... Même pour un an de loyer !

Mais lorsque Emmy se retourna vers elle, l'air d'une enfant prête à jouer, Charlie réfléchit quelques secondes, peut-être que les jumelles en auraient besoin de cette année de loyer, qu'il ne fallait pas penser qu'à sa gueule, que peut-être ça leur rendrait service... Forçant un petit sourire qu'elle voulut sincère, Charlie ne put se résoudre à refuser, finalement. C'est hochant la tête et se rapprochant un peu du groupe et de Jim Jones, qu'elle accepta de se prêter au jeu, à contrecœur, lâchant un petit rire nerveux tout en tritura une mèche de ses longs cheveux.

- M'oui... aller, pourquoi pas...

Il n'en fallut pas plus à Andy Garnett pour lancer le début des festivités, lançant un regard complice à la caméra et aux bonnes femmes qui devaient savoir exactement ce à quoi les trois charmantes demoiselles juste à côté de lui allaient avoir à faire pour espérer gagner le gros lot. Sans plus attendre il fit signe au reste de l'équipe restée un peu plus loin sur la route, attendant sournoisement et avidement le signe du chef de meute, lui évidemment, Andy Garnett, mais c'est qu'après tout, il adorait être l'élément primo de tout ce beau monde, celui qui par un claquement de doigt obtenait ce qu'il voulait sur son show. Voyant l'équipe approcher, il revint sur les trois jeunes femmes afin de leur expliquer en quoi consisterait la première épreuve.

- Voilà mesdemoiselles, le jeu est lancé, êtes vous-prêtes ? Enfin, vous le devriez si vous souhaitez gagner le gros lot ! Alors, voici les techniciens qui approchent, il vous distribueront les accessoires nécessaires pour ce premier challenge, je vois déjà vos jolis minois s'interroger sur la nature de l'exercice que vous devrez accomplir pour passer à l'épreuve suivante, oh ne vous inquiétez pas chères demoiselles et vous non plus à la maison (un clin d'œil à la caméra). Je vous explique à l'instant de quoi il en retourne !

Les techniciens, en hors champs bien sûr parce que c'était Garnett l'élément vendeur et central de cette télédiffusion grande qualité ainsi que les jolies passantes et parfois passants qui avaient la chance d'y participer, avaient distribués le matériel aux jeunes femmes, soit deux assiettes en plastique jaune avec au centre le logo de l'émission, bien évidemment, deux balles rouges ainsi que deux casques assortis avec des espèces de trépieds sur le dessus de chacun. Deux sauts rouges avaient été placés un peu plus loin sur l'allée et Garnett déblatérait désormais sur les règles à suivre et le déroulement de l'épreuve.

- Tout simple mesdemoiselles, l'une d'entre vous (un air faussement pensif sur son joli faciès et faisant mine de chercher laquelle ferait l'affaire, le tout avait déjà été planifié dès qu'il les avait rencontré. Stratégiquement, il lui fallait la moins motivée et la plus récalcitrante parce que les deux autres compteraient sur elle.) Charlie ! Oui toi ma jolie, vient par ici que je t'explique un peu ce que tu auras à faire pour vous conduire toutes les trois à la victoire !

L'agrippant par les épaules, il la plaque à côté de lui, bien en face de la caméra, et comme une confession entre-lui, elle et les centaines... oh allé, les milliers d'autres spectateurs, osa-t-il penser, il s'appliqua sérieusement tel un chef militaire, à lui expliquer son rôle dans cette épreuve quelque peu farfelue.

- Alors, alors, alors, c'est tout simple ! Tu vois ces deux assiettes et ces deux balles ? Oui, bien ! Le but, c'est de ne jamais faire tomber les balles des assiettes, tu devras faire un petit parcours pour arriver à tes charmantes coéquipières, en fait, tu n'auras qu'à suivre les cônes orangés déposés par l'équipe techniques là bas, tu vois ? Bien ! Quelques surprises t'attendront, mais une fois arrivée ici (il pointa le sol juste devant leur pied) tu n'auras qu'à déposer les assiettes sur les casques que porteront tes coéquipières de jeu.

Lâchant Charlie, il se saisit des jumelles, l'une de chaque côté, il fallait le dire c'était agréable d'être ainsi bien entouré, c'était sans doute les avantages indéniables du métier. Tout comme pour Charlie, Andy s'empressa d'expliquer le jeu aux jolies jumelles de part et d'autre de sa personne.

- Donc, mes jolies, vous avez suivi jusqu'à présent ? Bien ! Votre tâche à vous, sera de mettre les casques, tout d'abord, bien entendu (clin d'œil à la caméra en tout bon charmeur complice qu'il était suivit d'un rire enjôleur visant à faire fondre les ménagères), ensuite vous devrez tourner sur vous même jusqu'à ce que Charlie arrive avec les assiettes et les posent sur chacun de vos adorable petit crâne. Là où ça se corse un peu, c'est qu'il faudra marcher, courir, ou comme vous le voudrez, sans échapper les balles par terre en plus des surprise préparées par notre équipe, jusqu'au saut là-bas (pointant les sauts en hors champs à environ 50 mètres de là). Si vous réussissez cela mesdemoiselles, nous passerons à la prochaine épreuve ! Maintenant si vous n'avez aucune question, je vous laisse aller vous préparer, aller hop !

Charlie, serrant les dents, mais souriant toujours, se retourna et commença à marcher vers l'endroit indiqué un peu plus tôt, contournant le parcours de cônes d'au moins 50 mètres lui aussi, sans aucune réelle motivation, finalement cette journée était définitivement pourrie jusqu'à la moelle.

- Aller hop hop, un peu plus d'entrain Charlie, au pas de course aller !

Il pouvait bien aller se faire foutre celui-là ! Charlie ne fit qu'augmenter légèrement le pas, histoire de. Enfin arrivé au départ de ce fichu parcours, on lui donna les deux assiettes, première chose qu'elle remarqua fut la légère brise qui soufflait toujours, un point en moins pour elle. Dickens soupira, puis analysa rapidement le petit circuit imaginé par l'équipe technique et eu tôt fait de repérer les trois techniciens qui l'attendaient sournoisement aux trois virages que contenait le parcours. La petite blonde soupira de plus belle, luttant contre le vent qui ne se faisait pas allié du tout.

- Vous êtes prêtes Charlie ? Faites-moi un signe de main ! Ah mais oui, suis-je bête (regard vers la caméra, toujours aussi complice avec monsieur et madame tout le monde) un simple oui et ça ira !

- Mais quel abruti...

Grommela la jeune anglaise, puis arborant un sourire aussi fake que les précédents, elle cria.

- Oui !

- Dans ce cas, nous allons débuter à l'instant, GO GO GO !

Et voilà, maintenant, il allait commenter le tout, il avait eu de la chance pour le coup, trois jolies filles et pas de problème, quoi qu'au début il avait un peu douté pour cette Charlie, elle avait vite changé d'idée, il y arrivait toujours, il était vraiment fait pour ce métier, il était doué, charmant et charismatique, que demander de plus ?

Charlie s'activa au bout du parcours, oh seigneur, ça n'allait pas être de la tarte et en prime elle avait l'air d'une idiote à faire de la marche rapide, le regard obnubilé par les deux balles rouges dans ces stupides assiettes jaunes. Suivant les cônes, une bourrasque de vent faillit bien mettre un terme à cette épreuve, ce qui n'aurait pas trop déçue Charlie en fait, mais comme elle ne faisait pas les choses à moitié, elle lutta et l'emporta sur Borée qui, visiblement n'avait pas envie d'être ami ami avec elle.

Arrivée au premier tournant, Charlie se dit que si ça ne se compliquait pas, ce serait assez facile en fait, qu'elle finirait ces épreuves assez rapidement et pourrait rentrer à l'hôtel et se commander une pizza, mais au moment d'entamer le virage, le technicien qu'elle avait momentanément oublié, sortit un microphone et lui balança la sirène de ce dernier au max à seulement quelques centimètres des oreilles. Inutile de le dire, Charlie faillit faire une crise cardiaque et tout ficher en l'air. Combattant son premier réflexe visant la pérennité de son ouïe, maugréant des insultes bien salées, Charlie continua le parcours, appréhendant désormais le prochain virage. Chemin faisant vers le point tant redouté, d'autres bourrasques de vent vinrent ''épicés'' le jeu, comme elle entendit ce cher Garnett le dire à sa précieuse caméra. Si elle n'avait pas été filmée, Charlie lui aurait foutu ses balles au même endroit que sa caméra et sa perche, mais les choses étant ce qu'elles étaient, elle se contenta d'un regard furtif dans sa direction, accompagné d'un sourire nerveux. Voilà que la petite blonde franchissait les quelques pas qui lui restaient avant de commencer le virage, sur le qui-vive, prêtes à tout, quelle ne fut pas sa surprise lorsque le technicien lui sourit et qu'il ne se passa strictement rien... jusqu'à ce qu'elle lui fasse dos et que ce dernier lui lance un saut d'eau glacée dessus !

- Bâtard !

Souffla-t-elle, sans s'arrêter, vraiment c'était des sadiques ceux là ! Les balles faillirent tombées d'ailleurs et Charlie dû faire moultes contorsions pour les empêcher de prendre la clef des champs. Joggant maintenant jusqu'au troisième et non le moindre virage de ce parcours maudit, Charlie était très impatiente de terminer et de ne plus rien se faire lancer au visage, pas que c'était lassant, mais disons peu... agréable, oui, voilà. De nouveau face à son redoutable ennemi, l'impitoyable technicien d'émissions pourries, à côté duquel trônait fièrement une grande boîte. Charlie mit les freins et reprit une cadence plus lente, choisissant de marcher, sait-on jamais ce qu'il lui préparait celui-là, comme de fait, à peine s'était-elle engagée dans le tournant que l'horrible suppôt de Jim Jones commença à lui balancer des ballons dessus. Par réflexe elle se tourna de dos, protégeant par le fait même les balles, mais chaque impact faisait dangereusement tanguer leur frêle embarcation, ces fichues assiettes en plastoc jaune n'étaient même pas foutues d'être munies de rebord tous terrains, l'arnaque oui !

C'est finalement une Charlie irritée qui arriva auprès des jumelles et de leur casque, leur remettant les si précieuses assiettes avec les balles-plus-importantes-que-n'importe-quel-être-vivants-sur-terre...
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Amy & Emmy
Humain


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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 9 Juil 2012 - 20:12

Les deux sœurs furent un instant perplexes. Ces casques là ? Vraiment ? Non pas qu'elles avaient peur d'avoir l'air ridicule, leur métier leur avait apprit à identifier le ridicule et à le contourner sous toutes ses formes, par le glamour et aussi, souvent, par la légèreté. A ce moment, elles se trouvaient clairement dans une situations où elles devaient user de légèreté. Non, en fait, ce qu'elles craignaient, c'était l'état de leur coupe une fois qu'elles enlèveraient ledit casque. Ça pouvait paraître stupide mais c'était pour elles, une véritable problématique qui tenait lieu de soucis atavique : déjà, dans leur plus tendre enfance, leur mère leur avait inculqué une éducation de la belle parure. Toujours avoir l'air femme et, sous aucun prétexte, même en cas de force majeure, ne s'écarter un tant soit peu de ce que les hommes considéraient comme était l'idéal physique féminin. Sans qu'elle en soit tout à fait consciente et même si elle le savait un peu (et en retirait un certain orgueil), c'est cette perfection continuellement maintenue qui avait fait tenir son couple. Et en bonne mère, il fallait que ses filles soient l'exacte image de leur mère, en mieux d'ailleurs, puisqu'elle y comptait bien rectifier ses propres erreurs de jeunesse. C'est donc avec un sourire un peu hésitant qu'elles enfilèrent leur casque.

