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 Les grandes avenues

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Llylewin
Vampire


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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mer 20 Mar 2013 - 21:49

Ce que vous y gagneriez ? La satisfaction d’avoir secouru l’honneur de la veuve et de l’orpheline pardi ! répondit la vampire en souriant à l’homme masqué tout en regardant le haut de forme s’éloigner, s’imaginant faire éclater sa boîte crânienne sur le sol à coup de talons aiguille. Bon, elle n’était pas encore tout à fait veuve, mais comptait bien le devenir un jour, et sa fille n’avait jamais eu de père, c’était donc une orpheline…

En tout cas je vous remercie pour le conseil, je testerais cette fameuse « Vicodine », parce que j’ai déjà essayé la vodka dans le biberon, et ça ne sert qu’à la faire hurler encore plus fort, on sent déjà les gènes des poivrots praguois qui s’expriment, ça promet pour la suite, soupira-t-elle en jetant un œil à la créature qui gigotait dans le landau.

Bon, je crois qu’il va être temps pour moi de rentrer, de toute façon je ne trouverais rien d’autre à déambuler dans les rues avec cette furie que l’envie de trucider d’autres passants !
La maquerelle fouilla dans une des poches situées dans la doublure intérieure de son carrosse une carte du Quality Street qu’elle tendit à l’homme au masque de fer.

Tenez, si jamais vous avez d’autres astuces de grand-mère pour calmer les bêtes enragées ou besoin d’un contrat en tant que tueur à gages, vous saurez où me trouver …
Elle se doutait bien que la scène qui venait de se dérouler ne constituait pas exactement une super publicité pour son établissement, mais elle se disait qu’en même temps, avec une tronche pareille le monsieur ne devait pas réussir à concrétiser tous les jours, elle tentait donc le coup à tout hasard…

Avant de reprendre le chemin vers sa maison close, regardant s’il n’y avait pas sur sa route une charcuterie qui accepterait de lui racheter Magda. Au poids, ça ne serait pas une bonne affaire, mais au moins les décibels deviendraient le problème du charcutier, et ça, ça n’avait pas de prix !

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Mary Read
Ondin


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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Jeu 28 Mar 2013 - 18:23


L’agneau à la menthe ? Si ça se trouve il s’agit en fait d’agneau vampire et on ne le sait même pas, si ce n’est pas malheureux, on ne sait plus ce qu’on trouve dans nos assiettes de nos jours, plaisanta-t-elle en réponse à la boutade de la demoiselle. Après tout, ces légendes n’étaient peut-être pas du tout fondées et peut-être qu’elle était en train de poursuivre une chimère, mais elle était bien placée pour savoir que les chimères n’étaient pas si illusoires que ça : qui croyait encore aux sirènes de nos jours ?

L’ondine leva les fesses de son plot de béton, et souleva son baluchon pour le mettre sur son épaule afin de suivre la jeune femme à travers les rues en quête de son fameux gâteau à la Guiness. Une première quête pas exactement aussi excitante qu’une chasse au loup-garou, mais chi va piano va sano e lontano comme disait le proverbe, il y avait un début à tout !

Alors qu’elles déambulaient dans les ruelles, guidées par le pas incertain de son amie du jour qui n’avait pas l’air trop à l’aise dans son rôle de GPS, Mary continuait de faire la conversation pour détendre l’atmosphère :
Enchantée Mira la non Leprechaun, moi c’est Mary, et je ne pense pas en être un non plus, quoique je ne cracherais pas sur leur marmite d’or en fait… Et vous aviez vu juste, je suis marin de profession, je passe donc ma vie sur un bateau et là je m’offre des petites vacances sur la terre ferme, l’Irlande a beau être une destination touristique connue je n’y avais encore jamais mis les pieds ! Enfin si nous nous dirigeons vers un établissement représenté par un poulpe, ça va, je ne serais pas trop dépaysée, fit-elle avec un sourire en coin. Si elle savait, la pauvrette, ce qu’elle emmenait prendre le thé…

Elles finirent par arriver devant une échoppe assez cosy, qui les accueillit d’un tintement de clochette.
L’ondine se dirigea directement vers une table de deux personnes à côté de la devanture, son côté légèrement claustro la poussait toujours à rester le plus près possible de l’extérieur.

Bien, mademoiselle Mira, c’est moi qui régale mais c’est toi qui commande, c’est toi l’habituée et je compte sur toi pour me choisir un truc aux petits oignons ! Et après ça, tu me raconteras un peu ce que tu viens faire dans le coin, ne te vexe pas mais tu as une allure assez citadine, des filles comme toi j’en ai croisé pas mal New York ou à Dubaï, mais Galway, c’est assez rustique non ?

Les conventions, les chichis, très peu pour elle, en règle générale elle disait directement ce qu'elle pensait sans faire de détour.
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mar 2 Avr 2013 - 18:23

Dragomira VolochineUn agneau vampire ? Ça lui rappelait vaguement un film qu'elle avait commis l'erreur de voir, même si elle ne se souvenait plus très bien si c'était des moutons-garous, des chèvres-zombies ou de simples agneaux devenus dangereux suite à un savant fou ou à un savon noir... Les scénaristes avaient de ces fantaisies. Elle en lâcha un léger rire, mais, occupée qu'elle était à chercher le titre, elle ne rebondit pas immédiatement sur le sujet. Aux présentations, la Russe garda la touche de bonne humeur qu'elle avait grappillée jusque là, plutôt satisfaite de trouver une telle distraction dans son petit matin blême. Peut-être qu'elle devrait commencer à se mêler à la foule, maintenant qu'elle avait été assez ivre d'alcool et de solitude pour faire un rien la monnaie de ce deuil qu'elle ne ferait jamais. Un marin de profession, tiens, comme l'un de ses grands oncles – un homme qu'on lui avait décrit comme l'un des plus réputés violeurs des ports de la côte Est, qui avait une dizaine de bâtards, dont aucun consenti, et la majorité abandonnés. Il avait fini fusillé, ou quelque chose comme ça. Somme toute, elle avait donc une vision assez biaisée de ce métier, qu'elle trouvait aussi bucolique que désaxé. Ça lui allait parfaitement, par ailleurs ; tout juste se demandait-elle vaguement si une femme de la mer avait tendance à forcer celles de la terre, elle aussi, sans en ressentir la moindre inquiétude.

    « Je n'ai pris la mer que pour venir jusqu'ici. C'était tout sauf désagréable, je dois dire, mais ça avait quelque chose... Très particulier. Dans le rythme, le balancement. Ça vous fait cet effet en mer, ou c'est la terre qui vous est particulière, à force ? »

Elle avait illustré d'un petit mouvement de main et, cherchant l'inspiration dans le décor, elle trouva son poulpe. Le désignant, elles entrèrent, l'intérieur était encore sombre, dépeuplé, mais empli d'une odeur divine d'épices et de pain mêlées. Sa trouvaille du matin choisit la table d'elle-même, vers la fenêtre. Dragomira préférait, elle, les tables enfoncées, donnant vue sur la salle, permettant d'être vue dès l'entrée sans être accessible immédiatement, en somme, un trône, mais elle n'avait aucune envie d'être contrariante et l'heure matinale pouvait inciter à préférer être mirées du dehors plutôt qu'attendre le venant. Elle replia sa capeline, la déposant sur le dossier de sa chaise avant de s'asseoir à son tour, non sans avoir marqué un arrêt devant la carte affichée sur une ardoise, où une craie habile avait décrit les mets du jour ; sitôt qu'elle fut installée, celle qui s'était désignée comme Mary se mit à l'aise, la tutoyant tout en lui glissant une phrase sur un ton plus familier. Ajustant ses cheveux mousseux dans une manie sans réflexion, la Russe ourla ses lèvres pâles d'un sourire plus chaud et plus franc.

    « Habituée ! C'est vite dit. Je découvre. »

Elle fit signe à la tenancière, une femme d'une cinquantaine d'années, presque aussi haute que large et avec un visage sévère. La madone épaisse se passa les mains sur son tablier immaculé, hocha la tête ; sa cliente fit.

    « Un porter cake à se partager, et...
    _Un entier ?
    Interrompit la massive.
    _Oui, un entier, je vous prie. Deux jus pressés, crème, miel et, hm... Deux grands bols de café.
    _Tout d'suite, les miss. »

Étrangement, la femme leur adressa un sourire immense, de bonne grand mère attendrie, avant de se détourner ; Mira cilla, avant de trouver la chose charmante et d'en revenir à sa rencontre aux cheveux noués, lui annonçant d'un ton solennel.

    « Black Sheep. C'était le titre du film que je cherchais. Avec des agneaux tueurs. »

Elle agita la main à côté de son visage, semblant s'excuser par là de sa distraction.

    « Je ne sais même pas pourquoi j'ai regardé ça. Enfin ! Ne t'en fais pas, Mary, je suis très difficile à vexer, glissa-t-elle avec un air à la fois empreint de malice et de mystère. Et, oui, je suis plutôt un animal urbain... Ce que je fais à Galway, pour l'instant, pas grand chose. Je découvre, je me balade ; en quelque sorte, je suis en vacances, un peu comme toi. Je n'avais même pas vraiment entendu parler de cette ville avant de découvrir qu'elle était en escale sur mon voyage. Finalement, je m'y suis arrêtée. »

Le cake arrivait, la jeune femme tapota du bout des doigts sur sa table avec l'impatience d'une gamine à un goûter. Le gâteau, noir, massif et odorant, était dans un petit panier roulé dans une très typique serviette à carreaux blancs et rouges. Les pots furent disposés, les bols également, la femme s'ésquiva de nouveau sur un « je presse les jus » déclamé sur un ton d'évêque sur sa chaire. La Russe, l'eau à la bouche, souffla en se penchant.

    « Je t'en prie, commence. J'espère que tu vas aimer. »

Elle se pourlécha la lèvre un instant. Diable, qu'est-ce qu'elle avait faim !

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Mary Read
Ondin
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mer 3 Avr 2013 - 22:08

La blondinette lui lança une réflexion tout sauf idiote, qui prit l’ondine relativement au dépourvu. Pourtant, parler de la mer, de l’océan était une de ses grandes passions, du genre « C’est pas l’Homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’Homme, tatatin », mais elle ne l’avait jamais vraiment envisagé dans ce sens.

Alors là pour le coup je ne saurais dire, répondit-elle en haussant les épaules, J'ai toujours vécu au bord de l’eau, pour moi l’océan ne s’envisage pas sans la terre ferme et inversement, l’un n’existe que grâce à l’autre, pour moi ce sont deux entités indissociables, complémentaires et complètement différentes, un peu comme le jour qui n’existe pas sans la nuit…
L’ondine marqua une pause le temps de râcler la gorge avant de reprendre en riant : Enfin, je ne suis peut-être pas très claire non ? A force de vivre en solitaire j’arrive à me comprendre moi-même, mais j’oublie parfois que ce n’est pas le cas de ceux qui ne vivent pas dans ma tête !

La tenancière fit rapidement son apparition, et à en croire sa carrure la nourriture du coin devait bien tenir au corps ! Tant mieux, Mary n’était pas du genre à faire la fine bouche et à compter les calories, les aliments bien denses, riches et gras ne lui faisaient pas du tout peur. De toute façon, pour vivre sur des embarcations au long cours, mieux valait avoir des boyaux solides, car si le temps du scorbut et de ses tonneaux de citrons était loin, la bouffe en boîte façon canigou n’était pas franchement perçue comme une avancée majeure aux yeux de ceux qui devaient s’en contenter.

Ha, je vois, tu es donc en pleine exploration de ce vaste monde, errant au gré de tes envies sur la surface du globe guidée par la seule rose des vents ? C’est chouette ça ! Tu vois, si je ne menais pas la vie que je mène, je pense que je ferais souvent ce genre de petites excursions, je ne suis pas du genre à tenir en place…

La commande arriva, et l’ondine put admirer une magnifique réalisation pâtissière brune qui fleurait bon le sucre. Ni une ni deux, elle ne se fit pas prier et s’en tailla une tranche généreuse, juste avant d’en tailler une seconde tout aussi volumineuse et de la tendre à Mira.

Bon appétit mademoiselle, aux voyages, à la vie, à l’aventure ! « trinqua »-t-elle sommairement avant de mordre franchement dedans. S’en suivit une mastication de plusieurs secondes afin de venir à bout des nombreux raisins secs aussi collants que moelleux.

Hey, c’est pas mal ce truc, conclut-elle après avoir vaincu sa première bouchée, ça nourrit bien son homme comme qui dirait… Et je suis à peu près sure qu’il n’y a pas d’agneau tué ou tueur dedans ! plaisanta-t-elle avant d’avaler une bonne rasade de café pour pousser le tout.

