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 Lettres à l'attention d'Ana Maria Belen Duchannes - Bureau de poste - Newcastle

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MessageSujet: Lettres à l'attention d'Ana Maria Belen Duchannes - Bureau de poste - Newcastle   Dim 19 Fév 2012 - 23:37

Nathaniel DuchannesUne lumière s'alluma. Un bruissement de papier monta dans la pièce, ainsi qu'une odeur d'encre. Nathaniel adorait cette odeur, tout comme il adorait écrire avec une plume à encre. Les mots défilèrent tout seul.

"Hola mamá,

Ca fait un bail pas vrai ? Huit ans à peu de chose près... Je ne sais même plus ce qui nous a poussé ; toi, papa, Raquelita et moi à ne plus nous parler. C'est vrai, qu'il y a huit ans - alors que j'étais avec Richard - un incident c'est produit. Je suis devenu un monstre mamá... Si je suis parti c'était pour vous préserver, mais aussi pour préserver moi-même... J'avais peur de vos réactions, surtout de celle de Raquel. Elle était jeune à cette époque et j'ai voulu qu'elle garde en mémoire le frère attentionné que j'étais à son égard. Pendant tout ce temps, j'ai voyagé ; je suis parti en Asie, j'ai visité l'Europe ainsi que l'Amérique centrale et celle du sud. Je me suis posé un an et demi à Londres à la maison de Granny et Grampy où chaque jours, je t'ai écrit une lettre - dont tu trouveras la totalité jointe à ce colis, 548 lettres pour être exacte... Puis je suis retourné à St Louis et finalement, je suis en Irlande comme tu peux le voir... Enfin, surtout le lire.
Récemment, j'ai fait la rencontre avec Mellody, qui est toute aussi charmante que son prénom. Je te vois venir, mamá, oui j'ai gardé mes vieilles habitudes de coureur de jupons - ce dont tu me réprimandais déjà très sévèrement à l'époque, tu te souviens ? Avec elle, j'ai eu la première salve de souvenirs. Je me suis rappelé de vous, de Richard, de ce que j'étais avant, de qui j'étais. Ces huit dernières années ont été TRÈS longues sans vous, tellement que je ne sais même plus que dire. Mais bon, pour en revenir à Mell', grâce à elle j'ai commencé à prendre mon courage à deux mains mais ça n'a pas été assez. Il aura fallu que je rencontre Charlie pour me décider à t'écrire. Charlie est une fille merveilleuse ! Elle est musicienne tout comme moi, on a même joué ensemble sur un air de Flamenco - elle étant au cajón et moi à la guitare. Je me suis vraiment bien amusé mais c'est là que c'a été le plus dur. Suite à ma rencontre avec la belle blonde (Charlie) je me suis décidé à t'écrire (Il est approximativement 3h du matin, je n'ai toujours pas trouvé le sommeil et je couche ces mots sur papier pour pouvoir dormir par la suite). Tu sais, j'vais participer à un bal masqué demain soir. Tu te rappelles quand tu nous a déguisés, Raquelita et moi, en courtisans, tout ça parce qu'on vous avait cassé les pieds à toi et papa pour que vous nous emmeniez au bal masqué organisé à Londres quand on y habitait ? J'en rigole encore quand j'y repense. J'ai décidé de remettre le morceau en me déguisant en courtisan sauf que cette fois-ci je n'aurai pas besoin de perruque. Tu adorerais coiffer ma longue tignasse - comme tu l'appelais - tout comme tu coiffais celle de Raquel.

Todo esto para decirte, mamá, que te echo de menos...
Tu hijo que te ama más que cualquier otra cosa,
Nathy."


Il replia la lettre. La scellant avec sa chevalière, il y imposa son seau sur la cire encore bouillante, tout comme il l'avait fait sur les 548 précédentes. Sur le devant, d'une cursive presque ancienne et artistique, il y inscrit son adresse d'enfance.
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MessageSujet: Re: Lettres à l'attention d'Ana Maria Belen Duchannes - Bureau de poste - Newcastle   Lun 19 Mar 2012 - 18:05

Nathaniel DuchannesAilleurs, seul, désespéré, à la limite de l'incompréhension totale. Un nouveau bruissement de papier, à nouveau cette lampe qui s'allume et l'odeur d'encre qui empli la pièce. Une bougie est allumée, un récipient contenant de la cire commence à chauffer. La chaise bouge pour venir accueillir quelqu'un. Une plume va se tremper dans le réservoir à encre et commence à gratter le papier.
Nathaniel écrit.

"Ailleurs.
Voilà mamá, voilà ce qui se passe. Tu m'as demandé comment j'allais et la réponse est que je vais mal. Mon corps est ici mais ma tête est ailleurs, souvent... Tout le temps. Je dors de moins en moins sauf au pleines lunes où le lendemain je dors comme un bébé. Rassure-toi, je ne suis pas malade ; j'ai un très bon système immunitaire mais là n'est pas le point. Tu sais, je lis beaucoup pour m'occuper ou bien je sors faire le saltimbanque ou alors encore rencontrer des gens autour d'un verre ou d'un évènement. Je m'occupe, mais ce n'est-ce pas assez, j'ai toujours un trou béant dans ma vie.
A un an près ça fait huit ans que je n'ai plus eut de contact charnel avec quelqu'un. Huit ans sans se réveiller dans l'étreinte rassurante des bras d'une femme, sans avoir sa chaleur bienfaitrice pour me bercer le soir avant de m'endormir. Peut-être est-ce cela... Je manque de gens dans mon entourage ; je manque d'amis, je manque d'une petite copine... Vous me manquez.
Il y a pas longtemps je me suis fait propriétaire terrien, j'ai acheté une parcelle de terre et aussi un manoir sur cette dite parcelle - c'est même de là que je t'écris. Venez en Irlande à l'occasion, papa, Raquel et toi, mamá. Je vous montrerai la ville, je vous ferai découvrir des choses, des créatures et même des lieux d'un irréalisme tel que vous n'en reviendrai pas. Franchement mamá, venez. Je sais que ça vous reviendra à cher, mais je vous paye les billets... S'il vous plaît, venez...

Hasta la proxima, mamuchi.
Te envio miles de besos y un amor sin fin,
Tu hijo que te quiere,
Nathy.

PS : J'ai joint une lettre pour Raquel, un jeu qu'on faisait elle et moi plus jeunes. Donne-la-lui en mains propres."


Sur une autre lettre, à part, soigneusement pliée en deux on pouvait lire d'une belle écriture manuscrite un "Raquel". Si l'on dépliait soigneusement cette lettre, on pouvait y trouver deux simples phrases, citation d'un même auteur célèbre.

" - "Les femmes sont mieux adaptées que l’homme à la douleur. Elles vivent d’émotions, ne pensent qu’aux émotions"
- "L’homme veut être le premier amour de la femme, alors que la femme veut être le dernier amour de l’homme."
Oscar Wilde."


Il mit les deux lettres ensemble, referma l'enveloppe en y déposant la cire qui avait chauffé pour enfin la sceller avec le sceau de sa chevalière. Retournant l'enveloppe, il trempa une dernière fois dans l'encre - dont il émanait une odeur douceâtre - la plume pour écrire de sa manuscrite ancienne et artistique l'adresse de sa mère et enfin la sienne au verso.

Un souffle, une bougie éteinte, une lumière elle aussi éteinte, un bruissement de draps et pour finir, un corps s'enfouissant dans son lit.
Nathaniel se coucha pour, il l'espérait s'endormir.
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