Puis, place au spectacle : la jeune femme qui leur était apparut sous le doux nom de Charlie1 s'en sortait plutôt bien mais leur visage blêmit lorsqu'elles la virent subir les turpitudes sournoises des techniciens. Elles chuchotèrent entre elles en un conciliabule inquiet, scène que le caméraman, en bon professionnel, ne put s'empêcher d'immortaliser. Allaient-elles également devoir subir ce traitement qu'elles considéraient comme peu enviable ? Allons donc, ça n'était pas moins d'un an de loyer dont il était question, un petit effort d'abstraction de soit n'était-il pas en l'instant pertinent ? Et puis, elles voulaient faire une forte impression sur la libido Galwegiane ? Elles finirent par penser que ce jeu risquerait forte de mettre cette dernière à l'épreuve plus que leur sens de l'équilibre, ce qui était bien tout ce qu'elles désiraient non ? Si elles pouvaient se faire de la publicité et gagner un an de loyer, elles ne voyaient pas bien où étaient les inconvénients. Évidemment, dans leur optimisme raisonné, elles en avaient oubliées Charlie qui subissait maintes épreuves sans même en avoir la moindre envie, et tout ça par simple sentiment d'altruisme.

Celle-ci arriva d'ailleurs au terme de son périple. Elle leur remit les assiettes sur lesquelles roulaient dangereusement des balles valant pour l'occasion dans les 15 000 € chacune puis on lui apporta une serviette lorsqu'elle fut hors champ. Après que Garnett ait fait s'intensifier le suspens à son paroxysme (la ménagère devait en charcuter le cuire des accoudoirs de son fauteuil) et leur ait demandé de manière aussi sentencieuse que festive - "qu'est ce qu'on s'amusait" - si elles étaient prêtes, ce à quoi elles répondirent par la positive, il lança le top départ.

Il n'était pas spécialement prévu que deux personnes ne fassent la parcourt en même temps, mais d'un autre côté - se dit Andy - ça n'était pas non plus vraiment interdit. Et puis, deux jumelles se tenant par la main comme deux petites filles devant le regard amusé des passants pour ne pas flancher (un soutient plus plus psychologique que physiquement utile), avec leur petite robe d'été blanche et leur espèce de candeur prendrait certainement au cœur des téléspectateurs. Andy savait parfaitement que le concept du jeu ne suffisait pas, ce qu'ils attendaient avant tout, c'était des personnages ; le jeu n'était là que pour montrer aux gens comment tel ou tel type de personne y réagissait. L'important n'était pas l'enjeu, c'était les réactions.

Tandis qu'elle avançaient, on leur fit également le coup du mégaphone. En fait, tout le monde s'en doutait, les obstacles seraient les mêmes et le fait de les voir n'avait pour but que de faire monter leur appréhension. A cette occasion, elles se serrèrent l'une contre l'autre pour faire bouclier contre le son. Comme elles s'étaient arrêtés, se recroquevillant sur place comme deux petits êtres frêles, on décida qu'il serait bon de laisser l'appareil allumé tant qu'elles ne se bougeraient pas. Il ne leur fallut pas longtemps pour le comprendre et, dans le vacarme désagréable qui mettait la résistance de leurs tympans à l'épreuve, elle se remirent en marche, lentement mais surement, les balles étant étonnement stables.

Puis vint le seau d'eau. Amy, en bonne grande sœur, s'était mit du côté d'où il était le plus susceptible d'arriver, et ses pronostiques furent - malheureusement pour elle - justes. Comme l'épreuve n'était pas prévu pour deux, on n'avait pas jugé opportun de remplir deux seaux. Cela dit, l'effet n'en n'était pas moins ravageur : Amy n'était pas grosse et sa petite sœur prit quand même une bonne partie sur elle. Les deux, mais plus la première, étaient toutes trempées, et le tissu léger de leur robe blanche leur collait maintenant à la peau, toutefois dévoilait leurs féminité et laissait plus que deviner la forme (et même la couleur) de leurs sous vêtements, étant devenu transparent. Cela dit, ça ne les arrêta pas. Au contraire même, elles étaient deux fois plus concentrées, faisant maintenant plus attention à leurs mouvements, de sorte, non seulement, à ce que les balles ne tombent pas, mais également à ce que leur corps se meuve agréablement. Un instant figé sous l'effet de l'eau glacée, elles continuèrent leur chemin avec prudence, encore plus serrées l'une contre l'autre. Ce n'était plus juste deux enfant se tenant par la main, c'était deux petites filles pétrifiées dans la forêt sombre et inquiétante. Néanmoins, leur visage continuait de renvoyait ce radieux sourire, un tantinet charmeur.

Les projectiles quant à eux ne furent pas un problème, comparé au reste tout du moins, et elles arrivèrent bientôt à destination. Le présentateur le rejoignit et ensemble, retournèrent auprès de Charlie et du reste de l'équipe. Le profit d'une serviette fut de courte durée pour elles deux puisqu'il fallait filmer l''ultime épreuve
"Eh bien eh bien, on peut dire que vous vous en êtes bien sorties toutes les trois. Habituellement, les candidats laissent tomber les balles, au moins au moment des casques, mais vous, vous avez comprit qu'il fallait y aller en douceur c'est bien. Mais ne nous reposons pas sur nos lauriers car une dernière ligne droite nous attend. Si vous réussissez cette épreuve finale, un an de loyer offert aux frais de l’émission, alors écoutez bien car ça serait dommage de tout louper si prêt du but. Je vais vous expliquer en quoi consiste cette fameuse épreuve."

Les caméras se tournèrent un instant vers se qui semblait être une taverne restaurant, juste en face de l'agence immobilière où elles se tenaient. Puis Garnett reprit la parole :
"En face de vous mesdemoiselles se trouve une l'Augustine, un joli petit restaurant dans lequel on vous sert le poids de toute votre famille en bangers and mash pour un prix dérisoire... mais bref je m'égare. L'important est qu'en cette chaude soirée, il semble y avoir pas mal de monde et c'est tant mieux, vous aurez l'embarra du choix. Pourquoi ? Et bien c'est très simple : vous allez être munies toutes les trois de micros et l'on va vous donner à chacune dix petits cartons comme voici (les prenant dans sa main) sur lesquels sont inscrit une question, à chaque fois différente. Vous devrez choisir trois questions parmi ces dix cartons et une personne pour y répondre. Vous pouvez choisir une personne différente pour chaque question mais il vous faudra au moins deux bonnes réponses sur trois pour réussir l'épreuve. Des question ?"



1. Charlie, you're the banana king !
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Charlie Dickens
Humain
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Jeu 12 Juil 2012 - 3:03

Charlie se séchait tranquillement avec la serviette qu'on venait de lui offrir, tout en regardant les jumelles commencer le parcours, la jeune anglaise espérait quand même pour elles que les techniciens n'allaient pas leur faire des crasses comme à elle, mais au fond, c'était ce que ce genre de show présentaient, ça épiçait le tout, comme l'avait si bien dit Garnett. Charlie ne comprenait qu'on puisse aimer ce genre d'émission pourries, mais bref, maintenant elle se sentait un peu plus à l'aise derrière le champ de la caméra, invisible pour les spectateurs d'Andy Garnett.

Dickens suivit des yeux ses deux coéquipières tout au long de leurs mésaventures et ne put empêcher un petit rictus en coin de s'installer sur son visage lorsque les deux jeunes femmes reçurent le saut d'eau glacée dessus, non pas qu'elle se moquait ou même appréciait la vue désormais assez révélatrice qui s'offrait maintenant aux passants, à toute l'équipe, aux spectateurs et à elle, non, c'était plutôt un sourire d'exaspération, parce que la demoiselle savait pertinemment que c'était exactement ce qu'espérait Garnett afin d'augmenter les cotes d'écoute, ce genre de choses précises. Preuve, une fois de plus, que ce show était de la pure pourriture ayant besoin de montrer de jolies filles dévoilant leurs attraits afin de mettre du beurre dans les épinards... payer leur chef sectaire en fait.

Ce que remarqua aussi Charlie, c'est l'agilité et la grâce dont faisait preuve Amy et Emmy au travers les obstacles de ce parcours sadique, il fallait l'avouer, les deux jeunes femmes étaient assez douées pour avoir une balle dans une assiette, sur la tête, et malgré tout ne pas l'échapper par terre, gauche comme elle l'était, Charlie n'aurait jamais réussi un tel tour, déjà elle avait eu plus que de la chance de ne pas tout faire capoter plutôt, lorsque c'était à elle de faire le même genre d'itinéraire plein d'embuscades...

Quoi qu'il en soit, les jumelles sortirent vainqueurs de ce parcours avec brio, aussi Charlie remit sa serviette à un technicien et ce rapprocha pour la suite des événements. Quoi ? En plus de se faire chier avec ces jeux à la con, il faudrait maintenant aller emmerder de pauvres gens qui n'avaient rien demandés ?! Journée pourrie ! Pourrie de chez pourrie ! Tant qu'elle ne croisait personne qu'elle connaissait, remarquez cela aurait été bien difficile puisqu'elle pouvait compter sur une main le nombre de gens avec qui elle avait discuté depuis son arrivée, mais savait-on jamais... Soupirant, elle attrapa sèchement le paquet de petites cartes qu'on lui tendait, puis se saisit des trois premières, sans même les regarder et rendit le reste. Pendant qu'on lui installait son micro, Charlie se tourna légèrement vers les jumelles pour leur souhaiter bonne chance et les féliciter à propos du parcours.

- Au fait, merde pour les questions et un gros bravo pour le parcours, franchement vous m'avez épaté, j'aurais tout fait tomber dès le départ sans l'aide des techniciens personnellement.

Dickens s'esclaffa joyeusement, ce devait bien être la première qu'elle le faisait sincèrement depuis le début du tournage, mais bon, les jumelles étaient sympa, enfin jusqu'à présent, alors pas question de leur faire subir son caractère explosif du moment et son aversion pour ce Garnett, non. Une fois son micro bien installé et le départ sonné par ce ''oh grand et fabuleux'' Andy, Dickens se dirigea vers le restaurant d'une démarche désinvolte, essayant de repérer quelqu'un qui voudrait bien répondre à ses stupides questions de jeux télévisé. Chose faites ! Elle repéra une dame d'âge mur assise seule à une table habillée d'un tailleur, mais au moment où la blondinette allait l'aborder, la dame reçut un coup de fil sur son portable, Charlie l'esquiva donc habilement et s'activa à trouver une autre cible potentielle.

Deuxième essai, la voilà devant deux jeunes femmes à une table prêtes à répondre à l'une de ses questions, Dickens choisit donc une carte au hasard et commença la lecture à voix haute.

- Il est interdit d'appeler cornichon, un corni... c'est quoi ces conneries ?!

Fermant les yeux et se frottant durement le front, tentant de se masser ses tempes du même coup, Charlie essayait de se tempérer et soupira longuement, avant de reprendre devant deux jeunes femmes avides de connaitre la suite de cette question fort prometteuse, car après tout, on se trompait rarement en terme de cornichons, songeaient-elles.

- Donc, je recommence, excusez-moi mesdemoiselles, alors la question va comme suit (regard dégouté vers Garnett, elle le haïssait, maintenant elle en était certaine) : Il est interdit d'appeler cornichon, un cornichon qui ne rebondit pas. De quel états des États-Unis provient cette loi ?

Les yeux écarquillés comme ceux de merlans frits, les deux jeunes femmes regardaient Charlie tout en essayant de réprimer un fou rire inévitable, car qui au monde pourrait prendre cette question au sérieux ?! Charlie soupira de nouveau.

- Allez-y, vous pouvez rire ne vous inquiétez pas, je ne m'attendais pas non plus à ce genre de question...

Les deux jeunes femmes éclatèrent d'un rire sonore, puis essayèrent de reprendre leur sérieux afin de répondre à la pauvre petite blonde devant elles.

- Alabama ?

- Euh, Texas peut-être ?

Et voilà, une carte en moins et une de ratée du coup, c'est à ce moment que Charlie se dit qu'elle aurait peut-être mieux fait de regarder les autres cartes avant au lieu de prendre les trois du dessus, finalement.