Toi qui est là depuis au moins… Oulà, au moins deux fois plus longtemps que moi, tu pourrais peut-être me renseigner sur quelques trucs, comme tu as l’air d’être une demoiselle civilisée, éduquée et tout ça…
Que penses-tu de la vie culturelle du coin ? C’est plutôt du genre tradi, biniou et bibine comme on le vente dans les trucs pour touristes ou bien il y a-t-il quelque chose de plus raffiné qui se cache derrière, genre galeries d’art, antiquités, ce genre de choses quoi…


La question n’était bien entendu pas du tout gratuite, en effet l’ondine n’excluait pas de faire fructifier ses vacances en vendant ses services à quelques riches mécènes qui auraient envie de profiter des trésors marins !
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Sam 13 Avr 2013 - 23:28

Dragomira VolochineLa chevelue n'avait pas été si confuse, lorsqu'elle avait parlé de la mer. Dragomira était une femme de nuances, de demi-teintes, d'éternelles hésitations entre deux brèches confuses, mais elle concevait fort bien l'absolu, tout comme elle avait parfaitement intégré les dualités. L'homme et la femme, la lune et le soleil, les américains et l'élégance... Certaines choses étaient parfaitement opposées sans être en lutte et donc, en quelque sorte, complémentaires. Elle n'envisageait absolument pas la mer et les continents de la sorte toutefois, mais ses propres digressions et l'approche du repas la divertirent de ses pensées philosophiques pour la ramener à la chaude et avide réalité de son ventre creux et de sa salive fleurissante. Elle se pourlécha brièvement les lèvres en recevant la tranche généreuse que sa rencontre du matin lui pourvoyait, après le départ de la madone qui les avait servies. Au moins, elle ne chicanait pas sur les parts, assumait ses appétits : ça lui plaisait beaucoup et, répondant d'un sourire et d'un mouvement de tranche de cake au souhait de la femme des mers, elle plongea les dents à son tour dans la chair du gâteau épais, avec une lente et délicate application, savourant sa faim et son impatience en même tempos que le sucre lui fondait sur la langue. Elle roula les épices sur son palais, laissa sa bouche s'emplir de satisfaction un peu grasse avec un plaisir qu'elle ne dissimula pas, et qui rejaillit sur ses traits. Répliquant d'un franc sourire, qui lui faisait apparaître trois fossettes au visage – deux aux coins des lèvres, une juste au dessus de l'arc de Vénus – elle hocha la tête en agrément, avant de déglutir une fois, puis deux, puis trois, enfin de tousser un peu et, dans un rire, d'achever de faire descendre la pâtisserie étouffante en se tapotant la gorge.

    « Ça nourrit son homme, sa femme, son champ et tout l'orphelinat, même. »

Elle pouffa un nouveau rire, plus faible et plus doux à la fois, avant de verser un peu de crème sur un rebord du cake avant d'y mordre plus précautionneusement. Elle leva les sourcils au dessus de son déjeuner, les doigts en éventail et touchant sa part épaisse entre deux pouces et deux index prudemment posés, comme pour les enfoncer le moins possible dans la tranche goûtue et luisante ; avant de répondre à la dernière question de cette Mary dont elle partageait le repas, elle prit la peine d'avaler sa petite bouchée, plus aisément que la première, et de se lécher un doigt qu'elle continuait d'inspecter ensuite comme s'il pesait soudainement deux fois plus lourd.

    « Il y a beaucoup de débiteurs de boissons, oui, entama-t-elle d'un ton légèrement emprunté, avant de rouler son doigt sur la nappe et de regarder le tissu comme pour voir s'il venait de se tacher. Relevant ensuite ses prunelles limpides sur la jeune femme, elle reprit sur un timbre plus vivant. Ceci dit, il y a vraiment de tout. J'ai vu des magasins formidables, que je n'aurais pas cru voir dans ce siècle. Si tu cherches des antiquaires, la vieille ville elle-même est une antiquité en soi. Je crois avoir croisé une ou deux galeries, mais je ne suis plus exactement sûre. »

Elle reprit une bouchée, et ajouta d'un ton candide.

    « J'avoue que j'ai d'abord éprouvé la réputation des lieux et des gens en matière de levé de coude. Elle ajouta avec un hochement de tête expert. Ils sont compétents. »

Les verres arrivèrent, très hauts, très frais, très pleins ; sur leurs rebords on pouvait voir flotter petits débris de zestes et deux ou trois pépins perdus. Mira leva son verre à son tour, présentant son rebord à Mary avant de lancer d'une voix où une teinte de joie légère perçait.

    « Aux longues soirées brumeuses et aux matins de coton ! Elle but, approuva, reposa son verre. En dehors de ça, j'ai croisé, je crois, des petites bizarreries... Il paraît qu'il y avait un très grand parc, qui a presque entièrement brûlé depuis. Un centre plutôt « high tech », fit-elle en affichant les guillemets d'un petit mouvement de l'index et du majeur de sa main droite et crachoté un pépin ensuite entre ces mêmes doigts, mais je ne m'y suis pas tellement intéressée encore. »

Elle déposa précautionneusement le pépin sur le rebord de son assiette, avec une mimique de fillette bien élevée, puis s'essuya la main sur le rebord de la nappe avec une mine qui signifiait tout le contraire. Mira reprit avec une petite malice au bord des yeux.

    « Tu as des trésors trouvés aux quatre coins des mers à faire estimer ? Pour répondre à ta remarque, je n'en suis qu'au début de mes explorations. J'ai un peu voyagé jusqu'ici, oui, mais c'était beaucoup plus... Comment dire, hôtel réservé et chemin prédéfini jusque là. Je n'avais pas tellement le goût du voyage, seulement... J'ai eu envie d'un peu de fantaisie. Je finirais par repartir, j'imagine... Elle laissa flotter quelques secondes. Mais pas maintenant. Il y a l'air d'avoir beaucoup de mondes différents dans cette ville. Et je n'ai pas fini de cartographier le port. »

elle ajouta un nouveau pli de lèvres amène à sa dernière remarque, avant de chiper une miette de gâteau qui avait échappé à sa tranche tandis qu'elle parlait. Après l'avoir happée, une question sembla lui venir, et elle souffla, le doigt encore contre les dents, avec un air étrange de révélation.

    « Tu as déjà longé les côtes de la Russie ? J'ai toujours voulu savoir à quoi elle ressemblait, depuis la mer. »
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Lun 15 Avr 2013 - 15:33

JeanIl avait cru, vu l'accoutrement de l'homme, qu'il était un minimum respectable et que ce dernier pouvait comprendre ce que le jeune homme bandé pouvait endurer. Peine perdu. Il l'avait entendu vouloir lui mettre une balle en pleine tête. Mais que devenait cette ville ? Jean espérait que cet endroit ne soit pas l'entre de la folie, mais juste une malencontreuse rencontre dont il avait souvent droit. Il marchait a vive allure, furieux. Il prit un calepin dans sa poche, écrivit une description de la vampire et compléta avec des termes la décrivant clairement comme un danger. Il continua sa marche, furibond, regardant d'un oeil mauvais les audacieux qui sortaient en cette soirée et qui le dévisageaient allègrement.

-Puis-je vous aider ? Non ? Alors cessez de me dévisager, c'est énervant et je suis pas un monstre de foire...

En fait, si, mais autant ne pas le dire a voix haute. Il observa les principales boutiques de cette avenue, nota ce qu'elles vendaient et chercha au passage un hôtel avant de partir à la recherche de ses premiers appartement.

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Mary Read
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mar 16 Avr 2013 - 17:14

Des antiquaires ? Cette information n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde, il faudrait qu’elle creuse le sujet pour voir si elle ne pouvait pas dégoter un amateur de trésors enfouis.
L’ondine se saisit de son verre de jus fruit – cela faisait une éternité qu’elle n’en avait pas bu, d’habitude elle choisissait plutôt du jus de malt, de houblon ou de raison fermenté – et trinqua avec la blonde citadine.

Si j’ai des trésors à faire estimer ? On peut dire ça j’imagine, en fait comme je voyage beaucoup je me suis constitué un gros carnet d’adresses parmi les collectionneurs et les marchands d’art, du coup quand j’ajoute une nouvelle destination à mon palmarès je cherche toujours à me créer de nouveaux contacts qui pourraient intéresser les anciens.
C’est un peu la mafia ce milieu-là : Tu me files un tableau, je te donne une sculpture… Quelles que soient les œuvres qu’on a chez soi, celles du voisin sont forcément mieux !


Elle ne racontait pas d’histoires, le milieu du commerce de l’art était peuplé des requins de la pire espèce, bien pire encore que ceux qu’elle pouvait croiser lors de ses escapades maritimes : les requins aquatiques, eux, ne chassaient que pour se nourrir, les requins artistiques eux pour le simple plaisir de sentir le sang de celui qu'ils venaient de dépouiller couler entre leurs lèvres…

Ce gâteau, bien que légèrement étouffe-chrétien sur les bords, était finalement assez comestible dans son genre, et s’accommodait bien du petit jus, aussi elle s’en resservit une nouvelle part avant de tendre le panier à carreaux vers Mira d’un air interrogateur qui lui demandait si elle en voulait encore.

Si j’ai déjà longé en Russie ? Pas tant que ça, c'est un pays avec assez peu de côte finalement, on évite de passer par le Nord, la glace ça ne fait pas bon ménage avec la coque... Du coup il ne reste qu'un tout petit bout à l'Est et à l'Ouest, et vu de la mer tous les littoraux se ressemblent de toute façon...

Mais j'y ai accosté quelques fois, surtout à St. Petersbourg, normal, c’est LE plus gros port du pays, mais aussi quelques fois à Vladivostok, après avoir fait une petite escale en Chine…
Vu de la mer, tout se ressemble, après vu des ports, c’est une autre paire de manches… St. Petersbourg est une ville assez sympathique, très occidentale, policée comme toutes les grandes villes de ce côté du continent, c’est beau, bien rangé, bien organisé, on a une place étiquetée pour ranger son bateau, on vient nettoyer régulièrement les saletés des dockers pour que ça ne fasse pas tâche pour les touristes et les officiels, Vladivostok c’est plus… Comment dire… Dans son jus ? Ceux qui ont les meilleurs emplacements sont ceux qui graissent le plus la patte du directeur, il y a des vols, des bagarres, des prostituées dans tous les bars… C’est beaucoup plus animé que St. Petersbourg ! Après, on aime le côté canaille ou on n’aime pas…


Elle avait répondu tout en continuant d’avaler son gâteau, se souciant peu de savoir si cela se faisait ou pas d’avoir la bouche pleine. Une fois sa seconde tranche terminée, elle estima qu’elle avait assez mangé et qu’elle avait bien envie de se dégourdir les jambes, elle n’aimait pas trop rester assise indéfiniment. Son cul n’avait pas été fait pour se marier avec une chaise.

Tu m’as parlé il me semble d’un parc qui a brûlé. Tu m’emmènerais un peu voir ça, j’ai toujours aimé les ambiances un peu glauques, un peu maison hantée, tu vois, le genre « creepy » ? demanda-t-elle en déposant un billet de 50 euros sur la table.
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Sam 20 Avr 2013 - 19:55

Dragomira VolochineDragomira acquiesça longuement aux déclarations de sa compagne de tabagisme et de repas, lorsque cette dernière lui exposa sa vision des arts et la raison pour laquelle elle cherchait des antiquaires. Ainsi faisait-elle transiter quelques œuvres ? C'était intéressant, très : si d'aventure la Russe finissait par se trouver un grand appartement ou une petite maison à son goût, elle tâcherait bien volontiers de l'orner de sculptures éclectiques et de peintures antiques... Elle appréciait démesurément l'Art Nouveau – ce qui était paradoxal pour une femme à qui la Nature ne disait strictement rien, mais elle n'était pas à une contradiction près – et ses envies d'excès lui faisaient aimer assez le baroque, le rococo et le gothique en petites touches. Elle glissa avec une merveilleuse fausse innocence.

    « Et tu as des choses à échanger dans tes valises, en ce moment ? »

S'ajouta un sourire léger, quoiqu'assez limpide pour une fois, alors qu'elle se prenait à rêver d'un chez elle où elle serait seulement accompagnée de statues et de poupées. Ça serait étrange et beau, vide et peuplé. Oui, elle ferait ça – plus tard. Quand elle trouverait le nid qui lui plaira. Pour l'instant, elle n'avait pas envie de quitter le courant vague qui la portait dans cette ville, au hasard des rencontres et de son étrange population.

Mary lui proposa une nouvelle part de cake et, après avoir débarrassé ses doigts des miettes de la première, elle hocha la tête et saisit délicatement le panier avant de se couper une tranche d'abord fine, puis épaisse, puis cassée ; peu à l'aise avec les couteaux et tout ce qui était cuisine et les yeux surtout posés sur la femme à la crinière magistrale, elle ne prenait pas garde au petit massacre qu'elle faisait. Attrapant le bout tordu qu'elle venait de détacher par le petit côté, elle le grignota de travers, avec une allure d'écureuil rongeant sa noisette, tandis qu'elle écoutait Mary parler des côtes de son pays. Dragomira n'y était pas retournée depuis... Depuis quand ? Plus d'une décennie. S'en apercevoir lui fit un effet étrange, à la fois doux et douloureux, la piquant de ce mal bienfaisant qu'était la nostalgie. Elle rêvait peu de ses terres natales, jamais de son enfance miséreuse, mais les paysages et l'ambiance de la Russie avaient quelque chose d'inimitable qui lui flottait dans le sang, et qui lui avait toujours, un peu, quelque part, manqué. Les baisers de son oncle avaient ce goût familier qui comblaient ce besoin muet, et maintenant... Elle hocha la tête avec vivacité, paraissant plus vivante et mieux réveillée. Laissant la moitié de sa part sur son assiette, elle saisit son café pour le boire en quelques lampées.

