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 Quelque part dans le parc fantôme

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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Mar 4 Juin 2013 - 23:08

Charlotte
« Tu viens, Charlotte ? demanda Kiaran avant de partir sur un petit rire bon enfant. Tu ne vas pas me dire que tu as peur, n'est-ce pas ? » Quelques sourires moqueurs étirèrent les lèvres de la petite bande tandis que la vampire observait l'entrée à moitié calcinée du parc. « Charlotte ?
— Ça va, ça va, répondit la concernée, j'ai dit que je vous suivais, non ? » La colère était déjà là. Elle avait la méchante impression d'être prise pour une imbécile et elle détestait cela. La porte était bien évidemment fermée et barrée d'un imposant panneau rappelant qu'à la suite d'un incendie, le Zombillenium était sinistré et fermé au public. Histoire de faire bonne mesure, le terrain était entouré de grillages censés prévenir les jeunes dans leur genre d'entrer. La jeunesse ayant toutefois du mal avec les règles, il n'avait pas fallut longtemps pour que des malins ne pensassent à amener une pince à métaux avec eux. Sinon royale, la voie ouverte était largement suffisante et il ne fallut que quelques minutes à Charlotte et ses compères pour déambuler dans la joie, la bonne humeur et l'obscurité dans un parc fantôme.
Parfaitement silencieuse, la française observait ses compagnons d'infortune, méfiante malgré elle. Elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment ces crétins faisaient pour ne pas comprendre. Elle ne faisait pas énormément d'efforts, pourtant. Par exemple, dès qu'elle se laissait accaparée par ses pensées — toutes les cinq minutes, en caricaturant à peine — elle oubliait de mimer une respiration. Autre détail qui aurait dû attirer l'attention des humains, à chaque fois qu'ils avaient tenté de la toucher, elle avait laissé échapper un grognement sourd, inhumain à ses oreilles aiguisées. Jamais, pensait-elle, jamais je n'aurais été capable d’émettre un son comme ça avant.
À bien y repenser, ce devait être l'alcool. Après tout, sans l'alcool, l'aurait-elle abordée de la sorte ? Elle s'était recroquevillée à l'entrée d'une petite ruelle, gardant un œil sur la rue principale adjacente. N'ayant pas pris de douche depuis deux jours, son physique n'était pas des plus engageants. Son pantalon était constellé de tâches diverses et variées, ses cheveux auraient mérité un bon coup de peigne. En quelques mots comme en cent, elle n'était guère attirante et pourtant, ils l'avaient entourée. Après s'être présenté, Kiaran avait tendu son bras, le tout accompagné d'un sourire charmeur. Charlotte l'avait regardé sans comprendre, d'abord, puis sa méfiance naturelle était revenue au galop. Elle aurait juré qu'ils préparaient un mauvais coup. Elle pouvait presque le sentir ; les sourires en coin, les regards de connivence... Ils avaient le profil typique.
Elle avait accepté.
Elle devait se nourrir, de toute façon. Elle sentait la soif revenir à la charge, alors même qu'elle avait chassé quelques heures plus tôt seulement. Quitte à devoir saigner quelqu'un, autant que ce fut un petit merdeux dans le genre de Kiaran. C'était comme ça qu'ils s'étaient retrouvés, en pleine nuit, entourés de manèges à moitié brûlés. « Viens avec moi, Charlotte, la pressa Sinéad en attrapant sa main. Ils vont encore se foutre dans une merde pas possible, c'est dangereux par là bas. » La peau chaude de l'humaine sur la sienne fit tiquer la vampire, qui se rendit compte que la bande se séparait en deux. Récupérant vivement son bras, Charlotte lança un regard méfiant à une l'adolescente. Elle était la plus jeune, dix-sept ans à peine. L'appât idéal, comprit-elle en opinant finalement du chef. Ils voulaient la mener en bateau pour le reste de la nuit, elle en était certaine. Ils allaient être déçus. Elle devait juste faire son possible pour être discrète...
Après quelques minutes de marche, durant lesquelles Sinéad tenta d'arracher quelques mots à sa compagne de marche, le premier « piège » se referma. Charlotte réagit au quart de tour, bien malgré elle : Kiaran fonçait vers elle, une faux — sans doute un jouet — brandie devant lui. Lui sautant dessus, elle manqua lui briser le cou pour dégager sa nuque et plongea ses crocs juste sur la veine, la déchirant au passage. Il aurait sans doute pu réagir s'il ne s'était pas attendu à un tout autre type de réaction. La peur suintait de tous les pores de sa victime et le cri strident de l'adolescente derrière eux électrisa une vampire qui se laissait par nature submergée par ses émotions. Elle n'avait même pas l'opportunité d'éprouver une once de remords. Pas encore. Elle n'avait aucunement l'intention de le tuer, de toute façon. Elle avait retenu les leçons de son frère et la blessure n'était pas létale. C'était aussi pour cela qu'elle chassait souvent. Elle ne voulait pas laisser de cadavre derrière elle et, comme elle ne contrôlait pas encore sa soif, elle n'avait pas d'autre choix. Mais elle savait qu'en faisait cela, elle laissait tout de même des traces. Être un vampire n'était pas aussi évident qu'on pouvait le penser.
Alors qu'elle tentait de fuir, Sinéad percuta quelque chose, à moins que ce ne fut quelqu'un. En même temps, les cris interrogateurs du reste de la bande se faisaient entendre. Comprenant que la situation s'emballait — l'adrénaline aidant, l'angoisse des conséquences de son acte ne parvenait pas encore à percer — et qu'elle allait devoir agir vite si elle ne voulait pas trop d'ennui, Charlotte lâcha sa victime qui tomba au sol, sonnée mais encore consciente. La scène n'avait duré que quelques secondes et Charlotte restait sur sa faim, c'était le moins que l'on pouvait dire. Redressant la tête, le menton couvert de sang malgré tout et le regard hagard, la jeune femme sut qu'elle devait prendre une décision. Sa première fut de se retourner.


