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 Appartement de Juliet

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Juliet Ahston
Humain
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MessageSujet: Appartement de Juliet   Lun 12 Nov 2012 - 15:53

Au troisième et dernier étage d'un petit immeuble de l'ancien quartier des Docks, dans une rue perpendiculaire à Father Burke Road, se trouve l'appartement de Juliet. On y accède après l'ascension d'un escalier à vis. Le dernier palier ouvre sur deux appartements donc un seul, celui de Mlle Ahston, est actuellement occupé.

Le ton est donné dès la porte d'entrée. Epais et fait d'un seul tenant, le battant métallique est compensé par une série de baies vitrées opaques de part et d'autre et au dessus, offrant ainsi de la légèreté à cette porte.




Le regard, une fois cette barrière franchie, est immédiatement dirigé vers le coin salon ; celui-ci se compose d'un canapé en cuir noir agrémenté de coussins et d'un plaid aux couleurs de l'Irlande, posé sur un tapis en grosses mailles beiges où l'on remarque sans trop de peine les effets du temps. Le dernier meuble de cet espace est un coffre recyclé en table de salon.
Une porte ouvre sur le côté du canapé. Ouvert sur un peu plus d'un côté, on arrive alors sur le petit balcon de l'appartement, donnant sur les toits des immeubles voisins.


Dirigeant nos yeux vers la gauche, on repère l'espace de travail avec son bureau. Un ordinateur portable traine souvent à demi-ouvert sur le comptoir métallique de la table, au milieu de livres et de babioles de décoration. La chaise tout en métal gris clair semble rouiller sur son pied central mais roule toujours très bien.


Puis vient la cuisine avec son frigidaire repeint en vert sapin par la locataire des lieux. Meubles toujours en métal, dont l'usage initial a été détourné pour servir d'ameublement de cuisine : on retrouve ainsi un bac de plonge dont l'un des bassins de lavage a été recouvert par une plaque en acier pour obtenir un plan de travail. La partie avant de ce bassin recouvert a été découpée pour obtenir un espace de rangement où s'entassent les boites à gâteaux métalliques et celles à sucre. La vaisselle est rangée dans un reste d'étagère de garage coupée dans le milieu de sa hauteur pour terminer le plan de travail. Une table et deux chaises achèvent de remplir cet angle "cuisine".

Constance de cette pièce de vie, son parquet en noyer et ses murs en briques rouges. Seul l'angle où se trouvent la table et les chaises de cuisine est parsemé d'un reste de peinture blanche.
La seconde pièce de l'appartement a ses murs recouvert d'un crépis clair et inégalement réparti, offrant à la fois du relief et de la lumière à cette pièce. Le sol est également plus clair, fait de lattes de plaqué chène.


Discrète est la porte menant à la chambre. Elle est en effet un assemblage harmonieux de fer noir et de verre.

Elle donne directement sur le lit deux places de la jeune femme dont la tête et le pied de lit sont des plaques de métal. Une petite armoire recyclée contient les affaires de la demoiselle ; une malle trainant dans un coin offre une autre possibilité de rangements. Le lavabo de la salle de bain est directement placé dans la chambre. La douche à l'italienne se fait discrète derrière son rideau vert et les toilettes se dissimulent derrière une porte peinte comme le mur pour ne pas gâcher l'unité de la chambre.



Plan de l'appartement:
 

[PS HJ : Pour information, les tableaux -bureau, cuisine- sont de vraies photos réalisées par une amie ^^]

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Dernière édition par Juliet Ahston le Lun 26 Nov 2012 - 20:49, édité 1 fois
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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Sam 17 Nov 2012 - 16:29

Bain de minuit peu commun

Les deux amis avaient trouvé une place où se garer à quelques pas seulement de l'entrée de l'immeuble de Juliet. Après tout, c'était une rue fréquentée exclusivement par les résidents et à cette heure de la nuit, ils étaient pour la plupart déjà chez eux. De plus, cette proximité leur permit de ne pas rester longtemps dehors avec le petit vent frais qu'on sentait davantage dans les rues de la ville qu'en bord de mer, et par la même de ne pas se faire repérer. Certes les Galwegians en avaient vu d'autres, et de bien pires certainement, que deux jeunes gens revenant trempés, mais c'était le genre d'information qui faisait rapidement le tour d'un pâté de maison puis d'un quartier quand les commères étaient de sortie.

Juliet ouvrit la porte de l'immeuble et laissa passer James. Une fois la porte fermée, on sentait déjà une nette différence avec l'extérieur : les appartements étaient chauffés ici et dégageaient jusque dans les parties communes leur douce chaleur.
" Au troisième sans ascenseur. " sourit-elle en le précédant dans l'escalier. " Idéal pour faire son sport quotidien ! "

Arrivés au premier palier, la jeune femme marqua une pause pour retirer ses chaussures qui claquaient sur les marches. Elle avait pourtant essayé de marcher sur la pointe des pieds pour éviter que ses talons frappent le sol mais ça pouvait paraitre bruyant aux oreilles sensibles de certains dormeurs.
La brune continua donc nus pieds, les bottes dans une main, les clés dans l'autre, son masque toujours suspendu à son épaule.

"C'est ici ! " fit-elle en désignant la porte faisant face à la fin de l'escalier. Puis regardant l'autre porte du palier, tout en tournant sa clé, elle continua " Je suis tranquille ; y a pas de voisin à ce niveau. "

Après avoir allumé la lumière, en passant son bras à l'intérieur, Juliet ouvrit la porte en grand... Du moins, le plus grand qu'elle puise car la porte était finalement assez lourde.
" Je t'en prie... Bienvenue chez moi ! "

Une fois son invité entrer, elle referma la porte et fit cliqueter son verrou à deux reprises. Déposant ses chaussures et son masque dans ce qui servait d'entrée, la jeune femme se dirigea vers le coin cuisine, pour ranger la vaisselle propre qu'elle avait laissé à égoutter.

" Fais comme chez toi ! Tu préfères boire quelque chose ou prendre une douche d'abord ? "

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Dernière édition par Juliet Ahston le Mer 30 Jan 2013 - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Dim 18 Nov 2012 - 16:32

James suivit la jeune femme souriant. Il n’était plus trop loquace, il fallait dire que depuis qu’il avait quitté le feu, le froid s’était montré bien plus mordant et le professeur en faisait les frais…

Aussi il fut ravi d’apercevoir les escaliers et les trois étages à gravir, il n’y avait rien de tel que quelques étages à franchir pour se réchauffer !

Une fois arriver James sourit au propos de la jeune femme et jeta un petit coup d’œil à l’appartement. Il était décoré avec style, et gout. James aimé bien le style dominant, chic et industriel.

« Ton lieu de vie est magnifique, vraiment c’est chaleureux et superbement bien décoré… »

Le professeur aurait bien était plus bavard, cependant il se concentra sur la dernière proposition de la jeune femme, à savoir une boisson chaude et une bonne douche ! Il avait passé le trajet du retour à fantasmer sur ces deux choses.