    « J'ai vu Vladivostok, oui. J'ai beaucoup aimé. Le port est un peu comme ici – pas dans l'allure, je veux dire, mais dans l'ambiance. Tu sais, ce petite quelque chose qui sent la bonne saleté. Elle lâcha un rire presque silencieux, très suave et très léger. Je ne sais pas comment expliquer. Mais, oui, je vois parfaitement ce que tu veux dire. Ça empeste la malice, et c'est ce qui fait tout son charme. »

Sans doute pour ça, en partie, qu'elle aimait longer les quais, alors qu'elle savait très bien n'avoir aucune envie de partir. Ses pensées exilées furent rapatriées à Galway par les agitations de Mary, qui annonçaient la fin du repas, peut-être celle de la rencontre. Elle-même acheva son café, lorgna brièvement son bout de gâteau qui ne lui faisait plus envie, bien qu'elle ai encore largement la place – et le bénéfice – de la finir. Aux propos de la femme des mers, le visage de la Russe se para d'enthousiasme et de mystère.

    « Je n'y suis jamais allée encore, même si je m'étais jurée de le visiter un de ces quatre, entama-t-elle en songeant brièvement à l'incendie qui l'avait chassée des Amériques. Elle replaça une mèche de cheveux sauvage et chassa ces images du même geste, avant de reprendre avec une pointe de défi. Si tu veux te risquer là dedans avec une aussi mauvaise guide que moi, je suis partante. Après tout, avec ce qu'on vient de manger, on a de quoi tenir quelques jours dans les décombres si on se perd. »

L'argent posé appela la tenancière, qui vint accoler sa masse à la table, offrant de nouveau son sourire de bonne mamie aux deux jeunes femmes. Billet fut pris, monnaie fut rendue et, louchant avec un mouvement de menton légèrement appréciateur en voyant les vestiges du gâteau dont elle sembla juger qu'il avait été assez honoré pour les statures des attablées, elle lança d'une voix forte.

    « Ca s'ra tout, les miss ? »

Mira hocha la tête pour sa part, reposant les yeux sur Mary dans une interrogation de pure circonstance – si elle avait payé, c'était sans doute qu'elle ne voulait rien prendre – puis la Russe termina par une demande.

    « Ah, juste, est-ce que vous auriez de quoi emballer le reste du cake ? Je voudrais bien l'emporter. »

Des réserves pour la bataille, s'il s'agissait d'explorer : expérimentée qu'elle était dans les aventures urbaines, elle risquait d'avoir au moins besoin d'un gâteau aussi lourd que celui là pour se défendre.

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Jeu 2 Mai 2013 - 21:13

Un petit rire métallique sortit du masque du passe muraille lorsque la vampire lui offrit pour toute récompense le sauvetage que la veuve et l'orphelin. Il n'avait jamais vu d'intérêt dans ce genre d'action et ce n'était pas maintenant que ça allait changer.

En effet les gènes n'aident pas, commenta-t-il. La vicondine devrait être radicale sauf si elle a des ancêtres qui se droguaient, dit-il avec une pointe d'humour qui lui était rare.

Il connaissait Llylewin et son établissement. Toutefois par formalité et pour ne pas (tout de suite) révéler qui il était, il accepta la carte avec un "Merci". Il regarda la maquerelle s'en aller poussant son horrible gosse. Une chose était sur, si la vampire venait à trucider sa progéniture, Phileas serait le premier à la comprendre. Il regarda de l'autre coté, l'homme au haut de forme avait disparu dans l'obscurité.

Ce fut une rencontre surprenante, pensa-t-il.

Le passe muraille regarda à gauche et à droite. Voyant que personne n'était à proximité, il traversa le mur derrière lui pour reprendre son activité nocturne.
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Charlie Dickens
Humain
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Jeu 30 Mai 2013 - 16:40

Charlie était tranquillement installée sur un banc depuis quelques heures, absorbée par la lecture d'un livre qu'elle trouvait passionnant. Elle ne s'était pas rendu compte que la nuit c'était peu à peu installée et que les lampadaires éclairaient désormais la rue pavée tout en lui servant de lampe de lecture. Relevant le nez du livre, elle écarquilla grand les yeux et le referma immédiatement en soupirant.

C'était quelques semaines après l'incident du Bloody, aussi Charlie avait eu envie de prendre l'air un peu n'en pouvant plus de rester cloîtrée chez elle. Le matin même, la jeune femme avait fait quelques recherches sur le net qui avait eu le mérite de la faire réfléchir au moins autant que le penseur de Rodin. Non, il avait fallu qu'elle sorte de chez elle, aussi l'anglaise avait donc prit un livre de sa bibliothèque et ne s'était pas aventurée trop loin dans le quartier afin d'en profiter pour lire tranquillement dehors, par le beau temps des journées maintenant assez ensoleillée du printemps. Seulement maintenant, c'était le début de la nuit et dans l'état actuel des choses, Dickens n'avait pas trop envie de trainer plus longtemps. Attrapant son sac bandoulière en cuir brun, elle y glissa son livre, puis rajusta son vieux jean baggy , un des seuls articles de sa garde-robe lui permettant encore de porter un jean avec le plâtre qu'elle avait, qui lui montait presque jusqu'au genou. Heureusement la soirée n'était pas trop fraîche et elle serait confortable en T-shirt et avec son unique converse, ce qu'elle pouvait avoir l'air ridicule avec une seule chaussure, songeait-elle.

La jeune anglaise attrapa ses béquilles et se remit un peu péniblement sur pied, puis se mit en route. Bien rapidement toutefois, l'histoire de ses recherches inhabituelles du matin lui revinrent en tête, inlassablement, comme le mauvais refrain d'une chanson populaire, on avait pas envie de le fredonner, mais c'était plus fort que soi. Il y avait quelques mois, sur un coup de tête, Charlie avait fait la même chose, les mêmes recherches pensant alors que la solution à son problème de self-defense serait à peu près régler: une arme à feu. C'était cependant avant de voir que les balles étaient pour ainsi dire, quasiment inefficaces contre à peu près n'importe quelle créature de Galway. Seulement, ça avait quand même le mérite de les ralentir un peu, ou des les foutre en rogne comme pas possible, au choix. Quoi qu'il en soit, la jeune femme était coincée dans un dilemme et elle avait du mal à choisir. Le matin même, elle était retournée sur son ordinateur pour fouiner un peu là-dessus, une fois de plus, mais après la soirée au bloody, sa détermination passée était absente, le bon sens de la chose moins sensé qu'auparavant, mais, une petite voix en elle, étrangement, l'empêchait d'abandonner complètement le projet...

C'est donc regardant le sol devant elle, avançant de peine et de misère avec ses béquilles et leurs ''toc, toc'' qui résonnaient contre les hauts bâtiments de pierre de la rue peu fréquentée à cette heure, que Charlie prenait lentement la direction de la maison. Peu attentive et concentrée dans son débat mental, elle ne remarqua qu'assez tard qu'il y avait quelqu'un qui marchait en contre-sens devant elle. Sursautant et lâchant un petit cri de surprise, alors qu'elle relevait les yeux pour la première fois depuis de longues minutes, Charlie ne s'était pas attendue à y voir quelqu'un, devant elle.

Heureusement ce n'était pas un tueur psychopathe ou un lycan cherchant un jouet à mâcher, c'était le commissaire, l'un de ceux qui avaient participés à l'arrestation-destruction au Bloody.

- Je suis désolée, bonsoir monsieur le commissaire.

Elle continuait son chemin, alors qu'une folle idée lui traversa le crâne, c'était stupide, mais qui ne tentait rien n'avait rien. Sans réfléchir, avant d'hésiter et d'abandonner, elle s'arrêta et se retourna vers le commissaire.

- Dites, j'espère que je ne vous retiens pas pour rien d'important, mais, j'aurais une petite question...

C'était incroyablement stupide, elle en était persuadée, elle allait se faire remballer illico.

- Vous... vous ne sauriez pas où ou qui pourrait offrir des cours de tir par hasard ?

Ouais, à coup sûr il allait refuser ou lui dire que ce n'était pas approprié, à coup sûr, mais au moins, elle avait le mérite d'avoir demandé. Ce serait plus simple peut-être directement avec les forces policières, mais bon, si jamais il refusait, elle pourrait toujours se rabattre sur des formulaires et des centres exprès. Seulement ça, c'était seulement si elle avait le courage d'aller jusqu'au bout, pas certain si jamais le policier le lui déconseillait, Charlie resterait sans doute aux spray classiques inefficaces et à la bonne vieille peur de crever.
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Kieran Nealson
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Dim 2 Juin 2013 - 18:02

Le cliquetis caractéristique d’un briquet, l’écho régulier de ses pas contre les pavés de Galway et le regard qui s’évadait aux alentours. Une nouvelle nuit commençait et les monstres étaient de sortie, lui compris. Il ne se pressait pas pour rejoindre son bureau, prenant le temps de se réveiller par des habitudes bien ancrées. A une heure pareille, les ruelles étaient encore désertes d’activités. Les Galwegians avaient pris l’habitude de s’imposer un couvre-feu depuis que la ville commençait à être réputée pour ces buveurs de sang et autres anomalies. S’il lui arrivait parfois de croiser un ou deux retardataires, c’était bien souvent la viande de touriste qui se présentait au moment de la chasse ouverte.
Mais cette fois-ci, c’était une toute autre espèce de canard boiteux. Une petite blonde, frêle et agréable au regard, avec déjà la jambe au plâtre et le regard dans le vague pour que même un nouveau-né soit capable de lui sauter à la gorge sans qu’elle ne pousse un cri. En soi, la proie idéale. Ce qui l’étonnait davantage, c’était de reconnaître pourtant une habituée de Galway qui avait déjà largement vu de quoi était capable les créatures de la nuit. Il se souvenait très précisément du rapport de l’arrestation au Bloody Valentine… Elle faisait alors partie des victimes et têtes brûlées qui s’étaient lancées sur Jaro : Charlie Dickens.

« Bonsoir, Mademoiselle Dickens. » Lança t-il d’un air naturel.
Il s’était arrêté deux pas avant qu’elle ne lui rentre dedans, qu’on ne l’accuse pas de malmener les handicapés par une collision non recherchée. « J’aurais été le grand méchant loup que vous seriez déjà baignant dans votre sang à terre. Ne le prenez pas mal, mais ce n’est déjà pas très prudent pour une jolie fille comme vous de vous promenez seule la nuit tombée, alors en clopinant… »

Il lui adressa un signe de main avant de la contourner pour reprendre sa route. « Faites attention, d’accord ? » Il n’avait pas pour intention de la raccompagner chez elle, et commençait à se demander s’il devait saluer son courage à cette soirée ou son inconscience… Mais il n’eut le temps de faire que quelques pas supplémentaires avant de s’arrêter de nouveau, tournant la tête sur le côté pour la fixer, attendant qu’elle pose sa « petite question ». Il s’était attendu à beaucoup de choses, mais pas à une telle demande. Kieran n’eut pourtant aucun mal à retracer sa pensée : Elle s’était retrouvée totalement dépourvue face à Jaro, avec pour seule défense un spray d’eau bénite… Qui pouvait faire fuir les moins téméraires, mais Jaro était un bien trop gros morceau pour elle. Impossible de s’en vouloir, aucun humain n’aurait pu lui résister. Lui-même avait eu de la chance que le vampire se contente de jouer au bowling avec sa carcasse.

« Il n’existe pas de centres spécialisés en Galway pour prendre des cours de tir. Mais Winnifred se dévoue généralement pour apprendre les bases de la défense contre les créatures de la nuit… Car c’est bien ce dont il est question, n’est-ce pas ? »
Il s’était retourné totalement, se plantant devant elle pour la jauger. Malgré son plâtre, elle n’avait pas l’expression de la fille désespérée mais plutôt un air résolu. Elle savait ce qu’elle faisait. « Vous ne voulez plus faire partie des victimes innocentes, n’est-ce pas ? » Lâcha t-il dans un lent sourire. « C’était une vampire d’une force et d’une agilité difficilement inégalable, vous n’auriez pas fait le poids même avec une arme en main et un entraînement adéquat. » Il valait peut-être mieux la décourager, c’est ce qu’il aurait immédiatement conclu en temps normal. Mais elle avait les trippes pour se jeter dans une mêlée perdue d’avance, peut-être l’aurait-elle aussi pour tirer sans ciller. Les brebis égarés, ce n’était pas sa tasse de thé… Mais quand il ancra son regard dans ces grands yeux d’or, l’odeur singulière de son parfum lui remontant aux narines, il n’eut pu se départir de cette vision de la petite Charlie délaissée dans son sang au coin de la rue. Même à lui, elle lui donnait sacrément faim. Tôt ou tard, ça risquait d’arriver si elle ne savait pas se défendre par elle-même.
Il soupira subitement, n’étant pas familier à un quelconque sentiment de culpabilité même si protéger les humains étaient toujours sa priorité. Avait-il le temps de s’attarder et de regarder derrière lui ? Peut-être pour cette fois, oui.
« Je peux vous enseigner à tenir une arme en main. Ca demande de la rigueur et de la détermination. Si vous avez un jour besoin de tirer sur quelqu’un pour vous défendre, il ne faudra pas avoir peur de le faire, ni peur d’avoir à tuer. Vous comprenez ce que ça implique ? »
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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Lun 3 Juin 2013 - 19:42

Le policier s'était arrêté, c'était bon signe non ? Quoi que la suite n'était pas pour plaire spécialement à la blondinette. Winnifred ? Oui ça, elle était déjà au courant, peut-être pas pour les cours de self-defense, mais elle savait déjà que l jeune fille avait de petits gadgets de défense contre les vampires et les lycans... Ça ne l'avançait pas à grand chose à vrai dire, toutefois elle acquiesçait alors que Kieran s'assurait de façon un peu rhétorique que la demande était fondée sur le fait que Charlie voulait pouvoir se défendre, non elle ne planifiait définitivement pas faire un vol à main armée ou se transformer en tueur en série.

