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 Bureau de l'inspecteur Lucchese

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MessageSujet: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Mar 17 Juil 2012 - 22:43

Dan Lucchese
Le bureau de l'inspecteur Lucchese se reconnaissait en ce qu'il était très petit. L'architecte avec dût vouloir y installer les toilettes, mais sa nomenclature ne devait pas être du même avis, alors il avait abandonné l'idée en court de route s'était dit qu'il serait plus facile de laisser ça comme cela et de dire qu'il s'agissait en réalité d'un bureau plutôt que de recommencer la configuration des lieux. les architectes, eux aussi, étaient friands de Kinder Surprise et c'était, pour certain, la façon dont ils devenaient architectes.

Cependant, contre toute attente, l'idée connut un franc succès auprès de la police qui en fit la cage au vilain canard, ou à celui qui n'avait pas de pot d'être recruté au moment où il ne restait que ça. Quoiqu'il en soit, dans un cas comme dans l'autre, le malheureux à qui l'on refilait cette case était bien souvent le souffre douleur, l'espèce de risée des collègues, le George Bush du commissariat.

Apparemment, le dernier occupant de cette piaule avait été Ronnie T. Malbroock. En tout cas c'est ce que disait la petite plaquette parcimonieusement visé sur la porte en bois, petite plaquette qui était maintenant recouverte d'une feuille scotché sur laquelle était écrit 'Lucchese' au stylo. Un petit malin avait ajouté en dessous 'le motard de l'enfer'. Ça aurait put être affectueux si ça n'avait pas été une marque totale d'immaturité. Dan se fichait de l'immaturité, mais il ne loupait pas une occasion de répliquer et de mettre un de ses abrutis dans l'embarras, c'était plus fort que lui. Ainsi, en feuilletant des dossiers dans les archives, il avait reconnut l'écriture de son plaisantin et avait commandé toute un palette de viagra en son nom, livraison à heure de pointe bien évidemment.

Mais pour l'instant Dan fumait dans son bureau. Il buvait dans son bureau aussi. Il s'agissait peut être de toilettes mais il y avait assez de place pour étendre ses jambes sur le plan de bois et faire pleins de choses interdites dans un commissariat comme fumer et boire. Le lieutenant Robert débarqua en trombe, prenant le ton le plus définitif possible.
"- Les inspecteurs Colin et Berckley m'ont chargés de vous transmettre ces dossiers, ils sont à votre charge dorénavant. Il posa une pile de dossiers sur un coin du bureau qui n'était pas occupé par un journal, un verre de bourbon ou même ses ranger.
- Ah ! C'est trop cool, vous avez vu ça ?
- Quoi ?

Dan regardait Inception sur un ordinateur portable posé à même le rebord d'une fenêtre. Il ne prêta pas le moindre regard au lieutenant mais souriait, fasciné par son film.
- Là ! Quand il se sert du défibrillateur sur la fille ça se traduit en orage dans les limbes. Oh c'est vraiment trop cool.
- Vous avez du travail ! Une femme, 34 ans, accusé de vol par un marchant de spiritueux au 5 Lower Dominick Street.
- L'Embro ?
- Ouais.
- Toujours à flot cette crapule ?
- Il semblerait. Maintenant est ce que vous voulez bien...
- Innocente.
- Quoi ?
- J'articule mal ?
- Écoutez. Est ce que ce serait trop vous demander de prendre votre travail ne serait-ce qu'un peu au sérieux deux sec...
- Le gérant... Silwarmd si j'me souvient bien, il va la poursuivre en justice n'est ce pas ? Demander une somme astronomique en dommages et intérêt hein ?
- Et bien je...
- Innocente. Dans les journaux ils ont dit qu'il y avait plut à seaux il y a une semaine. Le sellier des caves comme l'Embro sont toujours installés en sous-sol parce que la hauteur de plafond est inférieur à trois mètre et que ça leur permet de payer le loyer moitié moins cher. Malheureusement pour lui, sa cupidité lui aura assuré un sacré retour de flamme : son assurance ne couvre pas son inventaire en cas de sinistre car il est trop prêt de la Corrib qui a débordé lors des grosses pluies. Il s'est trouvé une pauvre victime pour l'arnaquer c'est tout. Dites à Colin d'envoyer des hommes s'occuper de ça.
- Très bien, un homme, 23 ans, trafic de drogue, il dit qu...
- Drogues dures ?
- Marijuana.
- Combien d'hectares ?
Répondit Dan d'un air sarcastique.

Robert, exaspéré, s'en alla. Et Dan de crier, les yeux rivés sur son film : "Si vous avez une affaire un tant soit peu potable, je suis preneur."

Une heure passa et le film était fini. Il continua alors son activité de la journée, à savoir, lire tout les dossiers non bouclés - voire même bouclés - susceptibles de l'intéresser, sous fond de fumé de cigarette, de whisky et de Def Leppard.


Dernière édition par Dan Lucchese le Mer 18 Juil 2012 - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Mer 18 Juil 2012 - 12:45

DeirdreFichue carte routière! Affolée comme Deirdre l'était, elle n'avait pas pris le bon itinéraire pour rejoindre Galway. Et, même arrivée dans la ville, elle ne trouvait pas son chemin jusqu'au poste de police. Ca ne lui ressemblait pas ça. Non pas du tout! L'angoisse lui faisait vraiment faire n'importe quoi. A noter : investir dans un GPS ne serait pas du superflu. Mais dans une Austin Mini de toute façon ce serait totalement idiot...
Mais soit, elle était arrivée au moins et ce n'était pas trop tôt!

Garant sa caisse comme une malpropre devant le commissariat - ce qui lui vaudrait sans doute une amende mais bon elle avait d'autres chats à fouetter à l'heure actuelle - elle entra en trombe à l'intérieur.
Un rapide coup d'oeil et elle s'approcha de l'accueil, du moins visiblement. Ils n'avaient pas l'air débordés par ici... Hum...

- Bonjour, je viens signaler la disparition de ma soeur. Elle...

Deirdre tentait d'être calme et de s'exprimer clairement. Mais l'agent devant elle avait visiblement d'autres choses plus intéressantes à traiter et lui répondît d'un ton des plus méprisants.

- Votre soeur... Quel âge a t'elle ? Et quand avez vous eu des nouvelles pour la dernière fois ?

- Dix huit ans et c'était il y a un ou deux jours mais...

- Elle est majeure, on ne peut rien faire à part attendre pour le moment. Je vous invite à revenir nous voir demain ou après demain si vous n'avez toujours pas de nouvelles. Maintenant si vous me le permettez, j'ai d'autres affaires plus urgentes à traiter.

