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 Les bords de mer

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Juliet Ahston
Humain


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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Jeu 8 Nov 2012 - 15:59

James lui fit enfiler sa chemise sans lui laisser la possibilité de refuser. Il argua qu'elle non plus ne devait pas prendre mal et que pour sa part, il avait eu de bons moyens de se réchauffer.

"Malheureusement, les hommes s'enflamment plutôt au sens propre du terme en ma compagnie..." commença-t-elle avec un regard triste. Puis retrouvant le sourire : " Mais je n'en apprécie pas moins le compliment ! "
C'était la vérité ; quelle femme n'apprécierait pas qu'on lui dise, même de façon un peu détournée, qu'elle était jolie ? En tout cas, la demoiselle préférait bien ce genre de déclaration à celle abrupte du vampire de tout à l'heure. Bizarrement... ça ne faisait pas le même effet suivant la manière dont c'était dit, et suivant la personne qui le prononçait. Lorsque celui-ci était charmant, élégant... c'était nettement mieux.

Il n'était guère besoin de lui dire de se tenir près du feu ; c'était naturel chez elle, qu'elle soit trempée ou non. Remontant les manches de cette chemise d'homme, Juliet préféra garder les pieds nus. De ses orteils, elle creusa un trou dans le sable et y plongea ses pieds accompagnés d'un morceau charbonneux de bois. Elle balaya le sable pour recouvrir l'ensemble jusqu'aux chevilles.

" Tu connais la bouillotte ? Voici la version "Juliet à la plage". " plaisanta-t-elle en désignant son œuvre.

Elle réfléchit à la question du professeur, en baladant inconsciemment sa main au milieu des flammes. Il faisait référence à cet état second qui l'avait fait foncer dans l'eau sans réfléchir au danger que la mer pouvait représenter. Aurait-elle fait la même chose en présence d'une cascade ? Aurait-elle cherché à se jeter du haut de celle-ci dans le simple but de se laver ? Non, c'était impossible.

" C'est rare mais ça m'est déjà arrivée. Je pense que c'est lié à l'intensité de mes émotions au moment où je l'emploie. "
Elle pensait bien sur au grand incendie qu'elle avait provoqué au parc, sur demande de son patron. Elle avait du boire de l'alcool pour arriver à cet état de puissance incontrôlée et s'était retrouvée dans un état similaire lorsqu'elle avait terminé. La contemplation de son bébé devenu si grand et incontrôlable l'avait rendu presque folle et elle ne sut pas comment elle était revenue chez elle. Elle avait repris simplement ses esprits en sentant les gouttes de la douche lui tomber dessus avec violence.
Elle cligna des paupières pour chasser ces images de sa tête.
" C'est la seule explication que je vois... " reprit-elle finalement. " En tout cas, elle correspond bien à la situation. J'avais la maitrise sur tout ce que je faisais mais... "
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Professeur J. M.
Humain


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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Dim 11 Nov 2012 - 13:00

James regarda amusé la jeune femme mettre le morceau de bois sous le sable et rigola à ses propos.

« Effectivement ingénieux système, cependant je ne pense pas l’étrenner de mon coté, j’ai la plante des pieds sans doute un peu plus sensible… Par contre j’espère ne pas t’offenser mais je vais minimaliser ma tenue… »

James retira son pantalon, trempé mais n’osa pas ôter le dernier morceau de tissu, trop timide pour finir en tenu d’Adam face à la jeune fille. C’est donc dans un magnifique boxer noir agrémenté de petite tasse de thé et de théière blanches que le professeur écouta attentivement les propos de Juliet. Il avait déplié son pantalon afin que celui ci sèche plus rapidement. Heureusement le tissu était fin et donc cela ne mettrait pas beaucoup de temps… Par contre pour ce qui était du boxer…

Le professeur avait un visage sérieux alors qu’il écoutait avec attention la jeune femme, réfléchissant à chacun de ses mots. Elle semblait visiblement troublée par ce qui venait de lui arriver, mais ce n’était pas la première fois apparemment. Le professeur aurait bien posé des questions, lui demandant de préciser ce qu’elle voulait dire par « émotions fortes ». Etait-ce simplement quand elle tuait ? Avait-elle éprouvé du plaisir lors de l’assassinat de cette créature ? Non pas qu’il voulait la juger, elle venait de lui sauver la vie, et James n’allait pas la blâmer si elle éprouvait du plaisir à tuer ce genre de monstre, mais il voulait simplement comprendre comment son don fonctionnait.

« C’est assez étrange, on dirait que la puissance de tes flammes découle de tes émotions, mais c’est un peu comme si le feu que tu maitrisais te consumais… »

Il fit un petit sourire, continuant d’analyser ce qu’il avait vu.

« C’est un don extraordinaire, pour moi il n’a rien de monstrueux ou d’effrayant au contraire… Cependant il à l’air dangereux… Pour tes ennemis certes, mais aussi pour toi. »


Pour le professeur une seule conclusion s’imposait.

« Juliet, tu es une femme extraordinaire et tu as un don remarquable, je ne sais pas ce que tu as vécu avant, ce qui as fait que tu te méfies tant des autres voir même de toi, mais en tous cas moi tu ne m’inspire aucune crainte. Cependant il semblerait qu’utiliser ton pouvoir te coute, et ta petite baignade dans ton état second aurait pu être dangereuse… »


le professeur avait un ton de voix grave, sa main gauche placée au niveau de son menton ses doigts parcourant sa peau et frottant sa barbe naissante. Une image d’une personne sérieuse et studieuse… Enfin si on faisait l’impasse sur le fait qu’il était en caleçon, en parti trempée.

« Mais je suis sur qu’avec du travail tu pourrais mieux maitriser ce don incroyable. »

De nouveau le professeur se montrait enthousiaste. Cependant il faisait assez attention sur les mots qu’il utilisait, car le professeur avait l’impression que la jeune femme lui cachait quelque chose. Difficile de savoir ce qu’elle omettait de lui dire, mais compte tenu de son « pouvoir » le professeur s’était fait une petite idée des dommages que les flammes pouvaient f aire.

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Lun 12 Nov 2012 - 10:34

Alors qu'ils continuaient leur conversation, Juliet écoutant puis répondant, la jeune femme mit en pratique une idée qui avait germé dans sa tête. Quelque chose en lien avec une émission qu'elle avait vu : un reportage sur des populations d'elle ne se souvenait plus quel pays qui cuisaient leurs aliments dans des fours enterrés, à l'aide de pierres chaudes. Non, elle ne souhaitait rien cuire du tout mais un sourire s'étira sur ses lèvres lorsque constatant le caleçon du professeur, une image très bizarre lui vint en tête : un truc concernant la chauffe d'une théière.

«So British! J'adore ! » souligna-t-elle, un peu euphorique, toujours sous l'emprise de cette image de théière fumante.
Il lui était par contre compliqué de se mouvoir les pieds enterrés dans le sable. Certes, elle pouvait s'en défaire mais elle était si bien les pieds au chaud... Elle ramassa donc tous les galets qui se trouvaient à portée de main, n'hésitant pas à passer en un équilibre précaire au dessus des jambes de James pour se saisir des précieux éléments de son « réchauffe-James ». Et oui, une théière ça ne s'enterre pas, ça se chauffe par en dessous. Elle les mettait progressivement dans le feu, espérant qu'ils ne se briseraient pas nets sous la chaleur... D'un œil, la brune les surveillait donc comme du lait sur le feu.

« J'ai surtout entendu le contraire ; on finit par croire ce qu'on nous répète inlassablement... »
Elle avait suspendu son geste, tenant un galet au dessus des flammes, avec une impression de vague à l'âme, l'emportant loin de cette plage. Juliet soupira un grand coup puis continua son étrange besogne.
Avec un « Pardon... », elle réussit à obtenir trois pierres rondes supplémentaires, contorsionniste amateur autour de son compagnon.

« Tout ce que je sais, c'est que ça m'apporte du tourment rien qu'à y penser ; puis de la joie à le voir naître, évoluer et grandir. J'ai l'impression d'entendre ma mère parlant de nous, ses enfants. Mais comment ne pas aimer cette merveille ? » sourit-elle en dévorant des yeux les flammes dansantes, au creux desquelles elle venait de déposer les galets.
« Oui, c'est dangereux, même pour moi ; les fumées peuvent m'étouffer alors que ma peau ne subira jamais aucun dommage. Mais je ne m'étais jamais attardée sur ces moments où j'agis par automatisme... C'est si rare... » constata-t-elle simplement. Elle se disait que ça avait même un côté bénéfique car ça la protégeait en quelque sorte des retombées émotionnelles que ses gestes pouvaient engendrer.

« C'est gentil de vouloir m'aider ! Mais c'est mon tour d'abord... »
Les pierres étaient prêtes à faire leur office ; la demoiselle retira ses pieds du sable et s'agenouilla pour creuser. Elle essaya d'aller assez profond, ne sachant pas la capacité d’absorption de la chaleur qu'avait le sable. Elle plaça ensuite les galets brûlants, limite rougeoyants, au fond et recouvrit le tout avec le sable qu'elle avait dégagé.

« Assis-toi là-dessus. J'espère que c'est pas trop chaud... »
Et attendant le verdict avec une petite moue inquiète, elle demanda : « Comment tu me ferais travailler toi ? »

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Lun 12 Nov 2012 - 14:11

Alors que James discutait avec Juliet, celle ci commença à s’agiter, à la recherche de quelques chose elle regarda à droite, puis à gauche, se saisit de caillou, s’adonnant à quelques gymnastique périlleuse afin de compléter sa collection de galet. Ne sachant pas trop que faire ou que dire, le professeur la laissa faire se disant que si elle avait besoin d’aide la jeune femme lui demanderait. Il tenta de la gêner le moins possible lorsqu’elle tenta de passer sur lui pour attraper un énième caillou, se faisant le plus petit possible pour ne pas la déranger.
Il continuait de parler l’observant, se demandant intérieurement quelle était la finalité de tous ça. Il ne tarda pas à le savoir et l’attention lui fit extrêmement plaisir. Effectivement les galets chauffés seraient sans doute moins agressifs que de la braise directement posée.

Lui faisant un sourire chaleureux, afin de lui montrait à quel point il appréciait la petite attention ? Puis il se redressa et tenta de s’asseoir sur les galets chauds posés sur le sable. Alors qu’il se posa sur les pierres, le professeur ne put réprimer une grimace, la chaleur des galets étant plus importante qu’il ne le pensait.
James fut intérieurement heureux d’être pudique, car finalement le dernier rempart de tissu humide qu’il avait décidé de garder sur lui fut la protection rêvée entre son auguste derrière et les pierres brulantes.
Une fois la grimace du premier contact passée et l’habitude prise, le contact avec les pierres devint agréable, et aida le professeur à reprendre des couleurs encore plus rapidement.

« Crème brulée, ballade sur la plage, et maintenant bouillotes en tous genre, mais quand cesseras-tu de me surprendre ? »

James rigola en s’asseyant confortablement sur les galets qui maintenant avaient une température idéale.

