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 La Boutique des Douceurs

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Professeur J. M.
Humain


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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mar 19 Juin 2012 - 22:13

Pas de super pouvoir, pas de disparition instantanée, pas de blocage par une prise d’un quelconque art martial exécuté avec une aisance et un exactitude déconcertante… Non rien de tous cela si ce n’est le « POC » de l’embout de la canne venant percuter la tête de la jeune fille.
Le professeur ne put camoufler sa surprise. Il était tellement sur de lui, sur de son raisonnement, de sa logique, que pas un instant il n’avait pensé que la canne pourrait heurter la tête de l’adolescente. Et surtout, pas un instant il n’avait pensé aux conséquences d’un POC si anodin.

Les conséquences, James ne tarda pas à les découvrir. Le cri de douleur n’était pas surprenant, cependant les paroles de la jeune fille le furent beaucoup plus… Et on ne peut pas dire que la surprise soit plaisante, au contraire. Prit de cours, le professeur ne sut quoi répondre fasse à ces accusations totalement calomnieuses. Impossible de se blanchir en étant crédible. Que vouliez vous répondre à ça ? Ce n’est même pas vrai, nous nous sommes rencontrés dans un cimetière et je vérifiais juste si elle possède des supers pouvoirs ? Il était dans un salon de thé en compagnie d’une jeune fille qui avait au bas mot vingt ans de moins. James n’arrivait même pas à croire ses propres propos… La chose était donc loin d’être gagné.

Mais alors qu’il tentait de prendre son air le plus convainquant afin de contrer les arguments de l’adolescente, celle ci dévoila son vrai visage. Le professeur resta sans voix quelques instant. Il n’arrivait pas à admettre, que oui, il venait de ce faire avoir par une gamine, une jeune fille qui devait avoir à peine le tiers de son âge.
Il tenta de trouver une échappatoire, mais il devait bien l’admettre, le piège était parfait et le seul moyen de s’en sortir était de succomber au chantage de la jeune fille. Il acquiesça donc et la laissa prendre commande.
Le professeur observait avec attention la jeune fille commander son prix, une victoire sans appel, il n’avait plus qu’à l’accepter. Cependant, James était assez mauvais perdant, et même s’il admettait avoir perdu cette manche, ce n’était qu’une bataille, il n’avait plus qu’à attendre une occasion de lui rendre la pareille. A défaut de super pouvoir, la jeune fille venait de lui prouver une chose, elle était maligne, très maligne, peut être un moyen de survivre dans ce monde qui lui avait fait visiblement aucun cadeau.

« Vous savez qu’il existe malgré tout un moyen plus simple d’obtenir une sucrerie ? Comme par exemple simplement la demander ? »

Malgré tout, la jeune fille ne semblait pas choquer par son geste, elle en avait juste profité pour arriver à ses fins. Pour le professeur cela signifiait qu’elle avait encore des choses à cacher et que son comportement, n’était pas simplement qu’un moyen d’obtenir une pâtisserie, mais aussi une façon de l’avertir qu’on ne jouait pas avec elle.

Le professeur esquissa un sourire, cela signifiait qu’elle avait encore des choses a cacher, et cette avertissement n’eut qu’un effet, renforcer sa motivation de découvrir tous ses petits secrets.

« Vous me parliez de chlorure d’argent et d’eau bénite tout à l’heure, cela signifie que les lycanthrope craignent ce genre de produit ? »

Le professeur tentait de distraire la jeune fille, observant tranquillement la serveuse arriver avec le gâteau. Alors qu’elle approcha avec la confiserie, sans se faire remarquer James plaça sa canne juste devant les jambes de la demoiselle afin que celle ci trébuche et tombe directement sur la jeune fille.
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Winnifred
Humain


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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mer 20 Juin 2012 - 14:54

Demander une pâtisserie ? C’est has been ça mon vieux, vaut mieux faire du chantage aux réseaux sociaux, c’est plus une arme dans mes cordes ! ricana l’adolescente devant la mine renfrognée du professeur, contente du sale coup qu’elle venait de lui jouer.

Savourant sa victoire, Winnifred consentit dans sa grande mansuétude à répondre aux interrogations du vieil homme, l’air très satisfait d’elle-même :

Mais non, l’eau bénite c’est pour les vampires, vous n’avez jamais vu Buffy ou quoi ? Les lycans eux craignent l’argent sous toutes ses formes, ça n’est pas assez puissant pour les tuer mais suffisamment pour les affaiblir et…

Son speech éducatif fut interrompu de façon brutale par un « Haaaa » et une serveuse se rétamant littéralement sur ses genoux, envoyant valser le brownie par terre. La confusion de la chute passée, Winnie aida la jeune femme à se remettre d’aplomb et accepta ses plus plates excuses sous condition qu’elle lui ramène une nouvelle part de gâteau.

Remettant ses affaires en place, elle aperçut le regard sournois de l’anglais et comprit qu’il avait quelque chose à voir avec cette bévue.

Non mais vous vous êtes cru à vidéogag ou quoi ? C’est plus de votre âge les gags tarte à la crème, on m’avait bien dit que les British avaient un sens de l’humour douteux, mais là franchement c’était nul !

La serveuse revint alors avec un nouveau brownie aux noix de pécan en présentant à nouveau ses plus plates excuses, et Winnifred en profita pour récupérer sa friandise en l’emballant dans sa serviette en papier.

Le coup de canne, l’attaque à la serveuse, je ne sais pas à quoi vous jouez mais je ne vais pas m’éterniser ici, visiblement les jeunes cons ne font pas bon mélange avec les vieux fous ! conclut-elle en se levant pour quitter le salon de thé.
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Professeur J. M.
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mer 20 Juin 2012 - 15:50

Deuxième déception pour le professeur, toujours pas de super pouvoir, et encore cette étrange sensation que cette gamine lui cachait quelque chose. Encore une fois la tentative de James avait échoué. Et comme tout mauvais chasseur il voyait sa proie s’enfuir alerté par les différentes tentatives, qui étaient finalement maladroites et vraiment pas discrète. Il fallait dire que James n’avait pas l’habitude de comploter comme une jeune fille d’à peine 18 ans, qui venait de lui apprendre l’existence des lycans, et qu’il soupçonnait avoir des aptitudes hors du commun.

James manquait d’expérience dans ce domaine et on ne pouvait pas dire que son premier essai était concluant.

Il ne put cependant pas laisser échapper un petit sourire amusé alors que l’adolescente, dans son départ de princesse, se saisit des sucreries dans un petit sac. Avant de se lever et de se diriger vers la sortie du magasin de sucrerie.

James regarda l’adolescente partir avec une sensation d’inachevé. Malgré toutes les informations qu’il avait récupéré n’était pas anodine. Il ne restait plus qu’à réfléchir à tous ce que la jeune fille avait dit. Il devait faire le tri entre le bon et le moins bon. Ce n’était pas la première fois qu’on lui parlait de lycanthrope et le témoignage de la jeune fille était suffisamment crédible pour que le professeur prenne cette histoire avec un certains sérieux.
Mais plus intéressant encore, elle lui avait parlé de différents moyens pour se défendre de ce genre de créature. Bien adapté ces méthodes de défense pourraient être de parfait moyens pour s’occuper de l’auteur du meurtre de ses parents.

Souriant, James bu une gorgée de son thé. Il réfléchissait à la quantité minimum de chlorure d’argent dont il devait se procurer afin de nuire vraiment à ce genre de monstre, ainsi que la personne qu’il devait contacter afin de se faire livrer au plus vite…

Oui l’après midi avait été des plus fructueuses pour James.
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Winnifred
Humain
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Dim 9 Déc 2012 - 18:49

Winnifred se sentait d’humeur pour le moins morose. Attablée toute seule devant son cupcake nappé de glaçage bleu, elle le fixait d’un œil abattu comme si elle venait d’apprendre une terrible nouvelle… Et pour cause, c’était un peu le cas : aujourd’hui était le jour de son anniversaire, et pas n’importe lequel, celui de la majorité !