« J’avoue que je commencerais bien par réchauffer cette vielle carcasse de l’extérieur par une bonne douche chaude si cela ne te dérange pas. »

Il lui adressa un grand sourire, les yeux brillant d’impatience de se retrouver immerger sous un jet d’eau brulant.

Souriant le professeur attendit que la jeune femme lui montra l’endroit ou il pourrait se doucher, et après l’avoir gratifié d’un énième remerciement, James se dévêtu afin de tenter de rosir certaines partie de son corps qui avait maintenant une couleur bleu préoccupante… Mais juste avant d’entrer dans la cabine de douche, James observa ses habits, trempés posé sur le sol. La douche perdrait de son efficacité si James devait ensuite renfiler ses habit, trempé et froid. Aussi le professeur passa une serviette autour de la taille avant de retourner dans le salon avec ses habits.

« Heu… Excuse moi… Juliet… Est ce que tu pourrais m’indiquer un endroit ou je pourrais poser mes habits en attendant ? Un chauffage par exemple ? »

Le tableau avait quelque chose d’assez amusant, James tremblait de froid, tout penaud ses habits dans une main pendant que l’autre tenait la serviette qu’il avait autour de la taille…

« Je suis désolé d’autant t’en demander… »

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Dim 18 Nov 2012 - 19:02

" C'est gentil ! Meublé à force d'économies et grâce à une bonne récup'. " expliqua-t-elle.

Puis, son invité signifiant son envie d'une bonne douche, Juliet lui présenta la chambre-salle de bain et le laissa investir les lieux pendant qu'elle transvasa sa soupe dans la cocotte pour la faire réchauffer à feu doux.
Quelques minutes plus tard, la porte derrière elle se rouvrit et elle fut surprise qu'il ressorte déjà. Elle se tourna alors qu'il lui expliquait son embarras.

" Ah zut ! Désolée ! J'avais oublié ce... détail... " fit-elle en s'essuyant les mains puis en s'avançant vers un James frigorifié sous sa serviette.
" Tu me déranges pas t'inquiètes. Je t'aurais laissé sur mon balcon si j'avais voulu que tu attrapes la crève. Donc, tu files sous l'eau chaude et tu me laisses m'occuper de tout ça. "

Sans lui laisser le temps de protester, elle lui prit ses affaires mouillées et elle se dirigea vers son unique radiateur. Comme celui-ci était froid et ancien, il faudrait un moment pour qu'il chauffe de lui-même. Juliet avait sa méthode. Elle aurait pu faire le système du fer à repasser dont elle ferait une démonstration quelque temps plus tard dans une salle de bain qui n'était pas la sienne. Mais elle était somme toute fatiguée et décida de laisser marcher la technologie. Il suffisait juste de lui donner un coup de pouce.
Déposant le lot de vêtements par terre, elle s'accroupit et frotta ses mains l'une contre l'autre. Elle laissa la flamme monter légèrement au creux de ses paumes puis les plaqua à deux endroits du tube chauffant du radiateur préalablement mis en position ON. Ça permettait d'accélérer considérablement le temps de chauffe de l'appareil. La jeune femme maintint la pression pendant une bonne minute.
Elle se releva et alla se laver les mains. Le but était de sécher les vêtements pas de les salir. Et en se disant ceci, la jeune femme réalisa quelque chose.

" Merde... "
Elle ne pourrait pas étendre les fringues directement sur le radiateur, d'un parce que ça ne rentrerait pas, de deux, parce que ça les abimerait et de trois, parce que ça pouvait s'avérer dangereux...
Sauf que son étendoir était dans sa chambre...

" Super organisation Ju'... " , soupira-t-elle.

Elle récupéra le paquet mouillé -histoire notamment de ne pas faire une jolie marque sur son parquet- et alla donc frapper à la porte de l'autre pièce et s'annonça en criant, histoire de couvrir le bruit de l'eau : " J'ai besoin d'un truc dans la chambre. Je fais que passer ! "
La porte ouvrant en direction du lit, elle ne s'occupa pas de la partie sur sa droite et pénétra dans la pièce. De toute façon, la douche était suffisamment en retrait pour que ça ne pose aucun problème.
Du coup, la brune ne fit pas que passer... Elle entreprit d'abord de vider l'étendoir en question de ses propres affaires désormais sèches qu'elle posa négligemment sur son lit. Puis elle attrapa deux cintres et y suspendit la veste du professeur et sa chemise dont elle se dévêtit. Elle ressortit comme elle était venue, sans se soucier de rien, les mains désormais chargées d'un étendoir avec pinces à linge, des deux cintres et des dernières affaires de James. Elle poussa la porte du talon et installa tout son barda près du radiateur. Celui-ci dégageait désormais une chaleur douce, normalement suffisamment efficace pour sécher tout ça.

Rester la question de... comment habiller un anglais dont le plus petit vêtement était en train de sécher ? Elle allait donc devoir accélérer les choses au moins pour ce qui concernait le caleçon du malheureux. La pyromane chauffa donc une nouvelle fois ses mains l'une contre l'autre mais cette fois-ci, elle éteignit rapidement la flamme obtenue. Puis passant ses paumes à quelques petits centimètres du tissu, elle entreprit son séchage express.

Une fois satisfaite, elle retourna dans la chambre, ne se souciant pas davantage de ce qui se déroulait côté salle de bain. Juliet posa le caleçon sec sur le lit et se mit à farfouiller dans sa penderie, avec le souvenir d'un t-shirt trop large qu'elle pourrait prêter. Il était forcement caché quelque part... mais où ?

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Dim 18 Nov 2012 - 22:09

Spoiler:
 
Le professeur sourit et décida de ne pas contrarier la jeune femme. Si elle lui intimait l’ordre d’aller sous la douche il ne se ferait pas prier bien au contraire ! Il lui confia donc ses habit, lui fit un petit merci de la tête, toujours tremblant sous l’effet du froid et disparut dans la chambre de la jeune femme, puis dans la salle de bain.

Une fois le professeur débarrassé de sa serviette, il se glissa directement dans la douche, et tourna les deux robinets… Lorsque l’eau jaillit du pommeau laissant échappé une petite fumée blanche, signe qu’elle était suffisamment chaude pour réveiller. Poussant un long soupir de soulagement, James se glissa sous les jets d’eau. Le choc thermique fut d’abord violent, puis devint très vite agréable.
Pendant de longue seconde, fermant les yeux James profita de cet instant alors que chaque parcelle de sa peau commençaient à se réchauffer, reprenant une teinte rosée.

Il était tellement bien qu’il n’entendit qu’à moitié les paroles de Juliet, et ne réalisa même pas ce que cela signifiait. Non James venait de découvrir le plaisir que l’on pouvait éprouvé lorsque l’on allait au hammam, et l’extase de sentir à nouveau ses doigts de pieds.