Dernière édition par Charlotte le Lun 10 Juin 2013 - 0:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Sam 8 Juin 2013 - 8:53

ViggoC'était une belle nuit pour le vampire, au-delà du ciel étoilé, il venait de conclure un partenariat à long terme avec une bande de motards pour le transport d'armes. La négociation n'avait pas été de tout repos, il avait du faire une petite démonstration de force. L'avantage était qu'il s'était nourri et même si au final ça lui coutait cher, ça lui faciliterait grandement la vie de ne pas avoir à s'occuper du transport.

La petite rencontre s'était déroulée en bordure du parc fantôme. Viggo avait décidé d'y faire un tour pour profiter de la nuit. Il avait déjà entendu parlé de l'endroit à plusieurs reprises, tout comme de son histoire, sans jamais y avoir mis les pieds. Le résultat était, au final, assez décevant, il n'y avait pas grand-chose d'intéressant. Alors que le vampire allait s'allumer un cigare, il entendit des voix et discerna plus loin une bande de jeunes. Un sourire en coin se forma sur son visage, il rangea son briquet, l'amusement venait d'arriver. Son cigare toujours en main, il décida de suivre le petit groupe dans l'ombre.

Suivant les deux jeunes femmes qui s'éloignaient des autres, il ne savait toujours pas ce qu'il allait faire. Allait-il se contenter de leur faire peur? Ne rien faire? Ou s'abreuver jusqu'à l'ivresse? Il n'avait toujours pas décidé, il se contentait pour le même de les suivre tel un prédateur suit sa proie. Il repéra ainsi de loin le jeune homme s'approcher pour faire un sale coup.

Toutefois, la situation ne se déroula en aucun point comme il l'avait pensée. En quelques secondes une des deux jeunes femmes (Charlotte) sauta au coup du garçon et y planta ses crocs. Il n'en fallut pas plus à Viggo pour comprendre que la jeune femme ne devait pas être vampire depuis longtemps, en effet perdre ses moyens de la sorte n'était pas habituel d'un vampire expérimenté. L'autre jeune femme (Sinéad) se mit à hurler et détala dans sa direction.
Elle vint heurter le vampire et recula en titubant sous l'effet du choc. Avant qu'elle n'ait pu relever la tête pour le voir - bien que dans l'obscurité elle n'aurait pas vu grand chose-, Viggo lui asséna une droite, dosant sa force pour l'assommer et ne pas lui broyer la moitié du visage. Elle s'écroula inerte au sol.