« Pour l’instant je pense trouver un endroit. Un endroit isolé et surtout dans une zone en sécurité pour toi. Une zone ou tu pourrais utilisé ton pouvoir sans limite, avec l’assurance que cela ne blesse personne, un endroit ou tu pourrais t’entrainer discrètement et surtout sans avoir à te mettre en danger après. »

De nouveau il afficha un regard sérieux.

« L’idée est à murir, mais comme ça je dirais un grand hangar préparé en fonction, isolé de la ville, avec par exemple un bassin rempli d’eau à bonne température pour que tu puisses éteindre les flammes sur toi sans terminer frigorifié… Un hangar remplit de chose sur lesquels tu pourrais t’entrainer mais avec les mesures nécessaires pour que le feu ne se propage pas… »

James était fasciné par la jeune femme et par son don, il était capable de beaucoup d’investissement pour lui venir en aide… Surtout qu’elle venait de lui sauver la vie. Même s’il ne mesurait pas encore totalement l’étendu d’une telle proposition.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Lun 12 Nov 2012 - 16:53

[HJ : Les galets sont sous une bonne couche de sable hein ^^ C'est pas (encore ?) l'heure du massage délaçant aux galets chauds ;D]


Juliet accompagna la grimace de James, car bien qu'elle ne puise ressentir la chaleur de la même manière que lui, elle ne pouvait que savoir que c'était douloureux. Puis il sembla s'y faire et se montra même ravi de son ingéniosité.

" Jamais, j'espère ! " répondit-elle avec un clin d’œil. C'était tellement plus amusant de surprendre les autres et de se laisser surprendre par eux ; ça serait triste, se disait-elle une vie sans surprises. Elle ne serait pas assise sur le sable, près d'un feu de camps avec un homme rencontré quelques heures auparavant si la vie n'avait pas un lot de surprises à distribuer à qui voulait bien les saisir. La jeune femme avait décidé de prendre toutes les bonnes choses qu'elle pouvait avoir... histoire de rattraper le temps perdu.

" C'est un sacré endroit qu'il faudrait... " répondit finalement la brune qui avait relevé ses jambes vers son buste pour les enlacer de ses bras. Elle posa sa tête dessus, tournée vers son compagnon.
" Je pensais déjà qu'on serait tranquille ici à cette heure... Alors trouver un endroit où jamais personne ne va..., ça risque d'être compliqué."

Elle avait bien une petite idée mais elle savait que ce lieu-là pouvait également être fréquenté par des individus aux basses besognes pas toujours nettes. Et puis, elle n'y était pas retournée depuis l'incendie et n'en avait pas particulièrement envie.
Pas un instant depuis qu'ils avaient quitté le restaurant, elle n'avait pensé à la Steel Corp. Ça lui paraissait si... peu en rapport. Et pourtant, un coin de sa tête sonna enfin la sirène d'alarme en lui rappelant qu'elle avait des obligations vis-à-vis de son patron et la petite voix lui disait qu'elle n'avait peut-être pas le droit de... Pas le droit... Qu'elle n'aimait pas ces mots !! Elle chassa la voix comme le vent balaie les feuilles mortes pour les laisser pourrir au fond d'un caniveau.

" Mais Galway regorge de coins mystérieux alors ça doit bien exister... "
Elle avait envie. Envie de se prêter au jeu, de se perfectionner encore et encore. Envie aussi de passer du temps avec quelqu'un qui savait et qui n'avait pas peur d'elle pour autant. Envie de se faire un ami... pour de vrai. Cela faisait si longtemps... !
A mesure que ces idées lui traversaient l'esprit, se rangeant dans la case des "++" et dédaignant celle de "c'est une mauvaise idée", le sourire de Juliet s'élargissait. Car ça serait une bonne aventure, elle en était persuadée ! La voilà qui riait doucement, se cachant le visage contre ses bras pliés.

"Tu n'arrêtes pas de dire que c'est une sacrée soirée... Je suis bien d'accord !! Dire que je comptais juste prendre l'air avant de m'enfermer chez moi, posée sur mon canapé avec un bouquin, une soupe et un thé. "
Elle rit de nouveau, puis se mordant la lèvre, elle regagna un semblant de sérieux, un sourire toujours vissé sur ses lèvres. Elle était contente alors autant en profiter, non ?
Elle se pencha sur le côté et déposa un baiser sur la joue de James.

" Merci d'être venu me parler en pleine rue. " lui dit-elle tout bas avant de se rasseoir correctement.

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mar 13 Nov 2012 - 21:33

Le professeur était maintenant confortablement installé sur son petit tas de sable chauffé. Il était ravi de voir que Juliet ne semblait pas contre l’idée de s’entrainer afin de maitriser son don. L’idée aussi de l’espace isolé semblait bien la tenter, vu qu’elle commençait à y réfléchir sérieusement.

Mais effectivement l’idée méritait réflexion, car un tel don était aussi impressionnant que peu discret, surtout si elle développait encore plus ses pouvoirs, si elle augmentait le volume de ses flammes… Non il fallait vraiment un endroit discret et surtout clos afin que Juliet n’attire aucunes personnes curieuses ou indiscrètes.

« Il faudrait comme tu le dis profiter d’un de ces coins mystérieux, donne moi un peu de temps et je peux commencer à chercher, je suis sur que l’on peut trouver un hangar isolé, grand et surtout que l’on pourrait emménager, ça pourrais devenir un très bon terrain d’entrainement… »


Mais alors que le professeur était perdu dans ses pensées une nouvelle fois la jeune femme usa de sa magie et irradia de la chaleur. Une toute autre chaleur, qui se propagea à partir de la joue du professeur. Plus précisément à partir de la zone ou les lèvres de Juliet venaient de se poser.
Il n’arriva plus à dire le moindre mot, et les plus fins observateurs verrait sa joue prendre une teinte légèrement rosée.

« Heu… tu sais, le plaisir était plus que partagé, j’ai vraiment apprécié cette soirée… Et je suis vraiment content d’avoir fait la connaissance d’une femme comme toi… »

Il bredouillait jouant avec le sable. Fixant le feu

« Hum... enfin je loge à l’hôtel des catacombes, donc si tu le désires on pourra se revoir pour en discuter au calme… Et au sec… »

Il rigola en admirant sa tenue.

« En tous cas, certes je me répète, mais sache que pour moi tu n’as rien d’effrayante u d’inquiétante, bien au contraire… »

James ne fixait plus le feu mais les yeux de la jeune femme, souriant.

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 14 Nov 2012 - 10:57

James semblait avoir plein d'idées en tête pour ce hangar. Oui, Juliet était sure qu'il existait un endroit parfait pour qu'ils s'installent. Il suffisait de s'armer d'un peu de patience et de le trouver.

Alors qu'elle reprenait sa place assise après avoir déposé un baiser sur la joue de son ami, la jeune femme remarqua l'effet que cela eut. Elle sourit, néanmoins surprise. Mais voyons Ju', avec tout ce que tu lui as fait voir, de toi et du reste, à quoi tu t'attendais ? rit sa voix intérieure. Elle n'aima pas cette remarque qui correspondait si peu à ce petit instant simple qu'ils vivaient ; si ça n'avait été que sa personne physique qui l'intéressait, la réaction aurait été différente et plus rapide.
Là, il bredouillait... fuyant son regard. C'était charmant ! Et pourtant, alors que son sourire s'élargissait, son estomac se nouait.

" L’hôtel des Catacombes ? Il est aussi bien qu'on le dit ?" dit-elle en se saisissant du premier prétexte pour échapper à l'angoisse qui lui enserrait les entrailles. Et hop, esprit berné qui se remit à penser au pauvre hôtel miteux, le seul qu'elle avait pu se payer en arrivant à Galway, le temps de trouver un endroit où se loger. La comparaison entre les deux était à priori pas dur à faire. En pensant à l'hôtel des Catacombes, elle avait le même regard qu'une enfant de vingt ans de moins à qui on promettait Disneyland.
" Il parait même qu'il y a un Spa... C'est vr... " Le dernier son mourut dans sa gorge avant d'être prononcé. Ce face-à-face était perturbant ; il termina en répétant qu'il la trouvait tout sauf effrayante et il captura son regard et son attention par un sourire.

Elle se sentit obligée de prévenir, son sourire s'effaçant : " Je t'assure que je peux être très dangereuse pour ceux qui m'aiment... de trop près. "
Ce n'était pas volontaire, loin de là ! Au moins, dans ce cas-ci, elle n'avait pas à sortir une excuse bidon pour freiner les velléités d'un homme. Et si jamais, ça ne lui avait pas traversé l'esprit, elle estimait que c'était une information intéressante à prendre en compte.

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 14 Nov 2012 - 18:24

Alors que le professeur tentait de reprendre de la contenance, il remarqua que l’évocation de l’hôtel sembla ne pas laisser la jeune femme de marbre. C’est quand elle évoqua le spa que James comprit. Lorsqu’il avait pris une chambre dans cet hôtel c’était plus pour le confort de l’établissement que pour les différentes prestation mises en avant par les brochure. Aussi il avait finit par oublier que l’hôtel possédait un spa. Mais le temps qu’il réponde la jeune femme avait changé de sujet, et avec sa dernière phrase le professeur confirma ce qu’il pensait. Juliet ne semblait pas lui avoir tous dit, l’utilisation de son secret cachait sans doute un lourd secret.

Le professeur se redressa quittant son petit nid chaud. Il vint alors se placer juste a coté de la jeune femme, approchant son visage très près du sien, souriant.

« Moi, je ne me sens pas en danger à tes cotés, bien au contraire… »

Il lui avait chuchoté ses derniers mots, la fixant droit dans les yeux. Laissant passer quelques secondes. Après tout, elle venait de lui sauver la vie, il ne voyait pas en quoi son don était un problème, du moins pas pour lui.

Mais voilà le froid recommença a jouer des siennes, et James préféra battre en retraite afin de profiter de nouveau de sa bouillotte « made in Juliet ».

« Tu sais, comme j’ai une chambre dans cette hôtel je peux facilement demander aux personnels de te laisser faire un tour au spa quand tu voudra pour te détendre, en mettant ça sous mon numéro de chambre.»

Il lui fit un petit sourire.

« Tu as bien mérité un moment de détente bien au chaud pour compenser cette soirée un peu trop fraiche… Qu’en penses-tu ? »



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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Jeu 15 Nov 2012 - 9:19

Il n'avait pas compris... Il serait toujours temps si la nécessité se présentait de l'avertir de nouveau. Et en même temps, Juliet se sentit flattée de la confiance qu'il lui portait. Il était évident qu'elle ne voulait pas lui faire de mal. Mais elle était bien placée pour savoir que les accidents arrivent vite...
Toujours était-il qu'elle se prit à sourire à sa réponse et lui serra rapidement la main en signe d'assentiment. Il fallait peut-être simplement qu'elle arrête de s’inquiéter sans cesse...