Bien entendu s’il n’avait ni entendu ni réalisé le premier passage de la jeune femme, il en fut de même pour son second passage. Une fois suffisamment dégelé, James décida de ne pas trop s’attarder sous la douche vider le ballon d’eau chaude de Juliet n’était pas très sympathique, elle qui lui offrait l’hospitalité. Aussi le professeur sortit de la douche, en s’essuyant rapidement, puis quitta la salle de bain sa serviette en main afin de demander à Juliet ce qu’elle avait fait de ses affaires. Comptant remettre sa serviette autour de sa taille une fois dans la chambre. Du moins c’est ce que le professeur avait prévu…

Lorsqu’il se retrouva face à Juliet, lui totalement nu et elle à moitié nue, la timidité, ses principes Anglais, associé à la situation eurent raison de sa présence d’esprit. Il laissa tomber la serviette sur le sol sous la surprise, perdant ainsi le seul tissu qui aurait permis de caché certaines parti de son anatomie qu’un anglais bien éduqué ne dévoilait jamais à une jeune femme avant une longue série de rendez-vous…
Aussi il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Maladroitement le professeur se servit de ces deux mains pour cacher cet « affront ». L’eau chaude avait certes rosie sa peau, mais la vue de la jeune femme à moitié dénudée alors qu’il était dans le plus simple apparat, lui donnait une toute nouvelle teinte, rouge vif… Teinte qui apparut sur ses joues et se propagea rapidement sur l’ensemble du visage.

« Heu… Vous… hum.. Tu… es… magnifique… »


C’est tous ce qu’il avait réussis à bredouiller, toujours immobile… Maintenant le professeur commençait à avoir chaud, très chaud…

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 19 Nov 2012 - 10:20

Elle entendit bien l'eau qui arrêta de couler. Du moins, un coin de son cerveau s'en rendit compte ; mais la majeure partie de celui-ci étant concentré sur cette recherche jusque là infructueuse, elle ne se retourna que lorsqu'elle entendit du bruit, celui d'une présence, derrière elle.

"Alors, cette..." commença la jeune femme. Si la surprise de James, de tomber nez à nez avec son hôte, lui avait fait lâcher la serviette, celle de Juliet lui fit lâcher un Whaaa. Et parce qu'il y a des réflexes plus rapides que la pensée -nous allons dire ça comme ça... hm-, elle baissa les yeux. Non pour se détourner -ça c'était la phase 2 où la conscience reprend le dessus- mais pour regarder. Regarder ce qui se présenter à elle. Ça ne dura pas très longtemps finalement ; parce que son invité se cacha aussi pudiquement que la situation le permettait et que ce simple geste en face d'elle la ramena à l'état de gêne qu'elle était sensée avoir. Elle releva alors le regard, croisant le visage virant au cramoisi de James et détourna les yeux.
La brune croisa son reflet dans le miroir et comprit alors que la rougeur sur les joues de l'anglais n'était pas du qu'à son état personnel. Elle était certes chez elle, sans vis-à-vis avec un quelconque voisin ; en temps normal, qu'elle se promène les seins à moitié à l'air car son soutien-gorge avait pris plus mal sous les flammes qu'elle ne l'avait d'abord cru, ça ne posait pas particulièrement problème. En temps normal, elle pouvait même se promener nue dans son appartement si ça lui chantait. En temps normal. Sauf que ce n'était pas vraiment une soirée "normale" et que surtout elle n'était pas seule. Dans un coin du miroir, elle vit le caleçon qui attendait sagement sur le lit.

Ses joues rosirent à leur tour et l'irlandaise fut prise d'un coup de chaud. C'était une très mauvaise idée d'avoir chaud... Pour calmer direct ses sens, elle envoya sa main taper contre la porte en métal de sa penderie. Elle serra les dents. Puis comme si de rien n'était, se mordant malgré tout la lèvre, elle attrapa le premier vêtement qu'elle trouva et l'enfila.

" Dire que j'économise pour mettre une cloison entre ici et la salle de bain... " rit-elle nerveusement. " Je suis désolée James. "

La jeune femme s'était retournée vers le mur et elle s'accroupit pour se mettre à fouiller dans un coffre. Il devrait bien être là ce T-shirt ! ragea-t-elle intérieurement pour concentrer son esprit sur une chose concrète.
" Tes affaires ne sont pas encore sèches, hormis ce qu'il y a sur le lit : je m'en suis occupée en priorité. Pour le reste, il faudra attendre que le radiateur agisse. Du coup, je te cherche un T-shirt extra-large que j'avais récupéré pour un déguisement. "
Elle avait presque vidé l'ensemble du coffre quand elle trouva enfin ce qu'elle cherchait. Elle le leva au dessus d'elle pour le déplier ; on en rentrait deux comme elle là-dedans.

" Je peux me retourner ? " demanda-t-elle en se relevant. Elle regardait sa main sur laquelle apparaissaient déjà les contours d'un beau bleu. Pourtant, elle sentait que ses joues étaient encore chaudes.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 19 Nov 2012 - 15:17

James était ne proie à un dilemme intérieur, un de ceux que les hommes ont beaucoup de mal à élucider.

Il était face à une charmante personne, qui quelques heures auparavant lui avait sauvé la vie, qui était gentille, intelligente, magnifique, bref qui ne le laissait pas indifférent. Autre détail, mais pas des moindres, la charmante demoiselle n’était en partie nue, déjà qu’il l’avait trouvé superbe dans la pénombre, entre-apercevoir ses courbures ne pleines lumière ne fit que confirmer sa première idée.

La première partie du dilemme était donc assez claire, mais voilà cette envie sommes toute très instinctive et justifié par une profonde affinité avec Juliet, et ça même s’il ne la connaissait depuis que peu de temps, était contre-balancé par autre chose.
Et cette autre chose n’était rien d’autre qu’une trentaine d’année d’éducation stricte et tellement « british ». Ça avait commencé alors qu’il n’était qu’un adolescent, à l’orphelinat ou il avait été placé, puis avec sa famille d’accueil, ensuite à l’internat ou il avait été placé… Bref il était difficile de lutter contre une telle éducation que l’on s’était évertué à lui faire entrer durant des années à coup de punition et de coup de bâtons !

Il resta donc statique, continuant de rougir, constatant impuissant que cette effet de gène sembla se propager jusqu’à contaminer la jeune femme. Elle sembla être encore plus troublé que le professeur à en juger par le coup donné à la penderie. James voulu alors la rassurer lui dire que c’était rien, la prendre dans ses bras… Le professeur rougit encore plus à cette image, et se contenta de balbutier ces quelques mots.

« C’est… heu… pas… Grave… »


Le professeur se saisit de son caleçon et du T-shirt que lui avait donner la jeune femme. Il enfila alors la tenue qui serait sans doute plus convenable. Mais pas besoin de se voir dans une glace pour réaliser qu’il était ridicule. Son caleçon théière et tasse de thé, qui d’après lui cachait difficilement son début d’émois, le T-shirt XXL qui pendait partout et ses joues dont la teinte avoisinait celle d’une tomate mure… Non le professeur ne se sentait pas réellement à l’aise… Au moins il avait repris suffisamment d’assurance pour parler un peu plus distinctement.