- Et non, mesdemoiselles, c'était le Connecticut, mais merci infiniment d'avoir participées !

Hop au prochain, Dickens regarda avant tout dans la direction des jumelles, elle espérait que ça se passait mieux de leur côté, mais bon aller il fallait juste trouver deux autres personnes qui voudraient bien se prêter au jeu et c'était terminé ! Seul truc positif de la chose, comme s'était la dernière épreuve et individuelle qui plus est, Charlie n'avait plus besoin de casser la baraque maintenant, alors peut importe qui acceptait de répondre à ses questions ridicules, aucun choix stratégiques à faire, Dickens voulait juste terminer au plus vite. C'est donc un gentil couple de personne âgés qui accepta de se prêter au jeu, tout enthousiaste.

- Parfait donc, la question est ...

Charlie fit une lecture rapide avant de continuer, histoire de savoir à quoi elle aurait affaire cette fois, il en résulta des yeux grands ouverts et une absence momentanée. Dickens ne savait pas avait choisi ces questions, mais c'était vraiment des pauvres débiles mentaux... Passant une main dans ses cheveux, elle poursuivit malgré tout, elle n'avait pas le choix de toute façon.

- La question, hein... bon : Un homme a roulé sur un hôtel et à dilapidé tout son argent, que s'est-il passé ?

Elle leur laissa quelques instants pour se concerter, mais la réponse ne tarda pas à arriver.

- Il a dû payer les dommages d'un accident de voiture avec un hôtel ?

- Si seulement c'était aussi rationnel, mais non la réponse est un peu plus ludique que cela et la réponse est : Il jouait au Monopoli... Je vous remercie de votre aide, passez une belle fin de journée.

Elle leur adressa un petit sourire, avant de repartir à la chasse aux participants, même si cela ne servait plus à rien puisqu'elle avait eu deux mauvaises réponses, aussi bien TOUT terminer pour de bon rendu à ce stade. Essuyant trois refus, elle finit par trouver une petite famille qui accepta, une fois de plus, de répondre à ses questions. Avant de commencer à énoncer ce qu'il y avait d'écrit sur la carte cette fois-ci, Charlie l'a lu mentalement d'abord. Arquant un sourcil, elle se dit que c'était sans doute la plus sensée des questions qu'elle avait eues jusqu'à présent, le seul hic pourtant, c'est que l'on devait être assez calé pour y répondre, même elle n'avait aucune idée de la réponse possible, m'enfin, the show must go on, comme on disait.

- J'espère que vous avez certaines connaissances en géographie, car c'est là-dessus que porte la question. Alors, pouvez-vous me nommer la capital du Kirghizistan ?

Silence totale à la table... le contraire l'aurait étonné. Charlie attendait impatiemment en souriant que quelqu'un donne une réponse, n'importe laquelle, elle s'en fichait, car cette dernière question annonçait la fin de son calvaire ! C'est toute enjouée et trépignant sur place que Charlie patientait, s'imaginant déjà en pyjama devant sa pizza.

- Kaboul ?

Avait tenté le père de la famille, hésitant. Peu importait Dickens, elle était rayonnante, s'il savait comment elle lui en était reconnaissante d'avoir enfin répondu, c'est donc d'une voix chantante qu'elle lui annonça la terrible nouvelle de son erreur.

- Et non ce n'est pas cela, c'était Bichkek ! Merci énooormément d'avoir participé, je vois que votre repas arrive, je vous laisse, passez une agréable fin de journée !

Trottinant vers Jim Jones avec ses cartons, Charlie se stoppa à côté d'un des techniciens et lui remit joyeusement ses cartes, puis se retourna vers Andy Garnett, toute sourire.

- Je ne vous apprend rien en vous disant que je n'ai eu aucune bonne réponse, c'est dommage hein ?

Elle jubilait, aussi étrange cela puisse paraître aux yeux des autres, mais quoi qu'il en soit, se retournant vers les jumelles, elle espérait que ces dernières aient réussit cette dernière épreuve et à vrai dire, elle n'en doutait pas, elles avaient dû être plus malines qu'elle en choisissant leurs cartes et puis tout semblait leur réussir à ces deux-là !
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Amy & Emmy
Humain
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Ven 13 Juil 2012 - 22:29

note :
 

"Au fait, merde pour les questions et un gros bravo pour le parcours, franchement vous m'avez épaté, j'aurais tout fait tomber dès le départ sans l'aide des techniciens personnellement."
Ah ! Quel mot que ce merde ! Il avait une signification bien particulière dans la vie des deux jeunes filles trop bien éduquées qu'étaient Amy et Emmy. Galipettes à part - où elles s'alliaient professionnellement au goût prononcé de certains clients pour la coprolalie - leur vulgarité s'arrêtait à "Oh, c'est con.". Limite ultime, horizon ordurière, firmament de la vilénie ! Les moments de rébellion passionnelle et d'anarchisme absolu dans leur vie étaient ponctués par un 'merde'. Un ô combien audacieux et brave 'merde' qui ne manquait pas de les griser, de satisfaire leurs envies de sensations fortes. Après elles allaient plier leur serviette et laver leurs dents puis au dodo. Même pour souhaiter bonne chance, l'expression 'merde' leur faisait toujours un drôle d'effet ; imaginez les autres gros mots plus balèzes...

"- Merci, mais on est en équipe et du coup t'as bien mis la main à la patte, toi aussi.
- Bonne chance à toi aussi !
"

Et c'était partit ! Escapade dans l'Augustine : 10 question, 3 posées, 2 justes au minimum. Si elles n'étaient pas mauvaises en math (et elles n'étaient pas si mauvaises que ça), elles avaient à choisir au moins deux questions et deux personnes pour y répondre correctement. Ça ne devrait pas être trop difficile non ? Et bien en fait, ça l'était un peu plus qu'il n'y paraissait. En effet, les questions n'étaient pas très coopératives et il leur faudrait user de toute leur psychologie afin de trouver les candidats adéquat. Elles n'étaient pas foncièrement pauvres - même plutôt aisées en fait - mais un an de loyer... Allé : un an de loyer, un an !

Heureusement, de la psychologie, elles en avaient. En entrant à l'intérieur du restaurant, elles remarquèrent que le lieu était très touristique et familial. Tant mieux, on pouvait souvent juger la place qu'occupait une personne en observant sa famille, le nombre d'enfants, le prix estimé de leur garde robe etc.

Tout d'abord, après avoir attentivement lu les questions et tenter d'y répondre par elles mêmes sans lire les réponses, afin de voir lesquelles étaient d'instinct les plus simples. Le premier constat était amer : il n'y en avait pas. Alors quoi ? Alors elles se concentraient uniquement sur les personnes qu'elles allaient interroger. Amy eut tout de suite l'idée de sélectionner la question culinaire et de la poser à un des cuisiniers, de préférence le chef. Bras dessus, bras dessous, elles s'étaient dirigés vers le comptoir. Une des serveuses les accueillit.

"- Bonsoir. Vous désirez ?
- Bonsoir ! Nous aimerions voir le chef cuisinier s'il vous plait ?
- Oh je ne suis pas sûr que ça soit possible en ce moment." Fit-elle d'un air gêner, lançant sa tête à gauche et à droite pour montrer le monde qu'il y avait. Les jumelles s'attendaient très bien à cette situation. Mais comment pouvaient-elles accéder au chef ? Elles ne pouvaient pas risquer d'interroger une serveuse ou un apprenti, c'était trop risqué.

"- Oh ne vous inquiétez pas, il est au courant, c'est pour la télé. Avait fait Emmy d'un ton à la fois jovial et rassurant, en faisant signe à la caméra de se rapprocher (le caméraman filmait depuis dehors, le micro faisait le reste) pour appuyer ses propos.
- Ah oui ? Attendez une minute s'il vous plait, je vais le chercher." Pas soupçonneuse le moins du monde, la serveuse s'en alla en cuisine. Les filles échangèrent un regard d'espoir qui roulait des yeux.

"Jim ? Il y a quelqu'un qui vous demande, des gens de la télé !"
Le Jim en question pinça les lèvres en fronçant les sourcils, d'intenses recherches s'effectuaient vraisemblablement dans sa mémoire. Impasse. Il se rendit d'un pas rapide vers le comptoir, toque sur la tête.
"- C'est pour ?
- Bonsoir ! Alors voilà, on sait que vous êtes occupé et on ne va pas vous faire perdre votre temps. En ce moment, vous passez dans une émission de culture générale et le thème est la restauration, alors on pose des questions à ceux qui sont vraiment des durs dans le métier (clin d’œil), c'est à dire, vous. Accepteriez vous de répondre à une toute petite question s'il vous plait ?"

Amy avait fait les choses dans les règles de l'art. Elle y avait mit le ton, agréable, sympathique, frais. Des mots comme 'culture' et 'durs' avaient d'ailleurs touchés dans le mille. Monsieur le chef, qui semblait avoir plus de temps à perdre qu'il n'y paraissait, cala chacun son tour ses deux pieds au sol, croisa ses bras et inclina la tête pour mieux entendre. Le caméraman avait rit à l'audace des jeunes femmes mais, à cinq mètres dans un restaurant plein, c'était passé inaperçu et Emmy, qui possédait l'insigne honneur de tenir les carton, les avait baissé pour qu'il n’aperçoive pas le logo de "Où allez vous déménager aujourd'hui ?" sur le dos.
"- J'vous en pri, envoyez.
- De quel région française les andouillettes sont-elles d'origine ?
- Champagne-Ardenne ! Avait-il lancé du taco-tac, presque sans réfléchir.
- Oui ! C'est ça ! Hihi, bravo, voilà un chef qui mérite sa toque. Avait fait Emmy, toute frétillante. En tout cas merci bien d'avoir joué, maintenant les gens sauront qu'il y a de vrais chefs cuistots dans ce restaurant.
- Ah mais ça j'en doute pas une seule seconde !" Répondit Jim, gaillard.

Salut, politesses, retour en cuisines. Un coup d’œil vers les clients en quête du second candidat, elles aperçurent Charlie et croisèrent mentalement les doigts pour elle. Cette fille leur était très sympathique. Toutes les autres questions semblaient au moins aussi compliquées sinon plus que celle qu'elle venaient de poser et là, pas de couvre chef pour signaler les spécialistes. Par de robe d'avocat, d'appareil de journaliste, de stéthoscope enroulé autour du coup. Elles s'approchèrent d'une petite famille : un couple, la quarantaine, deux enfants - un garçon, une fille - d'environ dix ans. L'homme portait des lunettes rondes mais avait quand même des rides en patte d'oie ; il devait lire beaucoup. Veston, droit, un sourire blanc comme neige (rivalisant presque avec celui de Garnett) ; il devait sûrement exercer une profession politique.

"- Bonsoir. Excusez nous de vous déranger, voilà : nous faisons partie d'une émission de télévision et nous devons poser des questions à des gens dans la rue. On se demandait si ça vous dirait de répondre à une de nos questions ?"
La mère tourna sont regard vers les enfants qui paraissaient très impressionnés et leur fit les yeux ronds ainsi qu'un sourire pour leur transmettre le caractère excitant de la situation (la télévisioooon !). Amy eut la pensée, certes un peu sadique, que ça serait amusant d'avoir cet homme pour client, maintenant qu'elles avaient vu à quel point la famille semblait poser pour une quelconque brochure vantant un centre de thalassothérapie suédois.

"- Oui bien sûr ! Aucun problème. C'est quoi la question ?
- Quel journal a révélé l'affaire du Watergate ?
- Ah ! Là vous me posez une colle. Ça te dit quelque chose toi, chérie ?
- Mais Watergate c'était pas le scandale politique américain avec Nixon sur...
- Oui, c'est ça. Mais je sais plus c'était quoi le journal.
- Hum...
"

S'en suivit deux minutes interminables de 'et si...' et de 'c'est pas... ?', durant lesquelles la tension chez les deux jumelles ne fit qu'augmenter. Les enfants participaient à leur manière d'enfant et personne ne trouvait rien. Finalement, au mari de conclure "Je sais pas, le New York Times ?", plus parce que c'était un des papiers ricains les plus connu en Europe que parce qu'il avait vraiment une raison de le penser.
"- Et non. C'était le Washington poste.
- Ah, et bien je ne savais pas, vraiment désolé.
- Mais c'est pas grave voyons. En attendant, bon repas à vous quatre et passez une bonne soirée !"