Le vampire releva la tête vers la vampire qui venait de lacher sa proie et se tournait vers lui la bouche ensanglantée. Tout en la fixant, il coinça son cigare entre ses dents et sortit un briquet de sa poche. Il quitta les yeux de la vampire pour les concentrer sur la flamme et allumer son cigare. Il rangea le briquet et expira un nuage de fumée avant de prendre la parole.

Si j'étais toi, je ne le laisserais pas en vie, commença-t-il en montrant le garçon au sol de sa main tenant le cigare. Viggo arborait un sourire . Il enjamba le corps à ses pieds (Sinéad) pour se rapprocher. Si tu le laisses en vie, il saura te reconnaitre... Et puis, ce serait dommage de laisser un tel festin. N'as-tu jamais vidé quelqu'un complètement ? Senti la vie s'échapper entre tes lèvres ? Continua-t-il alors qu'on pouvait lire l'excitation sur son visage.

Il tira une nouvelle fois sur son cigare tout continuant de fixer la jeune vampire. Des cris retentirent au loin, signal que les autres ne tarderait pas à débarquer. Un nouveau sourire amusé orna le visage du vampire. Une chose est sur, il va falloir prendre une décision rapidement, ajouta-t-il.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Dim 9 Juin 2013 - 21:21

Charlotte
C'était une chose étrange que d'être morte. Charlotte avait peur, elle était comme au pied du mur, incapable de décider de la marche à suivre, mais son cœur ne battait pas et elle ne manquait pas de souffle. C'était ce paradoxe, cette inéquation entre mental et physique, qui le déconcertait le plus depuis qu'elle était devenue... ce qu'elle était devenue.
Sa première réaction fut de feuler, telle une chatte acculée, se voûtant et dévoilant ses crocs. Elle ne savait pas qui elle était. D'un coup d'œil furtif, elle regarda Sinéad et comprit qu'il était la raison de son inconscience. De là à espérer qu'elle aurait tout oubliée à son réveil... Charlotte se surprenait à l'espérer. Et la vampire de se demander pourquoi elle avait réagi ainsi, sans aucune préparation ou minutie. C'était à l'opposée de tout ce que lui avait expliqué son frère. Elle devait choisir ses proies et ne leur laisser aucune chance, elle ne devait laisser aucune trace, ne pas se montrer. Mais quand Kiaran lui avait foncé dessus, sa faux brandie, elle avait simplement cessé de réfléchir. Elle était devenue une prédateur et n'avait pas voulu se laisser chasser.
Autant dire que c'était une réaction stupide qu'elle payait désormais très cher. Surtout que le cou de sa victime continuait de l'appeler. Contrôler ses émotions n'avait jamais été son point fort et c'était un miracle pour elle de ne pas s'être ruée sur Kiaran... ou sur l'inconnu, d'ailleurs. Un nouveau cri attira leur attention à  tous les deux et elle tourna la tête, se recourbant encore un peu plus. Ses mains touchaient presque le sol et elle était tendue comme la corde d'un arc. Comme s'amusant de son agitation, l'inconnu la pressa un peu plus.
« Ça t'amuse, hein ? demanda-t-elle avec hargne. Tu prends ton pied ? »
C'était gâcher quelques précisions secondes mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Depuis toujours, les excès avaient toujours été sa meilleure porte de sortie. Son anxiété lui avait fait développer un langage empreint d'un vocabulaire déplorable, comme une défense malhabile. Décidant que la meilleure chose était de gagner du temps avant de décider quoi faire, elle se rapprocha d'un Kiaran au bord de l'inconscience. Attrapant sa tête entre ses mains, elle le força à le regarder et dévoila ses crocs. « Un mot, un cri et je te tue. » Ce n'était pas comme si elle s'en sentait véritablement capable... tout en sachant qu'elle pouvait le faire sans le vouloir. C'était déjà arrivé. Il gémit et opina péniblement du chef. Sans effort, elle le hissa sur son épaule et se retourna vers l'homme au cigare. « Prends la avec toi, » ordonna-t-elle avec plus d'assurance qu'elle n'en avait réellement. Elle ne savait pas véritablement ce à quoi elle faisait face, mais quelque chose lui disait qu'il n'était pas plus vivant qu'elle. En tout état de cause, elle pouvait parier sans trop se tromper qu'il était plus expérimenté. Qui l'était moins qu'elle, en cet instant présent ? « S'il te plaît. »
Ils étaient tout prêts. Que penseraient-ils, quand ils découvriraient que deux de leurs amis et une inconnue avait disparu dans ce parc fantôme ? C'était ironvique, mais d'une certaine façon, elle doutait qu'ils la soupçonneraient. Elle avait remarqué leurs mimiques méprisantes ; pour eux, elle n'était qu'un déchet, une fille qui n'avait pas su s'en sortir et qui vivait dans la rue.
Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver une cachette improvisée : une attraction de maison hantée, sur plusieurs étages, plongée dans l'obscurité et à moitié calcinée. Se frayant un chemin dans les débris, elle parvint à se hisser au deuxième niveau et laissa tomber Kiaran, qui s'effondra mollement sur le sol. Elle allait pour regarder derrière elle, voir si l'inconnu avait cédé à sa demande où s'était simplement volatisé sans laisser de trace et en la laissant dans sa merde, mais un détail attira son attention : elle était couverte de sang. L'odeur entêtante voila tout le reste et le regard affamé de la jeune femme se posa sur la blessure de l'irlandais... sans qu'elle ne s'en rendit compte, elle s'approcha, se mettant finalement à genoux. Quel mal à en prendre un peu plus ? Elle avait si soif, soudainement. Hypnotisée, elle posa ses lèvres sur la peau ensanglantée et plongea une nouvelle fois ses crocs.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Lun 10 Juin 2013 - 21:51