Puis James revint sur l'hôtel des Catacombes et sur le fameux Spa. Ayant son propre appartement, la jeune femme ne voyait d'intérêt à un tel lieu que pour ses "prestations sortant de l'ordinaire". Elle n'avait jamais mis les pieds dans un espace de détente mais était tombée à de nombreuses reprises sur des offres promotionnelles pour ce type de produits dans divers coins de l'Irlande : toujours trop chères pour elle... Elle s'était toujours dit que si elle avait l'occasion, il faudrait qu'elle teste.
Et là l'occasion se présentait... !

" T'es sérieux ?! Je disais ça comme ça... faut pas te sentir obligé... Ça doit pas être donné... ?! C'est gentil mais... il faut être client, avoir une chambre pour y avoir accès ? Rho je dois bien réussir à trouver quelques euros pour te rembourser... Et puis, c'est pas une obligation hein ? Je peux m'en passer tu sais ; tant qu'on sait pas ce qu'on loupe, ça peut pas nous manquer, pas vrai ? " articula la demoiselle, regardant tantôt devant elle, tantôt son partenaire. Ça faisait si longtemps qu'on ne lui avait pas fait de cadeau qu'elle ne savait plus comment faire. Elle était partagée entre un "oui" enthousiaste et un "non merci" poli. Cela s'était donc traduit par une suite un peu irréfléchie de phrases exclamo-interrogatives.

" D'ailleurs en parlant de fraicheur, ça te dit pas qu'on rentre ? J'ai du thé... du café... du chocolat chaud... " réfléchit-elle en faisant le décompte de ses contenus de placards sur ses doigts. " De la soupe... Je peux même te proposer une douche bien chaude et un radiateur-séchoir efficace."
Bon d'accord, le radiateur-séchoir en général, c'était elle mais celui de la pièce principale marchait pas trop mal quand on le poussait.

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Sam 17 Nov 2012 - 0:15

Le professeur sourit quand il perçut la légère gène de la jeune femme alors qu’il lui proposait l’accès au SPA de l’hôtel.

« Quand je te propose d’aller au SPA, ce n’est pas contre rétribution, disons que c’est un présent pour te remercier de cette soirée si particulière. Ça me fera très plaisir que tu en profites donc ne t’inquiète pas pour ça. »

Il lui fit un petit sourire avant d’une nouvelle fois frissonner. Il fallait dire que les nuits à Galway n’étaient pas très chaudes, et le bain de minuit n’avait pas arrangé les choses. Apparemment la même pensée traversa l’esprit de Juliet qui lui suggéra une idée qui était loin de lui déplaire.

« Juliet c’est un fantasme que je n’osais exprimer à voix haute. La douce chaleur d’un breuvage ou d’une douche salvatrice… Un rêve ! »


Il éclata de rire avant de se redresser.

« Par contre je pense que même si mes habits ne sont pas totalement sec je ne vais pas tenter de m’aventurer en ville avec une tenue si minimaliste… »

De nouveau James rigola, alors qu’il attrapa son pantalon ses chaussures et sa veste. Il enfila directement sa veste et bien plus maladroitement son pantalon, manquant à deux reprise d’échouer sur le sol, maintenir l’équilibre sur le sable alors qu’il était complètement gelé n’étant pas des plus évidant.
Une fois ses acrobaties terminées il fixa la jeune femme souriant.

« Je suis fin prèt mademoiselle, je vous suit. »

Le professeur avait du mal à cacher son enthousiasme.

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Sam 17 Nov 2012 - 9:03

" Eh bien... Merci beaucoup ! "
C'était donc un cadeau, vraiment. Et un cadeau, même lorsqu'il semble trop beau, on ne le refuse pas. Et quand il est moche, "tu dis merci quand même en souriant". Enfin, pour le coup, Juliet ne pouvait pas se plaindre et loin de là. Si son remerciement était timide, c'était la surprise qui s'exprimait. Et une sorte de retenu liée à cet état.

Cependant son idée de bouger fit mouche et eut même un sacré retentissement.
"Que veux-tu ? Nous savons parler aux hommes chez les Ahston."
se moqua-t-elle gentiment.

" Tu as besoin d'aide peut-être ? " s'enquit la jeune femme en voyant James peiner à repasser son pantalon mouillé. C'était sur que c'était loin d'être agréable de remettre des vêtements non secs. Il se débrouilla finalement tout seul... avec des acrobaties assez drôles à voir.
Juliet n'avait que ses chaussures à renfiler et cela fut assez rapide. Se levant, elle attrapa son masque -ce serait fâcheux de l'oublier ici- et le passa à son bras comme un sac à main. Elle entreprit, alors que l'anglais ajustait son pantalon, d'éteindre le feu en projetant des giclées de sable dessus. Ça ne lui fit pas particulièrement mal au cœur d'éteindre les flammes mais elle réalisa alors que la pénombre était forte... Elle sauva alors in extrémis une petite branche enflammée qui leur servirait de lampe torche pour rejoindre la voiture.

" Si t'as pas peur d'une conductrice débutante, je peux prendre le volant. Ça évitera de mouiller ton siège conducteur. " demanda-t-elle en levant la torche devant elle pour éclairer le chemin.
Rejoignant la voiture de James, Juliet éteignit le dernier témoin de leur soirée sur la plage... Dernier, cela était vite dit ; le cadavre carbonisé du vampire resterait le témoin le plus brutal de leur péripétie.

Home, sweet home
[HJ : La suite.... plus tard ;D]

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 28 Nov 2012 - 13:26

En provenance de : http://www.hellsgate.fr/t504p15-appartement-de-juliet#7214

La voiture se gara au même endroit. James avait retenue le chemin et n’avait pas eu trop de mal pour retrouver la crique. Il descendit du véhicule se saisissant de sa canne, qu’il avait posé sur le siège arrière du véhicule.

Il se dirigea rapidement vers l’endroit ou ils avaient allumé un feu. Les braises étaient encore fumantes, mais ce n’était pas pour ça qu’il était revenu. Il n’y avait personne, tant mieux.
James dégaina sa lame, l’air sombre. Il passa son doigt dessus avant de le poser sur sa langue. Le professeur grimaça, mais cela confirma ce qu’il pensait. Oui il y avait bien du poison sur toute la lame, le mécanisme n’était pas cassé, donc lorsqu’il avait coupé l’individu il l’avait également empoisonné.

« Alors ce genre de toxique ne vous fait rien… »

Le professeur était maintenant face au cadavre du vampire encore fumant.

« … Très intéressant. »

James leva sa lame et l’abattit violemment sur le cadavre. Un coup, puis deux, puis trois… Le bruit du métal tranchant la chair, percutant les os venant s’associer à celui des vagues. Au quatrième coup, la tête du cadavre se sépara du reste du corps.
James retira sa veste et la posa sur le sol. Il posa la tête du vampire au centre de l’habit et l’entoura faisant des Nœuds avec les manches, se servant du manteau comme un sac. Puis il tira le cadavre vers la mer. Avec un peu de chance la marée était descendante et emporterait le corps. Il retira ses chaussures et de nouveau mouilla le bas de son pantalon. Peu importe. Une fois le cadavre dans l’eau il récupéra ses chaussures et son sac improvisé contenant la tête du cadavre.
Prochaine étape pour le professeur trouver un appartement afin qu’il puisse réaliser ses recherches tranquillement. Il regarderait les annonces demain. James était fatigué et n’était pas contre quelques heures de sommeils.

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Gordon
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 19 Déc 2012 - 17:06

---> Suite au RP du restaurant

Gordon et Charlie étaient partis en toute hâte du restaurant tels deux étudiants complice souhaitant fuir un cours devenu trop ennuyeux. Le jeune voyou entrainant l'enfant sage à sa suite, ils avaient sauté dans le premier taxi pour sortir de la ville et parcouru les chemin extérieurs à marche soutenue sans pratiquement s'échanger un seul mot. Plus qu'une sortie programmée, c'était une pulsion commune qui semblait les animer tout deux pour partir loin. Le plus loin possible d'une certaine fausse banalité entre eux qui leur était soudainement devenu oppressante maintenant que Gordon avait jeté un pavé dans la marre.

Ce dernier semblait d'ailleurs extrêmement préoccupé et complètement sur une autre planète depuis pas mal de temps déjà. Alors qu'ils marchaient ensemble pour atteindre la côte et que le roulis des vagues se faisait déjà entendre. Il accélérait peu à peu le pas, comme s'il était irrésistiblement attiré par les alizés qui l'enjoignaient à faire tomber au plus vite l’oppression de la ville toute proche ainsi que le voile de mensonge qui y était attaché et dans lequel il s'était enveloppé jusque là. Maintenant qu'il avait commencer à briser les chaines, il avait besoin dans l'immédiat de quelque chose de naturel, quelque chose de vrai pour pouvoir se libérer complètement.

Sans même sans rendre vraiment compte, il prit alors la main de Charlie et l'entraina à sa suite pour commencer à courir dans un petit rire enfantin. Les deux compère n'étant pas de la même condition physique, il eut heureusement la présence d'esprit de s'adapter au rythme de la blondinette... Il ralentit puis s'arrêta net lorsque ses yeux se posèrent sur l’immensité scintillante à la lumière de la lune, qui lui faisait face. Un ciel parfaitement clair et étoilé complétait à merveille le tableau. Malgré l'obscurité présente, on devinait encore la plage de sable blanc et les énormes rochers qui faisaient tout le charme de l'endroit où ils se trouvait.
Au loin brillaient encore les lumières du port de Galway et Gordon eut une pensée émue en pensant que d'ici son père observait peut être les bateaux s'éloignant vers le large, rêvant de partir à son tour voir le monde.

Maintenant qu'il était arrivé là, notre ami semblait ne plus trop savoir ce qu'il était venu y faire... En fait si, mais c'était à présent un sentiment de désarmement le plus total qui l'envahissait à présent qu'il avait sauté enfin sauté le pas... Etrange sentiment que d'être si longtemps préoccupé par quelque chose et ne plus savoir comment procéder une fois que l'on décide d'y faire face...

Prenant cependant son courage à deux main, il tourna la tête en direction de la jeune femme et semblait avoir enfin retrouvé l'usage de la parole.

" Excuse moi pour tout ça... J'espère que je ne t'ai pas fait trop peur, mais je ne sais pas quand j'aurais eu une nouvelle occasion de pouvoir enfin te parler seul à seul...

Ça te dis qu'on prenne un endroit pour se poser tranquillement ? "


De ce côté là, ce n'était pas les options qui manquaient. La plage ne manquait pas d'endroits tranquilles et sur-élevés d'où ils pourraient s'assoir et profiter de la clarté de la nuit et jouir du paysage. Ne restait plus qu'à savoir s'il choisiraient le point de vue imprenable d'une pointe rocheuse ou le confort d'une dune.

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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Jeu 20 Déc 2012 - 15:36

Charlie avait suivis Gordon, sans questions, excitée de fuir ainsi le restaurant, elle qui avait toujours été assez sage, n'osant pas offusquer personne. Elle comprenait un peu mieux maintenant l'excitation des gens dans les films qu'elle regardait, lorsqu'ils faisaient le même genre de choses. Même si la jeune anglaise se sentait un peu coupable de planter Tamara et Stasi là, comme ça, elle se réconfortait en se disant qu'elle leur avait laissé un petit mot, qu'ils s'étaient rencontrés de façon tout à fait fortuite et que, surtout, Gordon semblait avoir besoin de lui parler...