Et voilà qu'il la coupait et qu'il l'envoyait sur les roses. Non mais c'était quoi le délire dans cette ville ?
Enervée, Deirdre décida de faire un petit tour aux toilettes histoire de se calmer.... Pour éviter de démonter la tête du flicaillon qu'elle venait de rencontrer. Arrivée devant ce qu'elle pensait être la porte des toilettes - ce qui ne l'était pas puisque c'était le petit bureau d'un inspecteur mais un petit plaisantin l'avait orienté par ici - son portable sonna.
Fébrile, elle décrocha, sans regarder qui l'appelait. La brune espérait tellement que c'était Cordelia, qu'elle lui avait fait une mauvaise blague!

- Allo ?

- Deirdre! C'est moi Dave! T'es où ?

Dave... La mine de Deirdre se renfrogna immédiatement. C'était son patron là bas, à Dublin.

- Qu'est ce que tu m'veux ?

- T'étais censée bosser hier! Et ce soir aussi j'te rappelle!

- Et ben, arranges toi comme tu veux mais j'serais pas là.

L'appel de Dave la dérangeait, ça se ressentait au ton qu'elle employait.

- Si t'es docile à ton retour... Ca peut s'arranger oui...

Et voilà le mauvais côté de son patron qui refaisait surface. A la disparition de leurs parents Deirdre n'avait pas eu d'autres choix... Et payer de sa personne pour subvenir aux besoins de sa soeur avait été une clause d'embauche... La vie de la brune était sordide. Mais c'était ainsi, elle n'avait pas eu le choix et avait accepté cet état de fait. Pourtant...

- La ferme Dave! T'auras plus rien de moi! T'entends ?!

La soeur aînée s'énervait. Il y avait de quoi en même temps. Cordelia avait disparu et l'autre fêlé remettait ça avec son harcèlement.

- Oh! T'oublies à qui tu parles Deirdre ? J'suis ton patron ma grande. Et si t'obéis pas, j'te vire, compris ?

- Et ben vires moi vieux porc!

Et elle lui raccrocha au nez. Comme si elle n'avait pas assez de souci comme ça tiens! D'un geste sec, elle se retourna alors et ouvrît la porte de ce qu'elle pensait être les petits coins. A sa surprise, elle se retrouva face à un type.

- Excusez moi, j'ai dû me tromper de porte...

Sans aucune expression sur le visage autre que l'inquiétude, elle s'apprêtait à ressortir mais...

- Vous êtes flic vous aussi ?

Après tout, peut être qu'elle aurait la chance de trouver quelqu'un qui l'écoute ici. Bon c'était sûrement trop demandé mais il fallait tenter, ça n'engageait à rien!
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Mer 18 Juil 2012 - 20:00

Dan Lucchese
"Allo ? [...] Qu'est ce que tu m'veux ? [...] Et ben, arranges toi comme tu veux mais j'serais pas là. [...] La ferme Dave! T'auras plus rien de moi! T'entends ?! [...] Et ben vires moi vieux porc!"

Cette voix n'était pas d'ici, c'était sûr. Qu'est ce qu'une citoyenne pouvait bien foutre ici ? Dans son esprit, la question était rhétorique : pisser un coup dans l'antre du motard des enfers bien entendu. Dan comprit qu'il aurait à passer une autre commande au nom d'un des fonctionnaires de l’État ; un abonnement à une revue pornographique homosexuelle lui semblait approprié. Après tout, les brimades se rapportant en dessous de la ceinture étaient particulièrement peu appréciés des irlandais, c'était pour eux presque aussi grave que de les traiter de buveurs de laits.

Néanmoins la conversation qui avait eut lieu dans le couloir avait capté son attention, de moitié tout du moins ; c'est-à-dire, un hémisphère, une oreille et l'orteil droit. Les seules répliques de la femme parlaient d'elles même mais le ton agressif était présent dés que cette dernière eut identifié son contact, le allo même ayant déjà quelque chose d'assez dénué de joie, il en déduisit que soit sa colère était dût à une précédente dispute avec la personne - ce qui était peu probable -, soit un délit dont elle avait été victime l'avait irrité, soit la pauvre avait eut droit à un comité d'accueil plutôt scandaleux. Quel honte que de ne pas honorer les caprices d'une femme qui venait de se faire voler son sac à main et son catalogue Victoria Secrets ! Il pensa donc que, dans tout les cas, l'affaire n'avait rien d'important, rien qui ne le soit selon ses considérations en tout cas. Il ne leva pas la tête du dossier qu'il était en train d'étudier lorsqu'elle entra.

"- Excusez moi, j'ai dû me tromper de porte...
- Les chiottes se trouvent au bureau 103, sur la porte écrit 'Berckley', visez bien le fauteuil en cuire surtout.
"
Au revoir, ce fut un plaisir.

" Vous êtes flic vous aussi ?"
Nan parce que je ne suis, mais alors, vraiment pas satisfaite de votre service ! L'accueil est exécrable. Et le Cheddar, mon Dieu ! N'en parlons même pas !
Et merde.

"Nan, je suis dresseur de pandas. On est pas chez le coiffeur ici ?"

Oui, bon, il avait comme qui dirait la bouche qui le grattait lorsqu'il s'agissait de remettre à leur place des bourgeoises insatisfaites. Et bien que la femme en question n'avait ni l'accent ni le ton d'une bourgeoise insatisfaite mais plutôt d'une prolétaire en colère - ce qui était un autre de ses pêchers mignons -, il se permit de tourner la page du dossier et d'ajouter :
"Croyez moi, j'ai eu un berger allemand : pour les histoires de harcèlement sexuel, un bon coup de latte dans les couilles règle souvent parfaitement le problème."
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Jeu 19 Juil 2012 - 8:42

DeirdrePas un regard... Pas un. Mais où était elle donc tombée ?! L'espace d'un instant, elle songea qu'elle était arrivée chez les fous, il n'y avait pas d'autres explications! Alors, lui faisant face, elle arbora ce visage dénué d'expression et froid qu'elle s'était forgé avec le temps. Son regard passa en revue le type devant elle et ce qu'il y avait sur son... bureau. Rien de très reluisant mais bon... La police de Galway ne regorgeait elle que d'incapables et d'ivrognes ? C'était tout du moins ce qu'elle pensait à cet instant précis et...

- Y'a t'il dans ce commissariat un flic compétent ou n'aurais je droit qu'à des incapables et des ivrognes ?

Non mais! Elle venait de dire tout haut ce qu'elle pensait ?! Complétement dingue cette gonzesse! Elle allait se faire jeter vite fait bien fait avec une amende en prime que ça ne serait pas étonnant. Mais l'accueil avec un coup de fil du pervers en plus, ça l'avait bien remonté.
Enfin, en même temps, comment allait elle pouvoir expliquer la raison de sa venue ? "J'ai fait un rêve et..." Déjà rien que cette ébauche n'était pas engageante et la ferait passer pour une cinglée.
Toujours était il qu'elle ne supportait pas d'être jetée ainsi alors qu'elle venait signaler une disparition. Les relations avec la police du coin commençait bien... Elle se voyait déjà armée et menant sa vendetta personnelle.
Elle s'approcha alors du bureau et tapa du poing dessus en fixant l'inspecteur. Ou le dresseur de pandas, au choix.

