AccueilCalendrierFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Pour mademoiselle Grace Broderick.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Kelly
Lycanthrope
avatar

Messages : 355
MessageSujet: Pour mademoiselle Grace Broderick.   Lun 6 Fév 2012 - 20:56

Je me sens toute fébrile de vous adresser cette lettre, je ne sais pas pourquoi. J'y ai bien réfléchis et, le temps passant, votre influence s'est dissipée mais impossible de savoir si ses racines ont subsistés dans mes circonvolutions mentales. Aussi je me prends à espérer qu'il ne s'agisse là que de la façon dont j'absorbe la frustration de ne savoir quel effet cette lettre vous fera et si oui ou non vous reconnaîtrez le parfum qui l'oint. Mais cet espoir n'est-il pas une démonstration évidente de ce que je redoute ?

Preuve confirmé par ces drôles d'émotions - que je n'avais l'habitude de ressentir - et qui mon arpentés alors que je vous regardais. C'était ce jour où vous avez mis votre patron en cellule de dégrisement, vous souvenez vous ? Je ne compris qu'un jour plus tard, trop bête que je suis, et devinez quoi ? C'est la culpabilité qui est venu à moi. Comment cela est-il possible ? Alors que le monde me sourit, je me sens comme malade. De vous ou pour vous qu'importe. Je me suis prise à penser que si vous buviez autant, c'était peut être en partie à cause de moi. J'espère qu'il ne s'agit rien de plus que ma mégalomanie habituelle, bien qu'au final cette Gomorrhe moderne qu'est Galway vous ait absorbé à sa manière comme elle est en train de le faire avec moi.

Moi qui vivais ma petite vie tranquille, faite d’assassinats, d'obéissance bien rangé, moi qui me transforme petit à petit en monstre encore plus décousu que je ne l'étais de prime abord. Je m'excuse à l'avance, mais je vais encore vous faire du mal. Si vous vous demandez pourquoi je fais cela, sachez que je ne désire qu'une chose : vous avoir à mes côtes. Je fût bien affecté de vous avoir laissé, par peur de vous faire du mal, mais aujourd'hui, tout a changé. Je ne saurais dire si cela est exact, mais j'ai l'impression que je pourrai vivre avec vous sans que vous ne soyez en danger, ainsi que les gens qui nous entourent. Ce serait si bien ; j'espère que ça le sera, en attendant, j'ai une mission à accomplir. Pas un devoir, un désir irrépressible.

Vous avez vu de quoi cette ville était capable, vous ne pouvez me contredire. Ce que j'ai l'intention de faire, ça n'est rien d'autre qu'un hommage à cette dernière, les gens n'attendent que ça. Pourquoi croyez vous qu'ils resteraient ici sinon ? Ils n'ont pas - comme les serfs d'une dictature - l'excuse de ne pas assez connaître le monde extérieur pour ne pas savoir que l'enfer se limite à nos frontières. Ils peuvent partir quand ils le veulent et ils seront heureux ; en un mot ils sont libres. Mais cet acte ne serait pas salutaire pour eux, ça non. Car leur âme est ici : Galway prend, Galway ne donne pas. Vous avez opiné de la tête en lisant ceci n'est ce pas ? Le chaos est leur substance, ils en sont fait et s'en nourrissent. Je connais maintenant ces gens : elles sont courageuses et ne se projettent que dans le tumulte. Je leur apporte les bribes confuses dont elles ont toujours rêvés, bientôt, tout prendra corps.

Si je vous écris tout ça, ce n'est pas pour le plaisir d'avoir choisis le papier d'Arménie le plus voluptueux que j'ai réussi à trouver ni écrire avec une encre d'une qualité inusité. Non, si j'écris cette lettre c'est parce que vous faites partie de mes projets. Mais je vais être clémente avec vous, car je porte à votre égard une attention toute particulière : vous pouvez, si vous le désirez, brûler cette lettre sur le champ et ne pas lire la suite. Vous pouvez arrêter votre calvaire maintenant, alors qu'il n'a même pas commencé. Je vous en pris, faites ce choix que je vous laisse, vous n'aurez aucune occasion de faire marche arrière. Il se peut que vous vous haïssiez après. De toute façon, vous me haïrez moi.

Si vous lisez ces mots, c'est que vous avez fait le choix d'Icare, grand mal vous en prenne, je me sens sincèrement peiné de l'apprendre. Mais soit, c'est sûrement la soif de vérité qui vous a fait venir jusqu'à cette ligne, alors continuons, comme chacun sait, la vérité est une torture à laquelle les gens trouvent un goût sucré. Et comme chacun sait, à Galway, l'interdit à une forme de catin tendant la croupe.