Sans un mots du taxi, à la plage, Dickens avait suivis son ami sans broncher, même lorsqu'il lui avait saisis la main et s'était mis à courir. Heureusement d'ailleurs que la jeune femme était habile en high heels, elle n'aurait jamais pu le suivre autrement, mais il lui sembla à un moment qu'il ralentissait son rythme pour la suivre, petite attention qui ne passa pas inaperçue aux yeux de la petite blonde qui en fut ravie préférant ne rien se casser de nouveau sur cette plage. Charlie aimait courir, elle avait eu envie de courir dès lors qu'il avait commencé à accélérer le pas, c'était... irrésistiblement enivrant, surtout dans l'obscurité de la nuit et son voile de mystères.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent finalement de courir, arrivés à destination devant la grande bleue caressant le sable clair, Charlie sortit de ses pensées, regardant le magnifique paysage qui s'offrait à eux, sous le clair de lune. C'était encore plus beau de nuit que de jour ! Comme hypnotisée, elle sursauta lorsque Gordon ouvrit enfin la bouche, désormais habituée au silence régnant entre eux. Plongeant son regard dans le sien, sans dire un mot, elle regarda les différents endroits où ils pourraient s'installer pour discuter. L'air était frais et Charlie frissonna avant de croiser les bras, tentant de préserver un peu de chaleur, ce qui lui donna une idée.

- On pourrait aller sur le sable et allumer un feu ?

Sans réellement attendre Gordon, Charlie se dirigeait déjà sur la plage, tentant de marcher dans le sable avec ses talons, ce qui n'était pas chose aisé, il fallait le dire, mais il faisait trop froid pour être pieds nus de toute façon.

- Suffit de trouver du bois et de creuser un trou en fait et... J'ai le briquet.

Marchant toujours, de dos à son ami, elle avait simplement sortis le briquet de sa poche et le lui avait montré dans les airs. Évidemment, la blonde n'avait pu résister à l'envie d'attraper son paquet de cigarette, après tout, ils étaient en extérieurs, elle pouvait enfin en griller une. S'arrêtant net, elle sortit son paquet et attrapa une cigarette entre ses dents, se retournant de moitié elle tendit le paquet à Gordon, lui en proposant implicitement, si toutefois il était un fumeur comme elle.
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Gordon
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Jeu 20 Déc 2012 - 16:54

L'idée de faire un feu n'était pas mauvaise, elle était même excellente. Il fallait dire que la nuit était plutôt fraiche en cette fin de saison et que Gordon était loin d'être habitué à des températures qui descendait aussi bas. Même le fait de s'être acheté un pull n'était pas une si mauvaise idée au final. Face au refus de Charlie, il avait décidé de ne pas chercher plus longtemps la forcer pour le mettre, et à l'enfiler lui même par dessus son t-shirt. Avec son épais blouson de cuir par dessus, il se sentait à peu prêt protégé du froid pour ce soir.

Il fallait encore trouver du bois pour allumer un feu digne de ce nom. Mais avant ça, il accepta la proposition de Charlie de profiter encore un peu du paysage. Tirant une cigarette du paquet, il refusa poliment le briquet de Charlie pour lui dire qu'il ce qu'il fallait. Il alluma cette dernière avec un vieux zippo argenté, frappé d'une croix catholique ornée d'ailes de Démons, qu'il tira de sa poche. Il tendit ensuite son feu toujours allumé en direction de la cigarette de Charlie, protégeant la flamme de sa main.

Il se tourna ensuite en direction de la mer, sans un mot, semblant profiter du ressac et de tout ce que l'ambiance marine avait de reposant. Son regard était rêveur et il n'était pas difficile de deviner qu'il se sentait beaucoup plus à l'aise dans ce genre d'espace isolé et sauvage.

Un long silence suivit les premières bouffées entre les deux acolytes. Pas le genre de silence qui mettait mal à l'aise, mais un de ces silences qui soulignait un sentiment fort, une émotion partagée qui se passait tout simplement de mots.

Il ne fallait cependant pas oublier pourquoi ils étaient ici... Gordon fut une nouvelle fois le premier à rompre la magie de l'instant sur un simple "bon...", alors qu'il était lui même bien loin d'avoir envie de le faire. Il fallait du bois, et il savait déjà ou en trouver en abondance.

Prenant une nouvelle fois la main de Charlie avec délicatesse, il l'emmena sans plus tarder à l'endroit convoité.

"Je crois avoir vu exactement ce qu'il nous fallait sur le chemin..."

En effet, à quelques mètre de là, longeant la dune se trouvait une vieille clôture de plage en bois fin. Le genre d'excellent combustible que connaissaient tous les habitués de feux sauvages en bord de mer.
Gordon calât alors fermement sa cigarette entre ses lèvres, ce qui lui donnait une petite expression de voyou. Puis en parfait vandale et sans aucune compassion pour le propriétaire du terrain, il entrepris d'arracher trois long pans de cette dernières, avant de les enrouler, d'en confier un à Charlie, et d'en prendre deux à son tour, un sous chaque bras. Ce genre de bois se consumait vite et il valait mieux avoir de la réserve.

" Le pire... C'est que je crois bien que c'est mon père qui m'a appris ça !"

Il se dirigèrent ensuite de nouveau en direction de la plage, en coupant par les herbes hautes et les dunes. C'est alors presque par hasard qu'il trouvèrent un endroit bien plus parfait que ce qu'ils avaient prévu initialement pour se poser. En grimpant les dunes qui faisaient la frontière entre la végétation et la partie plate de la plage en contre bas. Arrivé au sommet de l'une d'elle, ils se rendirent compte que cette dernière était creuse avec une partie ouverte qui donnait sur l'océan. Un véritable petit nid d'amour, où ils pourraient faire leur feu en toute sécurité pour la végétation tout en étant relativement à l'abri des regards indiscrets.

Visiblement ravis, Gordon laissa tomber sans ménagement ses deux rouleaux aux sols et s'assit sur l'un d'eux.

" C'est parfait ! La nature elle même nous fait des cadeaux ! "

Puisqu'ils avaient enfin l'occasion de fumer comme des pompiers, et ayant tous les deux terminés leur première cigarette depuis longtemps, Gordon sorti de sa poche un petit trésor qu'il n'avait pas pour habitude de partager. D'une petite boite cartonnée finement décorée, il sortit à l'aide de sa bouche un de ces minces cigarillos qu'on ne trouvait que sur l'île de Java avant de tendre la boite à Charlie.

" Cette marque est relativement douce à fumer contrairement aux autres... Mais j'espère que ça ne sera quand même pas trop fort pour toi ! "

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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Jeu 20 Déc 2012 - 18:03

Fumant côte à côte tout en observant le grand étendu d'eau sombre devant eux, Charlie écoutait le bruit de chaque ressacs des vagues nocturnes. Dickens profitait du moment, pas besoin de mot, les gens avec qui on arrivait à partager le silence étaient bien rares et la jeune femme venait d'en trouver une, pas d'inconfort, pas de malaise, juste le silence ponctuer par le son de l'eau en mouvement qui venait mourir sur le sable blanc.

Elle avait souris lorsqu'elle l'avait vu mettre son pull et elle lui sourit de nouveau lorsqu'il approcha son zipo pour allumer sa cigarette, rangeant du même coup son petit briquet. Même lorsqu'il rompit le silence, elle ne dit rien, le fouillis dans sa tête était calme, c'était un sentiment allégeant que l'anglaise n'avait pas ressentie depuis bien longtemps, une paix temporaire avec son esprit la délivrant momentanément de bien des maux. Inspirant une grande bouffée d'air frais marin, Charlie se sentait bien, réellement bien, tout au fond, bien. Depuis des années elle se persuadait que tout allait bien, que tout irait bien, mais la vérité était moins brillante, plus sombre... Mais la blonde s'était toujours dit qu'en forçant un masque, qu'en forçant l'idée que ça allait, ça irait, mais au fond, c'était toujours le même disque brisé qui tournait et qui s'abîmait...

Gordon se saisit doucement de sa main et Charlie le suivit une fois de plus, ne bronchant pas, mais toujours un peu troublée par ce contact, le genre de contact dont elle n'avait pas l'habitude aussi simple était-il. Elle laissa Gordon s'occuper de la clôture, toujours très silencieuse, l'aida également à porter les pans jusqu'à l'endroit que choisit le jeune homme, un endroit parfait, assez enveloppant, laissant la vue libre sur la plage, endroit idéal pour ne pas alerter personne avec le feu et pouvoir discuter tranquillement, car bien qu'elle conservait un silence quasi entier, Charlie gardait en tête que l'objectif de cette fuite était pour eux de discuter de choses cachées.

Ils s'assirent, puis Gordon lui tendit un cigarillo, espérant que ce ne serait pas trop fort pour la demoiselle. Cette dernière rit doucement, puis en prit un, l'allumant avec son briquet, avant d'en prendre une grande bouffée.

- Ne t'inquiète pas pour ça.

Dickens n'avait jamais encore goûtée à ces cigarillos-ci, mais ils étaient pas mal du tout. Frissonnant de nouveau, Charlie attrapa l'un des pans de clôture, le retenant avec ses deux mains, elle ficha un coup de pied dessus pour le casser en deux, elle fit de même avec deux autres pans avant de les disposer en petit tipi pour allumer rapidement un petit feu. Se rasseyant correctement, elle se pencha vers l'arrière, s'appuyant sur ses coudes, faisant sortir de la fumée par ses narines. Cette fois c'est elle qui rompit le silence, elle ne voulait rien brusquer, mais Charlie n'avait pas pour habitude de tourner autour du pot.

- Alors, on aborde quel sujet cette nuit ?

Fixant le feu dont les flammes se reflétaient dans ses yeux pâles, Charlie était désormais prête à entrer dans le vif du sujet, restait simplement à savoir si Gordon l'était aussi...
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Gordon
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Jeu 20 Déc 2012 - 19:20

Charlie s'était auto-proclamée "incendiaire" de la soirée et avait déjà fait tout ce qu'il fallait pour allumer un bon feu qui réchaufferai leurs corps transit. Avec une satisfaction non feinte, Gordon avança ses mains en direction de celui-ci quelques secondes.

Quand ces dernières furent moins engourdie par le froids, il alluma a son tour son cigarillo, prit une profonde aspiration et laissa échapper un long filet de fumée tout en basculant sa tête en arrière afin d'observer les étoiles.

Tout était parfait. Il ne manquait plus que les marshmallow et une guitare... Il souhaitait que cet instant ne s'arrête jamais. C'était une telle première pour lui...

Oh bien sûr, il s'était déjà retrouvé de nuit, seul ou accompagné, au bord d'un feu de camps, dans une contrée sauvage. Mais jamais pour de bonnes raisons et encore moins, jamais par simple plaisir de passer un doux instant... Sans même sans rendre compte ses yeux s'étaient humidifiés, probablement à cause du vent et du sable... du moins c'est ce que lui même aurait dit.