- J'm'en fiche de vos histoires compris ?! J'bougerais pas tant que quelqu'un ne m'aura pas écouté!

Et voilà, la seule émotion qu'elle se permettait en toutes occasions : la colère. Et là, l'inquiétude pour sa soeur allant de paire, elle n'était pas prête de se calmer. Les yeux noirs de la demoiselle étaient vrillés sur le flic devant elle. Espérant sans doute qu'il lui prêterait quelconque considération...
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Jeu 19 Juil 2012 - 16:21

Dan Lucchese"- Y'a t'il dans ce commissariat un flic compétent ou n'aurais je droit qu'à des incapables et des ivrognes ?
- Oh je vous en pris, il n'y a pas que des ivrognes ici.
"

Et ça y était. Une femme en colère. Rien de pire au monde que ce truc. D'aussi loin qu'il se rappela, lorsqu'une femme se mettait en colère, il valait mieux ne pas y aller dans le sens inverse du poil, au risque que sa fureur ne redouble. C'est exactement pour ça que Dan ne se gênait aucunement pour le faire. Il savait très bien qu'en plus de rager, si elle ne trouvait auprès de lui aucune aide, elle irait désespérer en pourrissant la vie d'un de ses collègues, ce qui était parfait pour lui.

Mais elle était directement passé à la vitesse supérieure, le coup de poing sur la table, l'énervement physique, alors comme ça c'était une sanguine ? Une hystérique de première catégorie ? Allé va ! Il décida de lui pardonner ce geste, parce qu'il était bon. Enfin surtout parce qu'il connaissait les compétences des types à l'accueil et que sa frustration était tout ce qu'il y avait de plus compréhensible.

"- J'm'en fiche de vos histoires compris ?! J'bougerais pas tant que quelqu'un ne m'aura pas écouté!
- Pour le peu que je vous ai écouté, vous avez dit à un patron obscène d'aller se faire foutre et m'avez insulté d'incompétent.
"
Il pencha la tête de côté - comme s'il réfléchissait - puis ajouta : "Ce qui tout compte fait est assez cool de votre part."

Il se remit assit sur sa chaise correctement, tout du moins, il s'affala sur sa chaise et non à moitié sur le bureau et regarda enfin la personne qui s'adressait à lui, ou plutôt lui jetait des éclairs. Il y vit les yeux noirs énervés que toute insatisfaite des services de police se devait d'arborer mais aussi quelque chose en plus : du désespoir. Ou plutôt de l'espoir en équilibre à la limite du désespoir. Soit son sac-à-main était un héritage familiale de 20 000 €, soit elle avait à l'esprit quelque chose d'autrement plus compliqué qu'un patron désirant une petite gâterie. Il devint grave, comme en pleine réflexion.

"Racontez moi tout."
Un stylo, un carnet de note, à l'ancienne comme qui dirait, il espérait vraiment que cette femme n'était pas aussi déterminé pour une simple histoire de harcèlement ou de vol.
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Jeu 19 Juil 2012 - 20:51

DeirdreL'exaspération. Voilà tout ce que lui inspirait ce flic. Ses manières limite hautaines, surtout sarcastiques... Comment aurait elle pu avoir une autre réaction ? Les poings fermement posés sur le bureau, elle ne bougea pas d'un millimètre, attendant patiemment, ravalant sa rage, qu'il lui accorde enfin un peu plus d'attentions et de professionnalisme.
Ainsi donc, il avait entendu toute sa conversation avec Dave ? Bon en même temps vu la configuration des lieux et le piètre état des locaux, comment aurait il pu en être autrement ? Toute oreille aurait pu l'entendre, sans même chercher à l'écouter plus que ça. Mais, même là, elle ne fît aucune remarque sur son avis. Sa propre vie, elle s'en fichait éperdument. C'était ainsi depuis toujours, aussi loin qu'elle s'en souvienne.
Et cette vie justement... Elle n'avait pris un sens qu'à la naissance de Cordelia. Sa blondinette de soeur pétillante de vie. Plus qu'elle même ne pourrait jamais l'être.
Cordelia... Elle était justement la raison de sa venue à Galway. Serrant le poing, tandis que l'inspecteur s'affalait de nouveau plus confortablement stylo et papier en mains, elle se redressa et croisa les bras, tendant de garder une certaine dignité dans son malheur.

- Je... Je ne sais par où commencer...

La brune soupira. Aucune émotion sur son visage, comme toujours. Hormis peut être une certaine lassitude ou fatigue. Mais ça c'était normal. Que devait elle dire ? Que tout partait d'un rêve finalement ? D'une angoisse non fondée ?

- Vous allez me prendre pour une folle mais je m'en fiche totalement. Ma soeur a disparu. J'en suis certaine...

Un bras qui se lève un peu, un geste en direction de là où se trouvait l'accueil. Le dit bras qui retombe de suite le long de son corps. Un geste qui aurait dû montrer de la rage ne montrait au fond que du désespoir. Il allait être la dernière bouée à laquelle elle se raccrocherait. Et si elle devait tenter de se maintenir à flot sans et bien... Elle se débattrait avec ses propres armes dans cet océan qui s'était déchaîné une nuit d'été.

- Le flic de l'accueil m'a dit que je devais attendre... Mais je connais ma soeur mieux que personne. Elle ne serait pas restée si longtemps sans me donner de ses nouvelles.

Une relation fusionnelle les unissait. Et si elle s'était réveillée en sursaut en pleine nuit, ce n'était pas pour rien. La brune avait eu l'impression qu'on lui arrachait le coeur cette nuit là. Ce n'était pas anodin bon sang! Jusqu'à ce moment là, elle n'avait jamais ressenti de la peur, aucune crainte... Mais le mur qu'elle était s'était fissuré à l'instant précis de cet réveil apeuré.


Dernière édition par Deirdre le Sam 21 Juil 2012 - 8:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Ven 20 Juil 2012 - 16:55

Dan Lucchese"- Je... Je ne sais par où commencer..."