Le 05 mars de cette année, je vais faire sauter un immeuble quelque part dans la ville. Y a t-il beaucoup de gens qui y vivent ? Combien d'enfants ? Pour sûr qu'il y aura des enfant ! J'espère pour vous que vous n'aimez pas tant les enfants qu'il ne m'a parut aux premiers abords. J'avais envie de vous envoyer ce croquis que j'ai fait du petit garçon qui jouait devant la cour, mais ce serait vous donner un indice trop édifiant non ?
N53°16'27.1''W9°3'3.3''
Cela dit, ne vous découragez pas : vous avez la possibilité d'arrêter tout ça. Il vous suffit pour cela d'envoyer tout les dossiers de monsieur Stasi Tarabistan - le lanceur de bouteilles d'eau - au Galway Night Post. J'ose imaginer que nous savons tout les deux de quels "dossiers" je fais mention : ceux concernant des expérimentations ainsi que le recensement des humains dits "alternatifs" à Galway (dans lequel vous serez sans doute surprise de voir votre nom mentionné). Enfin, vous pouvez toujours tenter d'arrêter le drame par vos propres moyens cela n'est pas exclut, mais vos chances d'obtenir des résultats péremptoires seront sans doute beaucoup plus faibles. Vous aurez peut être du mal à vous emparer desdits dossiers, aussi je me suis dis qu'avec un don comme le votre, quelqu'un d'autre pourrait surement s'atteler à la tâche à votre place : j'ai cru comprendre que le rayon d'action de votre particularité atteignait prêt de trois mètres environs, c'est largement suffisant au vu de l'épaisseur des murs du bureau du docteur.

Il me tarde de connaître votre décision et j'espère qu'un jour nous pourrons enfin nous retrouver. Je vous enverrais sans doute d'autres lettres mais n'ayez crainte : je n'ai pas toujours envie de faire sauter des structures et l'un dans l'autre, nous savons que vous ferez un choix tout à fait convenable la seconde fois, si la première n'apporte pas d'effet probant.

_________________
Un crayon Titi ça donne du courage, tu t'sens moins seul, ça t'donne envie d'tous les niquer une bonne fois pour toute. Ça t'donne envie d'les trainer dans la boue, à base de crayon Titi !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

MessageSujet: Re: Pour mademoiselle Grace Broderick.   Dim 29 Juil 2012 - 17:52




Grace BroderickLes horaires d’une infirmière étaient la plupart du temps rigolos ; travailler 36h d’affilée, se lever lorsque les autres se couchent… déjeuner à minuit et alterner pour, un jour et demi après, retrouver un horaire normal et se réveiller de nouveau avec les oiseaux. Aussi, lorsqu’elle revint ce jour-là à une heure décente à son hôtel, le blondinet de l’accueil n’en cru pas ses yeux. Après avoir levé la première fois un regard négligeant, il sorti de ses rêves et sauta presque par-dessus le comptoir pour la rattraper avant que les portes de l’ascenseur ne se referment sur sa cible. Grace n’avait pas plus fait attention à la pile de lettres qu’il lui avait alors remise qu’à une pile de tracts indésirables. Revenue dans sa chambre, elles avaient fini dans la coupelle près de la porte des « trucs auquel il faudrait éventuellement consacrer du temps un jour ou l’autre ».

Et un jour vint, enfin, où la brave enfant oublia les dossiers sur lesquels elle devait travailler.
Quel ennui ! La chambre bien rangée, grâce aux soins méticuleux d’une femme de chambre attentive à ne laisser trainer aucune vidange – dont elle récupérait sûrement pour elle-même les bénéfices, la fourbe – n’offrait aucune distraction. Quel malheur ! Lorsqu’elle devait étudier des dossiers, Grace ne prévoyait jamais plus de boisson qu’elle ne pourrait en supporter. Il s’agissait de faire bonne figure et de montrer sa bonne volonté devant ses employeurs. Comment aurait-elle pu garder son travail si elle ne se maitrisait pas un minimum ? Aussi, Grace cherchait quelque chose à faire pour éviter de ne chercher autre chose à boire, fébrile, avant que son regard ne tombe sur les lettres soigneusement rangées sur la déserte près de l’entrée. Elle se jeta dessus.

Assise sur le sol, dos à une colonne, elle tria un peu le tout ; Maman, maman, fiche de paie de la clinique, clinique, Grande sœur, clinique, carte postale, maman, facture (oups, l’agence de location de voiture, elle avait oublié que la titine ne lui appartenait pas), rappel de facture, lettre soigneusement cachetée d’un expéditeur inconnu, maman et papa, carte postale, et c’était tout en fait.