18 ans, et officiellement adulte, avec le droit de vote, le droit de faire des choses sans l’accord écrit de sa mère, de pouvoir avoir sa propre carte bancaire, de pouvoir picoler comme un trou dans les lieux publics... Sur le papier, tout cela faisait rêver, sauf que la réalité était loin d’être aussi rose.

Oui, elle aurait droit ce soir au spongecake à la confiture de fraises de tante Marie, décoré de bougies multicolores avec une petite babiole pour marquer le coup, et elle savait que sa mère viendrait la rejoindre ce week-end pour l’emmener avec sa petite sœur faire une virée shopping entre filles où elle lui laisserait ruiner son compte en banque… Cela lui faisait plaisir, sans aucun doute, mais elle se demandait si elle n’était pas en droit d’attendre autre chose de son anniversaire.

Que faisaient les jeunes normaux de son âge ? Ils sortaient probablement en boîte avec leur amis pour faire une méga fête dont ils se souviendraient toute leur vie, ou bien faisaient une petite soirée romantique avec leur flirt du moment… Seulement voilà, à Galway il n’y avait pas de boîte de nuit, juste un vieux cinéma passant des films du siècle dernier, et surtout elle n’avait rien qui puisse ressembler à des amis et encore moins à un petit ami.

Tout ceci était plus ou moins la résultante de sa déscolarisation dès l’âge de 16 ans : loin des yeux, loin du cœur, elle avait perdu contact avec ses copines du lycée catholique de Dublin qui de toute façon ne comprenaient pas bien pourquoi elle désirait tant retourner dans ce coin paumé de l’ouest de l’Irlande. Parlons-en du collège et du lycée privés, exclusivement féminins, qui l’avaient probablement condamnée à la carrière de bonne sœur !
Peu de garçons dans le périmètre, et encore moins de drague, et si on prenait en compte que son dernier flirt en date avait essayé de la bouffer à la sortie d’un bar il y a de cela plus de deux ans, elle finirait probablement vierge et vieille fille obèse à vivre avec sa douzaine de chiens en tentant de noyer sa solitude dans les barres chocolatées.

La solitude, voilà ce qui lui pesait au fond. Quelques collègues, sa famille, mais pas d’amis de son âge, elle se sentait la seule jeune perdue au milieu d’un océan de vieux adultes avec ses mèches roses, et tout cela pourquoi ? Elle se demandait bien tiens… Représenter le dernier bastion des Finnegan à Galway, qui finirait bien par s’éteindre faute de descendance compte tenu du désert de sa vie affective ?

L’adolescente lâcha un soupir à fendre le cœur devant sa tasse de chocolat chaud, touillant vaguement la chantilly qui le surplombait d’un air absent.

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Juliet Ahston
Humain
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Dim 9 Déc 2012 - 23:11

Une autre jeune femme, dans les environs immédiats de Winnifred, était aussi dans un jour sans joie.
Elle avait attendu plusieurs minutes avant de se décider à passer la porte de la Boutique des Douceurs. Un pas en avant, deux en arrière. Pourquoi cette hésitation pour un simple magasin de pâtisserie ? La raison n'avait aucune part dans cette réaction. Elle n'arrivait simplement pas à se décider ; de quoi avait-elle envie ? de quoi avait-elle besoin ? Envie ? Pas envie ? Besoin du réconfort d'une bonne dose de sucre ? Besoin de rentrer chez elle pour s'enfouir sous la douce chaleur du plaid de son canapé ? La fatigue et la mélancolie qui l'habitaient depuis des jours et des nuits lui embrouillaient l'esprit et l'empêchaient de réfléchir avec discernement.

Un courant d'air parcourut la boutique lorsque Juliet en franchit finalement le seuil. Elle referma la porte et attendit encore, immobile, devant celle-ci. Il y avait ici une odeur agréable, mélange de bien de senteurs gourmandes, et qui lui fit pourtant presque mal au ventre. Qu'est-ce qui lui avait pris de s'arrêter ici ? Si les effluves de gâteaux titillaient avec délice ses papilles olfactives, les élans de théine aux notes acidulées, mentholées ou fruitées lui serrèrent la poitrine.
Rien n'était réglé de ce côté-là et ses nuits blanches n'arrivaient pas à la conditionner pour réfléchir correctement au problème. C'était un cercle vicieux dans lequel elle s'entretenait sans le vouloir. Sa morosité était alimentée par ses cauchemars, dont elle ne se souvenait jamais.
Elle se sentit obligée de s'asseoir. Elle était fatiguée, si fatiguée. Qu'il serait heureux qu'elle oublie ses soucis ne serait-ce qu'un instant ! Ça lui semblerait déjà comme un repos.

" Je peux ? demanda la brune après s'être rendue compte qu'elle s'était installée à une table déjà occupée.
Juliet observa alors la jeune fille près de laquelle elle se trouvait assise. Un cupcake et une tasse de chocolat chaud nappé de chantilly étaient posés devant elle. La volupté du chocolat prit alors le dessus sur les autres senteurs présentes dans la boutique. La brune leva alors les yeux pour regarder celle à qui elle s'était adressée : elle apprécia immédiatement sa couleur de cheveux, ou plutôt la non-unité classique de celle-ci. Sur ses traits tirés s'écrivit alors un sourire. Un sourire faible ; celui de sa petite voix encourageante qui lui rappelait que son instinct avait peut-être bien fait de la faire entrer dans cette boutique. Un petit quelque chose que certains appelaient espoir ou lueur dans la pénombre. Pourquoi pensait-elle cela à la simple vue de cette personne qu'elle ne connaissait pas ? Le chocolat a vraiment des propriétés magiques insoupçonnées ! Elle sentit même son estomac réclamer une part.

" Bon appétit ! "
Espérait-elle instaurer un début de dialogue ? Évidemment. Ça l'empêcherait de broyer encore du noir ; du moins pour un petit moment, peut-être.

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Winnifred
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Lun 10 Déc 2012 - 21:53

Lorsque Winnifred releva la tête de sa tasse de chocolat, ce fut pour apercevoir une autre jeune femme arborant une mine à peu près aussi réjouie qu’elle. Le salon de thé était-il devenu le repaire des dépressifs anonymes ?

Bon appétit ? Non, pas vraiment, à vrai dire elle n’avait même plus très faim, elle avait commandé ce gâteau plus par gourmandise et habitude que réelle envie. D’ailleurs, elle aurait peut-être plutôt intérêt à y aller mollo sur les desserts si elle ne voulait pas finir obèse, difforme, diabétique et pleine de cellulite. Oui, parfaitement, les 4 à la fois !


Muf, finalement je n’ai plus très faim, alors s’il vous fait envie, je vous l’offre, fit-elle en poussant le rebord de sa petite assiette contenant le cupcake encore intact vers la jeune femme brune. Pourquoi s’était-elle assise à sa table ? Elle ne saurait dire, mais maintenant quelle était là, elle serait bien obligée de supporter son atroce compagnie. Tant pis pour elle.

Vous n’avez rien commandé, vous voulez quelque chose à boire ? C’est ma tournée, après tout c’est mon anniversaire, faut bien arroser ça… Garçon, deux irish coffee ! demanda-t-elle au jeune serveur qui s’aventura près de la table. Elle ne savait pas si l’inconnue avait envie d’un irish coffee, si ce n’était pas le cas elle pourrait bien se commander une autre boisson, mais tout individu foulant le sol irlandais se devait de boire au moins un irish coffee dans sa vie. Bon, pas forcément dans un salon de thé qui risquait de ne pas être approvisionné en super whiskey, mais du moment qu’il était bien fort, c’était tout ce qu’elle demandait. Si consommer de l’alcool était la seule chose mémorable qui se passerait le jour de ses 18 ans, alors elle se stériliserait le cerveau jusqu’à la lie !

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Lun 10 Déc 2012 - 22:57

La jeune fille aux cheveux roses fit glisser son gâteau vers elle, n'ayant finalement pas faim. Juliet la remercia mais se contenta de faire tourner le petit cupcake entre ses doigts, sans envie de le manger pour l'instant. Quel superbe duo elles formaient toutes les deux, si pleines de joie de vivre et de gourmandises. Elles avaient également si bien choisi leur lieu pour exprimer toute leur expressive passion. Une paire très assortie.