Elle s'apprêtait à remercier Kieran, mais ce dernier n'avait pas terminé visiblement, une pointe d'espoir dans le regard, Charlie demeura muette, se mâchouillant la lèvre inférieure, espérant quelque chose de plus... enfin quelque chose d'autre peut-être. Faire partie des victimes ? Ah ça, non, plus jamais, elle détestait cela, ce sentiment d'impuissance, de faiblesse, c'était tout simplement intenable, savoir qu'on était rien de plus qu'une brindille qu'on pouvait casser sans le moindre remords, non. Elle revit, une fois de plus dans son esprit, comment Jaro n'aurait pu en faire qu'une bouchée, la facilité déconcertante avec laquelle il lui avait broyé la cheville, sans même avoir eu l'air d'y mettre un quelconque effort.

En parlant du loup, voilà que le commissaire remuait un peu le couteau dans la plaie. Toujours muette, Charlie ne savait que dire, il avait probablement raison, une arme à feu ne servait visiblement à rien, quelle idée aussi avait-elle eu de penser que cela pourrait changer, un tant soit peu, la donne... Elle le regardait, le regard un peu assombrie, prête à le remercier tout de même, s'apprêtant une fois de plus à tournée les talons et a rentrer chez elle. Charlie devrait vivre avec le fait qu'elle n'aurait jamais le dessus ou ne serait jamais égale à quelconque créatures foulant ce sol, condamnée à avoir peur chaque fois que la nuit tombait, à se cloîtrer chez elle et a espérer avoir la chance nécessaire de mourir de causes naturelles et pas assassinée dans une ruelle sombre...

- Mer...

Elle était en train de marmonner un remerciement, mais s'interrompit immédiatement alors que Kieran reprit la parole. D'abord, ouvrant grand les yeux, pas sûre qu'elle entendait bien, Charlie arrêta de malmenée sa lèvre et se fit beaucoup plus attentive. Était-il réellement en train de lui proposer cela ? Là maintenant ? Même après lui avoir fait gentiment comprendre qu'une arme à feu n'était peut-être pas la solution ? Tant pis, elle ne raterait pas une occasion pareille, tentant de réprimer un petit sourire ravi, la blonde acquiesçait une fois de plus du chef, comprenant ce que tout cela signifiait, ayant déjà pesé le pour et le contre, sachant plus ou moins ce qui était en jeu.

- Je... oui je comprends, je veux juste pouvoir me défendre, je ne crois pas que j'hésiterai d'ailleurs...

Après avoir menacé Llylewin et Nolan d'un bout de verre brisé, après avoir asséné un coup de plateau à Stasi, après avoir cassé le nez de son patron et après être sautée sur Jaro avec un spray, non elle n'avait aucun doute là-dessus, même si elle n'avait pas grand chose à perdre, lorsque cela concernait sa vie, elle n'hésitais pas.

- Merci de proposer, j'apprécie énormément. Vous... on s'y prend comment ? Je veux dire, je suis certaine que vous n'allez pas me montrer à shooter des canettes en pleine rues, j'imagine ?
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Kieran Nealson
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mer 19 Juin 2013 - 10:06

Elle était découragée. Et peut-être aurait-il dû en rester là, ne pas réveiller en elle la moindre once d'espoir. Il n'était pas sûr de savoir s'il avait fait preuve de faiblesse ou de compassion en lui tendant la main. Mais maintenant, il s'était engagé et ne pourrait pas se défiler. Le policier poussa un profond soupir avant de chercher frénétiquement son paquet de cigarettes dans sa poche de veste. Il avait vraiment besoin de s'en griller une. Tout de suite.

De longues minutes passèrent, Kieran laissant en suspens les questions de la petite blonde le temps de savourer sa cigarette. C'est que le prix augmentait sans cesse et qu'il valait mieux ne pas gâcher... D'ailleurs, il ne prit même pas la peine de lui en proposer une et se remit en marche comme un automate. On aurait presque pu dire qu'il avait oublié sa présence s'il n'avait pas tourné la tête de côté pour la détailler, plantée là à attendre des explications :
« Alors, tu viens ? »

Cette Charlie n'avait décidément pas la tête de l'emploi. Entre les tendances suicidaires et la soudaine timidité... Sans compter qu'elle était incapable de dissimuler le moindre sentiment sur son visage, il sentait déjà les cas délicats arriver.
« Tu crois ou tu le sais, que tu n'hésiteras pas ? Ce n'est pas une réponse. Si tu es incapable d'appuyer sur la détente et de te résoudre à prendre une vie, tu peux déjà oublier et rentrer chez toi. »
Sa rigueur militaire passait mal avec certains policiers, il ne s'attendait pas que Charlie apprenne discipline, autonomie et sang-froid en un battement de cils... Pourtant, ça lui aurait considérablement simplifié la tâche.
« On ne doit pas s'encombrer de sentiments, quand on tire. » Conclut-il dans un murmure qui ne semblait adressé à personne en particulier, pas même à la future apprentie.

Une main dans la poche de sa veste, l'autre portée à sa cigarette, il avançait résolument vers ce qui semblait être le poste de police, la forçant à rebrousser chemin.
« J'ai commencé en shootant des canettes en pleine rue... Mais c'était la vieille époque. Vu l'heure tardive, la salle d'entraînement devrait être libre et accessible. Ils n'apprécieraient pas vraiment que je m'en serve pour enseigner à une novice qui ne fait même pas partie de la police mais... » Un haussement d'épaules ponctua ses propos.
« Aux grands maux les grands remèdes, c'est toujours moins dangereux que de commencer avec un fusil et des canettes, la salle est protégée et insonorisée. »
Il lui coula un regard cryptique, un demi-sourire naissant au coin de ses lèvres.
« Et ça reste moi qui décide. » Un sourire qui se dissipa bien vite alors qu'il songeait à un petit détail agaçant... Mais incontournable.
« Par contre, si l'expérience est concluante, il te faudra obtenir une autorisation de port d'arme. Et je me décharge de cette paperasse : Débrouille-toi pour l'obtenir par toi-même. Pigé ? »

Sa façon de faire pouvait en désarçonner plus d'un, passant du vouvoiement au tutoiement en un temps record, sans parler de son ton plus autoritaire et directif alors que, l'instant d'avant, il lui suggérait poliment de suivre certains conseils. Charlie aurait peut-être des difficultés à assimiler ce changement radical, mais la vérité était qu'il la considérait déjà comme faisant partie de la maison. Sans s'en rendre compte, il lui parlait aussi crûment et spontanément qu'il l'aurait fait face à ses hommes.
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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mar 25 Juin 2013 - 19:29

Ils étaient plantés là, elle attendant, lui grillant une cigarette comme si de rien n'était. Pour le coup, si elle n'avait pas été coincée avec deux béquilles sous les bras, Charlie aurait surement imité le policier... Ce dernier se retourna d'un coup sans rien dire et se mit en marche, laissant l'anglaise derrière sans réponse, sans savoir si elle devait le suivre ou rentrer. Un peux désarçonner par la situation, elle arqua un sourcil, se disant qu'elle ne le laisserait pas filer aussi facilement, du moins pas sans réponse, mais avant même qu'elle ne fasse un pas, Kieran tourna néanmoins la tête pour lui dire de le suivre. Au moins, Dickens était fixée pour le coup, se mettant en route, elle tilta qu'il l'avait tutoyé pour le coup, cela ne lui posait pas de problème en soit, il était simplement un peu rapide là-dessus apparemment ou bien, puisqu'il était le chef et elle l'apprentie, c'était tout naturel en fait.

Le ''poc,poc'' de ses béquilles résonnaient à un rythme régulier tandis que Charlie essayait de rattraper Kieran. Le policier la confronta un peu en lui demandant si elle était certaine de pouvoir tirer sans hésiter pour se défendre. Intimement, elle en était persuadée au fond, surtout après avoir passé en revu les situations délicates dans lesquelles elle s'était retrouvée ces derniers mois. Acquiesçant du chef, elle répondit un peu pour elle-même.

- Je le sais...

Ça oui, elle en était persuadée, ne restait plus qu'à le prouver, visiblement. Kieran avait sans doute raison également avec cette histoire de sentiments, il fallait pouvoir agir et rapidement, ce sans trop réfléchir sinon s'en était fait de vous, une fraction de seconde pouvait probablement tout changer... Venant d'un policier, il valait mieux prendre ce genre de constat très au sérieux, songeait-elle, même s'il semblait se parler à lui-même.

Elle ne savait toujours pas où il la menait comme ça, peut-être vers un champs isolé, peut-être au poste... Une brève pensée lui effleura l'esprit, une pensée qui fit battre son coeur un peu plus rapidement bien malgré elle. Le commissaire était tout de même un vampire, il pourrait bien faire d'elle son repas du soir, sans que jamais personne ne l'apprenne jamais... Il y avait des flics pourris partout et elle avait la fâcheuse tendance à donner sa confiance rapidement depuis qu'elle était à Galway, cherchant sans cesse des moyens d'être plus en sécurité, ironie de la chose. Kieran finit par ouvrir la bouche de nouveau, lui exposant brièvement le plan : la salle d'entrainement du poste. Cela mit instantanément fin à ses réflexions idiotes. Charlie lui rendit un petit sourire en coin lorsque le vampire dit qu'après tout c'était lui qui décidait, ce n'était pas faux bien au contraire, mais elle espérait néanmoins que cela n'allait pas lui causer de soucis d'emmener une civile tirer comme ça au poste, tout le monde avait des supérieurs de toute façon, non ?

- Pigé.

Même si Kieran était d'un coup plus rigide et autoritaire, Charlie ne s'en formalisa pas. Au contraire, valait mieux que tout soit clair, la blondinette avait même faillit rajouter ''Chef'' à sa phrase, mais s'était abstenue, ne connaissant pas du tout le niveau d'humour du commissaire, il valait mieux ne pas plaisanter et suivre les directives. Au fond elle ne se serait pas attendue à autre chose, non.
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Amy & Emmy
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Sam 31 Aoû 2013 - 22:00

Le temps était devenu un siphon. Il aspirait les âmes comme les êtres, les espoirs comme les joies. Lorsque le cœur bat, le temps se raréfie, lorsqu’il est battu, le temps se tasse. Contraction de la perspective, dispersion de l’oxygène : Claustrophobie des jours et des nuits. Les jumelles étaient doubles, les minutes aussi. Leurs angoisses, leurs interrogations, leurs peurs concernant les créatures de la nuit avaient finis par s’essouffler sous le poids de l’acceptation, sous la perspective d’une fatalité. C’était comme si ces vampires, ces loups-garous, ces mort-vivants étaient la suite logique d’une existence qui avait été non moins froide, non moins morte. Glaway semblait être le couronnement, la définition de leur vie. Ainsi existait-il réellement un havre pour les damnés ; c’était cette ville. La personnalité est affaire de lieu tout autant que d’individu. Un couple d’individu avait trouvé le reflet de sa personnalité dans un lieu.
Là était la terrible vérité, là était l’authentique racine de leur dépérissement : Amy et Emmy n’avaient pas peur de Galway, elles s’y savaient destinés.
Autrement dit, elles commençaient tout juste à avoir peur d’elles-même.

A raison.

C’était un soir cet été qui n’est ni tout à fait ce qu’il fut, ni tout à fait ce qu’il allait être. La charnière des saison ; la nature faisait parfois comprendre à l’homme qu’elle n’entrait pas dans son jargon. C’était un de ces soirs qui sont plus chauds que froids, mais plus tristes qu’heureux. Il y avait dans l’air les cors mortuaires de l’automne, la nostalgie béate de l’été et la mystique naissante de la nuit. Tout le monde aime ces soirs autant qu’il les hait.

Amy se réfugiait dans la paperasse, comme à son habitude, devançant la tristesse des feuilles ocracées en se noyant dans les feuilles blanches. Il y avait un certain réconfort dans toutes ces lignes, dans tout ces tableaux et ces intitulés, dans tout ce gâchis de papier. C’était le contrôle qu’elle pouvait exercer sur sa rationalité. Non pas sur sa vie : on ne contrôle pas sa vie en observant le constat de ce qu’elle avait déjà fait, ce qui était le propre des fiches de paye, des notifications bancaires et des factures. Mais on pouvait comprendre et saisir un monde stable, fait de chiffres, de seuils, de paliers et de prorata ; on pouvait savoir pourquoi telle somme allait être retiré, pourquoi telle autre allait rentrer, on pouvait savoir quand et par quel organe elle serait délivré et des codes, des références ainsi que des adresses permettaient à chaque instant de tout vérifier dans le moindre détail si le doute venait à s’insinuer. Amy ne faisait pas des compte, elle combattait avec difficulté et plus ou moins de succès l’irrationalité.

Emmy était étendue sur le bord de la fenêtre en baie. Une pâle lumière la souillait d’une aura tragique, lumière du soleil couchant. Ce dernier semblait plus mourir que se coucher. Cette lumière, bien qu’elle ne fut pas rouge, évoquait le sang et l’agonie. Et le corps d’Emmy était tout entier à cette agonie. Elle ne fuyait pas l’irrationnel, elle s’en enivrait jusqu’à satiété. Pas de chiffres ni de lignes, juste un corps languissant, plongeant des regards hypnotisés dans le ciel enflammé.