Sceptique devant la quantité de courrier, elle mit de côté les documents officiels et, après réflexion, ceux de sa mère également. Les cartes postales lui venaient d’une connaissance du temps de son internat, une de ces personnes tellement enthousiastes dans la vie, qu’elles s’appropriaient l’amitié de tous ceux qui croisaient sa route sans se demander une seconde si l’autre la laisserait faire. Mais cela faisait du bien, quand même, de savoir que quelqu’un pensait à soi… Alors Grace ne protestait pas.

L’enveloppe de provenance inconnue l’intriguait. Au moment de l’ouvrir, le cœur de Grace rata un battement ; elle connaissait l’écriture.

En un claquement de doigts, elle fut renvoyée à cette soirée affreuse où elle avait découvert la lettre d’adieu de Mathilde. Un frisson glacé parcouru son dos et Grace se mit à lire les mots tracés à l’encre rose, les mains tremblantes – et pour une fois, ce n’était en rien dû à l’alcool.
« … vous pouvez, si vous le désirez, brûler cette lettre sur le champ et ne pas lire la suite. Vous pouvez arrêter votre calvaire maintenant, alors qu'il n'a même pas commencé. Je vous en pris, faites ce choix que je vous laisse, vous n'aurez aucune occasion de faire marche arrière. Il se peut que vous vous haïssiez après. De toute façon, vous me haïrez moi. »

Le goût d’une bile amère était remonté aux lèvres de Grace, sa main crispée, elle, avait chiffonné la lettre sans lui demander son avis. La nausée la prit et son esprit lutta entre ses souvenirs et les faits. Un homme avait été assassiné lorsqu’elle avait rencontré Mathilde, une infirmière avait été brûlée vive, une mère droguée, et manipulée, grâce à sa fille kidnappée aux chevilles de laquelle on avait attaché des explosifs. Il était évident que la petite fille qui avait perpétré tous ces faits savait ce qu’elle faisait, que ces horreurs étaient les fruits mûrs de son intelligence démente. Mais comment associer un génie diabolique et une apparence d’enfant ?

Mais n’était-elle pas folle, cette gosse ? (Et comment pouvait-elle se poser cette question seulement maintenant ?) Jamais elle n’avait bu avec son patron, Stasi, du moins pas suffisamment pour que celui-ci finisse au trou. De quoi elle parlait alors ? De nouveau des énigmes, des mystères, elle haïssait les sous-entendus… ! Certes, la dernière fois, à la réunion à la mairie, il avait fini emmené, mais Grace n’avait rien à voir avec ça ! Elle se sentait mal, elle aurait aimé composer un numéro de téléphone et déverser ces horreurs dans une oreille compatissante. Mais elle n’avait rien ici. Rien, ni personne. Grace lâcha un sanglot, hoqueta ; et un torrent de larmes jailli sans qu’elle ne puisse rien faire. Elle cria, tempêta et les premiers paragraphes en devinrent illisibles sous l’eau lacrymale. Continuer à lire, c’était pure folie ! Que faire de toute façon ? Ce ton présageait des malheurs, et soudain, elle pensa à toutes les catastrophes arrivées récemment à Galway. Grace ne lisait pas le journal, ne voulait rien savoir des nouvelles. Mais une clinique se tient au courant toute seule. Qu’a-t-elle fait, qu’a fait Mathilde ?


Sans force, la lettre froissée rejetée au loin, Grace avait fini prostrée sur le plancher. Ses yeux étaient secs, taris, rouges et douloureux, et la curiosité lui faisait défaut. C’est toute seule que sa main se tendit vers le papier. Elle le déplia sans volonté et le lissa de la paume, lentement, comme si chaque geste souligné à l’extrême enlevait un peu du venin contenu dans les mots. Mathilde tenait à elle. C’était avoué, même pas à demi-mot. Elle la voulait. C’était l’attachement d’une psychopathe, mais Grace ne pourrait-elle pas l’aider ? Peut-être lui disait-elle dans la suite où elles pourraient se retrouver. L’amour de Grace en ferait une vraie petite fille.

Ses yeux parcoururent les derniers paragraphes. Plus de forces pour pleurer. Ni pour se rebeller contre sa décision. Maintenant, c’était trop tard.
Revenir en haut Aller en bas
 

Pour mademoiselle Grace Broderick.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Courier pour Mademoiselle. [Appartement de Eiden.]
» [vente/achat] Un p'tit tour chez mademoiselle Tan (Pour Toji)
» Offre promotionnelle pour obtenir un jeu 3DS gratuit !
» Argentine: ouverture d'un nouveau procès pour crimes de guerre lors de la dicta
» SOS POUR NOUNOURS Border Collié (57) Sarrebourg
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hell's Gate :: LA VIEILLE VILLE DE GALWAY :: 
Newcastle
 :: Bureau de poste
-