« Oui c’est bon… Enfin… Tu sais pas quoi, je crois que je vais rester comme j’étais tout à l’heure… Je ne pense pas mériter un second Waaaa de ta part dans cette tenue… »

Lui aussi éclata d’un rire nerveux, autant provoqué par sa dernière phrase que la vue de son reflet dans le miroir.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 19 Nov 2012 - 17:37

La vue étant libre, Juliet se retourna, gardant sa main derrière son dos. James plaisanta sur le fait qu'il devait être bien ridicule affublé de la sorte. Affublé convenait parfaitement mieux qu'habillé dans ces circonstances. Le T-shirt était marqué d'un grand logo de superhéros qui s'assortissait certes bien aux teintes blanches et noires du caleçon "service à thé" mais...

" Je ne dirais pas que ça te va mieux qu'à son propriétaire d'origine... Mais il le portait tellement bien que la comparaison est difficile. " sourit-elle avec tendresse alors qu'une image du passé lui revint en mémoire.

Il n'était en effet pas question d'un achat pour un déguisement mais d'un cadeau d'un autre pensionnaire de l'asile. Le jour où il était parti, il lui avait donné un de ses T-shirts "préférés" en guise de déclaration d'amour. Chacun avait eu un petit cadeau car ce garçon aimait tout le monde. Elle n'avait jamais bien compris ce qu'il faisait dans son service, tellement il lui paraissait gentil. Tout le monde l'aimait bien et le seul qui avait essayé de l'emmerder avait reçu la visite de tous ses camarades pour le remettre à sa place... un peu brutalement. Ce souvenir était moins agréable, bien qu'amusant.

" Si tu veux un whaa, je peux t'en donner un. Parce que je t'assure que ce que je vois est whaa... surprenant ! Ça te... change... Surprenant non ? " rit-elle gentiment.

Elle allait faire un pas en avant, quand elle réalisa le bordel qu'elle avait mis autour d'elle : entre les affaires qu'elle avait sorti pêle-mêle de la penderie puis du coffre et celles encore froissées qu'elle avait négligemment défaites de l'étendoir pour les poser sur le lit... Elle réalisa qu'elle avait plus d'affaires que ce qu'elle pensait et qu'elle allait devoir tout ranger.

" Ça attendra... " lança-t-elle pour elle-même et elle enjamba une pile de chemises pour grimper sur le lit. Écrasant une de ses culottes, elle se mit sur la pointe des pieds et s'étira vers le plafond... où se trouvait une fenêtre de toit. Elle l'entrouvrit légèrement pour que s'évacuent l'humidité dégagée par la douche... et la chaleur qui avait accompagné la fin de celle-ci. En réglant l'ouverture, elle tapa, accidentellement cette fois-ci, le dos de sa main sur le rebord. Ce n'était pas fort mais elle laissa échapper un beau "aie" sous la surprise et la douleur que cela réveilla. La brune se laissa alors retomber sur le matelas en se tenant la main. Stupide idée qu'elle avait eu tout à l'heure... !! Puis elle releva les yeux et se souvint pourquoi... pourquoi il avait fallu qu'elle se distraie rapidement. Même dans ce déguisement digne d'un carnaval enfantin, c'était un bel homme brillant, prévenant... un gentleman comme on en croise pas à chaque coin de rue.

Elle sourit, en se tenant sa main en train de bleuir.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 19 Nov 2012 - 22:12

Le professeur ne souleva pas la remarque sur l’ancien propriétaire du T-Shirt, non pas qu’il ne désirait pas en savoir plus, mais il jugeait que cela ne le regardait pas… Ou alors il n’avait peut être pas envi de savoir que la personne qui lui avait offert ce présent particulier était un galant… Comme dit le dicton heureux les innocents…

Le professeur fit une petite grimace de reproche caricaturale à l’encontre de Juliet quand elle lui sortit son deuxième waaaa. Avec un petit clin d’œil et en rigolant il lui répondit sur le même ton.

« Tu vas me trouver un peu stricte mais j’avoue que ton WAAA précédent était bien plus convainquant…Et flatteur… »

Il avait baissé le ton de sa voix en disant ces deux derniers mots. Puis il observa la jeune femme monter sur le lit afin de tenter d’ouvrir une sorte de velux afin d’aérer la pièce. James devait bien l’admettre, sa douche chaude avait généré beaucoup d’humidité, il avait un peu trop profité de l’eau chaude. Mais alors qu’il allait se confondre dans d’énièmes excuses, il entendit la jeune femme se faire mal et retomber sur le lit. Rapidement le professeur s’adossa contre le lit afin de savoir si tout allait bien.

« ça va ? Tu ne t’es pas fait trop mal j’espère, montre… »

James se saisit de la main de la jeune femme afin de contrôler si tout allait bien. C’est ainsi placé, proche d’elle, se saisissant de sa main que James croisa le regard de Juliet. Qu’elle avait de beau yeux, expressif, dans lesquels on pouvait plonger dedans sans problème si on les fixait un peu trop.

« ça… à… l’air…d’aller… »

Il avait murmuré ces quelques mots, hypnotisé par le regard de la jeune femme. A ce moment là, James fit abstraction de la situation rocambolesque. Lui en caleçon et en T-shirt douteux et bien trop grand à coté d’elle sur un lit envahit de linges éparpillés partout… Non il ne voyait plus que ses yeux. Complètement hypnotisé par la jeune femme, ne se rendant même pas compte qu’il approchait son visage du sien, ses lèvres des siennes doucement…

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Mar 20 Nov 2012 - 10:16

La pensée file à une vitesse ; il peut être difficile de la saisir parfaitement mais les idées passent et se succèdent quand même. Il n'y a pas d'arrêt sur image ou de réduction de la vitesse de l'action humaine et pourtant le nombre de choses qui peuvent passer par la tête durant des instants très courts peut être affolant. Ce fut le cas dans l'esprit de Juliet à ce moment-là.

Elle le vit s'approcher inquiet qu'elle se soit fait mal. Elle sentit sa main saisir la sienne avec douceur et lorsqu'elle leva une fois de plus le regard, son cœur s'emballa. Cette façon de la regarder... Cette voix murmurée dont les paroles n'eurent aucun sens particulier aux oreilles de la jeune femme... Cette proximité... Ce contact sensible...

Frissonna-t-elle réellement ou n'était-ce qu'une manifestation mentale ?
La peur s'insinua insidieusement dans son esprit, perfide et tatillonne. Une peur d'elle-même qui se répandit à chaque parcelle de son être, sous les battements violents de son cœur. Peur de ce qu'elle avait vécu, peur de ce qu'elle avait fait la dernière fois qu'elle avait innocemment laissé un garçon s'approcher trop d'elle. Elle n'avait pas voulu lui faire de mal... Elle était jeune certes à ce moment-là mais elle s'était laissée dépasser par son pouvoir et n'arrivait pas à imaginer comment elle pourrait jamais s'en séparer, s'en détacher pour vivre normalement. Elle s'était faite une raison : elle serait toujours seule, car c'était plus sur pour tout le monde.
Et voilà que la raison vacillait.