Celle dont elle ignorait le nom proposa alors de lui payer un coup à boire. Pour son anniversaire ? C'était donc son anniversaire... Jour normalement joyeux mais très souvent déprimant quand même. La brune ne pouvait que compatir à sa situation, pour n'avoir pas vécu que de tristes fêtes de naissance. A l'âge que célébrait aujourd'hui Winnie, Juliet n'avait pu souffler aucune bougie car on ne fêtait pas vraiment les anniversaires à l'hôpital. Surtout avec des petites flammes pour une jeune fille qui avait tendance à enflammer tout ce qu'elle touchait. C'était un cadeau empoisonné qu'ils se seraient servis à eux-même s'ils avaient essayé.
Les deux filles restèrent silencieuses en attendant que le serveur revienne avec les irish coffee. Juliet leva alors sa tasse en direction de sa voisine de table.

" Et bien triquons à l'irish ! Bon anniversaire... ! "
Il était encore un peu tôt pour boire autre chose. Au vu de sa résistance à l'alcool, c'était pourtant une dose suffisante pour la jeune femme. A vrai dire, elle s'en moquait un peu aujourd'hui. On lui aurait servi un truc plus fort qu'elle l'aurait bu également. C'était plutôt dangereux comme façon de faire mais n'oublions pas l'énergie qui l'animait en ce moment... une énergie exacerbée à la perspective de son propre anniversaire qui aurait lieu un peu plus d'un mois plus tard.

" Tu t'appelles comment au fait ? Moi c'est Juliet. "

Elle but une gorgée chaude.
Le tutoiement était venu naturellement. Partager une table, un cupcake et un café au whisky n'était pas forcement la cause de cette tournure de langage. L'enthousiasme qui les animait chacune les réunissait en somme.
" Et ça te fait quel age ? " demanda-t-elle. " Longue journée ?

Le coude sur la table, elle posa sa tête dans sa paume. Au moins, l'irish la réveillerait un peu ; de là à lui donner bonne mine...

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Winnifred
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mar 11 Déc 2012 - 21:38

Juliet ? Encore une perfide allusion que le destin lui mettait sur son chemin pour souligner le fait qu’elle n’avait pas de Roméo ?

Enchantée Juliet, moi c’est Winnifred, répondit-elle en louchant sur son appétissante choppe d’Irish coffee fumante avant d’en avaler une bonne lampée bien revigorante qui lui laissa une jolie moustache de crème fouettée sur la lèvre supérieure.

Je fête mes 18 ans aujourd’hui, ça s’arrose ! Enfin, pas que j’ai pas l’habitude de boire, ma mère tenait un pub avant, mais jusque là je n’avais jamais eu le droit d’en commander dans les lieux publics… jugea-t-elle bon de préciser, afin de ne pas passer pour une amatrice. Vidant ensuite la moitié de son verre d’un trait, ne prenant pas en compte le café qui lui brûlait la trachée - après tout ça serait désinfecté par l’alcool – elle répondit :

Non, pas longue journée, justement… J’aurais aimé qu’elle le soit, quand j’étais plus jeune je m’imaginais l’aube de ma vie adulte comme quelque chose de super, l’indépendance, l’éclate sans les vieux, l’aventure, et au final je me rends compte que c’est pas aussi marrant que ça en avait l’air…

Du coup je me demande si c’était moi qui étais stupide avant ou qui ai raté ma vie maintenant, à vrai dire j’hésite…
soupira-t-elle avant de scruter les volutes de crèmes restant dans son verre, à moitié dissoutes dans le café brun comme si elle pouvait y lire la réponse.

Et toi, tu peux me dire, comparativement c’était mieux à 18 ans ou maintenant ?
demanda-t-elle à la jeune femme dont elle ignorait l’âge exact, si ce n’était qu’elle avait l’air sensiblement plus âgée qu’elle. Comme ça, si elle lui confirmait que ses 18 ans avaient été exceptionnels, elle n’aurait plus qu’à s’enfiler des donuts jusqu’à ce que mort s’en suive.

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mar 11 Déc 2012 - 22:53

Une fois que Winnifred se fut présentée, elle lui répondit qu'elle fêtait sa majorité. Effectivement, c'était généralement un anniversaire qu'on fêtait avec plus d'entrain que les autres. La possibilité de boire de l'alcool sans restriction ni regard de travers donnait une liberté nouvelle à ce jour de fête.
Jour de fête, encore fallait-il que ce soit le cas. La jeune fille lui expliqua alors ses désillusions. Juliet se souvenait vaguement de ses rêves de jeune adolescente, quand elle avait encore un avenir normal. Elle se surprit même à sourire doucement à l'énumération rapide des joies de la vie adulte qu'elle-même avait envisagé à l'époque. Avant que son don ne se réveille et ne change à jamais son destin et les rêves qui allaient avec.

" Je ne suis pas le meilleur exemple... Le jour de mes 18 ans.... était minable, mais ça a été pareil à 15 comme à 22... Et moi je trouvais justement qu'elles étaient trop longues ces journées... J’espérais plutôt que minuit arrive rapidement pour oublier et passer à autre chose... Aujourd'hui, c'est pas mieux... mais j'aime pas les anniversaires ; mes anniversaires... "

Elle vida à son tour plus de la moitié de son café. Deux excitants en un - alcool et caféine ; attention !! Si ses médecins la voyaient aujourd'hui, ils brandiraient avec frayeur des extincteurs sur elle en attendant qu'elle s'enflamme.
Du coup, même si elle n'allait pas au mieux ces derniers temps, si mille pensées, questions, contradictions la hantaient, la brune ne pouvait pas dire que ce n'était pas mieux aujourd'hui... Il lui restait juste beaucoup de choses à apprendre et à décider... en adulte indépendante et libre.

" On est tous un peu stupide quand on est gamin... Être adulte, ça craint la plupart du temps... On s'en rend pas compte : les responsabilités, les décisions à prendre, le boulot et ses contraintes... "
Elle plongea le doigt dans la crème qui flottait encore au dessus de l'irish et l'amena à sa bouche.

" Je devrais pas dire ça..." Ce n'était en effet peut-être pas le plus pertinent à raconter à une jeune qui accédait "officiellement" à l'âge supérieur. Comme si sitôt que l'heure à laquelle elle était née 18 ans plus tôt sonnerait, elle verrait tomber sur ses épaules l'ensemble des calamités d'un adulte.

" Y a aussi des trucs biens... heureusement." se rattrapa-t-elle. Qu'elle n'eut pas l'air très convaincu était un détail physique pour lequel elle ne pouvait pas grande chose. De toute façon, elle n'avait goûté à la véritable vie "adulte" qu'il y avait seulement deux ans. L'expérience en elle-même avait été magique finalement...

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mer 12 Déc 2012 - 20:56

Au fur et à mesure que Winnifred écoutait le discours de sa compagnonne de whisky, elle commençait à se dire que finalement, sa vie n’était peut-être pas si nulle. Enfin, en tout cas mieux que la sienne, qui n’avait pas franchement pas l’air folichonne.

Oula, mais c’est gai tout ça ! On se pend tout de suite ou bien on bien on se reprend un verre ? soupira-t-elle en faisant signe au serveur de leur en ramener deux autres bien tassés, et pas au niveau du café… Vous savez, avec ce petit geste pouce vers le bas mimant une bouteille en train de se déverser ?

En tout cas, je ne sais pas ce que tu fais ou as fait de beau dans la vie, mais ça n’a pas l’air hyper fun tout ça… Tu bosses pour un patron horrible ? Tes parents t’ont séquestrée dans leur cave jusqu’à ta majorité ou quoi ? plaisanta-t-elle en se demandant ce qui avait bien pu lui arriver pour lui faire tenir un discours aussi joyeux.