Dan la regardait, ne faisant manifestement aucun effort pour l'aider, il attendait. Il lui fallait déjà évaluer à quel point elle avait les idées claires. La phrase qui suivit lui fit penser que justement elle ne les avait pas. Rien de bien inhabituel, la plupart des gens qui venaient jusqu'à lui étaient soit trop désespérés de trouver une aide, quelle qu'elle fut, soit trop tiraillés par une envie de pisser pour avoir les idées claires. Cela dit, bien qu'elle sembla partiellement désorienté, elle était en face de l'homme à qui l'on avait juré sur la tête de toute sa famille qu'on venait de voir un extraterrestre et que la CIA était à nos trousses. Dans tout les cas, il pensait que le ton et le visage de la femme semblaient incroyablement posés pour quelqu'un qui était sur le point de déblatérer une théorie fumeuse sur la reine d'Angleterre et les Illuminatis. Mais au lieu de cela, elle se contenta d'un simple :

"- Vous allez me prendre pour une folle mais je m'en fiche totalement. Ma sœur a disparu. J'en suis certaine...
- Ouah quelle folle, elle dit avoir une sœur !
" Feignit Dan, une sorte de sarcasme pour lui faire comprendre que non, il ne la prenait pas pour une folle, pour la simple et bonne raison que plus la personne était proche de la disparue, plus la certitude avait de chance d'être avéré. Cette femme avait la trentaine, deux cas de figure se présentaient à lui avec la plus grande probabilité : soit sa sœur avait à plus ou moins cinq ans son âge et elle étaient comme les deux doigts de la main, soit elle était beaucoup plus jeune qu'elle et celle-ci faisait office de mère. Dans le premier cas, il y avait matière à s'inquiéter, dans le second, ce pourrait très bien n'être qu'une fugue. On ne connait jamais assez bien les gens avec lesquels on vit, en particulier les personnes les plus proches. Ne pensant pas une minute que ce jugement de valeur était carrément influencé par son expérience, son esprit opta pour cette solution, dans le secret espoir assez égoïste de n'être pas le seul à être trahit. Mais Dan, lui, n'y vit là qu'une probabilité, ce qui était tout de même à moitié vrai.

De la main, elle suggéra que la réception offrait du Cheddar tout simplement infecte.
"- Le flic de l'accueil m'a dit que je devais attendre... Mais je connais ma sœur mieux que personne. Elle ne serait pas restée si longtemps sans me donner de ses nouvelles. Il la considéra un instant puis, avec tout le sérieux du monde sur son visage, ainsi que dans sa voix, il lui répondit :
"Vous savez, quand je vous ai dit "Racontez moi tout" ça voulait pas dire que vous pouviez geindre comme un chiot mais de TOUT me raconter. Bon, je vais devoir passer par les traditionnelle questions on dirait alors : Quel âge à votre sœur ? Taille, poids, description physique ? Comment s'appelle le type qui vous a amené jusqu'à mon bureau ? Combien de fois la voyez vous pas semaine ? Quels rapports entretenez vous ? Vous êtes-vous disputés récemment ? De quelle couleur est sa petite culotte ? Où habitez vous toutes les deux ? Quand l'avez vous vu pour la dernière fois ? Cette femme, sur votre bras, c'est votre mère ? Que faisait-elle aux dernières nouvelles ? A t-elle agit de façon étrange ses derniers temps ? Problèmes d'argents, drogues, paris stupides ? D'autres proches, amies, collègues que l'on pourrait joindre ? Des tentatives de suicide, soucis de santés, autres disparitions ? Un petit ami sociopathe ? De nouvelles personnes dans son entourage récemment ? Elle a plus de succès avec les mecs ? Elle est plus intelligente que vous ? Elle vous bat au bridge ? A t-elle l'habitude de sortir le soir dans les rues de Galway ? Quel genre de bar/restaurants/hôtel fréquente t-elle ? Quelles sont ses passions dans la vie ? Avait-elle le teint pâle ces derniers temps ? Tendance à manger ses steaks saignant peut être ? Reste t-elle cloîtré chez elle de jour ? ... Oh, et votre café, avec ou sans sucre ?" Conclut-il en sortant une carafe de café bien noir qui traînait sur le rebord de la fenêtre à côté de l'ordinateur portable qui crachait toujours du Def Lepard.
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Sam 21 Juil 2012 - 8:44

DeirdrePlus les minutes passaient, plus ce type lui semblait infect. Finalement l'idée d'une vendetta personnelle n'était pas à exclure. Tapant une nouvelle fois du poing sur ce fichu bureau, elle vrilla de nouveau son regard noir au sien. La colère y était plus que jamais lisible et s'il avait été possible de faire naître des flammes dans le fond de ses pupilles, il y aurait vu un brasier, un véritable feu de joie avec lui même au centre, se consumant léché par les flammes. Oui, la brune était imaginative et pouvait prendre un malin plaisir à faire souffrir les gens quand cela lui semblait nécessaire. Enfin, là, c'était du domaine de son imagination. Pour l'instant tout du moins.

- Et me débiter un flot pareil de questions, parfois plus stupides les unes que les autres c'est censé m'aider ?! Si c'est ça l'aide de la police, autant me procurer une arme et faire justice moi même!

Justice elle même ? Pourquoi penser à cela alors qu'elle recherchait seulement sa soeur ? Au fond d'elle, sans nul doute pensait elle que sa soeur avait péri et qu'elle se raccrochait simplement à l'espoir, infime, de la retrouver.
La jeune femme se redressa alors, croisa les bras et fit quelques pas dans la minuscule pièce. C'était vite fait d'en faire le tour. Mais au moins cela lui donnait une légère contenance tandis qu'elle réfléchissait. Il voulait un compte rendu détaillé ? Bien, il l'aurait.

- Cordelia O'Connell, née le 6 juin 1994, âgée ce jour de 18 ans révolus. Petite blonde d'un mère soixante deux, pesant dans les 50-52 kilos. Pétillante, pleine de vie. Venue à Galway avec deux de ses amies, Victoria Bennett et Jenny MacMurphy, pour se détendre de leurs examens. Aucun problème de drogue, d'alcool ou de soucis avec les hommes. Tout ça je l'ai suffisamment expérimenté pour la mettre à l'abri de ces vices. Cordelia est une jeune fille studieuse, promise à un brillant avenir.
L'ayant élevée moi même dès ses douze ans, je la connais mieux que personne. Elle m'appelle plusieurs fois par jour. Donc je suis certaine que mon intuition est la bonne. Il lui est arrivé quelque chose...


Tout cela avait été débité d'une voix monocorde et froide, sans un regard pour Lucchese. Mais à cet instant, elle se retourna vers lui et continua sur sa lancée.

- ... De suffisamment grave pour que j'en sois réduite à me confier à un type qui a un bureau aussi grand que des toilettes...

Ce qu'elle voulait dire par là, c'était qu'elle devait vraiment être tombée bien bas. Mais avait elle d'autre choix ? Pas vraiment...