Et le temps passa encore. Amy continuait inlassablement son travail de classification, d’organisation, de complétion administrative. Elle ouvrait le courrier, le lisait - même s’il ne présentait pas le moindre intérêt, le rangeait. Même lorsqu’elle jetait quelque chose, c’était un acte de rangement. La nuit vint et elle alluma les lumières ; un beau lustre en imitation cristal, qui ornait ce salon aussi vide qu’élégant. Le silence régnait, il était corrosif. Ce fut troublée qu’elle sortie son esprit des papiers, presque étonnée. Elle avait sommeil ; Morphée avait réussit à s’introduire malgré le silence, Amy ne l’avait pas entendu arriver.

Son travail étant finit, elle prit soin de remettre chacune des affaires qu’elle avait dérangé à sa place, puis s’en alla se coucher. Sa sœur était déjà endormie dans les draps ; elle avait somnolé devant le spectacle apocalyptique du ciel et s’était juste assez réveillé pour battre en retraite vers une couche plus confortable. Amy, qui ne l’avait pas remarqué, la rejoint donc, se glissant nonchalamment auprès d’Emmy. Elle n’eut que le temps de lui glisser un baiser qu’un soupir plus tard, elle avait sombré.




Le froid la réveilla. Pas de ce froid qui vous faisait vous recroqueviller ou tirer la couverture de votre côté pour en faire un cocon. Pas de ce froid d’où naissaient les étreintes des corps, les blotissements, les torsades de deux corps humains fusionnant désespérément leur chaleur. C’était l’autre froid, celui qui avait l’air de sortir du corps plus que d’y rentrer, de n’avoir que faire du tissu, des resserrements ou de la chaleur d’une peau étrangère, le froid des mendiants, des animaux perdus, des enfants sans abris, le froid du dehors. C’était le froid qui réveille.

Son premier réflexe fut de tendre la main. S’il s’agît d’une prémonition ou d’une habitude, si l’acte était ou non intentionné, nul ne le saurait jamais. Mais une chose est sûre, Amy comprit dés l’instant où sa main retomba sur le matelas mou.

Quelque chose n’allait pas, Emmy s’était levé, elle n’était pas là, pas auprès d’elle. Bien sûr, cela n’avait en soit rien d’anormal. Qui ne se levait jamais pour aller boire ou au contraire évacuer l’eau qu’on avait bu ? Qui ne se réveillait jamais en pleine nuit avec cette impression d’avoir dormit mille ans, ce besoin de regarder la télévision, de marcher, de faire quelque chose ? Non, il n’y avait dans le bruit feutré de la main d’Amy, retombant là où la tiédeur de sa sœur se mourrait encore, rien qui fut suspect.
Mais elle avait sentie ce froid lui resserrer l’âme et les entrailles.

Elle se releva avec plus d’énergie qu’elle ne l’aurait soupçonné pour ausculter la chambre, prendre le pouls de la réalité. C’est que l’animal garde en réserve une crainte hardie que ne garde pas l’homme. Pas d’Emmy. La salle de bain, qui était directement attenante à la chambre, ne filtrait aucune lumière et la porte ouverte laissait une vue significative sur la solitude qui régnait dans le salon et la cuisine. Après quelques secondes d’émersion concrète, elle se souvint qu’elle avait fermé cette porte.

Le froid revint à l’assaut une fois de plus, comme un chien, plus allier qu’ennemi, plus sentinelle que complice. Il criait quelque chose qu’elle ne tarda pas à comprendre : la porte était ouverte, les fenêtres aussi.
Pourquoi ?

Ce fut cette fois précipitamment qu’elle sortit de son lit, appelant Emmy, comme un enfant qui s’assure que le bruit inquiétant qu’il entend n’est en réalité que son ami. Mais il ne régnait que le silence. Et sans Emmy, le silence était le plus inquiétant de tout les bruits. Elle se dirigea alors vers la fenêtre avec une profonde angoisse qui lui retournait de plus en plus l’estomac. Sans même avoir formulé ses craintes, son esprits les exorcisait : “Pas ça pas ça pas ça pas ça.”.

Il n’y eut cependant aucun soulagement lorsqu’elle regarda par la fenêtre, passant sa tête dans le froid qui lui semblait alors présent à en être discret. Le corps de sa sœur n’était, certes, pas gisant sur le sol, mais elle manquait toujours à l’appel. Elle n’était pas morte en tombant, mais elle pouvait l’être de bien d’autres manières. Le cerveaux excité d’Amy eut grand soin de lui représenter comment. De cette manière, de celle-ci, de celle-là ou encore celle-là. C’était un chien domestique qui se retournait contre son maître, son cerveaux la dévorait vivante, la tiraillait d’images, de suppositions, de peut-être, de et si, envisageait le pire et, une fois le pire envisagé, il inventait pire encore. Comment le corps pouvait-il être à ce point son propre ennemi ?

C’est à ce moment environ que la peur céda la pas à la panique. Le nom d’Emmy, crié avec une force chevrotante dans tout l’appartement - dans un souffle court - fut un mantra, pire, une imprécation, une invocation répété avec hystérie. Habillée aussi légèrement qu’elle l’était, pieds nus, elle se lança à pleine enjambé vers la porte d’entrée, sauta les escaliers comme un Hermès les montagnes, passa les boîtes aux lettres, les lampadaires, sans même réfléchir au chemin que sa petite sœur aurait put choisir. La vie ne semblait tenir qu’à un fil, qu’à un cri supplémentaire. Elle s’arrêtait de crier son nom ? Emmy s’arrêtait aussitôt d’exister. Elle courrait vite ? Elle devait courir plus vite encore. Les rues étaient désertes, la ville était déserte, le monde entier l’avait abandonné ; ils étaient tous complices de cette horreur, de ce cauchemar. Il y avait trop de personne dans ce quartier, trop d’espace à sonder, d’endroit où Emmy aurait put disparaître pour toujours, où sa matière aurait put se dissoudre par magie, il y avait trop d’absence autour d’elle. Trop d'absence d'Emmy surtout.

Elle devait la retrouver, c’était une question de vie ou de mort.
De VIE ou de MORT.

Spoiler:
 
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Jon Clark
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mar 3 Sep 2013 - 18:05

C'est une belle nuit pour mourir ! Ah non. Pas Jon en particulier... Un type. N'importe lequel.

Lui, il se sent plutôt bien dans cette ville obscure et dans ses bas fonds. On y fait des rencontres intéressantes. Des drogués, des monstres en tout genre, parfois même, des petits frères à martyriser. D'ailleurs que devient-il lui ?

Il s'en fout. Ce soir en tout cas, il s'en fout. Il a déjà été lui rendre visite à l’hôpital afin de se faire connaitre de lui... Il ne va pas non plus faire une habitude de ces joyeuses retrouvailles. Enfin... Joyeuse pour lui !

Il a bien d'autres chats à fouetté pour le moment. A commencer par se construire une situation stable à Galway, et surtout une réputation.
Les choses sont plutôt bien engagées pour le moment...

Après avoir d'abord vécu de petits rackets et de braquage, il avait ensuite arpenté les squats et les rues les plus glauques, à la recherche de toute la lie du microcosme dans lequel il évoluait. Les Junkies, les petits délinquants, les paumés, les marginaux, les exclus... Toute une population qui ne demandait qu'à être écrasée sous la semelle de ses bottes. Position la plus confortable pour pouvoir ensuite lui lécher...

Ce n'était pas très compliqué. Par le simple fait de se balader avec ses beaux habits, c'était généralement eux qui le trouvaient. La suite consistait uniquement à montrer qui était le plus méchant et déterminé... C'était ensuite encore plus simple de manipuler et d'organiser ce ramassis de cerveaux ravagés. Que recherche généralement quelqu'un qui à sombré ? A respirer à tout prix. Et arranger ça, c'était dans ses cordes... quelque soit le gaz toxique qu'il avait à offrir.

Très vite, c'était une véritable petit gang névrosé et ultra violent qui rampait à ses pieds. Un petit réseau mêlant drogue et racket organisé, avait vu le jours. C'était tout ce qui lui fallait pour subvenir à ses besoins en argent et en LSD.

C'est la raison pour laquelle nous retrouvons notre ami ce soir. Il a terminé sa récolte de pognon auprès de ses dealers et parcoure les grandes avenues, tout en contemplant le clair de lune, qui apparaît à peine entre les nuage et les néons blafards. Il n'y a pas un chat dans la rue. C'est vraiment une très belle nuit pour mourir...

Un cri suppliant et impossible à identifier résonne dans la nuit. C'était trop calme... Les minutes passent.

Le bruit d'une canette métallique bousculée et percutant l'asphalte résonne dans la vaste rue embrumée. Un nouveau cri, beaucoup plus proche cette fois, résonne non loin de là. C'est qui Emmy ?

...

La source du cri fini par faire son apparition au détour d'un croisement. A défaut de chats dans les rues, il semblerait bien que l'on y croise leurs femelles. Une jolie blonde, à la peau blanchie par le froids, était là. La nuisette qu'elle portait pour tout vêtement, et qui ne dissimulait pas ses formes, lui conférait une allure fantomatique. Drôle d'oiseau de nuit... Une chatte fantôme blonde avec des plumes... c'est quand même pas banal.

La fille est tout prêt de lui, mais ne le voit pas. Trop préoccupée qu'elle est à rechercher cette Emmy semble t'il. Tellement préoccupée qu'elle ne semble même pas calculer qu'elle risque un viol à tout instant à se balader dans ce genre de rue, avec ce genre de tenue. Sa propre présence ne diminue en rien le danger, bien au contraire.

Il allume une cigarette pour signaler sa présence.

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mer 4 Sep 2013 - 20:56

La recherche était devenue une course en solitaire et sans but. Noctambule cherchait somnambule. Amy n’avait pas remarqué qu’un autre homme marchait en retrait, elle ne se doutait pas non plus que leurs destins allaient se croiser, s’entremêler, se consolider. Préambule. La jeune femme ne cherchait que son double - perdu quelque part entre nulle part et ailleurs - et son esprit n’avait que faire des silhouettes cachés dans l’ombre. Ses yeux ne réagiraient qu’à une forme qu’ils connaissaient déjà par cœur, mais le sien fit un bon lorsqu’une braise fantomatique lévita soudain dans sa vision périphérique.

Concrètement, il n’y avait aucune chance pour que ce fut Emmy, mais l’espoir était presque aussi cruel que l’imagination. Elle n’eût du moins pas peur, comment l’aurait-elle put ? Rien d’horrible ne pouvait lui arriver puisque tout ce qu’il y avait d’horrible en ce monde s’était déjà abattu sur elle. Ah, les commerces de la raison ! Leurs voies sont parfaitement parallèles à ceux des maux. La douleur est un anesthésique au cerveau ; s’il n’en ressent pas, c’est qu’autrement il nous faudrait trouver un autre moyen d’additionner deux et deux.

Amy courait faiblement, marche précipité vers les rues, depuis les rues, au travers des rues. Il ne faisait pas assez froid pour lui laisser exhaler un spectre à chaque souffle, mais on sentait à la voir que la Terre s’éloignait franchement du soleil. Toute température lui était étrangère en cet instant, mais sont petit nez rougit indiquait la quasi-nudité de la jeune femme, si tant est qu'on ne l'aurait pas déjà remarqué. C’était une tentation qui défilait sous les regards des babyloniens de la ville. Mais encore heureux pour elle, Galway était terre de ségrégation comme toutes autres citadelles des hommes et il n’y avait pas de criminel dans les avenues de la vieille ville, c’était laissé à Rahoon et autres bas-fond.

Personne ne savait à l’époque que la braise volante était l’exception qui confirmait la règle. Personne, et surtout pas elle. Car une seule pensée traversa alors son esprit : un être vivant ! Ça a des yeux, un être vivant, ça voit et sait. Et une rousse en détresse, ça ne passe pas inaperçu. L’un dans l’autre, la logique exigeait que l’homme ou la femme pourrait l’aider, que cet individu aurait certainement vu Emmy à un quelconque carrefour et n’y aurait trouvé qu’une originale qui aimait se promener tard le soir, dehors, dans la rue, presque nue...

Amy n’eût pas le temps d’aller loin dans son raisonnement, de constater le manque de cohérence de ses espoirs. Qu’elle se berça elle-même d’illusion, il n’est pas permis d’en douter, qu’elle le fit à tord, c’est là sujet à discussion. On démantèle parfois nous même la trame de la réalité pour nous préserver ; l’homme est machine à assurer sa survie, on l’aura vue exprimé partout dans la nature. Elle se jeta plus qu’elle ne s’adressa à l’homme.

Ses cheveux étaient débraillés mais encore charmants, ses lèvres tremblantes autant que ses yeux brillants. Une larme avait laissé son témoignage le long de sa joue gauche et d’autres semblaient enclines à prendre son exemple à tout moment. Sa respiration était saccadé, presque syncopé, comme si l’un des deux poumon rivalisait avec l’autre. Ces gestes n’étaient pas en reste : lorsqu’elle se mit à parler à cette mystérieuse personne dissimulé dans la pénombre, on eût dit que ses bras avaient passés toute une vie sur une île déserte :

A : Hey ! Vous s’il vous plaît je vous en supplie vous n’auriez pas vu ma sœur par hasard c’est ma sœur jumelle elle me ressemble beaucoup, elle doit être dans les parages je ne sais pas ce qu’elle fait ou quand elle est sortie je dormais j’ai pas fais attention elle n’a fait aucun bruit elle me ressemble beaucoup on est jumelles elle est comme moi vous l’auriez pas vu allé je suis sûre que vous l’avez vu elle a dut passer par là forcément on ne peut pas ne pas la voir il n’y a personne dans la rue je suis sûre que si elle était passé on l’aurait vu alors dite vous pouvez pas m’aider pitié elle est peut être en danger ou je sais pas moi elle a peut être…

Inutile de rechercher l’exhaustivité, ce serait impossible. Son débit était celui du désespoir même, son ton - comme son visage d’ailleurs - exprimait aléatoirement et rapidement la supplique, la panique, la peine et la détermination, mais c’était l’hystérie qui régnait en maîtresse sur son discourt.