Au fond, elle réalisa en même temps qu’elle ne savait pas si elle avait affaire à une humaine ou autre chose. Discrètement, elle se mit à jouer avec sa cuillère du cupcake resté intact afin de zyeuter s’il y avait un quelconque reflet. Un moche, zébré, déformé, mais un reflet tout de même, produit par la main de la jeune femme sur le bombé de la cuillère, Winnie en conclut alors qu’il ne s’agissait pas d’une vampire, ce qui aurait pu être une option car qui à part une sangsue aurait refusé un aussi délicieux gâteau ?
Peut-être avait-elle affaire à une lycane, mais il était encore trop tôt pour lui balancer le rayon de son thermomètre infrarouge entre les deux yeux. De toute façon, cela n’avait pas d’importance pour le moment, tant qu’elle n’essayait pas de la mordre…

Alors que deux nouvelles choppes d’Irish coffee venaient d’être déposée sur la table, Winnifred ne put s’empêcher de rajouter :

D’ailleurs, en parlant de patron horrible, tu fais quoi comme boulot ? Ca fait longtemps que tu traines dans le coin ?

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Jeu 13 Déc 2012 - 8:48

Juliet réalisa qu'elle avait donné dans le patos et pourtant mauvais jour oblige, elle n'était pas capable de beaucoup mieux. Si elle était encore consciente de ses paroles et donc apte à ne pas en révéler plus que ce qu'elle voulait, toute joyeuseté était partie et elle ne ressentait que les mauvais côtés de sa vie. L'oreille déprimée de Winnie avait de quoi être surprise des confidences de son ainée. Elle le souligna d'ailleurs très bien ; et pour la peine, recommanda la même chose.

" Non, la cave c'était trop humide... " sourit-elle finalement, en se moquant d'elle-même. " En vérité, j'ai vécu seule pendant longtemps, avec quelques attaches et sans famille. "
Vérité détournée de sa véracité concrète mais qui témoignait bien de son ressenti. On peut être entourée de plein de monde, constamment, et se sentir seule quand même. Aujourd'hui, les bons côtés, les amitiés étranges et éphémères qu'elle avait vécu au centre ne voulaient pas se faire entendre. Quand elle y pensait, la pyromane ne voyait que sa solitude, l'incompréhension et la peur qu'elle inspirait aux autres.

La jeune femme avait oublié le gâteau jusqu'à que la seconde commande en irish leur fut servie. Elle devrait peut-être manger quelque chose avant d'avaler cette nouvelle tasse. Elle soupira malgré elle. Devait-elle se montrer raisonnable alors qu'elle n'en avait pas envie ? Ce n'était pas un irish coffee qui allait lui faire du mal, ni à ceux autour d'elle...
Elle croqua cependant dans le cupcake au glaçage bleu ; celui-ci n'était pas trop sucré et avait un léger goût de menthe. Une bouchée et elle reposa le gâteau pour répondre à Winnifred.

" Ça fait deux ans que j'ai atterri ici et que je me suis véritablement posée... dans une vie normale. "
Même si la partie de la vie normale consistant à se faire des amis était plus récente encore... Il était dur de se conformer à la norme après tant d'années déconnectée de la réalité.
" Mon patron n'est pas horrible... Comme tous les boss, il fait juste passer les intérêts de l'entreprise avant ceux de ses salariés ; ça peut se comprendre mais c'est parfois difficile... "
Surtout depuis qu'elle avait rencontré James... C'était tout le débat intérieur qui la tracassait actuellement. Si le professeur ne lui avait pas parlé de son envie de combattre les créatures de la nuit, le problème ne se serait pas posé de la même manière. Mais là, il allait à l'encontre du projet de Monsieur Hycks et elle-même ne savait plus où se situer.

" Et toi ? Que fais-tu... de beau ?" demanda-t-elle expressément pour changer de sujet.

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Jeu 13 Déc 2012 - 22:17

Je vois, dans ce cas tu es plus Rémy sans famille que Cosette alors… plaisanta-t-elle en réponse aux explications de Juliet sur son vécu.

Vivre seule et sans famille ? Winnifred avait du mal à se représenter ce concept. Bien que son père soit mort quand elle était jeune, elle avait toujours eu une mère très présente, une petite sœur pot-de-colle et sept oncles très protecteurs qui ne lui avaient jamais vraiment laissé imaginer le concept de solitude.
Même son lycée privé de Dublin avait été dans ce sens : quand vous êtes en permanence entourée de filles, que ce soit en cours, dans les dortoirs ou même aux toilettes, la solitude devient une sorte de fantasme absolu dont on sait qu’il ne réalisera probablement jamais.

Elle l’écouta ensuite parler de son employeur qui n’avait pas exactement l’air d’un charmant personnage, et se félicita pour une fois d’être une humble fonctionnaire. Certes, elle avait des supérieurs, mais rien de comparable à un patron veillant sur son capital comme une dragonne sur son œuf, d’autant plus que ses véritables Big Boss, les jumeaux Giacometti, n’avaient jamais pointé le bout de leur nez. Elle ne pouvait donc pas spécialement leur reprocher d’être des employeurs trop exigeants.


Moi ? Je suis formatrice en techniques de self défense appliquée au sein de la police de Galway. Ca fait pompeux comme ça, mais en réalité ça consiste simplement à apprendre aux flics à gérer des non-humains de manière sécurisée…
Chose qui n’était pas toujours facile, car les vieux briscards du commissariat n’étaient pas toujours enthousiastes à l’idée de se faire donner des leçons par une petite gamine aux cheveux roses, mais peu lui importait, elle avait grandi au milieu d’une tripotée de garçons à la tête de pioche, son caractère avait donc eu matière à maturer version blindée.

Prenant une nouvelle gorgée de sa choppe, elle jugea que le moment était désormais opportun pour poser ce genre de question :

D’ailleurs, en parlant de ça, qu’est ce qui t’a fait venir dans le coin ? Depuis que tu es là, tu as réussi à te faire à la… Population particulière de la ville ?

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Ven 14 Déc 2012 - 12:19

Rémy sans famille... La comparaison aurait pu être bonne si le petit garçon avait tué ses parents et si son errance était plus mentale que concrète. Enfin, c'était toujours plus simple de se contenter de cette représentation ; l'explication véritable n'était pas envisageable de toute façon.

Juliet fut par contre surprise de la profession exercée par la jeune femme. Essentiellement du fait de l'âge qu'elle lui avait indiqué. Elle n'aurait pas cru qu'elle travailla déjà et d'autant plus au sein des services de la ville. Formatrice en self défense pour la police...
" Tu t'y connais donc bien en non-humains... Comment ça se fait ? " interrogea la brune.

Elle termina le cupcake en une autre bouchée. Ces petits gâteaux étaient bons mais si petits qu'ils se finissaient vite...

" Je n'étais jamais bien loin d'ici... C'est le travail qui m'y a fait venir."
Sachant que son patron lui avait directement signalé la particularité de Galway puisqu'elle avait été engagée pour l'aider lorsque nécessaire dans ses projets. Sa propre capacité l'avait énormément aidé à se faire à cette étrange idée d'un monde plus complexe que les apparences.

" Ça peut paraitre étrange mais ça ne m'a pas vraiment surpris que des créatures différentes existent parmi nous. On m'a informée rapidement parce que les premiers mois à mon poste, je finissais de nuit. Mais je n'ai jamais eu de problèmes avec eux... "
Si on exceptait leurs agresseurs sur la plage, effectivement la pyromane avait eu ce qu'on pouvait définir comme une certaine chance. Plusieurs de ses collègues étaient soit vampires, soit lycans et que dire de M. Hycks... Les autres qu'elle avait pu rencontrer étaient finalement normaux dans leurs attitudes en société.

" Je suis quand même curieuse de savoir ce que tu enseignes. Tu as des trucs ? Au cas où... "
Une autre gorgée de café. Sa demande n'était pas désintéressée ; elle n'avait déjà plus le droit d'user de son pouvoir pour se protéger (du moins, c'était un peu comme ça qu'elle le ressentait) mais elle pensait également à autre chose. Ne connaissait-elle pas quelqu'un que ce genre d'informations intéresserait ? Que c'était compliqué d'être ainsi partagée...