En cet instant, il prenait la mesure que c'était ce qu'il avait toujours voulu... une vie normale, avoir des amis normaux, et non pas écorchés vifs à la morale tout aussi douteuse que la sienne... Non pas survivre dans un monde en permanence hostile, mais vivre, tout simplement. Après toutes ces années... Il ne s'était jamais senti aussi proche d'obtenir tout ça.

C'était pour toutes ces raisons, alors qu'il commençait enfin à entrevoir son but, que mentir plus longtemps à Charlie lui apparaissait comme insupportable. Si tout cela lui arrivait aussi rapidement depuis son installation, c'était grâce à cette fille... Elle l'acceptait comme il était. Et ce malgré ses secrets qui auraient pourtant rebuté toute personnes "normales". C'était une fille bien... Elle méritait qu'il soit honnête avec elle, même si ça signifiait la perdre.
Comme pour mieux appuyer cette pensée, Charlie se chargea de le ramener à la réalité en lui posant la question qui amorcerait leur conversation.

Il reprit alors une posture plus normale, les coudes sur les cuisses et tenant fermement son cigarillo entre les doigts de son poing fermé. Une manière de canaliser la tension qui l'envahissait.

" Tous les sujets... De préférence... Ceux qui auraient dû être abordé dès le début de notre relation et que j'ai toujours repoussé jusque là..."

Tentant de ne rien laisser apparaitre du malaise qu'il l'envahissait, il tira une nouvelle latte, qu'il prit le temps de savourer puis recracher. Mieux valait prendre son temps pour parler des choses difficiles, et tous les petits trucs pour calmer son stress étaient bon à prendre.

" Mais ce n'est pas bien... Ça ne te dérange pas de dire que nous sommes amis, mais un véritable amis ne se comporterai pas comme ça avec toi..."

Il marqua un nouveau silence... Il faut dire qu'il n'était pas particulièrement habitué à avoir ce genre de conversation à cœur ouvert, et il était hors de question qu'il s'en sorte par une pirouette cette fois. Prenant alors une profonde inspiration, il se décida enfin à y aller franco.

" Ecoute... Je t'aime beaucoup. Vraiment... Depuis que je suis arrivé ici, tu t'es comporté d'une manière tellement géniale avec moi.

On ne s'est pas vu si souvent ça, et pourtant c'est comme si j'avais l'impression de te connaître depuis toujours ! Ça me perturbe à un point, tu ne peux pas imaginer !"


Son visage s'était illuminé sur cette dernière phrase. Ce qu'il disait, il le pensait sincèrement, et il espérait que cela fasse plaisir à la demoiselle.

Cependant, ce léger sourire s'effaça bien vite quand il poursuivit sur là où il voulait en venir.

" Seulement voila... C'est justement là que le bas blesse... tu ne connais absolument pas quel genre d'homme je suis en réalité.

Il y a plusieurs raisons... de bonnes raisons qui font que je ne pense pas être quelqu'un de fréquentable.

C'est des choses que tu es en droit de savoir, et que je n'ai pas osé te dire... De peur que tu n'accepte plus de me revoir. De peur de briser, le tout premier lien que j'avais réussit à créer dans cette ville nouvelle pour moi. Mais des mensonges, même par omission restent des mensonges...

Et ce soir j'ai décidé au risque de te perdre, ou que tu crois que je me suis fout de ta gueule, de tout te dire... Parce que ce que mes secrets cachent pourrait bien t'atteindre un jour et que je trouve cette idée insupportable."

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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Ven 21 Déc 2012 - 3:37

La jeune femme était restée silencieuse et l'avait écouté jusqu'à la fin, ne l'interrompant pas, méditant ce que Gordon disait. Laissant planer un petit moment de silence, Charlie ne lui avait pas répondu immédiatement, toujours appuyée sur ses coudes, regardant au large, réfléchissant.

Elle se releva doucement, ramenant ses jambes vers elle et les enlaçant de ses bras. Dickens prit une grande bouffée du cigarillo, puis la recracha dans un soupir mêlant résignation et soulagement.

- Je ne peux pas dire que je ne me doutais de rien, mais je n'ai pas cherché à savoir non plus, il est rare que les gens cherchent à être totalement honnête...

Elle marqua une pause, prenant une autre bouffée, lentement, la recrachant encore une fois par le nez.

- Tant mieux si tu trouves que j'ai été ''géniale'', pour moi c'est naturel avec les gens sympa, même si je dois avouer que de mon côté aussi, c'est un peu particulier...

N'ayant jamais eu d'amis et n'en ayant jamais réellement désiré, c'était la toute première fois, à Galway, qu'elle acceptait de connaitre les gens, qu'elle acceptait de se rapprocher d'eux... Encore moins de faire des guerres de peinture ou de partager le genre de complicité qui commençait à s'installer entre Gordon et elle avec de parfaits inconnus. C'était troublant, mais agréable à la fois.

- Mais tu sais... le fait de vouloir faire preuve d'honnêteté est déjà courageux de ta part... De mon côté, j'ai très peu parlé de mon passé et de moi également, je peux comprendre ce genre de situation et je ne t'en veux pas de vouloir garder certaines choses pour toi.

Tenant toujours ses jambes tout contre elle, Charlie passa une main sur son front, souriant doucement.

- J'apprécie énormément le geste, même si tu crois que ton passé peut m'atteindre ou me faire fuir... Saches simplement que les choses qui rebutent habituellement les autres, ne me rebutent pas moi, après tout je suis bien amie avec un lycan, ma seule amie est une fille de joie et mon pire cauchemar une maquerelle vampire... Seulement, j'ai appris à voir au-delà de ces choses-là.

Charlie repensa à tout ce qui c'était produit depuis son arrivée en Irlande, les changements qu'il y avaient eu dans sa vie depuis, de comment elle vivait avant, à sa ''famille''... Une petite rétrospective en accélérée, aspirant un peu de la fumée de son cigarillo.

- Ce que je veux dire, c'est que j'ai peut-être l'esprit plus ouvert que ce que tu crois, ce sera à moi de voir si je préfère m'effacer ou non et comme je n'ai pas de famille et pas grand-chose dans la vie...

Même que la vie en tant que telle, Charlie n'en avait plus voulu à une époque pas si lointaine. La jeune femme serra plus fort ses jambes contre elle, son cœur se serrant un peu au ton plus émotif que prenait leur conversation.

- Je vois pas trop ce que je pourrais perdre, en fait... Galway c'était un peu la dernière chance que je laissais à la vie en fin de compte...

Dickens se tut, méditant sur ce qu'elle venait d'avouer, un peu plus qu'elle aurait voulu en fait, mais bon, l'heure était de toute façon aux confessions visiblement et il lui fallait être honnête également, ce qui n'était pas aussi facile qu'elle ne l'aurait cru...

- Bref, je prends les gens comme ils sont, avec leur côté sombre, leur passé, leurs erreurs, on ne peut pas aimer ni apprécier à demi ton de toute façon, les gens sont entiers et jamais blancs comme neige...

Elle appuya son menton sur ses genoux et fixa de nouveau les flammes qui dansaient sur les cendres rouges de ce qui fut, il y avait quelques minutes, une clôture au bord de plage, un air un peu sombre et mélancolique au visage.
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Gordon
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Ven 21 Déc 2012 - 17:38

Cette fois-ci, ce fut au tour de Gordon d'écouter la jeune femme, jusqu'à la fin, sans l'interrompre et en méditant chacune de ses paroles. Il semblait qu'elle aussi n'avait pas eu la vie facile et se réservait énormément devant les autres. De ce point de vu, notre ami ressenti comme une pointe de soulagement au milieu du malaise qui l'avait envahi.
Ne serait-ce que par ses propos elle lui confirmait qu'elle pouvait comprendre l'attitude qu'il avait eu jusqu'ici et quelle ne le jugeait pas.

" C'est vrai... Je ne sais pas grand chose de toi également... J'imagine que tu as dû avoir ton lot de souffrance également pour avoir eu pendant un moment une telle opinion sur la vie..."

Par ces paroles, il montrait à Charlie qu'il avait probablement compris ce que cette dernière sous entendait tout à l'heure. Il enchaina aussitôt sur ce sujet.

" Moi... j'ai toujours aimé la vie et n'ai jamais refusé ce qu'elle avait à m'offrir. Le seul soucis. C'est que je suis passé à côté de celle que j'aurais dû avoir...

Du coup, quand je suis arrivé à Galway, un peu par accident... Presque à l'insu de ma volonté, la donne a commencé à changer..."


Comme pour mieux illustrer son propos, il fit glisser sa main contre son visage tandis qu'il poursuivait.

"... C'est comme si le masque commençait peu à peu à s'effriter, et que des choses qui n'avait pas la moindre importance pour moi avant... en ont à présent.

...

L'idée que les fantômes de mon ancienne vie viennent détruire ça... ça me fait si peur..."


S'interrompant à nouveau, il tira alors nerveusement sur son cigarillo avant de souffler un long nuage de fumée qui vint se mêler à celle du feu.
Afin de raviver un peu ce dernier, il brisa quelques morceau de la clôture sur laquelle il était assis et les jeta sans ménagement dans le feu.
Il ne savait pas si c'était le froid ou la nervosité qui le faisait frissonner de la sorte, mais en tout cas, il était plus que temps qu'il arrête de tourner ainsi autour du pot. A ce rythme, il n'allait jamais réussir à sortir ce qu'il avait à dire...

Peut être galérerait-il moins en arrêtant de vouloir adoucir son propos et en annonçant les choses telles qu'elles étaient.

Dans une ultime inspiration, il reprit alors.

" Si tu es vraiment prête à m'accepter comme je suis et si je veux que tu ai confiance en moi... il y a deux chose que tu dois savoir.

La première... Je suis un mercenaire... par beaucoup considéré comme un criminel internationnal, et recherché par Interpol.

La deuxième c'est ça..."


Avec nonchalance, il tendit son bras en direction du feu, puis il ferma le poings pour laisser trois griffes acérées sortir de ce dernier. Un petit filet de sang avait légèrement décoré le blanc immaculé de ces dernières avant de s'estomper peu à peu.

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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Ven 21 Déc 2012 - 18:34

La vie qu'il aurait dû avoir, Charlie avait pensé cela à une époque, mais au final, il y avait tellement de choses qui entraient en ligne de compte, la jeune femme s'était fait à l'idée, résignée, on ne pouvait changer le passé aussi fort le regrettait-on... Même lorsque Gordon parla du masque qu'il portait, la jeune anglaise comprenait ce que c'était, comment on se sentait sous ce genre de masque... Le sien était peut-être moins épais que celui de son ami, mais le principe de se cacher, de cacher son passé, son moi profond derrière une façade destinée aux autres, elle connaissait bien au fond.