Drôle comme la mendicité est chose universelle. Enlevez une cadette, et voilà l’aînée dans cette attitude réceptive un brin harcelante, penché en avant comme pour recevoir un baiser du Christ sur le front, enlevez 50% du tout, et l’autre moitié pense avoir perdue les 100%. Il fallait concéder l’élégance de la mendiante - qui ne demandait pas charité mais solidarité. une beauté farouche paraissait traverser l’épreuve, percer son affliction pour l’anoblir encore, comme au travers d'un jour. Encore, ou malgré. Mais il y avait, pour ceux qui connaissaient bien les jumelles, c’est-à-dire personne à part cette entité narrative et abstraite qui vous guide dans leur histoire torturé, un quelque chose qui ne s’était jamais exprimé au travers d’elles : c’était l’imprévisibilité. Pour qui ne la connaissait pas du tout, comme cet individu qu’elle interpellait avec la démence d’un oracle en transe, on l’eût put croire capable de tout, d’actes spontanés et motivés par une raison inexistante. Ce n’était bien entendu pas le cas, et Amy avait un programme de soirée bien trop limité pour s’essayer à cette folie maintenant, mais la frénésie qui l’agitait alors n’était pas celle de quelqu’un qui à perdu un proche. Il y avait quelque chose de plus.

Quelque chose de morbide, de ce quelqu’un qui a perdu un objet de d’impureté.

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Sam 7 Sep 2013 - 14:47

Il tire une longue bouffée de sa cigarette, et expire lentement, très lentement la fumée, tandis qu'il observe plus en détail la troublante créature qui lui fait face.

Elle tremble, elle a peur. Mais ce n'est pas de lui qu'elle s'inquiète. On lui a arraché quelque chose. Une partie d'elle même.

Là voila suppliante et vulnérable. ses yeux d'un turquoise glacé le pénètrent et semblent se raccrocher à la lueur d'espoir que Jon représente.

Elle parle. Beaucoup... trop... Elle cherche désespérément ce qui lui a été enlevé. Sa soeur jumelle. Voila là partie d'elle même qui lui manque.

Elle déblatère et ses propos frisent l'incohérence. Elle n'a pas peur pour elle même. Elle se moque de son sort. Elle l'amuse. Elle l'énerve...

Sa main s'ouvre et se tends à la vitesse de l'éclair. Ses doigts se referment avec fermeté contre les joues de la fille, bloquant ses mâchoires et contractant sa bouche vers l'avant. Comme ça, prise dans l'étau que forme sa main, elle a l'air d'un poulpe.

Croyez le, croyez le pas mes très chers frêres, mais la première envie qui traverse l'esprit de Jon en ce moment, n'est pas de l'étaler aussi sec sur le sol, pour lui faire un petit ça va - ça vient, dont il a le secret.

Sa première envie, c'est de la faire taire. Elle l'énerve... Mais elle l'intrigue.

Une roue de la fortune tourne dans sa tête. " je la viole, je la tue, je la tabasse, je l'aide, je la fait fuir, je la viole, je la tue, je la tue, je la tabasse, je la viole, je la fait fuir, je la tue... Je l'aide... "

Maintenant toujours sa prise avec fermeté, il approche son visage de celui de la jeune fille. Il plonge un regard dur dans celui de la jeune fille, et s'adresse à elle, d'un ton qui ne l'est pas moins. Son haleine empeste le fumée de sa cigarette, coincée rageusement entre ses dents.

" ... Je t'aide à retrouver ta sœur, si tu la ferme ! ..."

Il la relâche, et lui laisse le soin de tester l'intégrité de sa mâchoire, ainsi que de sa bouche. Au moins elle à arrêté de sortir ses milles et unes conneries.

Il espère qu'a présent, elle ne parlera plus que quand elle aura à le faire.

" C'est mieux... Mais je manque à toutes mes obligations ! "

Il est calmé. Il lui adresse enfin un sourire, et reprends sa cigarette en main avant de lui offre une révérence très XVIII ème siècle.

" Ma chère, Je suis Jonathan Clark ! "

Il relève la tête. Son sourire amical s'est élargi pour devenir prédateur.

" Mais pas pour te servir... Je ne suis au service de personne. "

Il prends alors une posture nonchalante, tandis qu'il tire une nouvelle bouffée. Ses yeux qui contemplaient les hauteurs, redescendent alors en direction de la blonde.

" Et toi ma belle ?

Et qu'est ce que ta sœur et toi foutez à moitié à poil dans ces rues ? "

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Lun 9 Sep 2013 - 18:37

Les maux pouvaient parfois s’arrêter en même temps que les mots. Chose rare à observer, événement improbable, aléatoire. Toujours est-il que la main de Jon avait arrêté le flot de ses pensées et par la même occasion celui de son trouble. Cette mâchoire resté en suspens n’avait rien d’un handicap infligé ou d’une quelconque forme d’agression, Amy la perçut comme une violente thérapie. Dans les faits, cela ressemblait plus à une intervention d’urgence, cela était plus proche de la seringue d’adrénaline lors d’un arrêt cardiaque que de sérum lors d’un empoisonnement. Le mal n’était pas supprimé, mais temporisé avant intervention définitive.

La main de Jon, son agacement était intervenu comme un syncope, remettant en fonction le système, remettant de l’ordre dans les pensées. Pensées tortueuses d’un côté, pensées logiques de l’autre. Le visage qui accompagnait la pince était tout aussi ferme, tout aussi dépourvu d’émotion.
"... Je t'aide à retrouver ta sœur, si tu la ferme ! ..."
Était-ce rhétorique ? Il venait déjà de la faire taire, et techniquement, il l'empêchait de la fermer. Elle, l’observait. Elle avait la tête légèrement penché en arrière suite au faible réflexe avorté d’un corps qui était trop parasité de panique pour se préoccuper d’une main qui fonçait vers lui, et elle le regardait de ce regard de travers qui observait un extraterrestre. Il y avait une certaine ironie derrière tout cela. Ce n’était pas Jon qui était à moitié nu et hystérique.

Mais sans doute l’idée qu’il eût put s’agir d’un criminel, d’un meurtrier ou d’un délinquant sexuel lui avait traversé l’esprit. Sans doute ne s’attendait-elle pas à retirer ce genre d’effet de cet individu, le ton de voix l’ayant plus déstabilisé que l’étau qui avait bloqué sa mâchoire. Toujours est-il qu’elle prit un temps pour l’observer à la manière d’un scientifique. D’une manière tout à fait intéressé, mais objective. Elle prit même le temps de faire un pas en arrière, pour pouvoir le détailler sous une nouvelle perspective plutôt que pour lui échapper. Elle n’avait pas envie de lui échapper. Elle avait envie de retrouver sa sœur.
Mais sa surprise n’était pas finie.

"Ma chère, Je suis Jonathan Clark !"
Est-ce que c’était… Une révérence ?
Amy réfléchit un instant. Bien sûr que s’en était une, elle n’était pas stupide, elle savait reconnaître une révérence lorsqu’elle en voyait une. Mais elle n’aurait jamais pensée qu’on lui en fasse une un jour ou l’autre.
Après tout, ne vivait-elle pas dans une ville où certains s’habillaient à la mode d’il y a deux siècles ? Restait-il encore une chose qui soit surprenante en ce monde ? Serait-elle seulement capable d’éprouver de l’étonnement si une invasion d’extra-terrestres devait se produire ?

"Mais pas pour te servir... Je ne suis au service de personne."
Au moins était-ce qu’une parodie de révérence qu’on lui tira. Elle en fut rassuré, mais un peu déçue aussi. Rassuré parce qu’elle avait peur d’avoir à faire à un de ces exubérants qu’elle voyait tantôt, déçue parce qu’après tout, ça avait son charme. Une révérence, de nos jour, vous faisait sentir duchesse, princesse, impératrice. Mais alors, retour à la réalité :

"Et toi ma belle ? Et qu'est ce que ta sœur et toi foutez à moitié à poil dans ces rues ?" Qu’il dît. Et elle se souvînt que la réalité était dure, cruelle, et assez froide aussi. Sans s’en rendre compte, Amy commençait à trépigner - mi par sensation de froid, mi par inquiétude. Elle regardait partout autour d’elle, comme si Emmy aurait essayer de traverser la rue sans se faire voir. Elle était de nouveau sous le joug sadique de la disparition. Son attitude avait quelque chose de mignon. Elle lança un regard de reproche à Jon, comme si elle avait soudain prit conscience qu’il avait été un peu rustre avec elle.

A : Je ne suis plus censé la fermer maintenant ?
Mais ses sourcils ne tardèrent pas à redevenir légers, frémissant. Sa lèvre inférieure tremblait comme celle d’un enfant.
A : Oh merde, bon sang ! Je sais pas du tout ce qu’elle fait dehors à cette heure. Elle a dut devenir dingue. Enfin quoi, une crise de somnambulisme, quelque chose dans ce goût là. Je sais pas par où elle est partie mais j’ai pas l’intention de la laisser errer dans les rues, surtout pas dans cette ville.

Une pensée lui revint comme une réprimande étrangère : Emmy prenait des antidépresseurs. Elle aussi. D’ailleurs, elle se mit à penser à regret que les rôles auraient put être inversés. En fait, elle aurait vraiment aimé qu’il en fut ainsi. Rien à voir avec le genre de souhait que les personnes en deuil soufflaient pour eux même face au catafalque, inspirés par la culpabilité. Amy voulait vraiment que ce soit elle qui souffrît, et il en aurait été de même pour Emmy dans le cas contraire.

A : Jon, vous connaissez bien les rues de la vieille-ville ?
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mer 11 Sep 2013 - 15:04

Il la laisse se remettre de ses émotions, et l'écoute avec détachement... Tiens un chat saute un balcon... Il fume toujours sa cigarette.

Une crise de somnambulisme ? C'est possible... Mais dans ce cas elle peut être n'importe où. Un coup de déprime ? Il reste à espérer que l'on ne retrouve pas son cadavre flotter au milieu du fleuve.

Quoi qu'il en soit, ils n'en sauront pas plus en restant ici. Il jette son mégot dans un caniveau tout proche et se rapproche de la blonde.

Cette dernière lui demande s'il connait bien le quartier, ce qui lui arrache un sourire charmeur, étrangement similaire à celui d'une personne qu'elle connaissait déjà.

Il enlève également sa veste et la pose sur les épaules de sa belle inconnue du soir. Révélant au passage ce qui se trouvait dessous. Un holster poitrine, renfermant un colt aux allures massives, sur le côté gauche de son torse. Sur la droite, attaché à la brettelle, un couteau de chasse, dont l'utilité à Galway ne pouvait être que le plus exaltant de tous les gibiers : l'homme.

Les deux mains posée sur chacune des épaules de la demoiselle, afin de lui mettre en place sa veste de costume, trop grande pour elle, il rapproche ses lèvres des siennes, comme pour lui offrir un baiser. Ce qu'il ne fait pas.

" Mais ma chère... Tu ne sais donc pas qu'aujourd'hui, cette nuit m'appartient ? Tout comme ces rues d'ailleurs !"

Avec sensualité, il se recule, attrapant dans le même temps la main de la jeune femme pour y déposer un baiser galant.

" Aller, ne t'en fais pas. On va la retrouver ta Emmy... C'est quoi ton nom d'ailleurs ? "

Quand elle lui aura répondu, il lui offrira son bras pour qu'elle s'y accroche et l’entraînera par delà les ruelles sombres et peu accueillantes de la vielle ville.

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Dim 15 Sep 2013 - 12:27

Amy retomba sur la planète Terre lorsqu’elle vit l’arme de l’homme. Parfois, il lui arrivait de se demandait si elle et sa sœur ne se fourvoyaient pas en pensant que Galway n’était pas aussi dangereuse qu’on voulait bien le dire. En un an, elles n’avaient jamais autant croisés d’individus armés que dans le reste de toute leur vie présente, et elles étaient filles de militaire. Le braquage les avait déjà bien secoué, mais le malaise remontait à leur grande révélation lors de la soirée inaugurale du Bloody. En fait, depuis ce fameux jour, tout événement de l’univers semblait concourir à nourrir une profonde peur qu’elles cachaient en elles. Pas étonnant que cela ressortait sous forme de crise de ce genre. Mais la blonde n’était pas encore sûre qu’Emmy ait seulement fait une crise, et son estomac refusait catégoriquement à défaire ses nœuds.
Cela dit, elle avait moins froid à présent.

- Aller, ne t'en fais pas. On va la retrouver ta Emmy... C'est quoi ton nom d'ailleurs ?
- A : Amy.
” Répondit-elle. Elle n’avait pas vraiment envie de se lancer dans une conversation quelconque, elle ne voulait pas dévier du seul sujet qui la préoccupait et surtout, elle avait l’étrange sentiment que l’homme cherchait à l’embobiner, à la mettre en confiance pour profiter d’elle d’une façon où d’une autre. Intérieurement, elle avait prit sa décision : hors de question qu’il l’emmène dans une ruelle sombre ou tout autre endroit apparenté. Elle se reprochait amèrement d’avoir oublié son téléphone.