- Ca vous suffit ou je dois entrer dans d'autres détails ?
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Sam 21 Juil 2012 - 17:45

Dan Lucchese
"- Et me débiter un flot pareil de questions, parfois plus stupides les unes que les autres c'est censé m'aider ?! Si c'est ça l'aide de la police, autant me procurer une arme et faire justice moi même!
- Sans sucre donc.
"

Comment lui expliquer que, aussi débiles qu'elles puisse lui paraître, chacune de ses questions avait un sens. En même temps, la moitié d'entre elles avaient pour but de déterminer si la sœurette aurait put à tout hasard prendre le large à cause de la grande, qui, il fallait bien le dire, avait un sacré caractère. Il aurait put dire quelque chose du type "Pas étonnant qu'elle se soit casé." mais il n'était pas sûr qu'elle le fût. Si elle avait bien disparut, il n'y avait donc que peu de chance de la retrouver en vie. En effet, si la réponse de la femme, dont il ne connaissait pas le nom - et dont il se contrefichait de connaître le nom par ailleurs -, lui avait apprit quelque chose, c'était qu'elle ignorait tout du danger que sa sœur courrait dans cette ville. Mais ce qui l'interpelait le plus était bien évidemment la dernière phrase.

Elle se lança alors dans une description aussi imprécise qui était permit à une description de l'être, sans louper une occasion de trahir son attitude à l'égard de sa jeune sœur et de le conforter dans l'idée qu'elle s'était peut être enfuit, très probablement en compagnie d'une personne qui déplaisait fortement à la plaignante, sans doute pour son côté peu recommandable. Assez expérimenté pour la mettre à l'abri de ces vices ? Ben voyons ; tout les parents croyaient épargner ce genre de conneries à leurs enfants, et elle était ce qu'il y avait de plus approchant. Il aurait peut être à passer à L’Éventreur Insomniaque histoire de délier quelques langues.

"- Donc l...
- De suffisamment grave pour que j'en sois réduite à me confier à un type qui a un bureau aussi grand que des toilettes...
- Oh vous exagérez, Les toilettes sont plus grandes.
- Ça vous suffit ou je dois entrer dans d'autres détails ?
"

Il retourna sa feuille de notes sur laquelle était dessiné - en dessous de quelques lignes - un smiley avec des cheveux. Une flèche légendait les cheveux avec le mot 'blonds'.
"Oh non : une fille blonde de 18 ans, on retrouvera votre sœur d'un instant à un autre."
Prenant son téléphone, il lui parla tandis qu'il composait un numéro.
"Vous faire justice vous même hein ? Alors vous ne savez même pas pourquoi mais vous êtes certaine qu'elle a disparut, par contre vous voulez vous faire justice vous même. Donc vous êtes en train de me dire que maintenant, vous ne savez pas pourquoi, mais vous êtes certaine qu'elle est morte ou en danger. Vous n'êtes pas d'ici alors je vais vous la faire simple. Un voyage étudiant dans cette ville est un des trucs les plus cons que puissent faire des jeunes, et croyez moi à cet âge là, il y en a une liste assez énorme, de trucs cons à faire. Mais pourquoi me demanderez vous - dans un autre accès de rage en martyrisant mon pauvre bureau qui ne vous a jamais rien demander ? Et bien parce que Galway est une ville excessivement dangereuse et que si vous avez été refoulé à l'accueille, c'est bien parce qu'on a pléthore d'affaires sacrément plus balèzes que des disparitions récentes. Ici crever est un sport national et on sait plus où en ranger les médailles d'or. Alors de deux choses l'une : soit vous avez un don de prémonition et vous devez me le dire, soit vous me cachez quelque chose concernant votre sœur, quelque chose qui explique pourquoi vous êtes si certaine qu'elle est en danger, et il y a des chances non négligeables qu'elle le soit, ainsi que ses amies, auquel vous devez aussi me le dire. Vu ?"

Il avait parlé avec tout le sérieux du monde, et le point concernant les prémonitions la surprendrait peut être mais Dan savait que d'une manière ou d'une autre, de nombreuses gens aux pouvoirs paranormaux atterrissaient à Galway sans forcément l'avoir demandé. Dans ses explications, il avait oublié son portable auquel il revint, en faisant d'un signe de main à la femme de se taire lorsqu'elle fut sur le point de protester ou se lancer dans un nouveau torrent de colère.
"Allo Phil ? [...] C'est Dan, ouais, ouais. Dis, t'es au commissariat là ? [...] Parfait, alors ramène tes miches à mon bureau, j'ai un truc sérieux là. [...] A ton avis ? Dans le placard maudit. [...] Je t'attends. (Il raccrocha) Un portraitiste va venir afin d'avoir le visage de votre sœur et, si vous les avez déjà vu, de ses deux amies. Si elle a fait une opération et reçut une prothèse ou une broche ça nous aiderait assez en fait, pour l'identifier si jamais elle est morte ou même ne serait ce qu'inconsciente à l'hôpital. Je vais appeler d'abord la morgue, puis l'hosto, l'office du tourisme, je vais faire le tour des hôtels dans l'un desquels vous prendrez une chambre si on ne l'a pas retrouver d'ici minuit. Si c'est le cas j'aviserai."

Il déposa une tasse de café sur son bureau et bu dans la sienne.
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Lun 23 Juil 2012 - 13:38

DeirdreCe type était tout simplement... Odieux. Oui c'était bien le terme. Il lui adressait la parole avec un air suffisante et sarcastique à la fois. Elle détestait cela. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à lui sortir une nouvelle salve bien sentie, elle n'eût d'autre que d'obéir, à contrecoeur forcément, à ce geste de la main totalement irrespectueux. Tous les flics de Galway étaient donc énervants, aussi étrange qu'était cette ville d'ailleurs. Pourquoi Cordelia avait elle foutu les pieds ici ?! Deirdre se serait bien passée de cette journée au poste!
Tandis qu'il parlait au téléphone, elle prît sur elle et contint sa colère. Il fallait faire preuve de patience et de tact si elle voulait enfin repartir avec sa soeur et retrouver la sérénité qu'elle avait perdu. Quoique... Enfin, elle ne l'avait trouvé cette quiétude. Bref, là n'était pas la question.

Posant ses fesses sur une chaise, elle attendît, en silence, qu'il aie enfin terminé sa conversation, en profitant même pour réfléchir à ce qu'il venait de lui dire. Devait elle lui expliquer ce qu'elle avait ressenti cette nuit là ? Pour l'une des rares fois de sa vie, elle ne savait pas. Non, elle ne parvenait pas décider de ce qui serait bon, ou non, de faire.
Sans un regard pour lui, elle continuait de l'écouter même lorsqu'il eut enfin raccroché et posa ses mains autour de la tasse de café qu'il poussa vers elle.

- Deux sucres s'il vous plaît.

Le ton était toujours aussi froid, mais bien moins agressif qu'à l'accoutumée. Ses yeux sombres se perdirent alors un instant dans la caféine, laissant planer un silence des plus pesants. Silence qu'elle se décida à briser au moment où il s'occupait dudit sucre.

- J'ai ressenti sa souffrance cette nuit là... C'était horrible...