En revanche, la blonde ne s'attendait pas au changement d'attitude de Gordon, passant de très flou à très direct, allant droit au but. Lorsqu'il lui annonça qu'il n'était rien d'autre qu'un mercenaire recherché internationalement, Charlie se raidit d'un coup, écarquillant grand les yeux, mais avant même qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, Gordon lui fit une petite démonstration de la deuxième chose qu'il lui cachait. Lorsqu'elle vit les griffes osseuses sortir du poings de son ami, Charlie sursauta dans un léger mouvement de recule, fixant les extensions en os et le sang qui coulait légèrement et dégoulinait sur le sable jusque là immaculé.

Elle aurait sans doute dû prendre ses jambes à son cou, partir, avoir peur, le craindre néanmoins... Cependant, après tout ce qu'elle avait vu à Galway, tout ce qu'elle avait vécue jusqu'ici, sachant que ce qu'elle croyait réel jusque là partait peu à peu en fumée, au fur et à mesure des jours passant, Charlie resta aux côtés de Gordon, surprise, mais pas effrayée. Au contraire même, la jeune femme se rapprocha un peu, se mettant sur ses genoux et attrapa doucement le bras de son ami, rapprochant le poings d'elle pour l'examiner, curieuse. Passant doucement le bout de ses doigts sur le dessus de sa main, parcourant les os, cherchant à voir si tout cela était réel, si elle ne rêvait pas ou si elle n'était pas victime d'une mauvaise blague. Seulement, non, tout cela était bien réel. Charlie passa son pouce sous les griffes, essuyant le sang qui coulait lentement, puis détacha son regard du poings du jeune homme pour le regarder lui.

- Ça doit faire mal, non ?

La jeune anglaise se doutait bien de la réponse, mais n'avait pas réfléchis en posant la question, elle sourit donc un peu gênée, passant ses cheveux derrière son oreille, détournant le regard. Elle se raclât la gorge, le premier choc passé, des os qui sortaient de la chair et qui formait des griffes, ce n'était pas le plus important peut-être...

- Mais euh... dis... t'as fais quoi pour qu'on te recherche à ce point ? Parce qu'il y a différent types de mercenaires, non ? Je veux dire, enfin...

Charlie s'emmêlait dans son propre esprit en fouillis, ne sachant pas trop par où commencer, un peu inquiète des réponses qu'elle obtiendrait à ses questions, mais elle voulait savoir, elle le devait... Inconsciemment, elle avait gardé le poing de Gordon entre ses petites mains, seul repère réel tangible dans ce tourbillon qui commençait à l'entrainer au fin fond d'un abysse ténébreux sans contact avec la réalité. Une réalité de plus en plus douteuse et se détruisait et se reformait sans cesse, qui l'emportait où bon lui semblait, qui la rendait impuissante face à tout, elle qui n'avait déjà pas de piliers dans sa vie... Tout ce que Charlie ressentait en cet instant était une ignoble solitude et de la confusion, elle cherchait à comprendre des choses qui la dépassaient, mais ces choses était réelles, elle l'étaient devenues du moins, on ne pouvait refuser les évidences, c'est pourquoi la demoiselle acceptait bien des choses, toutefois, elle se sentait un peu plus perdue à chaque fois, un peu plus déroutée...
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Gordon
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Sam 22 Déc 2012 - 18:12

Gordon resta un instant silencieux et immobile laissant le soin à Charlie de digérer le choc qu'il avait du lui faire. Pas seulement sur son véritable métier, mais surtout sur l'horrible don qui le caractérisait. Il fallait avouer qu'il y avait plus élégant comme pouvoir, et il se demandait déjà comment la jeune femme avait fait pour ne pas s'enfuir en courant après avoir vu ça.

Mais non. Plus curieuse qu'effrayée, elle s'était rapprochée du lui et avait attrapée sa main pour jauger de la réalité de ce qu'elle voyait. Elle ne le tâtait cependant pas comme un animal étrange. Elle faisait même preuve d'une douceur qui le décontenança grandement sur le moment, essuyant même le sang qui avait légèrement coulé suite à la sortie de ses griffes... Comme si soudainement ils étaient devenu bien plus proche et qu'elle souhaitait lui venir en aide. Se préoccupant plus des effets de son pouvoir sur lui même, que du spectacle qu'il venait de lui offrir. Chose qui se confirma d'ailleurs lorsqu'elle lui demanda si ce qu'il venait de faire lui faisait mal.

"Ça fait mal à chaque fois... Mais ça, ce n'est qu'une petite partie de mes capacités."

Elle lui demanda alors ce qu'il avait bien pu faire pour être recherché à ce point. Une question simple il fallait l'avouer... Mais qui malheureusement n'avait pas de réponse tout aussi simple.

Ce qu'il avait fait... Qu'avait-il fait a part survivre et s'être laissé porter par les évènements ? Non dire une chose pareille ne serait que ce dédouaner de ses responsabilité. Il avait fait des choix à divers épisodes marquants de sa vie et ils s'étaient tous révélé mauvais. Avant même qu'il ne s'en soit rendu compte, il était jusqu'au cou dans la nouvelle voie qu'il avait emprunté et ne pouvait déjà plus en sortir.

Il esquissa donc un sourire cynique à Charlie quand elle lui posa cette question lourde de sens.

" Ah... J'ai fait tellement de choses. Je ne sais même plus si je serais capable aujourd'hui de tout dire sans en oublier !

Je crois que le meilleur moyen pour toi de comprendre comment j'en suis arrivé là. C'est que je te raconte carrément ma vie dans les grandes lignes... ça peux être assez long..."


Il tira une nouvelle bouffée de son cigarillo et bascula la tête vers l'arrière pour recracher la fumée et contempler un peu le ciel. Cela le rendait nostalgique et les souvenir n'en sortiraient que mieux. Il rentra également ses griffes qui disparurent sous sa peau désormais entaillée. Profitant d'ailleurs que Charlie tenait toujours sa main, il ramena cette dernière à lui en douceur, invitant cette dernière à s'assoir à ses côtés sur son banc de fortune.

Ne sachant pas trop quoi faire de sa main qu'elle tenait toujours, il décida de la lui laisser. Libre à elle d'en faire ce qu'elle voulait pendant qu'il racontait son histoire.

"Je suis né à Malte. Mon père était un officier de la marine britannique, et ma mère une prostituée d'origine andalouse..."

Gordon se mit alors à raconter, en cherchant à être le plus honnête possible, et sans vouloir être trop long les grands faits marquants de sa vie qui l'avaient conduit jusqu'ici. La découverte de son pouvoir, son enrôlement dans le corps des SAS, la trahison de ses derniers et les tortures qu'il avait subit en sierra Leone pendant qu'il était déclaré officiellement mort pas ses anciens amis. N'ayant plus d'existence officielle, ses années d'errance partout dans le monde où le seul choix qui s'offrait à lui pour continuer à vivre était de s'enfoncer toujours un peu plus dans tout ce qui était illégal, dangereux, mais surtout lucratif. Il fallait beaucoup d'argent pour pouvoir continuer à exister lorsque justement on existait plus... Surtout quand on avait aux fesses une police internationale particulièrement agaçante lorsqu'elle vous obligeait à sans cesse à disparaitre et réapparaitre sous une identité nouvelle. Raison pour laquelle il avait fini par échouer à Galway d'ailleurs.

Il avait tout lâché... Du moins presque tout... Seul manquait un dernier détail que ne manquerai pas de soulever Charlie à un moment ou un autre. Mais peut être que ce flot d'informations qu'il lui avait livré lui suffirait.
En tout cas, il se sentait lui même extrêmement soulagé d'avoir enfin pu parler de tout ceci à une personne "extérieure". Mais également anxieux sur la suite des évènements. Allait-elle le juger sur les choix pas toujours moraux de sa vie ?

Son cigarillo terminé et éteint depuis un moment déjà, il jeta ce dernier dans le feu ainsi que quelques nouveaux morceau de bois.

" Voila... C'est comme ça que je suis arrivé ici. Rechercher des traces de mon père... ça n'a finalement été qu'une excuse pour occuper mon temps, ne sachant plus vraiment quoi faire...

Si le notaire n'était pas un ami de confiance de ma famille et ne m'avait pas formellement reconnu, je n'aurais même pas pu obtenir discrètement le titre de propriété du manoir.

Je ne peux même plus prouver légalement mon identité sans m'attirer de gros ennuis... En fait je ne suis plus sûr de savoir vraiment qui je suis moi même..."

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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Dim 23 Déc 2012 - 1:33

Gordon avait accepté de répondre à ces questions, même plus, allant jusqu'à lui parler de sa vie complètement. Il l'avait fait se rapprocher, s'asseoir tout près de lui et elle l'avait écouté avec grande attention, cherchant à comprendre, cherchant à savoir. Pour le coup, elle avait été servie et puis, étrangement, la jeune femme n'était pas choquée, non, même en fait, elle comprenait. Serrant un peu la main de Gordon entre les siennes, un sourire à la fois sérieux, désolé et doux.

- En fait, j'aurais sans doute fais la même chose... quand on a plus rien dans la vie, la morale et les principes changent un peu...

Charlie regarda de nouveau le feu, même si le jeune homme lui avait répondu pour bien des questions qu'elle n'avait pas encore posé, il en resterait encore bien d'autres, mais une en particulier qui la taraudait depuis un bon moment déjà. Hésitante, elle ne détourna pas son regard du feu, relâchant un peu la main de Gordon.

- Je... enfin, je comprendrais si tu ne souhaitais pas, mais...

L'anglaise soupira, à quoi bon hésiter de la sorte, même si la question était assez personnelle, Gordon s'était déjà assez ouvert, au pire, il ne lui répondrait pas, lui dirait que ça lui ramenait de sales moment en tête, que ce n'était pas le bon moment, qu'il n'en avait simplement pas envie, qui savait, mais il était impératif pour la jeune femme de demander, de tenter... Dans un ultime soupir, elle demanda donc...

- Je peux connaitre ton vrai prénom ?

Elle s'était tu, même son esprit était au point mort, les questions finiraient probablement pas affluer de nouveau, mais cette question-ci, était tout simplement primordiale pour la jeune femme. La base, ce qui était tellement banal pour certain, mais si intime et créant un tel écart entre eux deux, un simple prénom. On pouvait lire la contradiction même sur le visage de la jeune femme, regret, curiosité, avidité, fatigue, une foule d'émotions pouvaient se lire dans son regard fixant inlassablement les flammes orangées du feu qu'elle ne cessait contempler. Lâchant sa prise, Charlie attrapa de nouveau, lentement, ses jambes, les ramenant encore une fois contre elle, créant une fois de plus une barrière entre elle et le reste du monde, se repliant dans les méandres de son âme, attendant la réponse à l'énigme qui s'était imposée à elle dès qu'il s'étaient rencontrés, l'énigme et le mystère de cette relation si particulière qui n'avait pas encore de but distinct, qui n'en aurait peut-être jamais même, mais que la blonde savait déjà apprécier autrement plus que les simples fréquentations classiques.
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Gordon
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Dim 23 Déc 2012 - 19:05

Si Charlie avait réussie à avaler qui il était en réalité, sans même le juger, ni même le critiquer sur les choix plus que douteux qu'il avait fait, Gordon pouvait considérer que le plus dur avait été fait...