" Est-ce si mal ? Non, c'est dangereux ; je ne veux pas lui faire de mal. T'as le droit de vivre et d'aimer Ju'. Non. Si. J'peux pas... "
Voilà en quelques échanges ce qu'il se passait dans sa tête alors qu'elle n'arrivait plus à détacher son regard de celui qui se rapprochait d'elle.
Sa petite voix se battait bec et ongles contre cette raison dominée par la peur. Oui, il fallait craindre ce fameux "don" comme ils s'obstinaient à l'appeler. Mais James n'avait-il pas promis de l'aider à le maitriser davantage ? Ne pourrait-il pas lui apporter son soutien dans ce domaine-là également ? Elle essayait de convaincre, de se convaincre qu'il n'y avait de mal que là où on le voit. Qu'elle avait grandi et était capable de bien plus de contrôle que la dernière fois.
Vous connaissez l'adage : le cœur a ses raisons, que la raison ignore. Dans le cas de la pyromane, les deux menaient bataille jusqu'à la victoire éclatante de l'un d'entre eux.

"Conduis-toi en femme m*rde ! "
Juliet inclina la tête en avant, accueillant les lèvres de James sur les siennes. Elle ferma les yeux et le frisson qui la parcourut à ce contact chaud et doux, fut alors manifeste. Elle se sentait bien, tout simplement. Rapidement des larmes vinrent gonfler ses paupières closes, sous le mélange d'émotions qui l'habitait. Bonheur, tendresse, plaisir ; peur et tristesse.
Une des larmes s'échappa et la jeune femme ne s'en rendit compte qu'au moment où elle vint mourir au coin de sa bouche, donnant un goût salé à leur baiser. Elle s'écarta, non sans regret, des lèvres de l'anglais et rouvrit des yeux embrumés. Baissant la tête, elle essuya du revers de la main les gouttes qui ruisselaient sur ses joues. De son autre main, celle qu'elle avait cognée à deux reprises, elle avait saisi le poignet de James.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Mar 20 Nov 2012 - 18:50

James avait réalisé qu’il s’approchait dangereusement bien trop tard. Et alors qu’il était à proximité des lèvres de la jeune femme, l’espace d’une fraction de seconde James se demanda si son geste ne serait pas salué par une réponse douloureuse de la part de Juliet. Mais il était trop tard pour se stopper, ses lèvres étaient si proches et le professeur désirait ce baiser si ardemment…

Mais au lieu de sentir une vive douleur sur sa joue, ce fut les chaudes et délicates lèvres de la jeune femme que le professeur sentit se poser sur les siennes. Que le baiser était tendre, que le moment était doux… Juliet avait la peau douce, légèrement chaude, salée… Salée ?

James rouvrit ses yeux et ne put que constater ce qu’il avait sentit. La jeune femme… Pleurait ! James c’était attendu à beaucoup de réaction de la part de la jeune femme, allant de la simple baffe à se retrouver en caleçon dans la ruelle, mais il ne s’attendait pas à recevoir un chaud baiser de la part d’une jeune demoiselle en larme.

Le professeur resta silencieux quelques instants, totalement dépassé par la situation, s’inquiétant sur son geste, sur son méfait. Avait-il commis l’irréparable ? L’avait-il effrayé ? Apres être devenu rouge cramoisi, son visage pris une pale bien plus clair, un teint proche de celui des importuns de la plage.

« Heu je.. enfin.. heu.. excuse moi… »

Encore une fois l’homme de lettre bafouillait, encore une fois il était tiraillé par une panique intérieure, un enfant complétement dépassé par les événements. Juliet ne dis mot mais lui saisit le poignet. James n’arrivait plus à comprendre. Si son baiser l’avait tant effrayé, pourquoi ne le rejetait-elle pas ?
Et puis d’un coup James décida d’arrêter, finis les réflexions, il avait face à lui une jeune femme en pleur, une jeune femme qu’il appréciait énormément. Aussi tant pis, peut être finirait-il en feu, il en prenait le risque.

James s’approcha de Juliet une nouvelle fois, mais cette fois ci juste pour la prendre dans ses bras, pour la serrer contre lui.

« J’avoue que c’est bien la première fois que je fais pleurer une dame… Mes baisers sont-ils si déplaisants ? »

James sourit, mais pour être franc il nageait dans la confusion la plus totale.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Mar 20 Nov 2012 - 21:35

Il s'excusa et tout ce qu'elle trouva à lui répondre alors fut un sourire triste et timide. Elle inspira profondément. Satanées larmes ! Pourquoi s'obstinaient-elles à couler ? Tu évacues ma grande, tu évacues... Ça lui faisait du bien en vérité, elle le sentait. Mais elle aurait voulu que ce moment ne se produise pas maintenant. Ses faiblesses étaient les siennes, ses démons intérieurs et les batailles qu'elle menait contre eux devaient rester à elle et elle seule. Et pourtant, en acceptant de partager ce baiser, elle avait aboli l'une des barrières qu'elle avait érigé autour d'elle. Elle avait pris ce risque, abattant sa raison sérieuse pour écouter son instinct sauvage et impétueux. Ce n'était pas nouveau pour elle de foncer tête baissée e, suivant ses envies. Sauf dans ce cas précis. Elle croyait le mur de sa raison infranchissable sur ce sujet.
J'ai peur...

Mais le réconfort que James lui offrit en la prenant dans ses bras, elle ne le repoussa pas. Elle en avait besoin. Elle le réclamait même. Juliet s'accrocha à lui et ferma les yeux, la tête sur son épaule.
J'ai peur...
Mais lui n'a pas peur.

Elle entendait son cœur battre, régulier. Elle percevait sa respiration et se cala sur elle pour se calmer. Elle eut envie de rire lorsqu'il évoqua le déplaisir de son baiser comme cause de son état mais cela la fit plutôt hoqueter. Elle respira un grand coup et se redressa, se détachant de l'étreinte réconfortante.

" Tu n'as pas à t'excuser. De quoi que ce soit. C'est la faute à ça..." dit-elle en désignant sa tête. " Pas la tienne. Tu ne pourrais être fautif que d'être toi mais ça tu n'y peux pas grand chose. Et au final, c'est ce qui me plait. "

Elle se mordit la lèvre en baissant les yeux. Une nouvelle respiration, longue... Et ce fut bon, ou presque. Elle parla vite mais par saccades, luttant pour dire chaque phrase : " J'ai peur... pour toi. J'ai tué des gens que j'aimais... Je le voulais pas mais c'est arrivé... Et je ne veux pas que ça recommence. Jamais. Alors... (respiration) je m'étais faite à l'idée de rester seule. Par sécurité. J'aurais pu prendre un chat mais même pour lui, ça aurait été dangereux. "

Juliet finit par retrouver son souffle et un semblant de calme, soulagée d'avoir vidé une partie de son sac. Une partie seulement mais pas des moindres finalement.
" J'aurais peut-être du dire que c'était à cause du T-shirt, non ?" conclut-elle mi-riante mi-inquiète en se saisissant d'un pan du large tissu. Elle n'osait cependant pas le regarder dans les yeux.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Jeu 22 Nov 2012 - 20:52

Le professeur la serait tout contre elle, et il ne sentait point de douleur, la jeune femme se blottit dans ses bras. L’espace d’un instant le silence ce fit. James attendit patiemment que la jeune femme parle, ne voulant pas précipiter les choses… Et aussi parce qu’il était totalement perdu.
Enfin après quelques secondes, Juliet commença à lui expliquer. D’abord il fut assez surpris quand elle montra sa tête. Était-ce un moyen simplifié de lui dire qu’elle l’avait embrassé sous l’effet d’une simple impulsion, mais maintenant que la raison avait repris le dessus elle se rendait compte que c’était une erreur ?