Elles avaient toujours le sourire mais elles étaient tendues. Les enjeux avaient fini par les atteindre. Ça serait trop bête, pensait-elles. Trop bête si prêt du but. Elles passèrent au moins cinq bonnes minutes penchées sur les questions. Dehors, Charlie les regardait, ainsi que toute l'équipe. C'est précisément ce moment que choisit Emmy pour avoir une bonne idée. Tandis qu'à la dernière minute de recherche, Amy était penchée sur les cartons, sa petite sœur, elle, regardait les clients. D'un coup, elle tira son homologue par le bras.
"T'as trouvé quelqu'un ?"
Elle ne répondit pas, se qui intrigua Amy, mais elle lui faisait confiance, comme toujours.

Les deux sœurs s'étaient dirigés vers l'autre côté du restaurant de sorte que le caméraman les suive, donc soit derrière elles. Elles se rendirent au niveau de deux jeunes hommes dont l'un était accompagné d'une demoiselle ; ils n'avaient pas encore commandés. La table était au bord de la fenêtre mais une pancarte indiquant les spécialités et promotions du jour y était affiché et cachait par conséquent la vue à l'équipe dehors. Elles allèrent directement s'installer à la table, du côté du jeune homme seul, et Emmy, en se penchant pour s'assoir, approcha sa poitrine de beaucoup de celle de sa sœur, ce qui rapprocha énormément les micro attachés aux col. Elle avait également observé l'équipe avant que sa vision ne soit occulté par ladite pancarte.
Bingo !

Elle avait tout juste eut le temps de les voir se roidir instantanément et certains des techniciens - les ingénieurs du son sans doute - commencer à retirer leur casque. Ils s'étaient prit un gros larsen dans les oreilles. Avant de s'assoir complètement, elle avait mit sa main sur les deux micros pour les isolé. Juste un instant.
"Roumanie." Avait-elle chuchoté en articulant exagérément. Et voilà ! Tout c'était passé très vite. La seconde suivante, elles étaient assises. Devant le regard plein d'incompréhension des trois jeunes gens, elles leur firent un clin d’œil, accompagné d'une petite œillade vers les micros. Ça ne les avançaient pas plus, mais au moins, ils savaient qu'ils devaient la fermer.

Ensuite, ce fut beaucoup plus simple : le même discourt "nous participons à un jeu pour la télé etc.". La question tomba :
"- Donc : de quelle nationalité est le peintre Constantin Brancusi ?"
Comprenant enfin, ils jouèrent très bien le jeu, reproduisant la même chaîne de 'c'est pas... ?' et de 'et si...' que la famille suédoise, pour qu'enfin, l'homme en face d'elle ne pointe son doigt vers elles dans un 'Ah !' sec et victorieux.
"- Roumaine ! Cracha t-il. Elles simulèrent la joie surprise à la perfection.
- Ouiiiii ! C'est ça !" Et les deux sœurs de se prendre dans les bras l'une de l'autre.

A grand renfort de mercis et d'émotions, elles ressortirent de l'Augustine, sourire de bonheur aux lèvres. Sauf cas de force majeur, elles venaient de gagner un an de loyer. Le premier réflex fut cependant d'aller s’enquérir de la situation de Charlie.
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Charlie Dickens
Humain
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Jeu 19 Juil 2012 - 20:46

Spoiler:
 

Elle avait perdu les jumelles de vu, derrière une pancarte dans la vitrine, c'était ballot pour le coup, mais bon elle leur demanderait évidemment si tout c'était bien passé lorsqu'elles reviendraient, songea-t-elle, mais au même instant l'équipe technique semblait s'affairer plus qu'à l'ordinaire, plusieurs retirèrent leur casque d'écoute et Charlie devina qu'il y avait un problème avec les micro, du moins apparemment.

- Pourrie dans les moindres détails, visiblement...

Dickens jeta un petit regard satisfait à l'encontre de ce cher Andy Garnett, qui n'était pas de très bonne humeur suite à ces petits pépins technique, c'était d'autant plus amusant de le voir piailler contre ses techniciens, de voir l'inquiétude traverser son visage en voyant son show boiter de la sorte. C'était bien fait pour Jim Jones ! Et avec un peu de chance peut-être que sa secte perdrait en membre et que la populace changerait de chaîne pour écouter quelque chose de moins lobotomisant, ah c'était bien beau de rêver éveillée...

Garnett, lui, plaçait en effet la réussite de cet épisode presque entièrement sur les jumelles, Charlie n'avait été que l'apéritif, les deux autres jeunes femmes par contre, c'était le plat de résistance, monsieur et madame tout le monde les adoreraient, surtout monsieur... Mais comment assurerait-il l'engouement espéré si son charmant binôme disparaissait aux yeux et aux oreilles de tous !? Oh non, ce n'était pas très marketing tout ça, comment cela pouvait-il arriver sur SON show !? Ces idiots de techniciens n'avaient donnés aucun conseil aux charmantes jumelles ? Aucun ''veuillez ne pas trop vous approchez l'une de l'autre'' ou quelque chose du genre ?! Ah, tous des incapables, il n'y avait définitivement personne n'approchant, ne serait-ce qu'infimement, son calibre de professionnel aguerri télévisuel sur place ! Ce n'était pas demander la lune que de demandé une équipe qui savait se servir de ses dix doigts. Soupirant sèchement, fronçant les sourcils, Andy approcha l'un des technicien de son et lui passa un savon.

- Toi ! Tu vas faire en sorte qu'on entende ces deux filles là, immédiatement !

À peine eut-il terminé sa phrase que le bruit strident dans le casque du malheureux technicien disparu. Andy Garnett se détendit aussitôt qu'il perçu les ravissantes voix des deux concurrentes, venant tout juste d'obtenir une bonne réponse à leur dernière question. Bien ! Parfait ! Il y en avait au moins deux ici qui faisaient admirablement bien leur travail, enfin trois avec lui, bien entendu. Il détendit son expression peu télégénique et s'apprêtait à féliciter les deux gagnantes du jeu qui ressortaient à peine de l'Augustine, mais c'est vers l'autre blondinette qu'elles se dirigèrent d'abord. Loin d'être offusqué, car normalement il l'aurait été, Andy jubilait quant aux cotes d'écoute, c'était toujours idéale ce genre de comportement d'esprit de groupe, irrévocablement, ces jumelles étaient faites pour passer à l'écran ! Cet épisode allait battre des records, il en était persuadé !

Charlie accueillit Amy et Emmy avec un large sourire, maintenant que cette histoire était terminée, du moins elle le présumait, il n'y avait plus de raisons de tirer une sale gueule. En plus, elle en était persuadée, les jumelles avaient dû réussir l'épreuve, en tout cas à en juger par leur bonne humeur, il aurait été difficile d'établir les pronostiques contraires.

- Alors, les filles, avez-vous réussit ?

Charlie se rectifia mentalement, finalement, si elle avait pu aider Amy et Emmy a gagner chacune une année complète de loyer, ce n'était pas une si mauvaise journée que cela au final... et même si elles n'avaient pas réussie, elle aurait aidé deux parfaites inconnues tout de même, ce qui était plus qu'extraordinaire venant de Dickens, après tout ils étaient rares ces personnes à qui elle avait adressé la parole et avec qui elle avait réellement discuté, comme ça, dans la rue ou ailleurs, sans même les connaitre. Quoi que dans ce cas-ci elles n'avaient pas eu le temps de réellement converser, Jim Jones leur a sauté dessus comme un prédateur enragé... D'ailleurs parlant du loup, ce dernier s'approchait dangereusement du trio avec son sourire de vendeur infatigable, capable de vendre un télescope à un aveugle...
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Amy & Emmy
Humain
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Sam 21 Juil 2012 - 16:37

"- Alors, les filles, avez-vous réussit ?
- Et bien j'espère qu'on peut appeler ça comme ça.
- Oui ! Et toi ? Comment ça s'est passé ?
"

Garnett avait encaissé le coup autant qu'il le put et tentait de se rattraper. Le petit caméraman semblait avoir particulièrement apprécier la scène. Sacré petit rigolo ce caméraman, il était juste déçu de savoir que cette scène serait coupé au montage. Il n'empêche qu'il se rattrapa en ne laissant aucun répit aux demoiselles.

"- Eh bien eh bien ! On dirait qu'on a touché le gros lot par ici ! Alors, qu'est ce que ça vous fait de gagner ?
- Ça fait extrêmement plaisir au portefeuille !
- Exacte. On est très contente d'avoir participé à l'émission. Sans vous on serait dans de beaux draps. Et sans Charlie surtout !
" Avait conclut Amy. En tant que garante de l'image du duo, elle se devait de se montrer la plus ambassadrice possible. Et, bien qu'elle avait légèrement mentit, Garnett avait une folle envie de la serrer dans ses bras tant ce qu'elle venait de dire collait parfaitement avec ce que la production attendait de la candidate idéale. En fait, c'était même encore mieux que si elle avait vanté les sponsors de l'émission puisque là elle paraissait tout à fait crédible et sincère. Dire que le mensonge était une seconde nature des sœurs n'était même pas encore assez, c'était leur principale nature. Mensonge, manipulation, séduction. Mais jamais de rien bien méchant, elles n'étaient pas des espionnes russes.

Andy se tourna vers l'autre candidate, qui malheureusement n'avait pas eut autant de chance - c'est à dire qui n'avait pas triché - et lui posa la même question. Enfin, au bout de quelques minutes de questions inutiles auxquelles les sœurs tentaient de répondre le mieux possible, bonnes élèves qu'elles étaient - sans bien sûr oublier de glisser à l'occasion quelques petites remarques ambiguës et autres petites mimiques séduisantes - Garnett fit signe à l'équipe qu'il pouvaient remballer. Peu de temps après qu'il eut passer parlé dans son oreillette, une camionnette était arrivé, sans doute déjà garé légèrement en contrebas dans la rue, dans laquelle on rangea le matériel.

"- Vous avez offert une sacrée prestation à vous trois ce soir, je suis impressionné. Dommage que vous ne soyez pas tombé sur les bonnes personnes à la deuxième épreuve Charlie. Quoiqu'il en soit, je vais vous laisser à votre petite vie tranquille et retourner à la mienne dés que nous aurons réglé la question administrative, vous savez c'que c'est. Ma collègue va vous montrer des documents qu'il faudra signer dans lesquels vous attesterez de votre accord à être porter à l'écran et plus important pour vous (désignant les sœurs), vous devrez laisser vos coordonnées pour que nos huissiers puissent régler la question du gain avec votre banque."

A ces mots, une femme vint, munie d'un calepin sur lequel reposait un certain nombre de papiers.

Après les salutations de formalités, les jumelles s'adressèrent à Charlie :
"- Bon et bien voilà. L'agence est belle et bien fermé maintenant.
- Je me disait. Cela vous dirait-il de nous revoir à l'occasion ? Je pense à la pendaison de la crémaillère à laquelle on aimerait bien vous convier.
- Oui, après tout, on vous doit plus ou moins un toit.
"

Spoiler:
 
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Llylewin
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 23 Juil 2012 - 17:56

RP avec Louise



Un soir de juillet, aux alentours de 22 heures.

La nuit venait juste de tomber, recouvrant les derniers rayons du crépuscule de sa chape opaque et sonnant l’éveil de toutes les lumières artificielles de la ville.
Une des raisons pour lesquelles Llylewin n’aimait pas l’été : son temps de sortie rétrécissait comme une peau de chagrin et elle devait rester cloitrée chez elle derrière d’épais rideaux encore plus longtemps.