ViggoLa jeune femme adopta une position de chatte sur la défensive. Il ne manquait plus qu'elle crache et ce serait une imitation parfaite. Viggo porta son cigare à ses lèvres pour éviter de rire, il ne put, cependant, pas empêcher un sourire narquois se former sur son visage.

Tel un nuage quittant ses lèvres, il laissa échapper lentement la fumée de sa bouche. Cette dernière s'enfuyait avec patience, léchant le visage du vampire. Cela faisait des années qu'il n'avait pas rencontré un jeune vampire inexpérimenté. Il se demandait ce qui était advenu du sire de la jeune femme. Elle ressemblait à un chaton pas encore sevré.

Il la gratifia d'un large sourire moqueur pour toute réponse à ses agressions verbales. Bien entendu qu'il s'amusait, bien entendu qu'il prenait son pied. Mais le jeu ne faisait que commencer et ça, elle allait vite le découvrir.

Soudain prise d'une poussée de confiance et d'assurance, la jeune vampire lui donna des ordres. Viggo décida qu'il allait encore la tourmenter un peu en lui offrant pour toute réponse, le silence et une bouffée de cigare. Un petit rictus vint ponctuer la scène lorsqu'elle ajouta un s'il te plait.

Il la regarda s'éloigner et lorsqu'elle entra dans ce qui fut jadis une maison hantée, il se décida à se mettre en route. Il saisit le jeune femme inconsciente par son vêtement, la soulevant juste assez que pour seuls ses pieds trainent au sol. Il découvrit la vampire plongée à nouveau dans le coup du garçon, hypnotisée par la soif. Il connaissait cet état, il l'avait vécu de nombreuses fois au début et puis plus tard lorsqu'il laissait passer trop de temps avant de se nourrir.

Un nouveau sourire, démontrant qu'il préparait un mauvais coup, déchira son visage. Il jeta la jeune femme inconsciente comme un chiffon par très loin de la vampire, histoire de la ramener à la réalité. Il marcha jusqu'à une poutre effondrée sur laquelle il s'assit. Il tira une nouvelle fois sur son cigare avant de parler.

Pas facile à gérer le soif, n'est-ce pas, commença-t-il laissant échapper la fumée alors qu'il parlait. Cette petite voix intérieure qui semble intarissable. Elle ne se taira jamais mais tu apprendras à te contrôler, dit-il amusé.