Il ne s'attendait pas à ce que ça aille tout seul... Pensant que la jeune femme lui demanderai un peu de temps pour accepter tout cela, ou même tout simplement refuser qu'une personne telle que lui entre dans sa vie.
Mais rien de tout cela... Elle l'acceptait comme il était. Mieux, elle semblait le comprendre ! Même si elle semblait un peu secouée par tout ce qu'elle venait d'entendre, ce qui était normal.

Notre ami s'amusa alors de la voir tourner en rond pour poser une question, dont il se doutait parfaitement, et se demandait encore pourquoi elle ne l'avait pas posée plus tôt.

Lorsqu'elle y parvint et lâcha enfin la main de Gordon, ce dernier afficha un petit sourire joueur et sortit de sa poche son zippo pour s'allumer un nouveau cigarillo. Il en proposa d'ailleurs un autre à Charlie. Vu comment il avait réduis sa consommation ces derniers temps, il pouvait bien se permettre de risquer le cancer ce soir.

Après avoir recraché la fumée et avoir laisser trainer un regard extrêmement rêveur vers le ciel, il reprit donc.

" Si c'est important pour toi, je te laisse me choisir celui que tu préfère...

Je suis sincèrement désolé... Mais je ne me sens pas encore prêt à te le dire. C'est à cause d'une promesse... Là encore c'est une vieille histoire. Qui pourtant ne devrait plus avoir d'importance.

Mais non... je ne m'en sent pas encore la force."


Sachant que sa réponse allait décevoir Charlie, il jugea nécessaire d'apporter quelques justifications à son propos. Autant à cause du froid que du fait qu'il partageait un secret qu'il ne souhaitait pas divulguer à tout vent, il s'était rapproché inconsciemment de sa compagne de soirée jusqu'à être proche de se serrer contre elle. N'osant pas la regarder directement, il avait tourner ses yeux légèrement en direction du sol tandis qu'il affichait un petit sourire doux.

" En fait... à 16 ans, j'étais en couple avec une fille à Malte. On était très complice, dans un délire qui n'appartenait qu'à nous... Enfin... Le genre de truc qui me semble naturel dans un couple d'ados. En tout cas on était très amoureux l'un de l'autre et c'était plutôt sérieux entre nous...

Bref... Je te laisse imaginer la tête qu'Elle a tirée quand du jours au lendemain je lui ai annoncé que je partais pour l’Angleterre afin de suivre les traces de mon père et faire carrière dans l'armée.

On a décidé de rester ensemble, mais pour être sûre que je lui revienne et dans un dernier délire commun, Elle a décidé de garder mon prénom en otage. Le jeu consistait à ce que je ne révèle mon véritable prénom à personne jusqu'à ce que je revienne définitivement auprès d'Elle pour pouvoir nous marier. Le genre de connerie qui nous paraissait comme ultra romantique à l'époque...

Le pire, c'est que j'ai accepté de jouer le jeu et que ça à bien duré quatre ans !"


Il poussa un petit rire à l'évocation de ces souvenirs qui lui apparaissaient désormais si enfantins et innocents. Il se demandait d'ailleurs comment Charlie prendrait cette histoire. Vu de l'extérieur, un tel engagement pouvait paraitre si dénué de sens...

" Là où ça à proprement merdé, c'est que je me suis fait trahir, capturer et déclarer officiellement mort... Quand je me suis évadé, je suis repassé par Malte, espérant la retrouver et la persuader de s'enfuir avec moi."

Le sourire qu'il affichait jusque là s'effaça alors pour laisser place à une expression beaucoup plus sombre. Il pensait que cette histoire ne le touchait plus vraiment, mais maintenant qu'il la racontait de vive voix, il se rendait de plus en plus compte que c'était encore loin d'être le cas.

"Évidemment je l'ai retrouvée... Elle avait complètement refait sa vie, était en couple avec un autre, était tombée enceinte et avait des projets de mariage.... Que pouvait-elle faire d'autre... On lui avait dit que j'étais mort et que mon corps était porté disparu...

Je n'ai même pas osé l'aborder quand je l'ai revue... Le danger que je lui faisait courir à elle et ses proches était trop grands...

Je suis reparti... Et ce jour là... Probablement par tristesse et par colère... j'ai juré de continuer à cacher mon véritable prénom..."


Cette fois-ci, il pouvait difficilement mettre en cause le vent glacial et le sable pour justifier là trop grande humidité de ses yeux. C'était tout un flots de souvenirs douloureux qui l'avait envahi et l'évocation de la vie à côté de laquelle il était passé venait de pas mal le chambouler.

Il passa une main rageuse sur sa joue afin d'en essuyer la larme qui venait de s'échapper et essaya de se détendre en tirant nerveusement sur son cigarillo, d'une main encore légèrement tremblante.

" Comme tu vois... c'est très con... Le pire c'est que je ne ressent plus rien pour cette fille !

Mais je m'y refuse... c'est comme ça...

Je pense que je le dirais seulement à une personne que j'aimerai sincèrement et qui attendrais vraiment mon retour quand je m'absente. "


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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mar 25 Déc 2012 - 22:02

Acceptant le cigarillo qu'on lui offrait de nouveau, Charlie s'empressa d'allumer le sien avec son briquet et d'en tirer de longues bouffées. Même si la réponse qu'avait reçu la jeune femme n'était pas celle escomptée, même si la jeune anglaise ressentait une pointe de déception, avant même qu'elle ne formule quoi que ce soit, Gordon se rapprochait d'elle. Cette proximité fit se raidir instantanément Dickens, bien que quelques minutes auparavant à peine elle tenait la main de son ami, inconsciemment, d'où son aise passée, maintenant qu'elle prenait un peu conscience de son geste et du rapprochement de son ami, ses joues prenaient doucement une teinte plus rosé, mais bien camouflée grâce à la lumière orangée dans laquelle ils baignaient depuis qu'ils avaient allumé leur feu.

Gordon acceptait de lui livrer une partie de son secret, sans même que Charlie n'eut rien demandé, ce qui eut le mérite de faire naître un léger sourire sur ses lèvres. S'imaginant très bien ce que lui décrivait son ami, malgré le fait que la jeune femme n'avait jamais rien vécue de tel, Charlie l'écoutait, l'enviant de cette expérience, même malgré le fait que visiblement cela l'avait cassé, que cela l'avait marqué à vie, apparemment. Le monde était empreint de cicatrices, mais c'est ce qui faisait le monde.

Remarquant du coin de l'oeil la larme qui coulait sur la joue de Gordon, Charlie posa sa main maladroitement sur l'épaule de son voisin, un peu mal à l'aise de ne pas savoir quoi faire. Il aurait fallu qu'elle le réconforte ? Qu'elle le prenne dans ses bras ? Qu'elle le bouscule gentiment en lui disant que tout irait bien ? Ce qu'on n'avait jamais fait pour elle ? Dickens était perdue, elle n'avait pas l'habitude de ce genre de situations, cependant, elle replongea dans ses souvenirs, repensant aux bons moments passés avec sa mère. Comment elle s'était occupée d'elle avant d'être malade, comment elle la réconfortait après un cauchemars, comment elle savait l'encourager, lui faire voir que le monde était plus beau que ce dont il paraissait... C'est en se souvenant de ses doux moments que Charlie resserra un peu sa prise sur l'épaule de Gordon, pour lui frotter le dos doucement, en signe de compréhension et de soutien. Elle ne savait pas si c'était la chose à faire, mais elle le faisait...

Après quelques minutes de silence, la jeune femme lâcha l'épaule de son ami, refichant son bras sur ses genoux repliés, venant y déposer sa tête. Portant le cigarillo à sa bouche, elle recracha lentement la fumée, souriant doucement.

- Je ne trouve pas cela con... C'est même touchant.

N'importe qui n'aurait pas vu cela du même oeil, mais pour Charlie, cette histoire était belle, il valait mieux les grands drames à la routine monotone et morne. Même si elle avait maintes fois regretté sa vie, ses expériences, ses chagrins, la blonde n'en aurait rien changé, car pour elle, c'était en souffrant qu'on apprenait réellement ce qu'était la vie. Lorsque l'on avait tout facilement et sans nuage dans le ciel, on ne savait pas apprécier les choses à leur juste valeurs. C'était du moins, la façon dont Charlie voyait les choses, de son regard assombris par les épreuves qui avaient parsemés son chemin jusqu'à aujourd'hui.

- Et puis... non, je refuse de te ''donner'' un prénom, tu as assez eu d'identités qui n'étaient pas la tienne, non, je continuerai de t'appeler Gordon, c'est encore ce qu'il y a de plus près de toi et ça me conviendra parfaitement.
Tirant une fois de plus sur le cigarillo, Dickens fixa les vagues qui venaient s'échouer sur la plage, un peu plus bas, puis elle posa son regard sur la main de Gordon où le sang à moitié essuyé avait séché.

- Ça été difficile de vivre avec ce... don ? Ça été facile de faire avec ? Je veux dire, en quelque sorte, on a profité de ton habilité à plusieurs reprises, non ?

Elle s'était retournée, posant son regard, orangé avec les reflets des flammes, sur le profil du jeune homme, y cherchant des réponses. Elle espérait ne pas, une fois de plus, touché une corde sensible, mais en même temps, ce serait probablement le cas, lorsque l'on ne parlait pas beaucoup de soi, il y avait toujours de bonnes raisons, même lorsque l'on décidait de s'ouvrir, on s'exposait et il était probableme de faire remonter des sentiments enfouies depuis bien longtemps, à la surface.
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 26 Déc 2012 - 0:23

Le malaise qu'il avait posé en racontant cette anecdote sembla aussitôt s'envoler pour faire place au genre de petit moment, purement magique qui ne pouvait que le toucher.

Charlie s'était rapprochée de lui pour tenter de le réconforter. C'était fou ce qu'un petit geste anodin comme une simple main sur l'épaule, une petite caresse dans le dos, ou encore la tête d'une amie posée contre soit, pouvait soulager comme grand maux.

Les souvenir douloureux qui l'avaient envahi n’existaient déjà plus. Il était en train de s'en créer de nouveaux. Du genre qu'il n'avait jamais pu vivre auparavant. La proximité d'une personne a laquelle on est véritablement attaché n'avait rien a voir avec le contact d'une prostituée ou les simples encouragements d'un ami à la morale tout aussi douteuse que la fidélité.

Là, il en était juste à prier pour qu'elle ne reparte pas trop vite... Tout aussi spontanément qu'elle l'avait fait, il colla quelques instant sa joue contre les cheveux de cette dernière. Elle sentait bon... comme toujours, son parfum était enivrant et savait instantanément faire taire les blessures de son cœur. Même la fumée du Cigarillo ne parvenait pas à gâcher son parfum.

Ainsi, en cette instant il ne voyait plus qu'une seule chose à lui dire.

"Merci Charlie... Merci pour tout."

Il fut également ravi d'apprendre que la demoiselle ne l'obligerait pas à cracher son prénom s'il ne le souhaitait pas et encore moins lui en inventer un tout neuf. Cela voulait dire qu'elle respectait son histoire et encore plus qu'elle l'acceptait lui, tel qu'il était, avec ses contradictions et qualités.