Elle avait désormais une nouvelle raison de détester l’été, car il lui rappellerait à tout jamais ce jour atroce où elle s’était faite découper pour qu’on lui sorte une horrible saucisse cocktail mal dégrossie du ventre. Cet épisode sanglant avait eu lieu la semaine dernière à peine, et grâce à ses capacités de régénération vampiriques la cicatrice de la césarienne avait suffisamment bien pris pour lui permettre de se mouvoir, même si elle tirait encore d’une façon douloureusement désagréable.

Comme si ce souvenir là ne lui suffisait pas, elle devait également supporter le deuxième souvenir de son accouchement : le gremlins vagissant qu’on lui avait laissé sur les bras et qui ne semblait pas être capable de faire autre chose que de manger, hurler et salir ses couches.

Étant totalement dépourvue de mobilier adapté elle lui avait fait une place dans un de ses tiroirs à lingerie, car la chose était tellement petite qu’elle était facile à caser entre les strings en dentelle et les bas nylons.
Certaines de ses girls et quelques clients fidèles lui avaient également offert de quoi s’occuper du monstre : vêtements, tétines, biberons… Dont elle avait compris l’utilité après que la chose ait tenté de lui niaker le sein à l’aide de ses deux minuscules canines acérées : depuis elle lui donnait régulièrement des biberons remplis du sang qu’elle faisait livrer pour les cocktails du QS mais cela ne suffisait jamais à la remplir et dès que la tétine sans bisphenol A avait quitté sa bouche, elle en profitait pour hurler de plus belle, et à son plus grand malheur la maquerelle était coincée avec cette chose horrible toute la journée !

Prise d’un excès de rage, elle avait même tenté de l’étouffer à l’aide d’un coussin avant de réaliser qu’un vampire, même nouveau-né, ne respirait pas. L’heureuse maman avait donc attendu la tombée de la nuit pour refermer le tiroir à lingerie sur le gremlins, espérant qu’une fois dans la commode les sous-vêtements et le bois absorberaient suffisamment ses hurlements pour le faire passer inaperçu.

La vampire, en quête de distraction avait décidé d’arpenter la rue commerçante une dernière fois, non pas que la perspective de saliver devant des articles qu’elle n’avait plus les moyens de s’offrir l’enchantait, mais elle se sentait prise d’une petite vague de nostalgie : dès qu’elle se serait remise et qu’elle aurait trouvé quoi faire du monstre, elle finaliserait la vente du QS et mettrait les voiles vers la Chine.

Alors qu’elle remontait la rue à la recherche d’une vitrine à lécher, son regard se posa sur une jeune vampire : une adolescente, visiblement très jeune, et elle se demanda s’il y avait eu une autre vampire qu’elle sur cette planète assez crétine pour se faire mettre en cloque, et si son lardon ressemblerait un jour à ça. Visiblement, cette pensée ne devait pas l’enchanter outre mesure car elle affichait une grimace tout sauf réjouie.


Dernière édition par Llylewin le Mer 25 Juil 2012 - 17:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 23 Juil 2012 - 19:56

Louise ValentinoLouise semblait préoccupée et ne remarqua visiblement pas la femme qui l'observait depuis quelques secondes, déjà. La jeune fille fouillait la poubelle d'une petite épicerie en espérant y trouver quelque chose à manger. Non seulement, en faisant ça de nuit elle courrait moins le risque d'être prise sur le fait ; mais en plus, elle y voyait étrangement bien depuis quelques jours. L'obscurité ne la dérangeait plus du tout, elle y distinguait parfaitement les moindres petits détails - même mieux qu'en pleine lumière.

La jeune fille ne s'était toujours pas rendue compte de sa nouvelle nature. Pourtant il y avait bien des détails qui la trahissaient : La nourriture "humaine" perdait de son goût - elle ne prenait plus aucun plaisir à manger, mais, elle mit cela sur le compte du décès de sa mère. Louise était également devenue bien plus pâle et livide, elle n'avait, cependant, pas perdu de sa candeur. Enfin, elle ressentait une étrange envie de sang. Cela ne l'a préoccupa pas les premiers jours, mais maintenant ce besoin se faisait plus présent. Elle ne pensait plus qu'à ça.

Elle fouilla encore quelques instants puis releva la tête et se retourna. Elle tenait un petit pain visiblement avarié depuis quelques jours. En apercevant la femme qui l'observait elle eut un mouvement de recul puis elle sourit tant bien que mal, gênée. Et si c'était la propriétaire de l'épicerie ? Elle allait se prendre une sacrée raclée... Bien heureusement, la femme n'avait pas l'air de travailler ici ; elle arborait cependant une grimace peu engageante.

Louise avait l'air plus qu’embarrassée. Néanmoins, elle ne sentit pas le feu lui monter aux joues - étrange, se dit-elle. Enfin, maintenant il fallait s'occuper de la femme. Elle ne sut que faire et se contenta de rester plantée en fixant, de même, la Vampire.


Dernière édition par Louise Valentino le Jeu 26 Juil 2012 - 0:42, édité 3 fois
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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mar 24 Juil 2012 - 17:42

Heureuse d'apprendre que cela c'était très bien passé pour les jumelles, Charlie allait leur raconter qu'elle aurait mieux fait de vérifier les questions avant de les choisir quand Garnett et son sourire carnassier se joignirent à leur conversation, coupant l'herbe sous le pied de la petite anglaise. Observant les jumelles et Jim Jones discuter, Dickens était toujours aussi épatée par l'aisance dont faisaient preuve Amy et Emmy devant la caméra, faisant comme si elle n'était pas là, toutes naturelles, mais elles semblaient avoir tout à fait conscience de sa présence et avait même l'air de jouer avec... elles devaient en avoir l'habitude, pour sûr ! Ou alors c'était inné peut-être ? C'était possible ?

Quoi qu'il en soit, Charlie tressaillit lorsque l'on mentionna son prénom; sans elle dans de beaux draps ? Mais non, la preuve c'est que les jumelles avaient gagnés et pas elle ! Tant mieux d'ailleurs, comme ça elle n'avait absolument rien à faire avec Jim Jones...

- Mais non franchement, vous avez gagné haut la main et l'auriez fait sans moi, pour sûr !

Et ça, elle en était persuadée, Amy et Emmy étaient le genre de filles à qui tout réussissait, par un moyen ou part un autre, Dickens elle, c'était une autre histoire...
Charlie répondit poliment aux questions que lui posait Andy Garnett, s'appliquant néanmoins à ne pas lui dire le fond de sa pensée sur ce show pourri, car après tout ça allait aider les jumelles pendant une année avec leur loyer. Peut-être que ce show en avait aidé d'autres qui étaient dans le pétrin ? Mais ça, la petite blonde en doutait étrangement beaucoup, cette émission n'avait pas la gueule d'un show humanitaire dirigé par un bon samaritain choisissant des gens sans domicile pour leur offrir un an de loyer pour leur permettre de retomber sur leurs pattes, non définitivement non.
Enfin, une dame arriva avec les fameux papiers administratifs auxquels Charlie avait songé un peu plus tôt lors des épreuves. S'appliquant à lire tout jusqu'aux petits caractères, Dickens les remplissait tranquillement, souriant à ce qui se présentait comme étant sa futur libération. Lorsqu'elle eut terminé, elle remit le tout à la dame, les échangeant contre ses documents à elle provenant de l'agence et se dirigea vers les jumelles pour leur dire au revoir et qui sait elles allaient peut-être se recroiser un de ces jours, mais Amy et Emmy furent plus rapide qu'elle, l'invitant même à leur futur pendaison crémaillère, ce qui toucha Charlie, elle étaient sympa ces jumelles après tout.

- Oh vous savez, je n'ai pas fait d'exploits, vous avez mérité votre loyer d'une année, mais je serais ravie de participer à votre pendaison crémaillère, merci beaucoup pour l'invitation.

Charlie échangea son numéro de portable avec les jumelles, puis le trio se quitta, chacune continuant dans une direction. Charlie avait un petit sourire niait sur le visage, songeant à quel point les rencontres qu'elle avait fait jusqu'ici étaient, hors du commun, cela la ravissait d'autant plus. La blonde cala ses documents sous l'un de ses bras et s'alluma une cigarette avant de reprendre son chemin vers sa chambre d'hôtel s'amusant en essayant d'imaginer quel serait le genre de prochaine rencontre qu'elle ferait.


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Llylewin
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mar 24 Juil 2012 - 19:59

Llylewin ne s’était pas rendu compte que son regard sur la jeune fille s’était fait quelques peu insistant, surtout lorsque cette dernière avait entreprit de fouiller les poubelles : cette démarche avait quelques peu interloqué la vampire qui se demandait quel pouvait bien être la finalité de la chose.

Vu la mise quelques peu négligée de la jeune fille, elle avait tout d’abord pensé qu’il devait s’agir d’une sorte de SDF vampirique, farfouillant dans les détritus à la recherche de quelques objets de valeurs susceptibles de lui payer un peu d’alcool ou de drogue, mais son incompréhension ne fit qu’augmenter lorsqu’elle vit que le fruit de ses fouilles n’était qu’un quignon de pain. Que Diable pouvait-elle bien vouloir faire d’un vieux croûton rassit ?

Était-ce la curiosité qui la démangeait ou bien se sentait-elle touchée aux tréfonds de son baby-blues de voir une pauvrette dans une situation encore plus pathétique que la sienne ? Nul ne saurait le dire, aussi elle sortit un des ultimes billets qui lui restaient – cinq euros, la charité a ses limites tout de même – avant d’aller le tendre à la jeune fille.

Laisse tomber cette cochonnerie, c’est bon qu’à nourrir les pigeons et tu n’en trouveras jamais la nuit, la nuit c’est pour les oiseaux de proie, les carnassiers, tu fais honte à ton maillon de la chaîne alimentaire avec ce truc… Tiens, prends ça et va te payer un verre, t’en as plus besoin que moi, intima-t-elle d’un air plus autoritaire qu’engageant à la jeune vampire, il faut dire que la compassion était encore un sentiment qui lui était étranger.
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mer 25 Juil 2012 - 14:21

Louise ValentinoLouise haussa les sourcils. Un billet de cinq euros ? Ni une, ni deux elle l'arracha à la femme qui le lui tendait. Ce n'était pas grand chose mais ça lui permettrait de se nourrir -et surtout de nourrir sa sœur- aujourd'hui.

« Laisse tomber cette cochonnerie, c’est bon qu’à nourrir les pigeons et tu n’en trouveras jamais la nuit, la nuit c’est pour les oiseaux de proie, les carnassiers, tu fais honte à ton maillon de la chaîne alimentaire avec ce truc… Tiens, prends ça et va te payer un verre, t’en as plus besoin que moi. »

« Pardon ? Louise avait l'air plus qu'étonnée suite à la remarque de la femme qui lui avait tendu ce billet. Mon maillon de la chaîne ? Et puis, je ne bois pas. Je cherchais juste quelque chose à manger. Elle baissa la tête, honteuse. Ce n'est pas facile, je dois me nourrir et nourrir ma sœur. »

Elle inspira un grand coup et ravala les larmes qui allaient bientôt faire leur apparition. La jeune fille se remémorait la nuit de l'assassinat de sa mère. C'était horrible. Sa gorge se noua et elle hocha finalement la tête en guise de remerciement. Elle se demandait, à vrai dire, de quoi voulait parler la femme quand elle évoquait « un maillon de la chaine alimentaire. » C'était compliqué. Peut-être qu'elle ne devrait pas se poser autant de questions et seulement partir avec les cinq euros. Pourtant la femme qui se tenait en face lui semblait familière. Elle ne savait pas vraiment pourquoi...

C'est à ce moment qu'elle eut un flash. La femme lui rappelait l'homme qui était apparu la nuit de l'assassinat de sa mère ! Mais pourquoi ? Ils n'avaient rien en commun si ce n'est une allure étrange. Non-pas péjorativement, bien au contraire. C'était attirant. Louise sembla tout à coup troublée.