Elle avait gardé la tête penchée tout le long de sa tirade. Même sa voix se faisait légèrement plus douce. Pour une fois, ses émotions se trahissaient à travers elle. A présent, elle avait enfin effleuré le sujet qui lui semblait si hallucinant et qui, pourtant, était des plus réels...
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Mar 24 Juil 2012 - 3:50

Dan Lucchese"Deux sucres s'il vous plaît."

Tout en sortant une sachet de sucre provenant d'un quelconque fast-food de la ville, Dan s'était replongé dans le dossier qu'il lisait avant - et un peu pendant - qu'elle n'arrive. Il tenait bien à ce qu'elle réponde clairement au choix qu'il lui avait imposé, ce qu'elle ne fit pas. Tout du moins, elle n'avait pas répondu clairement à ce choix, mais elle avait plus ou moins suggéré ce qu'il supposait et qui crut alors d'autant plus fondé qu'elle ne l'avait ni regardé d'un œil bizarre ni n'avait infirmé d'une quelconque façon l'éventualité qu'il avait formulé.

"- J'ai ressenti sa souffrance cette nuit là... C'était horrible...
- C'est donc pour cette raison que vous pensez qu'elle ne s'est pas seulement perdue. Décrivez moi cette souffrance. De quel type ? Quelle partie du corps ? Combien de temps ? Comment leur est venu le choix de cette ville ? Des habitants déjà sur place ? Vous avez ramené son carnet d'adresse ou n'importe lequel de ses effets personnel qui serait susceptible de nous être utile ?
"

Sans discontinuer à sa lecture, Dan fronça des sourcils. Quelque chose le tracassait. Il n'irait pas jusqu'à penser qu'il y avait un truc qui ne tournait pas rond dans toute cette histoire - d'abord parce que lorsqu'une personne disparaissait sans prévenir il y avait toujours quelque chose qui ne tournait pas rond, ensuite parce que la femme n'avait pas l'air d'être le genre à prendre deux sucre dans son café -, mais il avait comme l'impression d'être passé à côté de quelque chose d'important, d'une question, voire même d'une réponse. Il n'eut pour autant pas le loisir de se poser plus de question qu'un homme débarqua dans la petite salle.

Il était plutôt recourbé sur lui même, disons arqué du dos, châtain clair, une barbe de quatre ou cinq jours, un peu broussailleuse, une paire de lunette de vue ronde chaussée assez bas sur le nez, un pull à col roulé ainsi qu'un pantalon de toile vert olive et des chaussure de cuire brun, légèrement usées. Un gros bloc note de feuilles blanche auquel était attaché deux ou trois crayons de papier par un élastique tenait dans sa main et sur son visage, une mine aussi étonné que réjouie.

"- Ça alors ! Dan ! Mais pourquoi tu ne m'a pas appelé plus tôt ? Ça faisait tellement longtemps.
- Oh tu sais, contrairement à ce qu'on croit, ils n'ont pas le téléphone aux Seychelles.
- Content de voire que t'as quitté le coma sur tes deux jambes plutôt que dans un sac.
- Content de voire que t'as enfin divorcé de cette vieille harpie.
- Comment t...
- T'es trop propre pour dégueulasser cette horrible cravate qu'elle t'a offerte. C'est toi qui a gagné j'espère ?"


Soucieux de ne pas prolonger une conversation ayant pour but la raison pour laquelle ses richesses annuelles étaient maintenant divisées par deux, l'homme se tourna vers Deirdre et lui serra chaleureusement la main, un sourire compatissant aux lèvres.

"- Harris Windermann. Je suppose que si vous êtes dans le bureau de monsieur Lucchese, ça n'est pas pour une affaire de vol ?
- Un cauchemar en fait. Le boss m'a réaffecté au service du tapage nocturne. Mais je fais aussi les bisous magiques en cas de brûlure et je retire les épines des doigts de pieds.
- Ne faites donc pas attention à lui. Une somnopathe alors ? Qui dois-je dessiner ?
"

Comme Harris n'avait nulle part où s'assoir et qu'il faisait partit des très rares personnes pour lesquelles il avait de la considération, Dan lui laissa son siège, le dessin nécessitant un minimum de confort, dans la mesure où le terme confort était applicable au sein d'un lieu aussi vétuste et étroit.

Harris posa un sac à dos qu'il portait et l'ouvrit pour en sortir un porte documents qu'il tendit à la jeune femme. Dedans se trouvait une liste d'adjectifs permettant de décrire très précisément un visage ainsi que de nombreuses photos des différentes parties du visage.
"Je vous en pris, décrivez moi la personne que vous cherchez. Et prenez votre temps d'accord ?"
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Mar 24 Juil 2012 - 14:32

DeirdreLe café était toujours là, devant elle. En fait, elle ne l'avait pas touché, et encore moins goûté une seule fois. Bien trop soucieuse pour perdre son temps en de telles situations. Les questions de l'inspecteur devenaient bien plus précises et intéressantes. Seulement, elle n'eut pas le temps de répondre qu'un type entra dans la pièce. Tandis qu'ils discutaient entre eux, elle passa sa main sur son cou d'un mouvement réflexe. Cette nuit là... Oui cette nuit là, elle avait bien ressenti quelque chose. Mais c'était si... Enfin tellement... Improbable! Comment aurait elle pu ressentir la véritable douleur de sa soeur ? Elle était persuadée que c'était le cas mais c'était tellement fou!

Le regard perdu dans le vague à cette réflexion, elle ne revînt à la réalité que lorsque l'inconnu se présenta à elle. Retirant vivement la main de son cou, elle attrapa la sienne pour la serrer. Enfin! Elle avait l'impression que ça allait avancer!
Cependant, elle n'eût aucun sourire à son égard. Même si elle était visiblement reconnaissante qu'il soit là, elle n'en montra rien. Deirdre était comme ça...

- Bonjour Monsieur Windermann... Il s'agit de ma soeur...

Le regard sombre de la brune avait perdu tout éclat depuis cette nuit là. Déjà qu'elle n'était pas du genre bout en train avant mais là...
Prenant le porte document qu'il lui tendait, elle se concentra pendant plusieurs minutes, effleurant les photos du bout des doigts. Comme si leurs contacts allaient lui procurer une grande révélation. Un geste fou... Mais surtout désespéré.

- J'aurais dû emporter une photo d'elle...

Intérieurement, elle s'insultait d'imbécile, d'inconsciente... Et de bien pire. Comment avait elle pu partir sans une évidence pareille ? Désignant quelques photos au portraitiste, elle commença à décrire sa soeur. Comme elle le pouvait.

- Cordelia... C'est une petite blonde aux cheveux mi longs pleine d'entrain et de bonne humeur. Joviale, toujours le sourire aux lèvres... Des yeux d'un bleu profond. Quelques tâches de rousseur sur le visage - dit elle en montrant l'endroit du nez - des lèvres fines et claires... Tout comme son teint. En fait, elle est mon exact contraire...