Son impression se renforça lorsqu’il lui présenta son bras. Elle le prit par politesse, mais à contre-cœur. Elle ne voulait pas faire de balade folâtre dans les rues, encore moins avec un individu étrange qu’elle ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, de surcroît presque en tenue d’Eve, et d’Adam. Mais pendant un instant, elle eut l’idée qu’il n’était qu’un bon Samaritain un peu rustre et maladroit qui voulait bien être vu par une demoiselle qu’il venait de rencontrait et dont il serait ravi de s’attacher la reconnaissance en l’aidant à retrouver héroïquement sa sœur jumelle.
Elle repoussa cette idée qui la faisait culpabiliser. Elle la repoussa avec cette sublime hypocrisie dont les deux jeunes femmes avaient fait un ingrédient secret.

Pressant quelque peu le pas de façon plutôt entreprenante, elle dit d’une voix hésitante à Jon.
A : Ecoutez Jon, je suis ravie de faire votre connaissance mais les circonstances ne sont pas vraiment favorables à une petite balade nocturne. J’airerais retrouver ma sœur et j’aimerais le faire le plus rapidement possible. Je suis sûre que vous comprend…

Elle n’eut le temps de finir sa phrase, et s’arrêta nette. S’arrêta de marcher, s’arrêta de respirer. Son cœur s’arrêta peut être même de battre un instant durant. Non pas une suspension dans le vide, mais un violent coup spirituel. Elle venait d’entendre très perceptiblement la voix d’Emmy, ou plutôt un gémissement. On l’eût dit prise d’une quinte de toux pendant un pleur. Amy tourna immédiatement ses regards vers Jon pour jauger sa réaction. Avait-il entendu lui aussi ?

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Sam 21 Sep 2013 - 15:45

Elle se décide enfin à lui dire son nom, ce qui déclenche chez lui un sourire malsain.

" Enchanté Amy..."

Elle accepte le bras qu'il lui tends. c'est un bon point. Cette nuit est magnifique pour une petite ballade en amoureux... Même si elle ne le sait pas encore...

Elle aura tout le temps de s'en rendre compte quand il lui prendra l'envie de lui passer dessus en file indienne avec sa bande de Junkie, complètement défoncée au crack...

Mais sa bande n'est pas avec lui ce soir... Et il n'a pas encore envie de la chevaucher pour le moment... Alors profitons pour le moment de cette délicieuse compagnie sans ambiguïté.

Il l’entraîne dans les rues jaunies par l'éclairage blafard de Galway. La brume est comme une présence fantomatique qui les observes, surgissant pas halo au coins de chaque ruelles. Il règne un silence de mort, appesanti par le propre silence de Jon qui ne prononce pas un mot. Il profite de cette ambiance qui l'envahi et semble avoir été posé spécialement pour lui ce soir.

Amy se montre de plus en plus inquiète et le fait savoir.

“A : Ecoutez Jon, je suis ravie de faire votre connaissance mais les circonstances ne sont pas vraiment favorables à une petite balade nocturne. J’aimerais retrouver ma sœur et j’aimerais le faire le plus rapidement possible. Je suis sûre que vous comprend…”

Elle n'a pas le temps de terminer sa phrase qu'un gémissement audible se fait entendre. A la réaction d'Amy, il n'y a pas besoin d'avoir fait polytechnique pour comprendre...

Il agrippe la blonde par la bretelle de sa nuisette, au risque de la déchirer, pour entraîner cette dernière, dans une course effrénée en direction de ce signe inquiétant.

Arrivé sur place, il voit une jeune fille rousse dans la même tenue que sa compagne d'une nuit, étendue au sol et tremblant comme une feuille. A côté d'elle, et leur tournant le dos, un homme se penche et hume l'odeur de son entre jambe. Trop pris par sa pulsion perverse, il n'a visiblement pas remarqué l'arrivée d'Amy et de Jon dans son dos... Et ce dernier souhaite que ce soit toujours le cas.

Sans laisser le temps à Amy de se remettre du choc de cette vision et de faire quoi que ce soit, il plaque et comprime sans ménagement sa main contre sa bouche. Il ne retire cette dernière très lentement, que quand il est sûr que le message est bien passé. Silence absolu tant qu'on a l'avantage...

Il s'avance très lentement, mais visiblement sûr de lui ses pas son aussi léger que ceux d'un chat.

La main de l'homme se glisse tout aussi lentement et tremblante sous le peu de tissu recouvrant la peau d'Emmy. L'autre fébrilement commence déjà à attraper la bordure de sa petite culotte dans l'intention flagrante de la lui ôter.

Soudainement, il s'arrête dans son mouvement. Une sensation froide est tranchante s'est calée entre sa gorge et le corps de sa victime. La lame d'un couteau de chasse le menace, tandis qu'il sent déjà une main ferme empoigner sa chevelure grasse, pour le forcer à relever la tête et détourner son regard de la magnifique fleure qu'il se voyait déjà butiner.

" Salut... Je suis le chevalier de ces dames... Et je suis complètement taré."

La prise de Jon est sûre... Professionnel. Il ne lui suffit que d'un mouvement pour tirer l'individu vers l'arrière et le forcer à se relever. C'est avec la même célérité qu'il retire alors sa lame et frappe violemment, à plusieurs reprises, le visage de l'homme, contre le mur le plus proche. Il le laisse ensuite tomber au sol, tenant son nez brisé et ensanglanté entre ses mains.

Amy est libre de rejoindre sa soeur si elle le souhaite à présent. Il lui fait savoir par un signe de tête en sa direction.

Jon range son couteau et sort son Colt. Il tourne autour du violeur potentiel, comme un félin tourne autour de sa proie... L'individu sort alors un couteau papillon, par pur réflexe défensif. Aucune préparation dans son action, aucune maîtrise de soit... Jon n'a aucune difficulté à attraper d'une main ce bras vengeur qui s'agite, et à le briser d'un coup de genoux bien placé contre l'articulation.

Le voila privé de sa première arme... Il hurle... Il est bien placé pour savoir que les cris sont loin d'être suffisants dans la vraie vie pour faire venir à soit un quelconque secours à une heure aussi tardive de la nuit.

Il neutralise sa deuxième arme en écrasant sa semelle contre son entrejambe. L'homme hurle de plus belle, sous le regard mêlé de terreur et de fascination des filles. Seul la menace du canon qui se dessine sous ses yeux, et le cliquetis caractéristique du chien que l'on recule, parviennent à le faire taire.

De nouveau un silence malsain s'installe... Jon jette un regard en direction des filles... Leur état le préoccupe plus que le sort de cet homme... Ce n'est pas de ce vers de terre qu'Emy à peur... Mais de lui...

Sa victime à de nouveau toute son attention. Il lui parle avec un immense sourire moqueur

" Je crois que ces demoiselles ont eu leur dose d'émotions fortes pour ce soir... Qu'en pense tu ?"

Il retire son pied et se recule, son arme ne cesse cependant pas sa menace mortelle, au cas où...

" Tire toi... "

Il n'a pas besoin de le dire deux fois... Tout comme il n'y a pas besoin de connaitre Jon depuis des années pour comprendre qu'il n'a pas pour habitude d'offrir ce genre de chance de s'en tirer.

L'homme se relève, en manquant de trébucher, et s'enfuit à toutes jambes... toujours sous la menace du Colt Python de Jonathan Clark.

Une fois assuré d'être tranquille, il range son arme et se retourne en direction des filles. Il constate qu'Amy ne se préoccupe plus de lui... Et curieusement, Emmy ne s'est toujours pas relevée... Est elle blessée ?

Il ramasse le couteau papillon qui est toujours au sol, et s'avance.

" Comment va t'elle ? "

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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mar 24 Sep 2013 - 7:49

La réaction de Jon fut le tonnerre qui suit l’éclair. Aussi vive, aussi subite ; il manqua de mettre à nu la pauvre jeune femme qui se vit entraîné non sans quelques craintes. Son corps était tout à l’inconnu, qui la guidait mieux qu’elle ne l’aurait su faire elle même, elle qui écoutait encore, comme si des échos retentissaient entre les murs ouvragés du beau quartier. C’est que sa tête s’était figé dans le temps, que ses oreilles cherchaient encore dans l’espace le parfum en suspension d’un cri, du cri d’une amante. Son esprit vagabondait dans les rues bien plus vite que ses jambes, bien plus vite que Jon. Mais, dans la situation présente, c’était Jon qui se rendait bel et bien à destination.

Lorsque les deux saumons remontèrent le courant de son, Amy se retrouva confronté à une de ses situations dont l’esprit humain a toujours du mal à se départir intelligiblement : une scène qui suscite simultanément le réconfort et la crainte. Non pas le dégoût, elle y était immunisé, elle avait tout vu. Même cet homme qui se penchait vers sa sœur, même cette ordure humaine, ce rebut psychique de dépravation de gouttière ne l’étonnait pas. Elle connaissait les fantasmes des gens, elle savait ce que chacun cachait, ce que chacun gardait au fond de lui, de plus primal et de plus infecte. Elle était incapable de ressentir de dégoût, et elle en serait tout aussi incapable si elle en avait été la victime.

Mais alors, pour la première fois de sa vie, quelque chose se produisit. Ce sentiment aussi inédit que frappant, qu’elle expérimentait avec un mélange de stupéfaction et de tuméfaction, cette aigre-douce saveur : la haine. La haine pure, sans mélange parasite, sans affect satellite, sans prétexte, sans même vraiment d'objet. Une haine authentiquement brute, un matériel raffiné à en être gazeux. Amy voulait voulait voir souffrir cet homme. En fait, elle voulait voir souffrir tout ceux qui osaient faire du mal à sa Emmy, passer sur le monde entier, chausser les sabots du Malin le temps d’un soupir, dévaster le bourreau. Elle voulait voir cette homme se tordre, ramper, implorer, et cracher sur son corps supplicié.

Mais ce sentiment fut l’affaire d’une seconde pour deux raison. La première était que seuls les fous, les psychopathes l’avaient assez nourris pour le faire durer plus que de raison. C’était le genre de pulsion que l’homme retenait enfermé en lui depuis qu’il avait choisi de ne plus être un égo géant et dévoreur. La deuxième était que Jon avait parfaitement anticipé ce sentiment. Ou peut être pensait-il qu’elle ne succomberait à la peur, à l’indignation, ou à tout autre émotion que le commun des mortels connaissait. Quoiqu’il en soit, elle comprit vite, et se tut. Elle saisit ,aussi clairement que ses yeux avaient saisis la scène, les intentions du bon Samaritain. Il y eut quelque chose d’horrible, dont elle ne prendrait jamais conscience : elle avait aimé ça.

Elle s’était délecté d’une délectation sans commune mesure de la vision de Jon s’approchant discrètement, tel un prédateur, du cloporte méprisable qui souillait sa petite sœur de sa présence.

Salut... Je suis le chevalier de ces dames... Et je suis complètement taré.

Lorsqu’elle vit le couteau, elle comprit que la réalité n’était pas en harmonie avec ses fantasmes, qu’elle n’était pas prête à assister au déploiement de tant de violence. Curieusement, l’agresseur - devenu agressé - n’existait plus vraiment. Il s’était effacé derrière ce couteau, cette lame qui symbolisait la mort, la mort réelle, celle qui était infligé de main d’homme, pas de la main de la faucheuse. C’était quelque chose de terrifiant, insupportablement matériel. Quelque part dans le monde, quelqu’un avait passé son temps à ouvrager un objet qui n’avait pour fonction que de donner la mort à un être vivant. Lorsque Jon sortit d’on ne savait où une espèce d’énorme substitut pénien en forme d’arme létale - mais en plus bruyante, cette fois - Amy se rua instinctivement vers Emmy, la recouvrant d’un étreinte protectrice d’aucune utilisé pratique. Elle espérait que l’homme puisse s’enfuir, que Jon se ravise, ne le tue pas, ne le tue plus. Mais elle ne forma aucun son de protestation.

Finalement, Jon laissa le truand bénéficier d’une indulgence, grâce royale qui sonnait étrangement fausse. L’homme s’en va en marchant de façon ridicule. Cette vision allait rester longtemps imprimé dans l’esprit d’Amy, entre autres parce qu’elle y croisa son regard. Instant fugace et sans objet. Rien ne circula entre ses quatre yeux. Mais la blonde cru voir en elle-même plus qu’en l’autre, et ce fut effrayant.

Elle avait besoin d’Emmy, mais Emmy n’allait pas bien. Elle avait quelque chose, sa respiration était puérile, son regard vague. Elle semblait absente, le poids monde physique pesait sur elle de façon cruelle ; c’était une terrible épreuve que la gestion de ces muscles, de ces organes, de ces veines, on s’en rendait compte en la voyant. C’était difficile, Emmy semblait en difficulté.

- Comment va t'elle ?
- A : Mal. Elle fait une crise ; de l’hyperventilation, on dirait. C’était jamais arrivé, je ne sais pas comment gérer ça et j’ai oublié mon portable à la maison.


Amy, plus qu’Emmy, semblait en danger de mort.
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Jon Clark
Humain
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Ven 4 Oct 2013 - 17:33

Jon contemple la jeune femme convulser, sans montrer ne serait-ce une once d'émotions dans son regard. En effet, tel que s'est parti, elle risque bien de crever toute seule.

Amy larmoyante, prostrée contre le futur cadavre de sa sœur lui fait pitié. Ça ne lui ferait pas de mal de couper ce cordon... Comment peut-on vivre en ce sentant si dépendant de l'existence d'une tierce personne ? ça le dépasse.

Bon sang... qu'est ce qu'elle est pénible... Mais arrête de chialer putain !