« Je vous connais ? »
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Llylewin
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mer 25 Juil 2012 - 20:07

Je ne crois pas non, répondit Llylewin à la question posée par la jeune fille. Non, elle ne la connaissait pas, son visage ne lui disait rien. Il faut dire qu’elle n’avait pas pour habitude de fréquenter des filles aussi jeunes, et que cette dernière ne semblait même pas avoir l’âge légal pour avoir postulé au Quality Street. En plus, si elle ne buvait effectivement pas, il n’y avait donc aucune chance qu’elles se soient croisées dans un bar ou une taverne – quasiment les seuls lieux en dehors de son bordel qu’elle fréquentait assidument.

Tu as donc une sœur ? demanda-t-elle, intriguée par le comportement quasi bipolaire de la jeune vampire.
Ce n’est certainement pas avec ça que vous allez réussir à vous nourrir, tout au plus à vous rendre malade !

La maquerelle ne savait pas quelle était la race de la sœur en question, il pouvait également s’agir d’un vampire, mais étant donné que les chances d’enfanter plusieurs fois pour leur espèce était très rares –c’est qu’elle en connaissait un rayon sur le sujet maintenant – il s’agissait peut-être d’une humaine.

Ou d’une vampire fêlée du bocal qui avait décidé de transformer deux gamines pour jouer à la poupée, et les avait abandonnées lorsqu’elle s’était lassée de ses jouets. Elle avait entendu parler de ce genre de cas du temps où elle fréquentait la haute société. Ça faisait un bail mais la bizarrerie de la gent féminine était restée inchangée aux cours des siècles.

En tout cas je ne vois pas pourquoi tu t’abaisses à faire ce genre de choses dégradantes, lave-toi un peu, tiens-toi droite, les épaules en arrière, les seins en avant, un joli sourire et tu auras ramené un bon dîner bien frais à la maison en moins de temps qu’il en faut pour faire les poubelles ! soupira-t-elle d’un air las.

Ha, c’était donc vrai ce qu’on disait sur la jeune génération, tellement accrochée à leur gadgets technologiques qu’ils en oubliaient les choses de la vraie vie. Navrant.
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mer 25 Juil 2012 - 21:25

Louise ValentinoLa jeune fille était pourtant persuadée d'avoir déjà vu la Vampire. C'était sûrement dû au fait qu'elle lui rappelait l'homme qui l'avait vidée de son sang. Elle rangea le billet de cinq euros dans la poche de son vieux jean et lâcha le quignon de pain en haussant les épaules. La femme ne comprenait décidément pas sa situation. Enfin, elle lui avait quand même donné un peu d'argent. De toute façon Louise n'avait pas faim mais soif. Et pas de n'importe quoi, encore une fois. Bien-sûr, en aucun cas elle n'irait boire du sang - même si elle en ressentait une forte envie. D'ailleurs, à chaque fois qu'un humain se tenait près d'elle, Louise sentait le battement de son pouls. Cela lui donna rapidement le tournis. Trop de nouvelles sensations, trop vite. Elle était également bien plus sensibles aux odeurs. Pourtant, elle n'y prenait pas garde - trop hébétée par tous les événements qui eurent lieu ces derniers jours.

« En tout cas je ne vois pas pourquoi tu t’abaisses à faire ce genre de choses dégradantes, lave-toi un peu, tiens-toi droite, les épaules en arrière, les seins en avant, un joli sourire et tu auras ramené un bon dîner bien frais à la maison en moins de temps qu’il en faut pour faire les poubelles ! »

La femme la conseillait maintenant ! Elle ne savait rien d'elle et elle se permettait de lui donner des conseils ! Louise fronça les sourcils. Bon, la Vampire avait peut-être raison, après tout... Mais comment ça ramener un dîner en souriant et se tenant droite ? Ça ne rimait à rien.

« Je ne vois comment je pourrais ramener à manger en me faisant toute jolie ! Ce n'est pas pour autant que les marchands feront preuve de charité... »

Toutefois la jeune fille finit par se redresser un peu, c'est vrai qu'elle était sale et peu entretenue. Ses vêtements n'étaient, également pas, en bon état - un jean troué et une chemise froissée. Ça ne lui donnait pas du tout l'air charmant.

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Llylewin
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Jeu 26 Juil 2012 - 20:46

Llylewin ne put s’empêcher de lever les yeux en poussant un soupir d’exaspération.
*Non mais quel gourdasse, c’est pas possible ! Qu’est ce qui m’a fichu une empotée pareille ?*

Il n’y avait pas 36 explications possibles : soit la jeune fille était complètement ignorante des spécificités de sa condition, soit elle était complètement et irrémédiablement niaise.

Tu comprends vite mais faut t’expliquer longtemps, c'est ça? Enfin, le but n’est pas se faire offrir la bouffe, mais de la chasser, c’est quand même la base non ?

D’un geste aussi vif qu’agacé, elle lui arrangea la chevelure de façon à ce qu’elle tombe en cascade sur ses épaules pour obtenir un effet « décoiffé sauvage » toujours plus valable que la non-coiffure qu’elle arborait il y a quelques minutes sur le crâne.
Observant la donzelle de pied en cap, elle ne put s’empêcher de soupirer à nouveau : il y avait une bonne base pourtant, les joues roses, le teint frais, un air de jeune pâquerette pure et innocente n’attendant que de se faire déflorer…
Avec la tenue et le maquillage adéquat, il y aurait de quoi faire des ravages et s’en mettre gratis plein la panse tous les soirs, mais non, au lieu de ça elle préférait se saper comme une clocharde et faire les poubelles… Tout se perd, ma petite dame !

La maquerelle avait bien une idée derrière la tête pour agrémenter sa soirée, mais avant ça elle avait besoin de s’assurer que Miss Détritus se montrerait un minimum coopérative.

Si je te montre comment te nourrir décemment et gratuitement tous les soirs, tu promets de faire ce que je te dis sans poser de questions ?

Voilà de quoi lui sortir pour de bon la tête des couches et autres considérations propres à la dépression post-partum. La vamp était à nouveau en selle!
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Sam 28 Juil 2012 - 18:31

Louise ValentinoDe chasser sa nourriture ? Bon, la mendier allait encore, mais la chasser ? Elle n'avait rien pour chasser quoi que ce soit ; et le braconnage devait sûrement être interdit. La jeune fille laissa néanmoins son interlocutrice continuer. Quelle fut sa surprise lorsque cette dernière se mit à la recoiffer. Elle avait l'air concentrée et sûre de ce qu'elle faisait. Toutefois elle était agacée par Louise, ça se voyait ; mais pourquoi ? Elle n'en savait rien. Elle ne lui avait rien fait de mal. Elle avait juste fouillé une poubelle et répondu à ses questions. Cela faisait-il d'elle une personne exaspérante ? Apparemment.

Qu'est ce qu'elle allait lui sortir encore ? Elle lui avait déjà sous-entendu qu'elle devait chasser pour se nourrir... Quelles conneries ! Enfin, Louise n'était visiblement pas au bout de ses surprises quand la femme lui proposa de lui montrer comment se nourrir « décemment ». Elle n'allait cependant pas refuser. Ça ne pourrait que l'aider. Grand Dieu, qu'est ce qu'elle allait inventer ? Comme si fouiller les poubelles ne suffisait pas à l'humilier. Elle avait envie de partir, fuir. Arrêter cette conversation et l'oublier. Pourtant, quelque chose la retint sur place. Elle avait besoin d'aide, c'était irrévocable.


« Je veux bien, oui... »
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Llylewin
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 30 Juil 2012 - 19:49

Llylewin avait envie de s’amuser ce soir, et la providence venait de lui placer la parfaite victime sur son chemin pour le faire et sans dépenser un sou qui plus est ! What else ?

Qu’elle partante pour la suivre ? Rien n’était moins sur, mais en tout cas l’occasion était trop belle pour ne pas tenter le coup, et la vampire était consciente qu’elle venait de tenter un gros coup de poker qui a sa grande surprise allait porter ses fruits : la jeunette était d’accord.

Bon, c’est vrai qu’elle avait l’air relativement désespérée avec ses grands yeux, mais tout de même, elle n’aurait pas cru qu’elle l’était à ce point là. Tant pis pour la jeunette après tout, et tant mieux pour elle.

Bien, alors si tu es d’accord pour enfin apprendre à te comporter comme une grande dame et non plus comme un vulgaire rat d’égouts voleur de détritus suis-moi, ici ce n’est pas un endroit approprié.

La maquerelle se garda bien d’expliquer pourquoi : la rue commerçante était pleine de gens bien comme il faut, des gentlemen classieux, des petits couples mignons se tenant par la main, bref rien qui allait pouvoir faire son affaire, et surtout le gros point noir : il n’y en avait aucun. Aucun petit coin sombre pour faire son business à l’abri des regards…
Elle entraina donc la jeune vampire quelques rues plus loin, vers le quartier de Rahoon, son chez-elle où elle allait pouvoir trouver son lot de ruelles sombres.
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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 18 Fév 2013 - 18:16

Les bras pleins, les poches vides. Même si ce qui lui avait coûté le plus cher n'était pas transportable par elle toute seule. Juliet avait fait les magasins, chose qu'elle n'aimait pas particulièrement, surtout lorsqu'il s'agissait de dépenser beaucoup, mais le temps du choix était dépassé. Elle s'était résolue à changer sa literie qui, loin de présenter des signes de fatigue, présentait de sérieuses traces de brulure. Elle s'était d'ailleurs demandé en réglant son nouveau matelas ce qu'elle expliquerait aux gars qui la débarrasseraient de l'ancien. Elle trouverait bien un moyen de s'en délester avant qu'ils n'arrivent pour que les questions les plus tordues ne leur traversent pas l'esprit.
A chaque main pendaient des sacs, visiblement bien pleins. Du linge de maison pour l'essentiel : draps, taies d'oreiller, dessus de lit, serviettes de bain. Dans un large sac, des oreillers complétaient ses achats. On aurait pu croire qu'elle s'équipait pour couvrir tous les lits d'un petit hôtel de province mais elle faisait simplement du stock. Certes ses cauchemars avaient décidé de lui ficher la paix deux nuits sur trois (un grand miracle) mais il n'en restait pas moins qu'un accident était bien vite arrivé avec elle et qu'elle bousillait à la vitesse grande V son linge de lit. Depuis qu'elle était arrivée à Galway, elle faisait scrupuleusement des stocks pour ne jamais se retrouver en manque de draps. Heureusement elle économisait en pyjama, nuisette ou chose du genre, préférant dormir sans rien sur le dos ni les fesses. Ça faisait des frais en moins et pour la gestion de son budget, elle en était ravie. Les vêtements de nuit qu'elle possédait ne lui servaient qu'à sortir de la douche ou à se promener chez elle sans avoir trop froid ; elle retirait tout en se couchant.

Son soucis de stock était que cela soulevait toujours quelques regards et questionnements de la part des vendeurs. Quand elle le pouvait, elle étalait ses achats dans le temps et changeait de magasin à chaque pour ne pas paraitre trop bizarre. Mais aujourd'hui, elle avait du trouver une explication logique à cet achat conséquent. Elle avait rougi légèrement en baissant les yeux, comme gênée, et avait dit qu'en plus d'aimer changer régulièrement, elle en était un peu obligée par les petits jeux qu'elle faisait avec son ami et qui l'obligeaient à laver très souvent ses draps. En gros, elle peignait un tableau suffisamment indescent pour que cela passe parfaitement comme une excuse recevable. Certes, elle avait eu droit aux regards en coin des employés et des clients qui avaient entendu ce qu'elle racontait ; certains étaient moqueurs, d'autres choqués et d'autres suffisamment appuyés pour deviner les images qui passaient par la tête de ceux qui la reluquaient. Mais Juliet préférait cette explication à la vérité et peu lui importait ce qu'on pensait d'elle. Elle avait même poussé l'audace et le jeu jusqu'à demander où elle pouvait acheter de la chantilly pas trop chère. Passant le pas de la porte du magasin, elle se retint de rire, un sourire amusé sur les lèvres.