Il montra le corps inerte de la jeune femme derrière la vampire. Tu comptes en faire quoi? Demanda-t-il un sourire en coin sur les lèvres. Tu vas la simplement la buter ou tu vas aussi la vider de son sang? Tu as déjà connu l'ivresse que donne trop de sang? Continua-t-il le regard rempli d'excitation.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Lun 10 Juin 2013 - 22:58

Charlotte
Charlotte ne réfléchissait plus. Sa maigre résolution de n'en prélever qu'un petit peu avait volé en éclat dès la première gorgée de sang. Très vite, sa prise sur Kiaran s'était raffermi. Ses ongles s'étaient enfoncés dans la chair, jusqu'à déchiffrer la peau. Le nouveau flot de liquide carmin avait fini de la rendre folle et elle lui avait littéralement déchiré la gorge, avalant à grande goulée le flot carmin.
Elle avait toujours tout ressenti à l’extrême. La peur, la joie, la tristesse, l'envie. Elle avait sauté de l'une à l'autre, parfois si vite que son entourage n'avait su la suivre. La soif ne devait pas faire exception. Bien entendu, elle n'avait aucun élément de comparaison. De vampire, elle n'avait côtoyé jusqu'alors que son frère et ce dernier avait eu le temps de se faire à sa condition. Il possédait une maîtrise certaine de son état, là où elle s'agitait encore telle une... une nouvelle-née. Elle avait fini par se convaincre que sa malédiction mortelle la poursuivait dans sa non vie. Devenir une créature immortelle ne l'avait nullement soignée de son hypersensibilité et la soif, comme tout le reste, devait être décuplée. C'était pour cela qu'elle s'était ruée sur la chair béante du cadavre de Kiaran avec autant de férocité. Pour cela aussi qu'elle sursauta quand l'inconnu jeta Sinéad à ses pieds. Ramenée brutalement — mais à peine — à la réalité, Charlotte prit la mesure de ce qu'elle venait de faire et, dans un mouvement parfaitement incontrôlé, s'éloigna des deux humains. Son épaule frappa contre le mur de l'attraction et elle se laissa glisser au sol, tremblante et au bord des larmes. Plus de félicité, plus de sentiment de toute puissance. Seulement le contre-coup du retour à la réalité. Et cette culpabilité. « Putain, putain, putain non... »
Et toujours, son corps ne trahissait que faiblement son émois. Il n'y avait bien que ses tremblements pour la trahir : son cœur demeurait figer dans le temps et ses joues arides. Elle ne pleurait pas, ne gémissait pas, ne criait pas non plus. Quatre mots seulement avaient franchi ses lèvres. Mais à l'intérieur, c'était pire que la tempête et elle manquait chavirer.
« Pourquoi tu fais ça ? » lui demanda-t-elle avec hargne quand il lui parla de l'ivresse du sang. Son frère aussi lui en avait touché deux mots, sans vraiment entrer dans les détails. Une chose était certaine, Charlotte n'avait plus Soif et le cou de Sinéad était loin d'incarner les mêmes sirènes que celui de Kiaran, quelques minutes plus tôt. Ramenant son regard sur l'inconnu, elle trouver son regard et ne le lâcha plus. Elle n'avait plus aucun doute, désormais : elle faisait face à un vampire. Son jumeau lui avait affirmé qu'il n'y avait pas plus dangereux pour elle qu'un suceur de sang. Elle n'avait pas eu beaucoup de peine à comprendre pourquoi : rien ne prédestinait les vampires à un quelconque patriotisme. La méfiance revint donc à la charge, écrasant les remords. Elle ne voulait pas mourir.
Son corps réagit avant elle et elle se retrouva collée contre le mur. Elle ne comprit pas pourquoi avant d'entendre les cris de la bande. Les cinq restant tournaient en rond, à la recherche d'un quelconque indice pouvant les aider à trouver leurs compagnons disparus. Ce n'était qu'une question de minutes avant qu'ils ne trouvassent les traces laissés sciemment par Viggo.
Le regard de Charlotte accrocha alors une énorme trace de suie accrochée au mur et un début d'idée germa dans son esprit. Une idée qui, de fil en aiguille, la poussa à regarder Sinéad, le regard s'agrandissant à mesure qu'elle prenait la mesure de ce qu'elle envisageait de faire. Elle avait déjà tué une fois, aujourd'hui, et c'était une fois de trop. Elle ne se sentait pas capable de recommencer ; pas de sang froid, en tout cas. « Tu as de quoi lancer un feu ? » demanda-t-elle la voix blanche et en détournant, cette fois, le regard.
Un poids énorme venait de tomber dans son estomac. Si son corps l'avait pu, elle aurait sans doute vomis tripes et boyaux. D'une certaine façon, le fait qu'elle en fut incapable l'apaisait... C'était comme une excuse. Voilà ce qu'elle était, désormais. Une tueuse. Ce n'était pas sa faute, mais uniquement celle de son frère. Elle ne faisait que ce qu'il fallait pour survivre.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Mar 11 Juin 2013 - 9:46