A cette idée, la brune déglutît légèrement. Cordelia était le jour, elle était la nuit... Deux opposés qui se complétaient. Voilà ce qu'étaient les deux soeurs l'une pour l'autre.

- Ah! Suis je bête! Ma soeur a bien un signe distinctif. Elle m'avait supplié pour en faire un...

La belle dénuda son épaule gauche, montrant le D et le C entrelacés.

- Elle arbore le même que moi, au même emplacement...

Lentement, elle recouvrît son épaule. Si l'inspecteur Lucchese avait été moins sarcastique avec elle, il aurait su tout cela de suite...
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Jeu 26 Juil 2012 - 16:13

Dan LuccheseComme d'habitude, une foultitude de remarques désobligeantes vinrent à l'esprit de Dan lorsque celui-ci entendit la description que fit la jeune femme. De toute évidence, elle oubliait qu'elle s'adressait à un portraitiste.
Allé Harris, dessines nous une fille plein d'entrain et de bonne humeur ; je suis sûr que ça nous permettra de la distinguer des autres.

Mais il n'en fit rien. D'ordinaire, il ne disait pas un quart des remarques qui lui venaient à la l'esprit, premièrement parce que les autres le supporteraient encore moins et qu'il préférait éviter de doubler les plaintes juridiques, déjà que l'avocat du commissariat lui devait une carte de fidélité, mais aussi parce que lui même ne se serait pas supporté s'il le faisait. Il savait très bien - et son ami ici présent (un des rares soit dit en passant même s'ils n'étaient amis que professionnellement parlant) tentait toujours en vain de lui faire adopter ce point de vue - que les personnes dont un proche disparaissait avaient constamment besoin de se décharger de leurs émotions, que ça soit de la colère ou de la mélancolie. Et décrire un proche en mettant la priorité sur le côté émotionnel et non seulement physique était quelque part une chose automatique et essentielle pour eux. Dan, lui, pensait que c'était complètement con, et il avait toujours envie de secouer un peu toutes ses créatures amorphes qui se présentaient à lui. Seulement, il ne s'agissait pas là de son boulot, c'était celui de Windermann et il n'empiétait jamais sur le travail de ceux qui le faisait bien. En l'occurence, Harris faisait très bien son travail. Un brillant avenir c'était profilé devant lui dans le domaine des Arts, avant qu'il ne lui tourne le dos pour que ses dons aient une fonctions plus... Utile. Pour cela, Dan le respectait.

Après avoir fait une première esquisse selon la description brève de Deirdre, Harris en fit une seconde, plus détaillé, à l'aide des photos, et une troisième qu'il avait tiré à partir de celle d'avant qu'il avait peaufiné. Le résultat était sans appel : la ressemblance était frappante. Tout du moins le serait-elle pour la grande sœur car l'inspecteur et son acolyte ne l'avait bien entendu jamais vu. Lucchese, lui, espérait que les deux sœurs étaient aussi proches qu'elle ne le prétendait, sans quoi la fiabilité du portrait ne serait peut être pas de son goût. Il y avait déjà peu de chances pour que - même avec une photographie - une personne qui l'aurait déjà croisé ne se souvienne d'elle, à moins qu'un évènement particulièrement remarquable ne l'ait impliqué. Environ une heure plus tard, lorsque ce fut finit, Harris rangea ses affaires et se redressa.

"- Bon, et bien on dirait qu'on a bien travaillé hein ? Vous avez été très patiente c'est très bien, avec le portrait qu'on a réussit à obtenir, vous aurez plus de chances de retrouver votre sœur rapidement.
C'est pas vrai Harris, qu'est ce que je t'ai dis à propos des faux espoirs. Le 'rapidement' sonnait en effet comme quelque chose de trop optimiste chez Dan.
- Je te laisse faire les photocopies Dan ? J'ai un gros dossier à remplir pour le commissaire et il m'a donné des délais, ma vie est en jeu héhé. (à Deirdre) Si vous vous souvenez de quoique ce soit d'autre concernant son signalement, surtout n'hésitez pas à le dire à l'inspecteur Lucchese qui m’appellera aussitôt."

Mais l'inspecteur en question était déjà en train de préparer son sac. Il avait prit quelques affaires et de quoi manger ; en effet, il allait sillonner la ville pendant toute la journée et peut être même toute la nuit avant de trouver la petite. Mais l'important n'était pas le temps qu'il mettrait à la retrouver, c'était le nombre de morceau. Cependant, avec tout le cynisme dont il était capable, Dan ne jugea pas utile de le dire à la femme, carrément pas même.
"- Tenez le coup. (à Dan) Bonne chance. Et ça fait plaisir de te revoir, avec tout tes neurones en tout cas. Appelles-moi, la prochaine fois que tu daigneras te nourrir.
- Pas de problème, salues ton chien de ma part. (à Deirdre) Avant que j'y ailles, il faudrait que vous me fassiez un bref listing des fringues qu'elle a emporté et qu'elle avait sur elle. Une fille de 18 ans ça fait environ trois valise je sais, je sais, mais balancez moi ce que vous pouvez et ça me fera toujours ça d'info en plus.
"
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Jeu 26 Juil 2012 - 18:47

DeirdrePatience est mère de toutes les Vertus. Du moins paraissait-il. La vie de Cordelia – du moins continuait elle à l’espérer – était en jeu, aussi la grande sœur se plia de bonne grâce à cette étape du portrait. Des brouillons, des essais infructueux… Et enfin ! Oui, enfin, le portrait, idéal, parfait, ressemblant à tous points. Revoir ainsi le visage de sa jeune sœur était émouvant. C’était un pas franchi vers l’admission de sa disparition… Temporaire ou définitive. Emouvant et pourtant… Pourtant, Deirdre ne cilla pas, gardant pour elle chacune des sensations ressenties. En plus d’être dans sa nature, elle avait tout simplement conscience qu’elle n’avait pas échouée au bureau des pleurs et que Lucchese ne lui moucherait pas le nez. Et puis ce n’était pas à son âge qu’elle allait commencer à faire dans le sentimental.

Lorsque la séance de crayonnage fut enfin terminée – une plaie en moins, mine de rien – le portraitiste lui laissa entrevoir un peu d’espoir. L’espoir… Elle n’était pas dupe. Il s’était bien passé quelque chose, elle en était certaine. A 200% même. Pourtant, elle lui souffla un « merci », plus par respect que vraiment pensé. Enfin… Si, elle le remerciait de lui avoir accordé du temps, de sa patience et de son talent. C’était déjà beaucoup. Un hochement de tête s’ajouta à son propos, laissant les deux policiers discuter ensemble. La vie avait beau s’être arrêtée pour elle, elle ne l’était pas pour les autres. Une lueur de lucidité dans sa folie ?
Tandis que l’inspecteur préparait son sac, elle glissa un peu sur son postérieur et se tourna en sa direction, son visage toujours aussi fermé et pauvre en émotions. Mais cela… Ça devenait une habitude.