Après avoir pris quelques secondes pour profiter un peu respectivement de leurs cigare ainsi que du bruit des vagues, et histoire d'échapper malgré tout à la lourdeur de la conversation précédente, la demoiselle préféra revenir sur le don particulier de son compagnon de soirée.
Ce dernier, fixant alors à son tour sa main tout en la faisant s'ouvrir et se refermer répondit alors.

" Disons que c'est un peu des deux. Je dois certainement autant à ce don qu'il a fait mon malheur.

En fait ce n'est pas que des griffes. Ce don affecte tout mon squelette... Sa solidité est extrême et je peux lui donner la forme que je veux.

Ca m'a attiré une foule d'individus peu recommandables... Que ce soit les SAS ou les pires créatures de la planète... d'un autre côté ça m'a également permis de survivre parmi eux...

J'évite tout de même d'en faire étalage et usage à Galway..."


Il tourne alors la tête en direction de Charlie, plongeant son regard dans le sien. Un sourire d'une extrême douceur illuminait son visage tandis que son bras passait autour de sa taille.

"... Comme je te l'ai dit... J'ai découvert ici que je pouvais peut être briser ce cycle infernal et retrouver un semblant de vie normale... Même si ma voie n'est pas toujours la plus "honnête" aux yeux de la société.

Au moins, je sens qu'ici je peux enfin vivre pour moi même... ou pour les gens que j'aime... Du moins...

Au moins pour la personne qui a réveillé tout ça chez moi et qui hante mes pensées depuis..."


Il se tut alors et resta un moment à contempler ses yeux magnifiques. De toute façon ses dernières paroles se passaient de mots supplémentaires.
Étais-ce le flot d'émotions contradictoires qui l'envahissaient depuis qu'il avait débuté cette soirée ? ou bien le déroulement naturel de tous les évènements qui s'étaient produits entre eux jusque là ? Quoi qu'il en soit, c'est à ce moment que Gordon passa une main délicate dans les cheveux de Charlie afin de les ramener derrière son oreille et rapprocha ses lèvres de celles de la jeune femme afin de lui voler un baiser. Un baiser court mais qui ne saurait mieux traduire ce qu'il ressentait en ce moment.

Mais se rendant compte également de ce qu'il était en train de faire, il se retira presque immédiatement. Ce n'était pas bien d'abuser et profiter ainsi de la gentillesse qu'une fille pouvait avoir à votre égard. Fermant les yeux, afin d'exprimer son regret face à sa propre impolitesse. Il ajouta alors, le front presque collé à celui de la jolie blonde.

"Pardon... Je... C'était peu être déplacé ? ..."

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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 26 Déc 2012 - 3:15

Elle avait souri lorsqu'il l'avait remercié, ne s'attendant pas à ce genre de réaction, elle n'en fut que ravie, car cela prouvait qu'elle ne se trompait pas, Gordon était une bonne personne, malgré son passé, malgré ses activités, foncièrement, elle en était persuadée, c'était une bonne personne. Même si la jeune femme n'était pas à l'aise par la tactilité du moment, elle appréciait le contact qu'elle partageait avec son ami, joue contre tête, c'était... agréable. Même si elle ne savait pas comment bouger, ne savait quel geste poser, la blonde se contentait de profiter du moment, de cette proximité à la fois troublante et plaisante, qui pour beaucoup ne serait franchement pas grand chose, mais qui pour elle était déjà bien plus que ce dont elle avait l'habitude depuis... bien longtemps. Surtout avec un homme, c'était probablement la toute première fois en fait, ce qui ajoutait sans doute à l'agréable trouble qui la prenait doucement. Ne cherchant même pas à comprendre, Charlie vivait le moment présent, elle le garderait quelque part dans sa tête, se souvenant que oui, il était possible qu'au fond, tout au fond, les moments de répits existaient toujours. Ces petits moments dont l'existence se faisait bien rare depuis bon nombre d'années, mais qui mettaient un petit baume sur ses blessures, qui, malheureusement ou heureusement, l'incitaient à continuer, qui l'incitaient à ne pas jeter l'éponge encore une fois, qui la sortaient du mode pilote automatique dans lequel la jeune femme s'était glissée depuis des années, ne ressentant plus réellement grand chose, les feignant plutôt, à la face du monde.

Flanc contre flanc, la tête toujours appuyée sur l'épaule de Gordon, elle l'avait écouté parler de son don. Essayant de comprendre la contradiction qu'entraînait une telle habileté, la jeune femme essayait d'imaginer ce que cela avait dû être, ce que cela devait encore être, de se cacher au monde, même si le fait d'avoir un tel don n'apportait pas autant de mauvaises personnes aux alentours, il y avait aussi probablement ce que monsieur et madame tout le monde en pensaient. Il y avait tant de choses cachées et mystérieuses dans le monde, on ne pouvait pas en vouloir à ceux qui se raccrochait à une réalité réconfortante où la science savait tout expliquer, où les monstres n'existaient pas, où tous les malheurs étaient ou se produisaient chez le voisin... En cet instant, Charlie fut reconnaissante à la vie, d'avoir la chance d'être consciente de certains faits jusqu'alors considérés comme des histoires et des légendes, reconnaissante d'entrevoir la vraie réalité des choses.

Dickens sentit que Gordon relevait la tête, elle releva donc la sienne pour rencontrer le regard miel du jeune homme, un air très doux au visage, air que la jeune femme adopta immédiatement elle aussi, sans trop savoir pourquoi. Lorsqu'il passa son bras autour de sa taille, la jeune femme sentie comme un léger picotement là où leur corps se touchaient, c'était une sensation étrange, comme si tout son sens du touché était concentré là où il y avait contact entre eux deux, elle n'avait jamais ressenti cela et malgré le doux sourire qu'elle avait aux lèvres, Charlie nageait en pleine contradiction, mélange entre trouble, curiosité et petite ivresse. Toutefois, elle se laissait portée doucement, écoutant Gordon, ne cherchant pas a démystifier tous ces ressentis dont l'anglaise n'avait jamais eu l'expérience précédemment déjà, se concentrant sur ce que le jeune homme lui disait, lui avouait. La dernière phrase ne l'a laissa pas de marbre également, lui plaquant un grand sourire doucereux au visage, touchée et surprise, croyant à moitié qu'elle pouvait occuper les pensées de quelqu'un.

Cependant, la suite des choses venait en quelque sorte confirmer les dires de Gordon, lorsque celui-ci passa sa main dans les cheveux de Charlie, venant les ficher derrière son oreille, la demoiselle ressentie comme une légère décharge électrique à ce contact et lorsqu'il s'approcha d'elle, venant lui voler un baiser, même si cela fut court, le rythme cardiaque de la jeune femme augmenta rapidement, la blondinette avait également l'impression qu'une nuée de papillons aux ailes métalliques volaient dans son estomac, c'était douloureusement agréable ! C'était donc cela, avoir des papillons dans l'estomac, sensation bien mystérieuse que Charlie n'arrivait pas à s'expliquer et dont elle n'avait pas envie d'avoir la réponse là, toute suite. Rompant rapidement cette courte et chaste étreinte, il eut la délicatesse de s'excuser tout en lui demandant le geste avait été déplacé. Très troublée, Charlie affichait un air surpris, mais ne bougeait pas, toujours collée flanc à flanc contre lui, le regardant droit dans les yeux.

- Euh, je ... Non, ne t'en fais pas.

Elle lui adressa un sourire assez tendre, se collant un peu plus à lui, allant fourrer son nez froid contre le cou chaud du jeune homme, ressentant par ailleurs chaque pulsation cardiaque de ce dernier contre son fin visage frais. Charlie ferma les yeux, peut-être qu'elle avait trop bu et qu'elle ne s'en rendait pas compte ? Peut-être qu'elle était manipulée ? Peut-être qu'elle rêvait ? Peut-être que tout ceci était également un doux moment, son premier du genre, réciproque ? Quoi qu'il en soit, la jeune femme était bien, avec ses papillons et Gordon, sur cette plage près d'un feu, sous les étoiles de décembre...
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MessageSujet: Re: Les bords de mer   Mer 26 Déc 2012 - 16:14

En un instant, cette discussion à cœur ouvert, dans un lieu que Gordon avait voulu loin de tous les mensonges de son quotidien et dont il appréhendait une tournure désagréable, se transforma en moment de pure magie.
A l'origine, ce baiser volé n'avait été qu'une impulsion soudaine à laquelle il n'avait pas su dire non. Une petite folie qu'il pensait déjà regretter, que la punition vienne par l'expression de sentiments non réciproques, voir une gifle tout simplement.

Mais rien de tout cela... Charlie venait de laisser parler son cœur elle aussi et lui fit savoir que son geste n'avait été en rien "déplacé". C'est un simple petit sourire en coin qui accompagna cette réponse, mais intérieurement c'était un flots de sentiments intense qui envahissaient le jeune homme. Lui même n'aurait pas su les définir. Du moins pas encore... Mais cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était plus senti aussi vivant.

Lui qui n'avait été jusque là qu'un simple mensonge de lui même, qui affichait chaque jour un nouveau masque afin de répondre aux attentes du monde qui l'entourait et mieux en profiter... Voila qu'il se surprenait lui même à avoir séduit une femme en étant seulement vrai, authentique, et surtout sans aucune mauvaise arrière pensée. La sensation était grisante...

Le temps semblait s'être considérablement ralenti, comme si Gordon lui même était habité par un sens plus aiguë des choses. Le nez froid puis l'ensemble du visage de Charlie contre la peau de son cou lui faisait l'effet d'un courant électrique qui parcourait tout son corps. Plus poussé alors par l'instinct que par la raison, sa main libre s'était de nouveau saisit de celle de la jeune femme. Fermant les yeux et tout en douceur, il commença alors à tourner légèrement la tête pour laisser descendre sa joue contre celle de cette dernière. Tous deux pouvaient désormais entendre la force de leurs respirations qui trahissaient mutuellement les émotions qui les traversaient à ce moment. Le bout de son nez caressant alors la peau douce du visage de la jolie blonde, il remit son visage face au sien et lui offrit un nouveau baiser. un peu plus long cette fois...

Après avoir décollé ses lèvres de celles de Charlie, il rouvrit lentement les yeux et la regarda avec une expression malicieuse, comme un enfant qui prenait plaisir à répéter une grosse bêtise. Il ne se lassait pas de contempler ses yeux d'or. Plus que par les mots, c'était par le regards que Charlie semblait le mieux s'exprimer. C'était d'ailleurs un de points chez elles qui le perturbait le plus... Les sous entendu qu'elle avait fait ce soir étaient également pour confirmer ses doutes.

Puisque la soirée était dédiée à se rapprocher et mieux se connaitre mutuellement, Son visage se fit un peu plus sérieux lorsqu'il reprit la parole.

" Pardonne moi de gâcher un tel moment... Mais il faut que je sache à mon tour...

Pourquoi quand je te regarde... Tes yeux semblent-ils toujours me dire : Sauves moi, je pleure à l'intérieur ? "

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