La jeune femme compléta ses explications et le professeur était bien loin de la vérité. Mais alors qu’elle continuait de parler James compris. Il finit par comprendre pourquoi la jeune femme détestait autant son don, pourquoi elle parlait de son pouvoir avec autant de mépris, de crainte, pourquoi elle semblait rester sur la défensive depuis le début de la soirée, et ce malgré son enthousiasme.

Quand elle parla du T-shirt, James sourit. Sans dire un mot il s’approcha de la jeune femme afin d’y déposer un baiser bien plus chaste, sur la joue.

« Face à moi je ne vois qu’une femme qui m’a sauvé la vie, je ne me sent absolument pas en danger à tes cotés, bien au contraire. »

Il se recula, souriant. Et se redressa sur le lit.

« Assez d’émotions forte pour la soirée, que penses-tu d’une boisson chaude pour se détendre ? »

Le professeur se saisit des mains de la jeune femme.

« Je te propose de te faire un peu de thé, enfin si tu as ce qu’il faut et si tu me laisse m’accaparer de ta cuisine. »

Il lui fit un petit clin d’œil. Le professeur aurait bien continué ce tendre moment, mais le bien être de la jeune femme était prioritaire. Hors de question de la faire pleurer de nouveau, même s’il mourrait d’envie de l’embrasser de nouveau.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Jeu 22 Nov 2012 - 22:05

Si elle avait été du genre à se ronger les ongles, cela aurait été le moment idéal pour qu'elle les attaque à coup de dents. Le temps imparti était certes court mais elle aurait pu y faire un malheur. Elle attendait... ne sachant qu'espérer. Que serait le mieux ?
La jeune femme ne releva la tête qu'après avoir reçu le baiser de James sur sa joue. Elle lui rendit un sourire soulagé et se mordit la lèvre en relâchant la pression qui oppressait ses poumons.
Il ne pouvait pas faire comme s'il n'avait pas compris et pourtant il était resté, là, auprès d'elle. Et il resta lui-même, prévenant et attentif. Se souciant de son bien-être sans la craindre davantage qu'à l'instant d'avant. Elle ne savait pas si ça la rassurait vraiment mais avoir la confiance pleine et entière de quelqu'un lui réchauffait le cœur, plus qu'elle ne l'aurait cru.

" Oui avec plaisir. " répondit-elle simplement.
Elle se mit enfin à repenser à sa soupe sur le feu. Il serait temps... Ça avait du avoir le temps de coller au fond de la cocotte, là où elle ne souhaitait que réchauffer le récipient et son contenu.

Juliet glissa à-bas du lit.
" Je vais te montrer. "
Même si l'anglais était debout avant elle, et à priori donc prêt à quitter la pièce avant elle, l'irlandaise avait retrouvé une certaine énergie, revigorée tant par la proposition d'un thé chaud que par la présence réconfortante de James. Elle se faufila alors la première en dehors de la chambre mais au lieu de se diriger vers la cuisine, elle tourna à sa droite.

" Voilà mon placard un peu fourre-tout. Ma vaisselle, quelques boites... "
Elle n'avait pas beaucoup de place dans sa "cuisine"-même mais s'arrangeait finalement bien de cet agencement. Du moins, elle en avait pris l'habitude désormais.

Laissant son ami regardant à l'intérieur de ce placard de fer, la brune alla éteindre son feu et contempla avec inquiétude le fond de sa cocotte. Elle y versa une grande quantité d'eau puis laissa le récipient attendre l'heure de son lavage dans son évier.
Rejoignant James, elle posa un baiser sur sa joue.
" Merci. " lui souffla-t-elle à l'oreille, avant de déposer un autre baiser. Puis elle redisparut dans la chambre, y laissant la porte grande ouverte.

" Dis-moi si t'as besoin d'aide... Il faut vraiment que je range un peu..." expliqua-t-elle, déjà agenouillée près de son coffre.
Ça moulinait, ou du moins, ça voulait mouliner dans sa tête. En s'occupant ainsi les mains, la pyromane y mettait un certain terme. Ça serait pour plus tard... Chemises là, draps de lit ici, T-shirts par là, pantalons de ce côté... Elle avait vraiment tout mis par terre ou presque pour trouver ce fameux T-shirt. Elle sourit en revoyant mentalement les deux personnes qui l'avaient porté. Elle se pencha pour jeter un œil par dessus le lit et voir si elle pouvait apercevoir James. Puis elle se remit au travail, attendant qu'il l'appelle pour lui dire que c'était prêt.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Ven 23 Nov 2012 - 18:45

Spoiler:
 

Alors qu’ils regagnaient le salon, Juliet indiqua au professeur ou était rangé ses affaires afin de faire du thé.
Le professeur lui fit un petit sourire avant de chercher ce qui pourrait convenir. Alors que la jeune femme était repartis dans la chambre, James trouva une boite contenant du thé en sachet. L’anglais soupira face à se sacrilège. Le thé en sachet c’était pour James l’équivalent du mac Donald en Gastronomie !

Ce que ne savait pas Juliet, c’était que de lâcher un anglais dans une cuisine avec pour mission de faire du thé était une idée à double tranchant.
James commença à fouiller, dans la vaisselle de la jeune femme et trouva, une théière, qu’il sortit triomphant avec la même mimique qu’Arthur retirant l’épée de son rocher. Elle avait donc une théière, ce n’était pas totalement désespéré.

Le professeur chercha encore un peu, et finit par trouver une paire de ciseau. Parfait ! Il mit alors de l’eau à bouillir avant de s’occuper de la préparation.
Tel un chirurgien en pleine opération, l’anglais commença alors à prendre plusieurs sachet, dont il découpa la partie supérieur et vider le contenue dans le récipient de la théière servant à stocker les feuilles de thé. Très concentré dans ce qu’il faisait, il répondit presque par automatisme à la jeune femme.

« Oui oui pas de soucis… »


Après avoir « opéré » quelques sachets de thé, James vérifia que la quantité correspondait, puis visiblement satisfait, il alla chercher deux tasses qu’il posa sur la table. Il se retourna et vu que l’eau était suffisamment chaude, aussi il en versa dans la théière, le sourire aux lèvres. Bon ce n’était pas du vrai thé, mais c’était mieux que deux vulgaires sachets trempant dans leurs tasses.

« Voilà Juliet, c’est prêt, tu peux venir. »

Il commença alors à verser le thé dans la tasse de la jeune femme.