- Ses fringues ? En effet oui, elle en a un paquet…

En fait non. Deirdre bossant pour un salaire de misère, elle ne pouvait pas payer les études de sa sœur et lui fournir une garde-robe de top model. Lucchese n’avait pas besoin de connaître tous les détails de leur vie n’est-ce pas ? Enfin c’était ce qu’elle pensait sincèrement. Maintenant, il fallait trouver une réponse qui pourrait convenir et aider au mieux. Et ça ce n’était pas gagné vu la manière dont ils se parlaient depuis le début. La discussion restait cordiale, il n’avait guère le choix de toute façon. Mais son côté méprisant le rendait détestable. Même si, au fond, ils semblaient plus similaires que contraires ces deux-là. Enfin… Soit. Inutile de se perdre en conjectures.

- Elle n’a pris qu’un sac. Outre son nécessaire, elle a emporté ce qu’elle porte habituellement : jean et pull légers et colorés. Cordelia a une préférence particulière pour la couleur rouge.

Ces propos étaient clairs et nets, n’arborant aucune émotion. Il avait attendu d’elle qu’elle soit ainsi non ? Sans fioritures, nickel en somme. Suite à cela, la brune sortît un calepin et un crayon, griffonnant un petit quelque chose qu’elle tendît à l’inspecteur en se levant.

- Voici mon numéro. Appelez-moi dès que vous savez quelque chose. Bonne ou mauvaise nouvelle.

A nouveau, c’était clair, net et précis. Deirdre ne savait pas où elle irait en sortant du commissariat et elle désirait rester joignable en toutes circonstances. Bon certes, elle aurait préféré le filer le train et avoir la primeur de ses recherches. Mais il n’aurait jamais accédé à sa demande. C’était logique. La main toujours tendue vers lui, le bout de papier entre ses doigts, elle attendait… Qu’il le prenne.
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Sam 28 Juil 2012 - 16:40

Dan Lucchese
Dan prit le papier et ramassa son sac. Il ferma la fenêtre et s'alluma une Red Apple. Il savait que ce qu'il pensait était cliché mais il avait envie de dire cette petite a du cran, ce qui n'était pas exactement le fond de sa pensée mais qui correspondait avec son impression général. En fait, le cran n'était pas tout à fait le mot juste. C'était surtout une contenance, beaucoup de décence. Si seulement elle ne lui avait pas fait un caca nerveux en début de partie, il l'aurait même apprécié. Mais les gens, en particulier les femmes, avaient toujours du mal à conserver leur sang froid en toutes circonstances, alors forcément, elle s'était énervé. Ce que ça pouvait être chiant, les gens. Il pouvait se vanter d'être tombé sur une des moins pires.

"Et vous si vous tombez sur votre sœur en plein shopping dans la rue avec ses potes, laissez moi un message au poste. En attendant, restez dans les lieux publiques, ne sortez pas la nuits, n'acceptez rien qui soit gratuit et n'aidez personne si ça vous éloigne de la foule."

A peine ces mots prononcés qu'il était sortit. Il les avait dit tellement de fois, à tant de touristes. Cette ville le dégoûtait, c'était comme si une famille de cannibale accueillait des voyageurs pour les bouffer. Le gouvernement rivalisait de démagogie, une pure blague. Tout le monde se complaisait dans cette connerie, parce que sans tout ces touristes, c'était les riverains qui prenaient, et ça ils en avaient trop peur. Combien de touristes il avait tenté de prévenir ? Oh pas directement, on ne croirait jamais un policier qui sortirait des histoires pareilles. On ne croirait pas le président d'Irlande s'il sortait des histoires pareilles. Mais il avait tâché d'être assez désagréable avec certains pour les faire fuir, pour qu'ils gardent un mauvais souvenir de cet endroit, parce que c'était toujours un mauvais souvenir qui finissait par s'installer. Et au fil du temps, il avait finit par connaître tout les petits tours des vampires, qui - par ailleurs - manquaient cruellement de subtilité et d'imagination et étaient du reste persuadés du contraire. Pauvres tâches ! Les lycanthropes, ça n'était pas la même chose. Il le prenait presque en pitié. En fait, il avait plus de considération pour ces derniers qui, bien souvent, n'avaient pas demandés leur condition et n'étaient même pas au fait des crimes qu'ils commettaient. Mais parmi eux se cachaient des menteurs, des personnes qui se faisaient passer pour innocentes sans toutefois l'être, jouant sur leur malédiction.

Et puis, la pleine lune n'était pas pour maintenant, il n'avait pas de soucis à se faire pour les loups-garous, son regard se portait plus spécialement vers les quenotteux. Il espérait que son intuition se révélât fausse. Prochaine arrêt, la morgue.
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MessageSujet: Re: Bureau de l'inspecteur Lucchese   Mer 1 Aoû 2012 - 12:46

DeirdreA l’entendre, on aurait pu imaginer la scène du père inquiet pour sa fille. Mais Deidre étant ce qu’elle était… Elle n’en ferait tout bonnement qu’à sa tête. Si elle avait avant de faire quelque chose, elle le ferait, sans hésiter. Aussi, lorsqu’il sortît du bureau, sans lui adresser la parole, elle le suivît, prenant son temps cependant. Elle ne savait pas encore où se rendre. En sortant du commissariat, machinalement, elle scruta son téléphone portable, espérant sans doute qu’il se mette à sonner où simplement avoir reçu un sms de sa petite sœur. Il n’en était rien. Forcément. Mais l’espoir subsistait, survivait, au-delà même de son intuition. Repassant lentement une main dans son cou, elle repensa à cette nuit-là. Cette douleur, ce moment d’inconscience… Et pourtant une telle plénitude l’avait envahi. C’était tellement étrange… Bien trop pour être plus qu’un simple rêve. Et pourtant c’était cela qui l’avait poussé à venir jusqu’à Galway, délaissant sa vie, aussi piteuse soit elle.

Fébrile, elle prît les clés dans son sac, non sans les faire tomber plus d’une fois au sol. L’anxiété était bel et bien là, ses mains tremblaient… Même si elle faisait son possible pour la dissimuler aux yeux des autres, lorsqu’elle était seule c’était tout autre chose. Un soupir… Un simple soupir lorsqu’elle inséra la clé dans la portière pour l’ouvrir. Pendant de longues minutes, elle resta assise, au volant, cherchant à comprendre, ne sachant pas où aller. Son existence était à présent parsemée de doutes et elle détestait cela. Elle qui était habituellement si sûre d’elle-même, perdait petit à petit toute sa confiance en elle… Il lui faudrait agir. Mais comment ? De toute manière, rester là ne servirait à rien. Aussi alluma t’elle le contact et partît à travers les rues de Galway, cherchant l’endroit qui la pousserait à stopper son chemin pour retrouver un semblant de quiétude et de paix…

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