Ses sacs à bout de bras, la brune déambulait donc dans la grande rue commerçante, la descendant à pied afin de rentrer chez elle. Elle avait un petit bout de chemin à faire mais la fraicheur de ce début d'après-midi ne lui déplaisait pas. Elle était d'assez bonne humeur après une nuit paisible à la saveur exquise. Elle croisait les doigts mentalement pour que cela continue au moins une nuit de plus qu'elle se sente bien reposée.

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Dernière édition par Juliet Ahston le Sam 28 Sep 2013 - 10:59, édité 1 fois
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Luc Awel
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Jeu 21 Fév 2013 - 1:27

La soirée du Quality Street s'estompait dans les pensées de Luc. Il était venu ici quelques semaines auparavant afin de louer un costume pour la thématique imposée, mais il ne se souvenait plus dans quel enseigne il était entrer pour prendre les vêtements. Evidemment, aucune étiquette ne lui fournissait d'indice, puisque "Made in ..." n'est qu'une information sur sa provenance lointaine...

Déambulant dans la rue commerçante, le nez en l'air, les yeux se promenant d'enseigne en enseigne, certaines plus luxueuses ou attirantes que d'autres. Les passant l'évitaient en s'écartant du passage pour ne pas se faire bousculer. Heureusement que les vêtements de prêt étaient soigneusement pliés dans une housse en plastique pour ne pas être abîmés sinon le chèque de caution aurait été encaissé vu le nombre d'obstacle dans lesquels il manquait rentrer.

* Mais bien sûr ! Si je regarde le talon du chéquier, j'ai bien dû noter la référence de la boutique à laquelle j'ai laisser le chèque.*

Content d'avoir trouvé un moyen de se rendre au bon endroit, Luc voulu se précipiter et s'il avait été vraiment mal habile, il aurait sans doute percuté la jeune femme débordée de sac qui avançait également. Ce ne fut pas le cas, avec tout ses sacs, il l'avait vu venir à temps pour l'esquiver d'un pas chassé, mais laissa tomber son paquet. Il se pencha pour le ramasser avant même de regarder la personne face à lui.

"Je suis navré, j'arrivais un peu vite. J'espère que vous n'avez rien?" s'enquit-il en se redressant.

Au premier coup d'oeil il ne reconnu pas cette femme, même si un vague souvenir lui faisait penser qu'ils se connaissaient. Une impression de déjà-vu ? Il n'osait pas l'embêter d'avantage, après avoir manqué de la renverser elle et ses... sa lingerie ? Autant de sac pour des taies d'oreillers ? Ne pas vouloir lui demander son nom pour ne pas l'embarasser était une chose, mais la curiosité face à tant de linge, soit elle tenait un hôtel, soit elle contait faire un don aux moins riches de la ville...

L'hiver vous incommode t'il de par son froid ? J'espère ne pas avoir endommagé vos articles.

Esquissant un sourire un peu maladroit en guise d'excuse afin de paraître innocent. Cette technique qu'il utilisait autrefois avec sa mère avait su faire ses preuves, il était grand temps de l'utiliser sur un autre cobaye. Au collège universitaire de Corke, il avait appris l'art sournois du commerce et du rapport avec la clientèle. Faire bonne impression restait le défi majeur pour avoir une bonne relation. Dans le cas présent, cette règle s'appliquait afin d'éviter un éventuel courroux, et au mieux, pour savoir d'où il connaissait cette femme.
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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Jeu 21 Fév 2013 - 8:20

Dans la technique de l'esquive d'un objet mobile, il y a un paramètre dont on arrive jamais à être sur : de quel côté l'autre va se décaler également. Cela est bien sur valable pour les êtres vivants, non pour les ballons ou autre objet sans conscience ni réflexion. Ce qui explique pourquoi il y eut légère collision entre Juliet et le jeune homme. Rien de bien méchant cependant : l'un de ses sacs lui échappa des mains et finit par terre. De toute façon, les taies et draps étaient tous enveloppés dans des sacs transparents ; et elle comptait les laver une première fois avant de les mettre sur son lit.

" Ça n'est rien. Il en faut plus pour déchirer des draps si soigneusement pliés et emballés. " sourit-elle devant la gène exprimée par l'inconnu.
Le visage de celui-ci aurait pu lui dire quelque chose ; l'irlandaise avait eu tout loisir d'observer les invités du Quality Street et elle n'avait pas manqué de voir celui déguisé en crocodile au milieu des autres. Cependant elle s'était si bien concentrée sur un visage en particulier, celui de James, que les autres s'étaient éclipsés au fin fond de sa mémoire. Du coup, Luc était, à ses yeux, un simple passant croisé dans la rue commerçante.

" Le froid n'est pas un problème. Ma maladresse en revanche... Et l'état misérable généralisé des affaires récupérées pour trois fois rien en m'installant m'ont décidé à faire du stock. "
Ce dernier point n'était pas totalement faux, si on exceptait le fait que les friperies qu'elle s'était dénichée en arrivant à Galway n'avaient pas tenu plus longtemps que d'autres draps achetés en magasin traditionnel face à ses démons intérieurs.
" Achat impulsif en quelque sorte. " conclut la brune en riant doucement. Elle enchaina d'ailleurs sur autre chose ne souhaitant pas s'étendre davantage sur le pourquoi de ses sacs pleins. Un mensonge ou une pirouette à la fois... !
" Vous cherchez quelque chose ? Je peux peut-être vous aider... "

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Luc Awel
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Dim 24 Fév 2013 - 14:46

Il est vrai que souvent les hommes entres eux parles des femmes comme de véritable gouffre financier. L'hypothèse fit vite le tour dans l'esprit de Luc, il n'avait pas vu les choses de cette façon en fréquentant Milicent, pourtant son compte en banque allait y passer. De voir Cette femme avec tout ses achats dit "impulsif" le confortait dans l'idée de faire plus attention à son porte-feuille dorénavant. Si se trouver une petite-amie signifiait faire des frais, il s'y reprendrait à deux fois avant de s'engager.

Le proposition qu'elle faisait de l'aider à ce retrouver dans ce dédale de boutique fut la bienvenue. Pour Luc qui était perdu c'était une véritable aubaine de pouvoir être renseigner et de compter sur la courtoisie des gens. Les résidents de Galway semblaient assez accueillant et près à aider leur prochain. Il tendit donc le sac avec sa tenu de Croco et lui montra le talon du chéquier.

- J'ai loué ce costume pour une soirée récemment et je dois le rendre impérativement aujourd'hui, j'ai eu pas mal de contre-temps et si je ne le dépose pas avant ce soir, ils encaisseront mon chèque de caution. Je n'ai aucune idée d'où j'ai trouvé le magasin, il était assez tard quand je l'ai trouvé. Je dois vous donner l'impression de quelqu'un qui s'occupe de tout au dernier moment haha. conclua t'il.

Il espérait vraiment qu'elle saurait l'orienter dans ce labyrinthe commerciale. Ce qui est sûr ici, c'est qu'on ne risquait pas de finir en manque de quoi que ce soit puisque chaque chose avait sa place derrière la vitrine d'une des galeries.

- Si vous avez un peu de temps a m'accorder, est-ce que vous voudriez bien m'y conduire ? J'ai le sens de l'orientation mais en contre partie je pourrais porter quelques-uns de vos nombreux sacs.
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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Dim 24 Fév 2013 - 22:29

L'excuse de Juliet avait été suffisamment convaincante pour que le jeune homme ne continue pas de poser des questions sur les nombreux sacs qu'elle portait. Ce n'était pas difficile de détourner la conversation, car sa simple proposition d'aide trouva un écho favorable.
La jeune femme jeta un oeil dans le sac transporté par Luc et y reconnut ce qui semblait être un costume, ou plus précisément un déguisement. Il y avait un côté crocodile qui, couplé aux dires de l'inconnu, lui fit immédiatement pensé à la soirée Jungle Fever.

" Vous étiez au Quality Street ? La soirée était sympathique. Vous en avez bien profité vous aussi ? "
Certes "sympathique" ne définissait pas son début de la soirée. Elle n'avait pas été très impliquée dans l'évènement mais en avait profité à sa manière, surtout à la fin. En tout cas, le visage du crocodile dundee ne lui revenait pas du tout. Heureusement que sa présence en tant qu'employée de la Steel Corp n'était pas une mission de repérage, car elle aurait passablement échoué.

" Oui je peux vous y conduire. C'est dans une rue par là. " désigna-t-elle du menton.
Elle reprit la marche sans se défaire de ses sacs. Ils étaient encombrants mais nullement lourds. Elle remercia Luc d'un sourire lorsqu'il voulut attraper un sac. C'était son bordel, elle était bien capable de s'en dépatouiller.

" Vous n'êtes pas ici depuis longtemps, je me trompe ? Bon j'avoue qu'il m'arrive encore souvent de me perdre, alors que ça fait plus de deux ans que j'arpente ces rues. "

Ils avancèrent dans la grande rue commerciale. L'Irlandaise ne jeta pas un oeil aux devantures aguicheuses des enseignes de vêtements. Même si elle avait été une adepte du lèche-vitrine, elle avait assez dépensé à son goût pour les prochaines semaines.

" Si ce n'est pas indiscret, qu'êtes-vous venu faire à Galway ? "
Ils avaient un peu de marche à faire, autant que ces minutes ne se passent pas dans un silence gêné.

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Luc Awel
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 11 Mar 2013 - 17:38

La demoiselle refusa que Luc l'aide à porter les sacs, mais elle le guiderai jusqu'à la fameuse boutique. Luc songea à mieux se rappeler les routes qu'ils empruntent, ceci pourrait être important à l'avenir, au cas où Juliet, comme elle le disait, s'y perdait à nouveau.

Elle remarqua le costume en question et émit l'hypothèse que Luc se soit rendu à la soirée organisée par le Quality Street, ce qui était effectivement le cas. Il s'était amusé à cette soirée surtout au moment du défi de chasse !

"Je réside dans une chambre d'hôtel que je loue non loin d'ici. Leurs draps ne valent pas les votre plaisanta-t'il. Je suis arrivé au milieu de l'hiver à Galway et depuis je n'ai fait que me promener. Effectivement, j'ai participé à la soirée Jungle Fever, je dois même précisé que j'ai fait parti de ceux qui ont eu droit de monter sur scène pour la finale. répondit-il avec le sourire retrouvé en évoquant ses souvenirs. Je n'ai pas eu le plaisir de chasser ma dernière proie, un zèbre de qui j'aurai du me prendre une claque, sinon j'aurai gagné sans passer par l'étape de hasard. Et vous, y avez-vous été conviée ? interrogea t-il."

Il évita soigneusement de parler de la relation qu'il avait entretenu avec l'une des demoiselle de l'établissement afin de ne pas créer une fausse rumeur ou une quelconque réputation. Après tout elle faisait un métier particulier et... Luc ce fit la réflexion qu'elle était peut-être ainsi avec tout les potentiels clients et son sourire s'estompa.

La seconde question à laquelle il devait répondre était plus complexe. Il n'allait pas faire avec Juliet une démonstration de ses talents comme il l'avait fait auparavant avec Triskell, ici beaucoup trop de monde pouvait le voir. Lui dire que des créatures plus ou moins fréquentable peuplait les mêmes rues qu'eux une fois la nuit tombée n'était pas non plus la meilleur solution. Alors quoi ? Tourisme ? Le niveau de crédibilité atteignait dangereusement le seuil de zéro puisque la seule chose qu'il connaissait du coin, c'était la SteelCorp et le Parc détruit...

"J'ai récemment terminer mes études à Corke, dans le commerce et je suis venu chercher du travail. Je n'ai pas la prétention d'ouvrir une boutique ici, j'aimerai simplement rejoindre une entreprise locale... Où ai-je mis la carte?"