« Un sucre ? »

Bon, lui était anglais et sucrer son thé était comme manger du pain avec ses pates pour un Italien, mais l’anglais faisait des progrès et commencer à admettre que certains le préféraient ainsi. Après tout personne n’était parfait…

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Ven 23 Nov 2012 - 22:17

Spoiler:
 

Son petit ménage n'était pas tout à fait achevé lorsque le thé fut annoncé comme prêt. Malgré les bruits de vaisselle qu'elle entendit, elle ne se préoccupa pas de savoir ce qu'il avait fait, pas plus qu'elle n'imagina son stratagème pour faire un thé qui ressembla davantage à un thé. Elle se présenta donc en toute innocence dans la pièce principale.

" Oh merci beaucoup ! Tiens, je vois que t'as trouvé ma théière ; j'ai pas beaucoup d'occasion de la sortir en étant seule mais je la trouvais très belle, alors je l'ai achetée. " Puis reportant son attention sur la question formulée, elle compléta : " Laisse, je vais me servir. "

En effet, au lieu d'un sucre, elle en attrapa deux. Elle ne mit pas les deux morceaux immédiatement, mais en coupa un en deux. La seconde moitié servirait au cas où elle en aurait besoin de davantage. C'était une question d'envie, de moment.
Sa tasse en main, Juliet se dirigea vers le canapé, son lieu de prédilection pour boire confortablement installée. Avant de s'asseoir, elle vérifia que la porte donnant sur le balcon était bien fermée, car souvent elle laissait passer un fin filet d'air. En temps normal, ça ne la dérangeait pas mais pour un invité court vêtu, l'air pouvait paraitre frais.
" N'hésite pas à prendre le plaid si t'as froid. " précisa la jeune femme en dégageant celui-ci de sous les coussins, avant de prendre place. Puis de se relever, pour rapprocher sa table de salon ; comme la tirer sur le tapis n'était guère efficace -elle avait bien évidemment déjà essayé-, elle dut confier sa tasse à James pour soulever le coffre et l'amener plus près. Et alors seulement, elle se rassit, satisfaite et récupéra son bien.
Assise de côte sur le canapé, une jambe repliée, elle faisait face à son ami, serrant ses mains jointes autour de la tasse. La chaleur dégagée ne la dérangeait pas, au contraire, en cet instant, elle la trouvait apaisante ; à moins que la présence voisine y soit aussi pour beaucoup... ?

" Comme quoi, il ne faut pas grand chose... pour être bien. " Elle souffla sur la surface de son thé et s'arrêta avant de boire : " Je suis désolée pour tout à l'heure... J'ai du t'inquiéter... ? Je... "

Ne trouvant pas quoi rajouter, elle but. Elle se dit, alors que le liquide chaud descendait son œsophage, qu'elle aurait mieux fait de changer de sujet ; après tout, ça lui disait bien qu'il lui parle de Londres et de la vie à l'anglaise. Mais cela n'aurait-il pas été bizarre qu'elle fuit la situation de la sorte ? Aussi, proposa-t-elle :
" Si tu préfères qu'on parle d'autres choses pour le moment, c'est aussi très bien... On peut aussi profiter tranquillement de notre boisson et parler ensuite... Comment ça marche quand on boit du thé chez toi ? Est-ce un moment privilégié ou est-ce tellement naturel que peu importe ce qu'il se dit ou fait ? "

Cette question pouvait être bien naïve et au moment où elle l'acheva, elle secoua la tête, l'air de dire "oublie ! laisse tomber !". Elle souriait, se moquant d'elle-même.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Dim 25 Nov 2012 - 15:11

Le professeur était fier de son œuvre, un presque vrai thé. Cependant il fit bine attention de ne rien dire quand il vit la jeune femme se saisir non pas d’un mais de deux morceau de sucres ! Le sacrilège était total, le gout du thé serait totalement dénaturé. Mais alors que tel une théière géante, il bouillait de l’intérieur, il ne dit pas un mot soucieux de ne pas vouloir embêter la jeune femme par des futilités typiquement british.

Aussi il se contenta de la suivre jusqu’au canapé et de s’asseoir confortablement à coté d’elle, une fois sa tasse remplit de son thé. Il accepta la proposition de Juliet et se saisit du plaid. Non pas parce qu’il avait froid, la situation c’était bien réchauffé depuis leurs petit intermèdes dans la chambre, mais simplement pour cacher son accoutrement qu’il jugeait suffisamment ridicule comme ça. Après tout c’était un professeur et la crédibilité était une priorité pour les gens de son métier.

Il plongea également sa tête dans son breuvage, tentant de chasser de sa tête l’épisode de la chambre qui continuait d’alimenter son afflux sanguin au niveau de ses joues. Être tout nu devant une femme à moitié nue lors de leurs premières rencontres était suffisant pour venir a bout du célèbre flegme british.

Il observa le jeune femme et constata à ses paroles qu’elle était encore assez déstabilisé par le baiser et ses larmes. James lui adressa un tendre sourire afin de lui montrer qu’il n’y avait aucun problème, la jeune femme avait un passé chargé, et même s’il ne connaissait pas les détails, il comprenait parfaitement. Malgré tout Juliet ne semblait pas à l’aise et changea de sujet.

« Le thé très chère Juliet, ce n’est pas qu’un simple moment, c’est une religion ! Il existe de nombreuses saveurs, certaines s’associent, d’autre non. On ne prend pas les même thé le matin l’après midi ou le soir, et l’accompagnement est très important. Ainsi un Scones est généralement accompagné d’un thé blanc, alors que des œufs pourrait plutôt être associé avec un thé fruité afin d’apporter une saveur sucré et rendant le petit déjeuner plus agréable… »

Et voilà, sans réellement le savoir Juliet venait d’ouvrir la boite de pandore de James. Il était partis pour de longue et barbantes explication, les yeux brillants alimentés par un nouveau feu. Ce n’est qu’après quelques minutes d’un long monologue sur les principaux type de thé et leurs vertus que le professeur réalisa que la question était simplement anodine et ne nécessitait pas autant d’explication.

« … Je suis confus je m’égare… Tu vois moi aussi j’ai un coté effrayant. Je t’autorise à me virer de chez toi… Mais je demanderais juste de récupérer mes vêtements. »

James lui fit un petit sourire, puis se mit à rire. Décidément il était incorrigible.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Dim 25 Nov 2012 - 18:15

A vrai dire, son innocente question fit de l'effet. Un effet qu'elle ne soupçonnait pas. Et n'aurait pas soupçonné jusqu'alors. Elle fit même effet boule de neige faisant démarrer l'anglais au quart de tour. Comme quoi, la légende était fondée : les anglais et le thé c'est un amour fou et indéfinissable. Très indéfinissable.
Et pourtant Juliet, bien calée contre un gros oreiller, écoutait avec attention les explications fournies. Jamais elle n'avait cru que c'était un art de faire et de boire le thé. Certes elle en avait entendu parler comme tout un chacun. Mais quoi de plus simple que de glisser un sachet dans l'eau bouillante... Elle réalisa à mesure qu'il parlait que cette méthode devait lui paraitre tellement... absurde.