ViggoViggo tira une nouvelle fois sur son cigare, contemplant la scène avec amusement. La jeune vampire semblait revenir à la réalité. Il était amusant de voir comme les jeunes vampires étaient encore très humains. Dans un certain temps, elle n'aurait plus aucune pitié à se nourrir.

Un petit rictus traversa le visage du vampire lorsqu'elle réalisa vraiment ce qui se passait et accentua la scène d'une suite de putain. C'était vraiment délicieux à voir et Viggo se régalait. Il était curieux de voir comment elle allait réagir après cela.

Un sourire moqueur se dessina sur son visage alors qu'il soutenait le regard de la vampire. Pourquoi je fais ça? demanda-t-il. Il marqua une légère pause avant de reprendre.. Peut-être pour m'amuser.. Ou parce que je suis méchant.. Ou pour t'éduquer... Qui sait.. Conclu-t-il avec un amusement non dissimulé. Il aspira une nouvelle quantité de fumée, soutenant toujours le regard de la jeune vampire.

La bande qui avait à la base accompagnée la vampire se fit à nouveau entendre. Viggo tendit le cou pour voir par ce qui avait un jour été une fenêtre. Ils étaient un peu plus loin, criant après leurs amis. Un sourire en coin se forma sur les lèvres du vampire alors qu'il tournait la tête vers son comparse de fortune.

On pourrait les tuer aussi... Tu parlerais d'un festin, proposa-t-il plus pour le provoquer qu'autre chose. Il étira les bras au dessus de sa tête comme s'il se préparait pour attaquer.

Toute l'attention du vampire fut reportée sur la vampire lorsqu'elle parla de feu. Son regard se fit carnassier et un sourire satisfait prit possession de sa bouche. Bien sur, s'exclama-t-il.

Tu vas donc gaspiller, commença-t-il alors qu'il fouillait les poches de sa veste. L'avantage avec les humains, c'est que vu leur nombre et la vitesse à laquelle ils se reproduisent, c'est pas grave... On n'est pas prêt d'en manquer... Ah ! Lacha-t-il alors qu'il sortait une flasque d'une de ses poches.

Il lança la flasque, qui était remplie, et une boite d'allumette à la jeune femme. Il y a de l'alcool fort dedans, ça devrait être bon comme accélérateur, dit-il comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Mar 11 Juin 2013 - 23:33

Charlotte

Elle le haïssait. Elle haïssait son cigare. Elle haïssait son sourire insolent. Il était tout ce qu'elle voulait haïr et, paradoxalement, tout ce qu'elle voulait devenir. Un être froid, libéré de ses émotions mortelles, observant le monde tel qu'il était réellement et sans se soucier de ses règles. Elle pouvait le voir rien qu'en observait sa nonchalance. Humaine, Charlotte était condamnée à vivre sa vie durant esclave de ses émotions. Mais elle n'était plus humaine, désormais, elle était une vampire. Tout était devenu possible le jour où son frère l'avait vidée de son sang. Les portes s'étaient ouvertes et si elle n'avait pas encore été capable d'en passer les paliers, ce n'était qu'une question de temps. Elle voulait en tout cas le croire, alors que l'horrible réalité lui serrait la gorge. En tendant un peu l'oreille, elle pouvait entendre Kiaran gémir, alors même qu'il gisait, mort, à ses pieds. Une vampire n'aurait pas dû se laisser atteindre de la sorte. La littérature regorgeait, certes, de ces récits décrivant les premiers pas chancelants d'un nouveau-né immortel, découvrant conditions et pulsions avec une horreur toute semblable à celle qu'elle pouvait ressentir. Mais elle ne vivait pas dans un livre, elle n'était pas un personnage de fiction. Elle était réelle, aussi réelle que faire se pouvait. Les choses auraient dû être différentes mais elles ne l'étaient pas.