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Winnifred
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Dim 16 Déc 2012 - 22:20

Bah en fait, c’est tout bête, quand on fabrique une arme pour lutter contre un humain on se sert de ses points faibles, pour un vampire ou un lycan, c’est pareil… Par exemple, on utilise des bombes au poivre parce que sur un humain, ça pique à mort les yeux, tandis que pour un vampire ou un lycan, ça ne fait pas grand-chose…

Du coup, il suffit de rajouter dans ta bombe de l’eau bénite à laquelle tu rajoutes un peu de chlorure d’argent, et hop ! Tu te retrouves avec un spray de défense universel et multi-racial…
récita-t-elle sur un ton quasi-automatique, tant elle avait tenu ce discours au travail.

Ma famille est native d’ici, on vit à Galway depuis des lustres, donc pour ne pas se faire bouffer on a mis au point deux-trois combines qu’on se refile de génération en génération…
Tu vois par exemple, un truc tout bête, fit-elle en fouillant dans son sac à dos et en sortant un drôle d’objet bleu, ceci est un thermomètre à infrarouge de poche, normalement on s’en sert pour mesurer la température des piscines ou des aquariums… Ben là, suffit d’appuyer sur ce bouton
,fit-elle en appuyant dessus et en visant le cou de Juliet, et j’ai ta température, continua-t-elle en lui montrant le résultat. 35,2°C, ça veut dire que tu es une humaine, si tu avais été une lycane ça aurait tourné autour des 40, et un vampire autour des 20, la température ambiante quoi…

En faisant sa démonstration, Winnie avait saisi l’occasion de vérifier que la jeune femme était bien une femme et non une louve, ce qui l’arrangeait plutôt car elle la trouvait assez sympathique et cela l’aurait ennuyé de devoir la fuir ou d’essayer de la tuer.


Enfin, ça c’est plus des trucs préventifs quoi, après il y a aussi des armes, mais ça c’est plus délicat parce que les techniques sont pas fiables à 100%... Regarde nous deux, quand on aura fini nos pintes, on sera à 40°C à cause de l’alcool, et pourtant on sera pas un danger pour la société ! se mit-elle à ricaner bêtement alors que les premières vapeurs de whiskey commençaient à lui monter à la tête tandis que ses joues se teintaient de la même couleur que ses cheveux.

Tiens, si tu veux je te l’offre, fit-elle en poussant le thermomètre vers sa copine de beuverie, j’en ai plein à la maison et ça me dérangerait que tu te fasses manger, t’es sympa comme fille…

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Lun 17 Déc 2012 - 12:24

Il n'y avait pas à dire ; Winnie maitrisait son sujet. Et elle parlait de ça comme si elle évoquait le mauvais temps. L'explication à cela arriva rapidement : c'était le quotidien de sa famille, et donc le sien, depuis toujours. Si Juliet avait pu compter sur sa capacité pour comprendre que le monde n'est pas aussi simplement réglé qu'il y parait, elle n'avait fait la connaissance avec les vampires et lycans que deux ans auparavant. La jeune adulte y était confrontée depuis sa naissance. Ça lui avait laissé le temps de s'y faire et d'apprendre à y faire face.

" C'est ingénieux... " murmura la pyromane devant la démonstration de son interlocutrice. Un simple objet du quotidien -même si les piscines ne courraient pas les rues à Galway- dont les propriétés avaient été détournées pour repérer aisément les créatures parmi les humains.
" Je ne savais pas cette histoire de température corporelle." avoua-t-elle. Elle fut d'ailleurs surprise de lire que la sienne était si basse. L'alcool n'avait pas encore fait son effet et elle en fut soulagée. Elle rendit un sourire crispé à Winnifred quand celle-ci évoqua le fait qu'elles ne représenteraient pas un danger pour la société même avec 40° de température... Malheureusement, la brune ne pensa pas la même chose.

" Merci. Je ne regarderais plus les thermomètres de la même manière. "
Ce petit objet lui donna une idée. En rapport avec sa crainte de flamber, elle-même et autour d'elle... Elle avait envie de boire, de se faire plaisir, mais elle avait encore à l'esprit les ravages que cela pouvait entrainer ensuite. Grâce à ce thermomètre à infrarouge, elle allait pouvoir se surveiller... et s'arrêter à temps.
Elle testa l'appareil sur sa tasse presque vide, histoire de le "prendre en main". Puis voyant que le café était plutôt froid, elle termina son irish, sentant alors mieux le whisky que précédemment.

" Et dans les forces de l'ordre, n'y a-t-il pas aussi quelques non-humains ? Ça doit être bizarre si leurs collègues l'ignorent et l'apprennent durant tes démonstrations... "

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mar 18 Déc 2012 - 20:30

Winnifred termina sa choppe pendant que Juliet s’amusait à tester son nouveau jouet ; le serveur avait bien suivi ses indications, voilà une boisson qui tenait au corps !

Elle trouvait cela étrange que la jeune femme se montre à ce point intéressée par son métier, qui lui semblait somme toutes assez ennuyeux à raconter : elle n’enquêtait pas sur des affaires passionnantes, pas de meurtres à élucider, pas de gang à démanteler, non, juste des cours à donner à une bande d’officiers dissipés.


Effectivement, il y a quelques non humains dans la police, comme les deux plus hauts gradés qui sont des vampires…
A ma connaissance ça ne pose pas de problème parce que ce n’est pas le genre d’information que l’on cache, c’est plutôt transparent à ce sujet. Bon, je ne suis pas arrivée il y a très longtemps il faut dire, il paraît qu’avant que les Giacometti prennent le pouvoir c’était autre chose, que des humains en service et la plupart totalement ignorants de l’existence des créatures de la nuit, je te raconte pas le carnage…

Bon, on a toujours quelques vieux irréductibles qui râlent contre les nouvelles recrues paranormales, mais au final je trouve que c’est plutôt pas mal : les humains patrouillent de jour pour les affaires courantes, les vampires la nuit pour gérer les histoires de bestioles, ça équilibre les forces ! Et surtout, ça réduit le taux de mortalité!


Winnifred grimaça en regardant son verre, elle n’avait plus rien à boire mais n’avait pas envie de rempiler sur un autre Irish coffee.


Et toi, il ne me semble pas avoir entendu ce que tu faisais de beau dans la vie ? Ca a un rapport avec les monstres pour nécessiter ta présence sur Galway ?

L'adolescente se mit alors à réfléchir à un lieu où on pourrait lui servir quelque chose de plus fort et de moins sucré pour continuer les festivités...

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mer 19 Déc 2012 - 8:02

Il valait de toute manière mieux que tout le monde apprenne à vivre ensemble car Galway était ainsi faite que son voisin pouvait être autant humain que non-humain. C'était une chose acquise sur laquelle on ne pouvait pas revenir même si on en avait envie... A priori, les recrues humaines de la police devaient être de la région pour ne pas être trop surprises des spécificités de leurs collègues. Cela dit, c'était partout pareil et certains humains mettaient longtemps avant d'apprendre l'existence d'un monde de la nuit bien différent de ce qu'ils imaginaient.
L'intérêt de Juliet pour le métier de Winnifred, même s'il n'était pas feint, l'avait amenée à éviter les questions la concernant. Mais ça ne faisait que retarder l'inévitable...

" Oh non, ça n'a aucun rapport... Je travaille à l'aciérie de la Steel Corps. Rien de passionnant ; en gros, je surveille la puissance des feux qui permettent la fusion des métaux. Trop faible et rien ne se passe ; trop puissant et le métal ne tient pas quand il refroidit. Les fissures sont bizarrement très dangereuses dans des structures métalliques. " sourit-elle.
Ce n'était bien sur qu'une de ses missions au sein de cette multinationale mais les autres n'étaient en rien divulguables. Et c'était d'ailleurs ces autres particularités qui travaillaient son esprit depuis son entretien avec Monsieur Hycks.

" Je dois bien avoir des collègues vampires ou lycans... mais je doute que les premiers sont de simples ouvriers de bas étage. Maintenant que j'ai ça, dit-elle en levant le thermomètre, je pourrais vérifier qui est qui. "

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Ven 28 Déc 2012 - 22:12

Winnifred regardait Juliet avec un drôle d’air : contrôler les feux d’une aciérie ? Ça existait encore comme job ça, ce n’était pas une image d’Epinal réservée aux romans de Dickens ?