En farfouillant dans ses poches de jean, il retrouva la carte de la Steel que Triskell lui avait passé, que lui même avait obtenu d'une des employées... Une certaine Lady euh... qu'importe.

"Là, La voilà ! Je suppose que vous avez au moins déjà entendu parler de ceci. Il lui tendit la carte. Depuis un certain temps je rêve de pouvoir arpenter les couloirs de ce QG économique et aider les intérêts des dirigeants de cette grosse firme. J'espère ne pas trop vous ennuyer avec tout ça ?

Il reprit la carte qu'il rangea à sa place. Puis regarda l'heure à sa montre. La boutique ne fermerai pas avant un moment, il pouvait continuer à bavarder tout en marchant sans crainte.

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 11 Mar 2013 - 20:40

" Je n'ai pas trop suivi le dénouement de la soirée... " avoua la jeune femme sans rougir. Elle aurait cependant pu voir ses joues virer au rouge en souvenir des agréables moments qu'elle avait vécu ce soir-là.
Luc lui précisa alors qu'il allait partir en chasse d'un zèbre. Le défi qu'il devait relever fit d'ailleurs immédiatement rire Juliet.
" J'aurais du te filer une claque ? Pas gagné comme défi ! " continua-t-elle sans se départir de son sourire. Elle était innocemment passé au tutoiement, chose qui aurait fini par arriver si elle avait finalement gifler le jeune homme à la soirée du Quality Street. Elle essayait d'imaginer ce qu'il aurait bien pu se passer pour qu'elle en arrive à une telle extrémité avec un inconnu... Même s'il avait interrompu son baiser avec James, elle ne l'aurait pas touché ; elle n'avait rien dit à la girl qui était venue récupérer leurs cartes. Non franchement, elle ne voyait pas...

L'ancien "crocodile" lui expliqua alors ce qui l'avait amené à Galway. Il venait de finir ses études et avait choisi de tenter sa chance dans cette ville. Apparemment, il visait même une entreprise en particulier, puisqu'il se mit à chercher une carte de visite.
Lorsqu'il lui montra celle de la Steel Corp, avec le nom de Lady Velvet inscrit dessus, Juliet fit mine de ne pas réagir. Elle hocha simplement la tête.
" Qui ne connait pas la Steel ici !" sourit-elle." Ce n'est pas une petite boite de rien de tout qui te tente... Cela dit, c'est pas mal d'avoir de l'ambition. Qu'est-ce qui t'a fait choisir la Steel plutôt qu'une autre entreprise ? "

L'Irlandaise allait chercher à en savoir davantage. Peut-être lui dirait-elle qu'elle y travaillait... Mais pour qu'elle puise lui être utile, il fallait qu'elle en sache davantage. Pouvait-il convenir aux exigences particulières de l'entreprise ? Elle fallait qu'elle fasse passer ses questions pour de la simple curiosité. Elle appuya d'ailleurs sa question d'un regard franc et souriant.

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Luc Awel
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 18 Mar 2013 - 19:41

Ainsi Juliet avait elle aussi participé à la soirée festive du Quality Street et c'était elle qui se trouvait sous le costume de zèbre. Celui-là même qui embrassait un pingouin... Voici donc le pourquoi du comment et expliquait son absence de mémoire, elle avait la tête ailleurs.

Apparemment elle était très bien renseignée sur tout ce qui se passait en ville. Qu'il s'agissent des soirée, des commerces et des boutiques tout comme des grandes entreprises. Juliet était peut-être l'une de ces personnes qui s'intéressent à leur ville et aiment participer de prêt à la vie locale. Luc commença donc par lui expliquer son intérêt pour le commerce, les impératifs d'une sociétés, sans aller trop dans le détail afin de ne pas perdre son interlocutrice dans un discours trop long. Puis il chercha un moyen d'aborder le véritable intérêt.

"Tu vois cette plume qui virevolte avant de toucher le sol ? Montra t-il du doigt. Disons qu'il m'arrive de vouloir être aussi léger et je rêverai de voler tel un oiseau, mais je fini toujours par retomber sur terre. J'ai entendu dire que les employer de la Steel avaient tous une particularité... Que chacun était singulier et que c'était la force de cette entreprise. Considérant que la steel est un oiseau, j'aimerai être cette fameuse plume et mettre mes talents, mon talent personnel, à leur service, pour être en quelques sorte l'aile.

Malgré des paroles presque aussi mystérieuse que Galway, Luc avait plus ou moins aborder son pouvoir sous la forme d'une métaphore filée. Entre trop en dire et pas assez, il espérait que la jeune fille serait suffisamment curieuse pour poser les bonnes questions, ou au moins être assez perspicace pour comprendre le sens caché des mots.
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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mar 19 Mar 2013 - 10:50

Le jeune homme lui expliqua les tenants et aboutissants de sa vocation commerciale. Chose que respectait Juliet mais qui lui passait à cent mille au dessus de la tête : les lois du marché, la gestion d'une entreprise... cela lui semblait si compliqué et elle en remercia mentalement Luc de s'en tenir aux banalités sur le sujet. C'était un domaine qui n'aurait jamais pu l'attirer si son parcours avait été parfaitement classique. Elle se prit à se demander dans quoi elle aurait atterri si elle avait suivi un cursus normal de scolarité et de vie. Mais elle n'eut aucune idée qui lui vint rapidement à l'esprit. Les rêves d'enfant se confrontent toujours aux chocs de la réalité et les affinités avec des matières scolaires ne correspondaient pas toujours à une finalité professionnelle en correspondance.

Le jeune diplômé partit alors sur une comparaison étrange en désignant une plume de mouette qui avait fini sa vie à quelques pas d'eux. Certes, elle aurait peut-être encore quelques occasions de voyage, ainsi qu'elle se souleva légèrement du sol mu par un courant d'air. Mais elle retomba bien vite.
Ce manège aérien ne fit pas perdre à la brune la partie essentielle du discours de Luc. Les employés de la Steel avaient tous une particularité, avait-il dit. Cherchait-il à faire une métaphore vis-à-vis de lui même en montrant cette penne ? Ou s'était-il contenté d'illustrer ses propos généraux en fonction des éléments disponibles autour de lui ?

"Voilà des arguments d'embauche intéressants. Mais ce n'est pas moi qu'il faut convaincre tu sais. " sourit Juliet. En tant qu'employée, elle n'avait pas son mot à dire, mais elle pourrait en revanche "introduire" quelqu'un d'intéressant auprès d'une personne plus compétente. L'occasion se présentait-elle avec Luc ? Ou les mots employés n'étaient du qu'au hasard ? Cela serait surprenant de la part de quelqu'un dont la profession était dans le domaine du commerce. Enfin pour ce qu'elle en savait... Au pire, ça ne coûtait rien de demander.

" Tu parles de particularité, de talent... Quel serait le tien pour postuler à la Steel ? Il doit falloir sortir sacrément du lot pour intéresser ces gens-là... " s'interrogea-t-elle "naïvement".

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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Lun 25 Mar 2013 - 22:15

A chacun des sourires qu'affichait le visage de Juliet, Luc se sentait bien. Ces derniers jours il avait tellement couru à travers la ville, qu'une discussion sur sa passion le mettais de bonne humeur, notamment le fait que l'ex zèbre semblait vaguement s'intéresser là ou d'autre en profitait habituellement pour détourner le sujet. Alors la voir sourire, c'était un peu comme s'il arrivait enfin à faire passer un peu de son engouement pour le commerce.

En revanche la question qu'elle posait suite à son trait d'humour mettais Luc mal à l'aise. Il avait tenté d'introduire le sujet de son pouvoir de façon subtile, et la voilà qui le mettais au pied du mur. Bien que jusqu'à présent chaque personne à qu'il en avait parlé ou fait une démonstration semblait légèrement surpris mais toujours sous le charme, il ne pouvait jamais deviné qu'elle serait la réaction de la prochaine personne qui en serait témoin.

Dans le doute, il préféra s'abstenir de léviter et employa des mots moins métaphorique pour mieux se faire comprendre :
-Disons que la rumeur veux que chaque employé dispose d'un certain potentiel qu'aucune autre entreprise ne peut avoir. Est-ce que tu connais les comics ? Dedans certains justiciers ou super-héros dispose de pouvoirs qu'ils mettent au service d'une grande cause pour aider les habitants de leur ville et les protéger du mal qui les entourent. Dans mon cas, c'est très semblable. J'ai euh... Il hésita puis prit son courage à deux mains et reprit, j'ai en moi une capacité, quelque chose qui est apparut en grandissant. Aussi surprenant que cela puisse paraître, j'arrive à contrôler l'apesanteur. Pour l'instant il ne s'agit que de lévitation, je veux dire j'arrive à faire décoller mon corps de quelques dizaines centimètres. Mais j'ai l'espoir qu'en travaillant à la Steel, mes pouvoirs se développent et peut-être voler ou faire flotter ce qui m'entoure.

Après une courte pause, il espéra ne pas s'être fait passer pour un dingue, et surtout qu'elle n'allait pas partir en courant, en plantant ses sacs de lingerie en plein milieu de la rue afin d'appeler les autorités locales dans le but de l'emprisonner dans un hôpital psychiatrique pour une durée indéterminée.

Tu peux ne pas me croire et penser que je suis un gars farfelue, mais quoi qu'il en soit, je souhaiterai que ça ne s'ébruite pas s'il te plait.

Cette dernière requête ne correspondait pas du tout au tempérament traditionnellement calme de Luc. Son inquiétude venait du fait qu'il n'était plus très loin de réaliser son rêve, et échouer maintenant était pour lui une probabilité qu'il ne souhaitait pas se voir réaliser.
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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La rue commerçante   Mar 26 Mar 2013 - 13:34

Non Juliet ne partit pas en courant ; elle ne le prit pas davantage pour un hurluberlu ayant une case en moins ou un plomb de griller. Sa réaction fut néanmoins partagée. Son sourire avenant s'effaça de son visage, tandis qu'elle s'arrêta brusquement.

Elle l'avait laissé parler, évoquer les superhéros et justiciers des bandes dessinées américaines. Comme eux, il voulait se mettre au service d'une cause. Mais que savait-il de la cause de la Steel Corp ? Était-ce à elle de l'éclairer là-dessus ?
Puis Luc lui décrivit rapidement sa capacité, la lévitation, et évoqua une raison d'intégrer la société qui la ramena à sa propre expérience : développer son pouvoir, être capable de davantage de contrôle... Oui, c'était certainement l'un des meilleurs endroits pour arriver à cela.
Mais ce furent ces derniers mots ("ne pas ébruiter" ) qui eurent le plus d'impact sur elle et qui provoquèrent son arrêt. Transvasant ses sacs dans sa main gauche, elle attrapa le bras du jeune homme pour le faire stopper et se tourner vers elle. Elle l'entraina un peu en arrière du passage, plus près des murs des boutiques. C'était elle qu'on pourrait faire (r)enfermée pour un changement de comportement si brusque et étrange...

" Garde-toi bien d'en parler aussi ouvertement autour de toi lorsque tu travailleras là-bas. " le mit-elle en garde un peu brusquement.
Puis son regard se radoucit tandis qu'elle le lâchait. Juliet soupira en baissant la tête un moment. Cette recommandation qui l'avait tant secoué était assez particulière à son cas ; peut-être ne concernerait-elle pas le jeune commercial ? Très certainement d'ailleurs... il n'aurait pas à commettre des crimes lui.

La brune remit un sourire sur ses lèvres pour s'excuser.
" Pardon... Je ne voulais pas t'effrayer. Sache juste que... je n'en parlerais qu'à qui de droit pour t'aider dans ton projet. J'aurais cependant une dernière question. "
Elle était obligée de lui demander... Suivant ce qu'il lui répondrait, elle aviserait de sa réponse, franche ou mitigée.
" Quel est selon toi la "cause" de la Steel Corp ? dans l'hypothèse où elle en possède une... "

_________________

Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. (Etienne de La Boétie )
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