* Tu m'explique quel est l'intérêt de sauver une fille si c'est pour la laisser crever ?*

*Tiens, une petite voix dans ma tête, ça faisait longtemps ! Comment va tu ?*

*Moi ? bien, merci et toi ? Galway est une jolie .... Hey ho ! C'est pas le propos ! Cette catin va crever, tu ne veux rien faire finalement ? *

* Ça va, ça va, t'as raison... Laisser un aussi joli cul quitter ce monde, c'est faire insulte à l'instinct de reproduction humain après tout ! *

Il s'agenouille alors, et pose une main rassurante sur l'épaule d'Amy pour lui demander de lui faire un peu de place aux côtés de ça sœur.

" Aller ne t'en fais pas ma belle ! Le gentil Docteur Clark va s'occuper de gérer ça..."

Il sort alors de sa  poche arrière, un petit étuis qu'il ouvre. A l'intérieur, la bonde peut voir plusieurs compartiments contenant des pilules de différentes couleurs. Jon semble réfléchir à ce qu'il va bien pouvoir lui donner.

Du LSD ? ... Mmmmh non. Il préfère l'économiser au cas où il aurait besoin de se provoquer un petit effet Black&White... Et dans une ville peuplée de vampires et de monstre en tous genre, inutile de dire qu'il en faisait une consommation fréquente...

Du DPT ? ... Pas sûr qu'elle soit prête à voir le sol s'ouvrir sous ses pieds, et de sentir son corps dévoré par les flammes tandis que des serpents lui sortent par les yeux...

De l'AMT : ... Vu les tensions musculaires et mauvais trips que ça procure, il aurait plus vite fait de lui tirer directement une balle dans le crâne...

Ah ça ! ça pourrait convenir ! AcO-DMT : Une petite drogue de synthèse reprenant la molécule des champignon hallucinogènes... Ça pousse très fort, très vite... Et les effets ne durent pas longtemps, sans grosse séquelles... c'est parfait pour une débutante.

Il saisit alors une petite pilule de couleur bleu qu'il présente aux lèvres de la jeune femme. Il voit alors le regard inquiet et légitime d'Amy, ce qui lui arrache un sourire.

Il enlève alors sa main et porte directement la drogue à sa bouche en levant la tête vers le ciel. Dans un mouvement d'épaule exagéré, il fait claquer l'opercule de la pilule entre ses dents, dans un craquement sinistre. Il tremble alors de tout son corps tout en poussant un long soupir frileux.

Il descend alors les yeux en direction de la blonde qui lui semble coifée comme une princesse Disney, tandis que quelques papillons et halo lumineux flottent autour d'elle. Il voit alors les plis de sa nuisette se déformer d'eux même pour prendre l'apparence vague d'un visage et lui dire dans un grand sourire et une petite voix aigrelette.

* Sauve là, et tu pourra m'enlever autant de fois que tu veux ! *

Son sourire s'élargit alors et il se contente d'ajouter à voix haute.

" C'est okay... Il est plus que temps de réveiller notre belle au bois dormant !

Au fait, tu devrais en prendre... Sinon tu sera peut être en décalage par rapport à nous ! "


Il lance à Amy, qui ne se doute pas que c'est plutôt à la robe qu'il s'adresse, la même pilule qu'il a pris. Il en prends une pour sa soeur, et range son étuis.

Il pose alors la tête de la rousse, dont les cheveux changent de couleur sous ses yeux, contre son avant bras. Il lui fait alors ingérer de force la drogue, et la redresse pour qu'elle ne s'étouffe pas. Son bras enlace sa taille également pour l'empêcher de s'envoler.

Normalement, l'effet du produit devrait la détendre suffisament pour lui faire ouvrir les yeux et prendre une grande inspiration dont elle semble avoir besoin.

_________________
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Amy & Emmy
Humain
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MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Mar 8 Oct 2013 - 7:56

La situation était grave autant qu’elle pouvait l’être. Amy, qui aurait dut se sentir rassuré, ne l’était pas du tout. On peut passer du baume sur un cœur pour y mettre le feu dans la seconde, le secourt d’une personne n’était que la possibilité de la replonger. Après tout, l’ourobore ne se mordait-il pas avant toute chose ? Emmy était l’obsession d’une sœur qui avait germé sous sa tutelle, et vice versa ; elles ne connaîtraient jamais de vie normale, elle ne connaîtraient jamais qu’une vie en aquarium à regarder des individus d'une espèce dont elles n’étaient pas. On disait des humains, des vampires, des lycans qu’ils étaient différents, il avaient un point communs qu’elles n’avaient pas.
Alors quoi ? Fallait-il la laisser ? Cela n’aurait rien changé, et elle en était incapable. Leur état : leur état était irréversible depuis si longtemps.

Jon sortit une pilule bleu et l’avala. Au vu de sa réaction, ce devait être du nirvana en bouche.

Elle réfléchissait sur l’approche à adopter pour sauver sa petite sœur, songeant au porte à porte effervescent pour emprunter un combiné de téléphone. Pour sonner l’alarme.
Elle avait envie de crier au feu.
Les gens ne réagissent pas lorsque l’on appelle à l’aide. Ils refusent d’engager leur personne pour aider quelqu’un. Qu’est ce que vous croyez ? Vous êtes pareil. Le son de la radio monte lorsque l’agonie prend une voix au dehors.
Amy avait peur d’être une nouvelle Kitty Genovesee, elle voulait crier au feu.

Le feu a ça d’avantageux qu’il est convivial est fédérateur. Personne n’aime le feu, ou presque. En tout cas, aucune viande n’aime le feu. Si vous criez au feu, vous êtes sûr que tout le monde vous aidera. Les gens font du feu un ennemi car il n’a pas la politesse de frapper à votre porte.
Et puis, il faut dire aussi que mourir d’asphyxie n’est pas des plus enviables.
On brûlait des effigies de tyrans avec le feu au quatre coin du globe.
Le feu est amour, il se sacrifie à la haine.

Mais Amy ne cria pas au feu. Elle en le fit pas car elle avait vu Jon, et sa pilule bleu, Jon le drogué, Jon le fou.
Il y a des fois où l’on croit connaître quelqu’un, cela arrive souvent - ne dit-on pas : on croit connaître les gens ! ? - on croit les connaître donc, et finalement ladite personne nous surprend. Qu’il s’agisse d’une déception ou non, c’est toujours un choc. Mais cela se passe toujours au bout de quelques années, au mieux de quelques mois.
Il y a des personnes qui vivent ce moment, unique moment. Quelqu’un se montre à vous tel qu’il est, puis, d’une seconde à l’autre, peu de temps après, il se montre tel qu’il est sous un jour dissemblable. Et peut importe qu’il s’agisse d’un contexte différent ou non. On sait qu’on a en face de soi deux personnes différentes. Et, plus impressionnant encore : on sait que ces deux personnes ne sont en réalité qu’une personne.

Amy n’avait pas encore appréhendé Jon dans sa totalité, ç’eût été impossible. Il était fort à parier que Jon lui même ne l’avait pas encore fait de sa personne. Elle ne l’avait pas connu dans toutes ses phases, mais elle venait de le voir gibbeux. Elle n’y avait pas seulement vu tout un océan de cratères spirituels dont chacun pouvait dissimuler potentiellement n’importe quoi, elle l’avait vu donner de la drogue à sa sœur. La sienne. A elle.

- A : Ecoutes, si tu prends ton pieds en t’envoyant du Viagra, libre à toi, mais il est hors de question…
-C'est okay... Il est plus que temps de réveiller notre belle au bois dormant !


Ahem...
Pourtant, elle y avait mit le ton. Mais monsieur le bon samaritain ne devait déjà plus être de ce monde.
Elle connaissait suffisamment le Viagra pour savoir que ce n’en n’était pas. Le Viagra donnait aux hommes la folie des grandeurs, pas la folie des folies.
Et le bougre était rapide. A peine la jeune femme avait eut le temps de mettre son veto qu'Emmy rejoignait Alice et l’oracle de Delphes. A peine avait-elle eut le temps de ponctuer sa phrase d’un impérieux point final que du Viagra se retrouvait lové au creux d’un pli de sa nuisette.

Au fait, tu devrais en prendre... Sinon tu sera peut être en décalage par rapport à nous !

Et comme elle avait déjà été suffisamment en décalage par rapport à sa sœur cette nuit, elle descendit dans le terrier.

Les choses y étaient tellement différentes. Tout tournait, mais sans donner le tournis, tout était mouvant, les couleurs, les formes, mais donnait une apaisante sensation de stabilité. On l’eût dit dans une quelconque gondole, bercé sur un flot de lumière invisible, dans un monde peuplé de fées et d’anges.

Sans le vouloir ni s’en rendre compte, elle fit comme Jon, tête penché en arrière, les yeux fermés. C’était plus qu’une sensation. C’était un quelque chose vous traversant corps et âme. C’était à vous faire comprendre que l’esprit avait ses sens tout autant sinon plus que le corps ; que le cerveau n’était pas une machine à décision mais à sensation. Que le cerveau pouvait tout enfin.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, sa sœur disposait d’une chevelure d’un noir profond. Elle ne savait plus vraiment qu’elle était la différence entre leur deux personnes. Elle ne savait pas pourquoi il y avait un mot pour Amy, un mot pour Emmy. Elle savait juste qu’en face d’elle se tenait un être mille fois vénéré. Les deux filles se regardaient en riant. Ce n’était pas vraiment des larmes de joie, pas plus que de pleur ou de peur, mais elles coulaient tout de même. Leur visages se rencontrèrent en un tendre baiser. Le monde entier pourrait se signer en les voyant, elles, ne voyaient que leur amour, et leur amour était sanctifié.

Puis elles joignaient leurs rires à Jon. Jon était un drôle d’Absolem.
Elles n’avaient plus vraiment froid, alors pourquoi pas rester un petit peu, tuer le temps avec leur nouvel ami ?

Par le feu, le Viagra, Amen.
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Ysaline Aendril
Vampire
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Messages : 33
MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Jeu 24 Oct 2013 - 22:48

[RP Maïka]

Des rues, des maisons, un soleil... non, pas de soleil, une nuit noire éclairer par la seule lumière émise des réverbères. Les nuages obscurcissent le ciel, voilant les astres. Galway semble plonger dans une torpeur silencieuse à cette heure avancée. Un bruit inquiétant romps tout de fois ce calme nocturne. Une fréquence régulière de pas sur le bitume froid. Une femme brune erre.

Toujours vêtue d'une robe élégante, de ses talons aiguilles aussi aiguisé que ses canines afin de faire d'elle une tueuse potentielle. Que fait-elle si tard en ville ?
Ysaline, la vampire soumise à l'avarice cherche une propriété mise en vente sur l'une de ses avenues. Ne pouvant consulter d'agence immobilière de jour, elle s'était résolue à marcher de nuit pour explorer cette ville quelle connaissait encore si mal.

Son séjour n'étant que passager à l'origine, elle refusait de rester plus longtemps dans un de ces hôtels, bien décidée à dépenser intelligemment son pécule amasser à travers les ans pour investir dans une demeure lui permettant de revenir aussi souvent qu'il lui plairait.

Toutefois, aucun des bâtisse qu'elle n'avait croisée étaient assez chic pour convenir à ses goûts. Il lui fallait toujours plus, plus grand, plus beau, plus de jardin... La seule maison qui l'intéressait vraiment n'était pas à vendre. Peut-être qu'une visite chez les propriétaires, et quelques gouttes de sang versée lui permettrait d'acquérir ce bien ?

Elle comptait ouvrir le portail de la bâtisse et s'infiltrer dans la cours, lorsqu'elle sentie une présence. Passer pour une voleuse ou un cambrioleur ne l'arrangeait pas. C'était indigne de sa personne d'être rabaissée à se point, elle allait probablement tuer et manger, mais pas voler, puisqu'elle se ferait propriétaire !
Plutôt que d'agir dans le précipitation, Ysaline ralentie le pas afin de laisser venir l'inconnu à elle. Elle envisagerait les options possibles entre vider cette personne de son sang, la laisser partir, ou faire accuser cette personne du meurtre.
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Maïka Amnell
Humain
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Messages : 19
MessageSujet: Re: Les grandes avenues   Ven 25 Oct 2013 - 0:15

Le noir, la nuit, encore et toujours... Elle avait beau faire des efforts, mais elle n'aimait toujours pas être dehors la nuit, même si elle n'avait plus autant peur du noir. Heureusement, sa rue était plus ou moins éclairée et elle allait enfin découvrir la maison que ses parents venaient d'acheter et cela la rendait heureuse, d'ENFIN pouvoir quitter l'hôtel. D'autant plus que ses parents s'étaient assurés qu'elle puisse avoir une énorme chambre, plus un atelier dans lequel elle pourrait confectionner ses bijoux, qui étaient son passe-temps. Elle avait également une pièce entière pour les ranger, avec un accès séparé, car la pièce faisait aussi boutique de bijoux et il y avait une petite cloche à la porte, reliée à un bracelet qu'elle portait, ce qui lui permettait de toujours savoir quand quelqu'un entrait, seulement si la jeune fille était chez elle.
Elle avait vu ou se trouvait la maison, mais rien de plus. En marchant dans la rue, elle remarque une femme devant chez ses voisins et s'en approche*

Hum...Est-ce que tout va bien?

La jeune fille regarde la femme face à elle, remarquant au bout d'un moment, qu'il s'agissait d'une vampire, grâce à son teint. Elle sourit à la vampire avant de s'asseoir un moment sur la clôture de la maison.
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