Les cris des autres jeunes étaient comme des secondes qui s’engrenaient. Ils se rapprochaient. Et si Charlotte n'était pas encore totalement en paix avec ce qu'elle était devenue — en témoignait son agitation dès qu'elle songeait à ce qu'elle venait de faire — elle ne désirait pas mourir. À tort ou à raison, elle continuait de penser que le vampirisme était sa meilleure chance de vivre une vie... normale ; pensée ô combien ironique. Aussi, quitte à choisir, elle préférait encore sacrifier Sinéad. C'était sans doute, de toute façon, le meilleur moyen d'en finir avec ses émotions parasites.

Une sorte de parcours initiatique... cruel et sans pitié.

« Que dois-je faire ? Brûler les corps ? » Elle marqua un temps d'arrêt avant de reprendre, plus doucement. « J'aurai préféré... brûler tout le bâtiment. »

Ah ! Elle n'avait pas besoin de le regarder pour voir son petit sourire satisfait, alors qu'elle se mettait docilement en quête de ses conseils. Il n'empêchait : brûler la bâtisse et abandonner les corps — morts et vifs — à l'intérieur lui semblait bien plus facile que de renverser de l'alcool sur la dépouille de Kiaran et sur la poitrine encore plein de vie de Sinéad. Un nouveau cri attira son attention et elle jura alors qu'elle se rendait compte que les irlandais venaient d'entrer. Ils étaient juste sous ses pieds, désormais. Il était trop tard pour le plan initial et il allait falloir se contenter de la simple incinération.

« Si on se contente de faire ça, ils vont parler de moi à la police. Il faudrait que tu fasses semblant de me kidnapper, » murmura-t-elle, aux abois. L'accès au deuxième étage n'était pas aisé, les humains mettraient plusieurs minutes à les rejoindre, mais ils n'étaient pas sourds. « Ils ne te verront que de dos, je n'aurai qu'à dire que je suis parvenue à m'enfuir, si jamais quelqu'un me reconnaît... »

Elle se figea, alors qu'une autre idée lui chatouillait la conscience. Tremblante, elle regarda la flasque. La petite bande s'était pas mal enivrée, avant de venir au parc. Un accident, dès lors, était si vite arrivé... S'ils les tuaient tous et maquillaient ça comme une fête ayant mal tournée. Mais elle s'en sentait soudainement incapable. L'horreur la terrassait et elle ne savait plus comment réagir. Aussi se contenta-t-elle regarder, bras ballant, le mystérieux inconnu. Totalement dépendante de son bon vouloir pour la suite.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Lun 17 Juin 2013 - 13:20

ViggoViggo soupira la soirée ne serait peut-être pas aussi amusante que prévu au final. La jeune vampire - dont il ne connaissait toujours pas le nom- se dégonflait et ressemblait plus à une petite fille perdue qu'autre chose.

Après tout, je pourrais simplement partir, personne ne m'a vu.., dit-il avec un sourire narquois. S'il devait se salir les mains, autant la torturer un peu plus.

Il examina les lieux et les possibilités. Il pourrait simplement leur mettre une balle à chacun et faire passer ça pour un suicide collectif mais ce serait difficile à croire. Le feu avait l'avantage de faire disparaitre toutes traces mais  le peu d'alcool qu'il avait suffirait-il pour bruler au moins les deux corps? L'accident était encore la thèse la plus plausible. Ce n'était pas la première fois qu'il allait faire passer un crime pour un accident, il avait été payé de nombreuses fois pour ce genre de job.

Toujours sans un mot, il se leva et alla écraser son cigare sur une partie calcinée du batiment afin que la trace ne soit pas visible et il rangea le mégot dans une de ses poches. Il sortit une paire de gants en cuir noir d'une de ses poches et les enfila.

Viggo se saisit de la flasque et de la boite d'allumettes, il rangea cette dernière dans sa poche. Il arrosa le corps de la jeune femme (Sinéad) d'alcool pour renforcer l'odeur et l'idée qu'elle avait bu. Il saisit le corps l'amena près de la fenêtre et la positionnant debout, il poussa par la fenêtre pour coller le plus possible avec le fait qu'elle aurait malencontreusement chuter seule. Le corps allait s'écrouler au sol plus bas, quelques craquements d'os se firent même entendre.