C’est… Bizarre comme job… répondit-elle sur un ton dubitatif. C’est un peu daté comme boulot non, surtout pour une fille de ton âge ?
En effet, elle pouvait imaginer ce genre de poste pour un vieux bedonnant ayant la cinquantaine bien tassée dans une salopette de travail bleue et crasseuse, mais pour une frêle jeune femme comme elle, cela faisait limite anachronisme.
Enfin, chacun avait le droit de faire ce qu’il voulait dans la vie, du moment que ça lui rapporte de la thune, pour se payer à boire par exemple…

La jeune fille regarda dans le fond de sa choppe comme si elle comptait y trouver la réponse à un grand secret de l’univers. Elle avait envie de passer aux choses sérieuses, de prendre quelque chose de plus fort, mais elle se doutait bien que dans ce genre d’endroit le seul truc plus fort qu’elle trouverait serait un chocolat à 70% de cacao.


Ça te dirait de continuer dans un endroit un peu plus typique, où ils servent de vrais trucs qui arrachent ? J’ai eu vent d’une petite taverne pas piquée des vers…

On lui parlait de l’Eventreur Insomniaque depuis qu’elle était môme, elle maintenant qu’elle était en âge d’y mettre les pieds elle était curieuse de savoir si sa réputation était fondée ou non… Et puis personne n’irait raconter ça à sa mère, non ?

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Ven 4 Jan 2013 - 12:27

"Peut-être... Mais j'ai pris ce qu'on m'a donné. Je n'avais aucune qualification, ni expérience. Là, on a bien voulu de moi, alors j'ai juste accepté. Heureusement que je n'ai pas trop peur du feu." répondit-elle en souriant doucement. " Mais tout, ou presque, se fait avec des ordinateurs maintenant ; je ne remplis pas moi-même les foyers. "
A vrai dire, il lui arrivait d'y entrer carrément mais ça, ce n'était pas vraiment une révélation à faire. Elle ferait sauter le thermomètre de piscine si elle s'essayait à vérifier sa température à ces moments-là...

Juliet récupéra un reste de mousse sur le bord de sa chope et lécha son doigt pendant que Winnie lui demandait si ça la branchait d'aller ailleurs. Elle secoua la tête de haut en bas pour donner son assentiment.

" Je te suis. " fit-elle une fois la bouche vide.
Une taverne avec de vrais alcools, plus forts que ce mélange caféiné. Oui ça lui disait bien. L'auto-destruction était son alliée dans les jours sombres... et pourtant elle arrivait bien à la freiner car elle ne voulait pas faire de bêtises qui puisent mécontenter monsieur Hycks. Comme quoi elle avait grandi... Ses déprimes étaient dévastatrices lorsqu'elle était à l'hôpital... Ça lui semblait loin désormais...

To >>>

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Ven 8 Mar 2013 - 18:22

Lisa PucciniLe froid est comme un amant désagréable qui s'attarde alors qu'il aurait dû quitter la place des heures auparavant. Il s'insinue, vous colle à la peau, vous couvre d'attentions qui vous agacent. Son baiser fait frissonner de déplaisir, et s'il inspire autant de recul, c'est parce qu'on sait d'avance qu'il va être difficile de s'en débarrasser. C'est pourquoi la chaleur présente un tel visage, si aimable et hospitalier. Elle vous réconforte, vous apaise, chasse le souvenir de l'ingrat de votre tête pour venir vous plonger dans une somnolence enfantine. Mais c'est bien elle la plus mauvaise compagne. Le froid a le mérite de garder l'esprit alerte, sur le qui-vive. Il est pénible à supporter mais salutaire. La tiédeur de cette boutique était à bien des égards une ennemie encombrante et dangereuse. C'était ainsi qu’un des professeurs de Lisa lui avait appris à penser...
Ceci dit, le confort du calme entre quatre murs ne pouvait pas nuire tant qu'on n'en profitait que quelques jours, voire semaines, n'est-ce pas ? Il n'y avait aucun mal à prendre le temps de se débarrasser du poids de la route...

C'était la première fois que Lisa venait à Galway, et elle devait bien avouer que les histoires de vampires ne l'impressionnaient pas vraiment. Elles l'intriguaient. Même après avoir appris que celui qu’elle était venue chercher avait fini dans l’estomac d’une de ces créatures.
Mais pour le moment une question était beaucoup plus importante que l’existence des vampires ou des lycans : comment allait-elle pouvoir rentrer chez elle ? Elle n’avait plus un sous en poche et ne connaissait personne ici qui pourrait l’aider à rentrer chez elle. Lisa avait peut-être bien une solution : elle pouvait vendre un de ses coûteux bijoux. Encore fallait-il trouver un acheteur.

La jeune fille se promit qu’elle se mettrait à la recherche d’un acheteur, mais d’abord elle croqua dans ce délicieux cupcake, spécialité du la boutique des Douceurs.
Lisa sursauta lorsque la porte de l’établissement s’ouvrit au même instant. Poussant un soupir exaspéré face à sa propre réaction, la petite noble posa son regard sur la nouvelle personne qui venait de faire son entrée : une jeune femme en tenue légère colorée…
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Milicent
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Sam 9 Mar 2013 - 8:50

Milie était plutôt de bonne humeur, pour ne pas dire d'une humeur excellente. La réouverture du QS s'était bien passée, elle avait probablement réussi à appâter quelques nouveaux clients qui lui permettaient de faire plus que lorgner sur la prime que leur faisait miroiter la patronne et, comble du bonheur, elle avait gagné de quoi s'acheter une superbe paire de chaussures. Il fallait absolument qu'elle appelle Charlie pour qu'elles aillent faire les boutiques, la jeune femme étant pour ainsi dire la seule amie de Milie, les collègues ne comptant pas vraiment vu qu'elles étaient obligées d'être un minimum aimables entre elles pour éviter de se faire boulotter par la patronne.

Toujours est-il qu'elle avait décidé de profiter de cette journée morne et grise, non pas pour aller faire du shopping, il ne fallait pas dépenser tout cet argent avant de l'avoir gagné tout de même, mais pour aller manger de ces adorables petits gâteaux colorés qui illuminaient ses journées presque aussi bien qu'une paire de gants ou qu'une nouvelle petite culotte.

Et pour ça, un seul endroit, le must du must de Galway, la petite boutique des Douceurs. Le proprio avait beau avoir changé à peu près un million de fois depuis son arrivée dans cette ville, la qualité des pâtisseries ne changeait pas, fort heureusement. Ni une ni deux, elle avait enfilé une petite robe jaune vif, pour essayer de compenser l'absence de soleil, et un pardessus vert pomme, parce que, mine de rien, il ne faisait pas assez chaud pour courir les rues en petite tenue.

Quand elle passa la porte de la boutique, elle s'aperçut qu'elle était vide, exception faite d'une cliente qui semblait se régaler dans son coin. Sautillant devant le présentoir à cupcakes, Milie hésita longuement avant de faire son choix et d'en commander une demie douzaine. Elle ne mangerait pas tout maintenant voyons, elle savait se tenir… encore que, elle avait l'impression qu'ils lui criaient "mange-moi !" de leur petite voix de sucre d'orge.

Hochant gravement la tête, elle commença à accéder à la supplication de l'un d'eux et passa devant la table où se tenait la seule cliente. Comme elle était d'humeur particulièrement sociable, ce qui arrivait plus souvent que son heureux petit caractère pouvait le laisser présager, elle s'approcha, décochant à la jeune femme un de ses plus beaux sourire et lui offrant un clin d'œil complice.


"Ils chont pas chuper bon ches gâteaux ?"

Déglutissant et avalant sa bouchée de cupcake, elle continua, le plus naturellement du monde.

"J'ai eu beau faire touuuuutes les boutiques du genre à Galway, y en a pas une qui lui arrive à la cheville. Z'êtes pas d'accord ?"