Le vampire se tourna avec un grand sourire. Tu vois c'est pas si difficile que ça... Il se tourna vers le corps du garçon, c'était plus délicat pour lui, il fallait faire disparaitre la trace de morsure. Un pan de mur tenait tant bien que mal près du corps. Viggo l'aspergea aussi d'alcool avant de contourner le mur et d'y asséner un puissant coup de pied. Une série de bloc tomba et vint écraser la tête et le haut du torse du jeune homme. Plus de traces, plus rien...

Tu vois, c'est pas si difficile que ça. Tu m'en dois une en tout cas... Il but une gorgée d'alcool avant de ranger la flasque. En bas, on pouvait entendre des voix, les jeunes semblaient s'inquiéter du bruit. Je pense qu'il est temps d'y aller, affirma-t-il.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Ven 12 Juil 2013 - 11:04

Charlotte Les yeux écarquillés, Charlotte regardait tour à tour la fenêtre par laquelle tous croiraient que Sinéad s'était misérablement laissée tombée et l'énorme bloc de béton qui avait détruit à jamais la frimousse moqueuse de Kiaran. Le souffle coupé — fort heureusement, respirer était un luxe dont elle se passait très bien — elle luttait contre plusieurs émotions qui cherchaient à la submerger. Certaines étaient évidentes : le dégoût et l'horreur de voir deux vies ainsi fauchées, la peur de se faire découvrir malgré les précautions du mystérieux inconnus, l'envie impérieuse de fuir, de se cacher jusqu'à ce que cette ville maudite tombe en ruine. D'autres étaient plus insidieuses : elle était soulagée de voir, peut-être, la lumière au bout du tunnel, mais elle avait été déçue, aussi, de voir le corps de Sinéad disparaître de sa vue sans qu'elle n'ait pu en goûter ne serait-ce qu'un peu.

Et comme toujours lorsque Charlotte ressentait, elle ressentait tout, sans barrière, sans moyen de fuir. Aussi ne garderait-elle aucun souvenir des minutes qui suivirent, trop occupée à se noyer dans un déluge émotionnelle que son « sauveur » ne pouvait que soupçonner, et encore. Son frère l'avait prévenue, un nouveau voyait ses émotions exacerbées. Elle avait voulu le tuer, quand il lui avait dit ça, avec une telle violence qu'elle avait compris qu'il disait vrai... Et que sa renaissance marquait le début d'un nouveau cauchemar. Dans un état second, la toute jeune vampire ne put donc que suivre, dans un réflexe de survie imprimée dans sa moelle épinière.

Il n'y avait pas grand chose à dire, sinon que l'homme devant elle, qu'elle ne quittait pas des yeux, était son seul repère et son seul raccord à la « réalité, » peuplée de vampires et que savait-elle encore, mais toujours plus concrète que les délires dans lesquels elle pouvait s'enfoncer.
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MessageSujet: Re: Quelque part dans le parc fantôme   Jeu 8 Aoû 2013 - 15:22

ViggoViggo se tourna vers la jeune vampire qui semblait hagard, comme déconnectée de la réalité. Il s'arrêta et l'observa un instant. Il tendit la main vers la vampire et claqua des doigts à plusieurs reprises.

Hé ho, lacha-t-il, T'es encore avec moi ou tu vas claquer sur place? Enfin, c'est pas comme si tu pouvais vraiment mourir comme ça, termina-t-il avec un petit rictus.

Les voix se firent plus claires, les autres approchaient. Le vampire concentra à nouveau son attention sur leur fuite. Il se dirigea vers la fenêtre opposée à celle par laquelle il avait lancé l'humaine.

Un pan de mur survivait plus bas, il semblait assez solide pour pouvoir les réceptionner. Ils pourraient ainsi s'enfuir aisément. Viggo aurait pu sauté du premier étage sans aucun soucis, il doutait par contre que la jeune vampire y arrive. Ce pan de mur faciliterait la tache.

A moins que tu aies envie de jouer avec les autres, il est temps d'y aller, lui lança-t-il en tournant légèrement la tête. Moi je me tire en tout cas.

Le vampire grimpa sur le rebord de la fenêtre et sauta sur le pan de mur et enfin au sol. Il frotta légèrement ses vêtements pour les épousseter et leva la tête pour voir si la vampire le suivait.
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Quelque part dans le parc fantôme

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