Tenant toujours son sachet plein de pâtisseries contre sa poitrine, elle recroqua un morceau de gâteau, se trémoussant de plaisir sur place. L'avantage d'être dans la peau de Milie c'était ça, pouvoir se faire autant plaisir avec une bouchée de gâteau qu'en claquant 500 euros en une demie journée de shopping.

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Sam 9 Mar 2013 - 18:20

Lisa PucciniLisa découvrit la nouvelle cliente qui venait d’entrer dans la boutique. Une jeune femme de taille moyenne, aux longs cheveux rouge vif, et qui avait des yeux assez grands pour y placer une bonne partie de la candeur du monde, ce qui n’était pas rien. Dans le cadre de Galway, elle détonnait encore plus que Lisa… Ses cheveux colorés, sa robe jaune, son pardessus vert pomme.. Le regard de la petite noble ne cessait de la détailler, de la scruter. Ses lèvres étaient fines mais pleines à la fois… Lisa ne pensait pas avoir vu pareille bouche auparavant.
Quoiqu’il en soit la nouvelle venue ne semblait pas être un danger pour Lisa. Alors que la jeune femme passait commande auprès du pâtissier, Lisa mordit profondément dans son cupcake.

Il y avait des fois où Lisa Puccini se sentait être le jouet de sa famille. Le petit pion docile, qu'on envoyait traverser tout l'échiquier dans l'espoir qu'il en revienne ainsi qu'une pièce destructrice, capable de sauver le roi.
Une moue dégoûtée passa sur ses lèvres.  

"Ils chont pas chuper bon ches gâteaux ?"

Surprise, Lisa leva la tête vers la jeune femme qui affichait un large sourire engageant. La jeune noble se contenta de secouer la tête pour faire part de son approbation. Même pour ces quelques heures de détente et d'oubli, le rang de la jeune fille creusait un fossé entre elle et les autres, quels que soient leurs efforts pour le franchir. Il semblait impossible de jamais pouvoir sauter par-delà cet infini.
Lisa supposait que cette solitude de convenance, cette distance entre elle et autrui, était le prix à payer pour pouvoir assumer le fardeau de sa condition. Etant une fille de bourgeois, elle leur était supérieure... Enfin, elle croyait.
Elle lâcha un claquement de langue agacé. Allons bon. Comme si elle allait se laisser attendrir...!

"J'ai eu beau faire touuuuutes les boutiques du genre à Galway, y en a pas une qui lui arrive à la cheville. Z'êtes pas d'accord ?"

Cette fois la jeune noble ne put s’empêcher de partir dans un fou rire devant les joues bouffies, à cause des cupcakes, de la nouvelle cliente. Lisa essuya de l’index une larme hilare au coin de son œil.

- Rien de mieux que ces petits gâteaux pour retrouver le moral ! Moi c’est Lisa… d’un geste de la main, elle l’invita à s’asseoir à sa table.
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Dim 10 Mar 2013 - 10:53

Alors qu'elle continuait de manger sans dissimuler son plaisir de s'adonner à l'un de ses pêchés favoris, Milie observait la jeune femme avec une certaine curiosité. Elle était sure de ne l'avoir jamais croisée, l'inconnue avait une tête dont on se rappelait facilement. Mais bon, ça ne voulait rien dire, Galway n'était pas non plus un petit patelin avec 14 habitants et demi et puis, en plus, il fallait être honnête, il arrivait souvent à Milie d'être tellement obnubilée par sa propre petite personne qu'elle ne prêtait nullement attention aux gens qui évoluaient autour d'elle.

Pourtant, il fallait l'admettre, elle était plutôt jolie. Et surtout, elle avait l'air vachement classe, bien plus qu'elle en tout cas. Mais au moins, elle se la jouait pas pimbêche et lorsqu'elle éclata de rire, le visage de Milie s'illumina encore plus, si la chose était possible. Elle ne se fit pas prier et s'installa sur le siège qu'on lui désignait, visiblement ravie.


"Moi c'est Milicent ! Mais tout le monde m'appelle Milie."

Déposant son petit paquet rempli à en éclater de pâtisseries, elle les désigna avec une moue pensive.

"Je crois que j'ai vu un peu trop gros. Hésite pas si tu veux te servir, ce serait dommage de gâcher !"

Comme à son habitude, elle ne vouvoyait pas les gens. Il ne fallait pas y voir un manque de respect de sa part, elle arrivait à faire l'effort avec certains clients mais, en règle générale c'était quelque chose qui ne lui venait pas spontanément à l'esprit. Peut-être parce qu'elle se sentait à l'aise avec tout le monde ou alors parce qu'elle s'en fichait complètement, allez savoir. Louchant sur la fin de son cupcake, elle reprit, d'un ton toujours aussi léger.

"Besoin d'un remontage de moral Lisa ? T'as des malheurs ?"

En soit, la réponse ne lui importait pas vraiment, mais elle avait envie de papoter et elle avait bien aimé le rire de la jeune femme. Et oui, Milie était comme ça, il lui en fallait peut pour devenir curieuse voire intrusive comme elle pouvait se ficher de la personne qui lui parlait comme de sa première passe. Bon, peut-être pas la première, c'était plutôt symbolique comme truc, la deuxième on va dire alors.

"Pourtant à Galway, il se passe toujours des trucs super cools ! Non ?"

En tout cas, c'était son cas, si l'on omettait quelques malotrus qui croisaient sa route, sa vie était plutôt cool à bien y réfléchir. Et puis, elle avait encore une montagne de cupcakes.

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Dim 10 Mar 2013 - 22:55

Lisa Puccini"Moi c'est Milicent ! Mais tout le monde m'appelle Milie."

Cette petite discussion amusait beaucoup Lisa. Se concerter avec d’autres personnes sur tel ou tel point de vue était toujours enrichissant. La jeune noble avait l’impression de revivre un moment de ses journées passées à l’école où les potins et les ragots croustillants étaient monnaie courante et en cela était-ce rafraîchissant.
Lisa croisa les mains devant sa bouche en détaillant Milicent ouvertement. Il fallait savoir que ce n'était pas là le genre de regard inquisiteur et supérieur, presque hautain, que certains s'accordaient parfois à faire au sujet d'une tierce personne ; non, elle l'examinait simplement, pensive, se donnant le temps de prendre la tonalité qu'elle dégageait. On peut apprendre avec le temps beaucoup d'une personne en se contentant de la laisser parler, et d'étudier ses mots et son visage pour lire dans son cœur.

Lisa Puccini se recula sur sa chaise, se laissant plus confortablement aller en arrière en promenant son regard aux alentours. La jeune femme ne voyait rien qu'un immense et éblouissant phare, au loin, tout au loin. Tout au fond de sa destinée, il y avait comme cette lumière, qui lui appartenait de saisir ou d'y brûler. Il y avait cette gloire, qu’elle pouvait construire, morceau par morceau. Oui, en attrapant à pleines mains une parcelle de gloriole puis une autre, Lisa pouvait devenir une célébrité.
Cette femme, cette Milicent... quelque part, confusément, Lisa croyait sentir qu'elle pouvait lui offrir ce premier lambeau de gloire.


"Pourtant à Galway, il se passe toujours des trucs super cools ! Non ?"

Les yeux de la noble revinrent se river aux siens, comme un clou qu'on enfonce dans une veule planche.

- Je ne me suis pas présentée avec autant de politesse que j’aurais dû… Je m’appelle Lisa Puccini et mon père m’a envoyé dans cette ville pour étudier auprès d’une de ses connaissances. Mais cette personne a disparu et je me retrouve seule dans cette ville, sans un sou en poche…

Une fois sa présentation terminée, Lisa mordit tendrement dans son cupcake..
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Milicent
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Mer 13 Mar 2013 - 18:52

Sentir le regard de la jeune femme sur elle ne gênait nullement Milie, bien au contraire. Elle, qui était habituée à être observée comme si elle était un morceau de viande fraiche qu'on voulait se farcir à toutes les sauces, trouvait plutôt agréable de se faire détailler de la sorte.

Finissant son premier cupcake, elle leva les yeux et fixa son regard durant de longues secondes, un sourire grandissant sur ses traits fins. Elle ne savait pas pourquoi mais, sur le coup, elle avait plutôt un bon feeling avec cette inconnue. Et elle trouvait ça plutôt cool. Laissant à Lisa le temps d'observer les alentours et profitant de l'occasion pour se saisir d'une deuxième pâtisserie, Milie se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant de plus belle tandis qu'elle plissait du nez en reniflant son gâteau.


"Mmmmmh on dirait du citron. Marrant ça un cupcake au citron non ? J'aime bien l'idée des sucreries un peu acidulées, ça met du piment dans ce qui pourrait être juste simple et ennuyeux."

L'inconnue vint river de nouveau son regard dans le sien et Milie haussa un sourcil. Elle avait l'air plus sérieuse d'un coup et la jeune femme était un rien perplexe mais, quand elle se décida à parler, elle laissa échapper un "oooooh" de compréhension.
La dèche, elle avait connu ça et, même si elle n'en parlait jamais, elle en gardait un vif souvenir pas forcément très joyeux. Depuis, elle s'était jurée que plus jamais ça et elle avait toujours un petit bas de laine qu'elle trouvait suffisamment conséquent pour avoir de quoi se retourner, en attendant bien sûr de connaitre gloire et fortune bien évidemment.

Fixant Lisa avec plus d'attention et repensant à la façon dont elle-même s'était sortie de là, elle hésita un instant avant de répondre, de sa voix toujours aussi flûtée et légère, comme si le sujet n'était pas si dramatique que ça.


"Ca c'est vraiment pas de bol quand même. Et tu venais étudier quoi au juste ? Et tu connais personne d'autre alors dans le coin ? M'enfin, si ça peut te rassurer, Galway est un coin très riche en opportunités, bien plus que tu pourrais le croire. Des fois le destin te propose un plan que tu peux pas refuser ou auquel tu t'attends pas du tout et hop ! Le tour est joué."

Pour elle, le destin avait pris la forme d'une maquerelle vampire. Ma foi, elle aurait pu tomber plus mal, pour elle qui aimait être une starlette, elle appréciait fortement d'être la vedette lors de ses passes, même si le public n'était pas forcément de bonne qualité. Restait à savoir jusqu'où serait prête à aller Lisa.

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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Ven 15 Mar 2013 - 18:43

Lisa Puccini"M'enfin, si ça peut te rassurer, Galway est un coin très riche en opportunités, bien plus que tu pourrais le croire. Des fois le destin te propose un plan que tu peux pas refuser ou auquel tu t'attends pas du tout et hop ! Le tour est joué."

La dernière phrase de Milicent donnait à Lisa matière à réflexion, et la jeune femme savait que cette réflexion pouvait amener à de nombreuses décisions – bonnes comme mauvaises. Lisa se servit dans le petit sachet en plastique de Milicent et mordit dans ce nouveau cupcake. Il était nourrissant et exquis. Saveur framboise. Juste ce qui lui fallait pour chasser plaisamment la faim qui avait commencé à la tenailler avec un peu trop d’insistance.

- Mon père voulait que je me perfectionne dans la science politique – mon talon d’Achille d’après ses propos. Mon père travaille à l’Ambassade Italienne de Dublin et il veut que je suive ses pas. Ce n’est pas tous les jours faciles d’être la petite poupée à son papa. Il veut me modeler à son image…

Une fois sa phrase terminée, Lisa Puccini s’arrêta de parler, laissant un silence s’installer. Ce n’était pas qu’elle ignorait son interlocutrice, mais simplement qu’elle laissait le temps à ses mots de s’intégrer dans les pensées de Milicent.
Un soupir profond franchit le rempart des lèvres pâles de Lisa - un soupir d'une extraordinaire sincérité, nue et authentique. Personne ne pouvait le deviner, exceptée elle-même ; mais il exprimait la lassitude du devoir, qui s'accumulait des années durant sans pour autant être capable d'ébranler sa dévotion.  

- J’aimerais bien que le Destin me propose un de ses plans comme tu dis… Qu’importe ce qu’il veut de moi… Peut-être bien que je trouverais dans ce plan ma voie, et non celle que mon père veut que je prenne… Et toi, qu’est-ce que tu fais dans cette ville ?
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Milicent
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MessageSujet: Re: La Boutique des Douceurs   Sam 16 Mar 2013 - 9:16

Milie continuait de se régaler, comme à chaque fois qu'elle mettait les pieds dans cette boutique. Heureusement pour elle, ce n'était pas tous les jours qu'elle faisait ça, sinon la patronne aurait tôt fait de la bouffer ou, pire, de la virer sans ménagement si elle finissait par ne plus rentrer dans aucune de ses tenues.

Reposant sagement son gâteau, il ne fallait pas non plus s'empiffrer et elle voulait éviter aussi de mourir étouffée par une miette de cupcake, un mort pareille dans une ville comme Galway aurait franchement été pathétique, elle écouta la jeune femme avec attention, haussant un sourcil.


"De la science politique ? C'est quoi cette bestiole ? Et ton père c'est un peu un gars influent alors. Bosser à l'ambassade, c'est pas à la portée de n'importe qui. Tu viens d'Italie alors ? Ca fait une sacré trotte mine de rien. Et pour ce qui est de se faire modeler…. Si je peux te filer un tuyau, tu tomberas toujours sur des gens qui voudront que tu rentres dans un moule, que ce soit ton père, ton mec, ton chien qui aimerait que tu le sortes à telle heure et j'en passe. Si tu veux être la poupée de personne, c'est faisable mais ça a un prix…"

Finalement, elle récupéra son cupcake et mordit dedans avec appétit avant de reprendre, d'un ton toujours aussi léger.

"Le prix c'est qu'il faut du temps avant de pouvoir de se payer des cupcakes quand on veut…. sauf si on a un bon plan. Enfin, d'abord, faut savoir ce qu'on veut dans la vie, c'est pas à la portée de tout le monde."

Si elle n'avait pas inventé le fil à couper le beurre, Milie avait cette espèce d'intelligence, de chance insolente, de karma, appelez ça comme vous voulez, qui lui avait permis de saisir toutes les chances qui lui tombaient sous le coude et qui ne lui demandaient pas trop d'efforts pour mener la vie qui lui plaisait et, surtout, survivre à Galway depuis plusieurs années sans avoir jamais été bouffée par qui que ce soit. Et, pour une simple petite humaine, c'était mine de rien un sacré exploit.

"Tu serais prête à accepter tous les plans du destin ? Même ceux auxquels t'aurais jamais pensé ?"

Nan parce que, mine de rien, elle était plutôt jolie la petite Lisa, elle avait même un coté hautain sexy qui pourrait plaire au boulot. Et la patronne serait ravie qu'on lui ramène de la chair fraiche…. ou alors elle enverrait Milie bouler parce qu'elle aurait encore fait n'importe quoi mais ça, elle en avait l'habitude. Mais, petit à petit, cette idée saugrenue faisait son bout de chemin et, à la dernière question de Lisa, son visage se fendit d'un large sourire, de ceux qui lui permettait d'avoir une portion de frites gratos quand elle voulait.

"Moi ? Et bien… je suis un tas de trucs à la fois… je suis comédienne, confidente, masseuse, acrobate, étoile de mer un peu aussi de temps en temps… J'ai déjà été un léopard, une reine et je peux être un tas de trucs à la fois, tout dépend des limites de l'imagination des gens avec qui je bosse. Parce que tu sais ce que je fais ?"

Un temps de silence, comme pour ménager son petit effet et elle se pencha en avant, la mine complice.

"Je vends de l'amour… à un prix suffisamment dissuasif pour ne pas tomber sur des tarés et qui me permet de mener grand train quand j'en ai envie. Et je suis libre de faire ce que je veux."

Généralement, c'était le moment où les gens se rappelaient qu'ils avaient piscine, une vieille tante à voir ou une idiotie dans le même genre. Si Lisa pouvait faire une recrue potentielle, ce serait le moment décisif. Déjà, un bon point pour elle, elle n'avait pas appelé papa pour qu'il la rapatrie à Dublin. C'est bien qu'elle était prête pour une toute autre vie non ?

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