La jeune femme sourit.
" Non, non tu peux rester, je survivrais. Je trouve même ça mignon, en fait ! Et puis ce sont des choses que j'ignorais, alors ça m'intéresse. Si tu avais gouté le thé que j'ai avalé pendant des années, tu comprendrais mon ignorance... entre ça ou du café jus de chaussettes, le choix était vite fait. "
Pendant un moment, elle n'avait même pas le droit d'avaler un quelconque excitant donc on lui faisait avaler juste de l'eau chaude dans laquelle les aides soignants avaient versé des gouttes de citron et ses médicaments. Depuis qu'elle était libre et chez elle, elle n'avait pas exploré plus loin que les thés des grandes surfaces arrivant à y trouver une saveur là où elle n'avalait jusque-là qu'un truc vaguement parfumé...

" D'où le sucre... " termina-t-elle en croquant le demi-morceau qu'elle n'avait finalement pas fait plonger dans son breuvage.
Pendant que James parlait, elle avait pu terminer son thé et déposa la tasse sur le coffre. Elle se réinstalla dans le canapé, repliant ses jambes sous elle et enlaçant un coussin, l'épaule calée contre le dossier. Elle s'était rassise un peu plus près de son invité, sans s'en rendre compte.

" Tu dois nous trouver bizarre... me trouver bizarre avec mon pauvre et unique paquet dans le placard." Elle se pencha en avant : "Ça te manque pas trop Londres quand tu nous vois avec nos manières d'irlandais ? C'est comment d'ailleurs ? J'aimerais bien visiter des grandes villes comme ça... un jour peut-être ? "
Elle n'y croyait pas trop malheureusement... mais ses yeux brillaient quand même à cette idée. Que ça serait bien... ! Ça devait être beau ailleurs... !
" Il faudrait peut-être que je commence par aller visiter le pays avant de penser à aller voir plus loin... "

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 26 Nov 2012 - 0:07

Le professeur sourit alors que la jeune femme lui avoua qu’elle trouvait cela mignon. Pour être franc c’était bien la première fois qu’une personne non anglaise trouve sa passion pour le thé mignonne… Généralement on le regardait plus comme un animal de foire alors qu’il énumérait les différentes sortes de thé et leurs vertus.

« Écoute, si tu n’as pas peur de m’écouter parler pendant des heures sur des feuilles séchés, je peux te proposer un jour de venir avec moi dans un salon afin que je t’apprenne deux trois choses sur les principales sorte de thé. »

Il eu un moment de silence. Oui, James venait de proposer à la jeune femme qui venait de lui sauver la vie, qu’il venait d’embrasser un rendez vous pour… boire du thé ! James soupira, décidément il n’était vraiment pas doué. Aussi alors qu’elle changea de sujet, le professeur s’empressa de la suivre et de répondre.

« J’admet que la vie à Londres me manque un peu. Mais tu sais, j’étais, comment dire… Un professeur assez impliqué dans son travail… Bon ne fait je vivais quasiment que pour mes recherches et mes cours, et mon seul loisir, en plus du thé, est l’escrime. »

Bon James participait aussi à des réunions, celle de son ordre, mais le professeur craignait que cela ne fasse qu’empirer le portrait peu reluisant qu’il venait de lui compter.
James se redressa un peu sur le siège, raccourcissant encore la distance entre lui et Juliet.

« En tous cas, si un jour tu passes par Londres je me ferais un plaisir de te faire visiter la ville et ses environs. Mais c’est vrai que l’Irlande est aussi réputé pour ses paysages et ses monuments historiques, j’avoue que ça me plairait d’aller visiter tous ça. »

Un rendez vous plus agréable qu’une leçon de thé dans un salon. James finit sa tasse de thé et la posa également sur la table.

« Que penses-tu de s’organiser une petite visite des environs ? »

En souriant le professeur lui saisit les mains. Un geste qu’il avait fait sans même s’en rendre compte…

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 26 Nov 2012 - 13:18

Qu'il était agréable de discuter de choses et d'autres, au gré d'une conversation, rebondissant sur une idée de l'autre, répondant à une question... Juliet savourait ce moment qu'elle estima rare dans son existence. Il était difficile de tenir une discussion sur la distance quand ses voisins de chambre avaient des problèmes psychologiques ou de comportement. Et pourtant, elle avait fini par en considérer certains comme des amis, dans une définition presque normale de ce terme. Presque. Ils n'avaient guère besoin de se parler pour se comprendre car ils vivaient tous la même chose.

" Si tu parles trop, tu ne dégustes pas...Et ça serait dommage, donc je suis sure que j'aurais au moins ces moments-là de répit. " se moqua-t-elle gentiment avant de lui dire qu'elle avait justement reçu dans sa boite aux lettres un prospectus pour la réouverture prochaine d'une "maison des délices". En tout cas, elle ne rejeta pas l'idée et son sourire indiquait sans peine que cette sortie l'amuserait. La tête de James l'amusa également à cet instant puis elle enchaina sur Londres et l'homme reprit la parole.

" L'escrime ? Comment tu es arrivé à l'escrime ? C'est pas courant comme sport... En tout cas, je comprend très bien le "métro-boulot-dodo"... ; les petites passions et loisirs à côté, ça fait du bien. "
Mais Juliet avait beau chercher, elle ne s'en voyait pas... Du coup, elle eut un moment l'air absent, comme farfouillant pour trouver ce petit truc qui lui faisait du bien en dehors du travail... Certes elle prenait plaisir à aménager son petit chez-elle, bricolant, chinant mais était-ce vraiment un loisir ? Surtout quand le budget ne permettait pas de faire tout ce qu'elle avait en tête... et sans parler du fait qu'elle n'était là que locataire et que sa marge de manœuvre était finalement assez réduite.
Si son visage exprima rapidement une expression triste, elle reprit immédiatement le cours de la conversation avec le sourire. Celui-ci s'élargit même grandement quand l'anglais proposa qu'ils fassent ensemble du tourisme dans les environs. Le contact physique qu'il instaura était également à prendre en compte dans la spontanéité de la réponse que la jeune femme formula.

" J'adorerais ! Il faudra juste pas compter sur moi pour faire le guide... ni pour le sens de l'orientation... " lui glissa-t-elle sur le ton de la confidence.

" Mais... " continua la brune avec un sourire malicieux et des yeux rieurs. " J'ai une condition... "
Une idée qui venait de lui passer par la tête ; une idée en rapport avec une chose dont ils avaient déjà parlé plus tôt dans la soirée. Ça lui était resté dans un coin de la tête, sans qu'elle s'en rende compte, et elle venait de trouver une excellente raison d'y revenir, même si cela n'avait en aucun cas un rapport avec la visite de la région. Prétexte intéressant.
Elle se pencha vers James et lui expliqua cette fameuse "condition" d'une voix basse et souriante.
" Tu te souviens quand tu as dit vouloir m'offrir le spa de ton hôtel... Tsstss ! Laisse-moi finir... " Elle déposa son index sur les lèvres du professeur et fixa celui-ci dans les yeux. " J'accepte toujours le cadeau mais laisse-moi t'y inviter en retour. Qu'on puise en profiter tous les deux. Ensemble. "

Elle frissonna à ses propres mots et retira précipitamment son index pour enfouir sa main dans la douceur molletonnée du coussin. Si ça c'était pas de l'audace... elle était surprise d'elle-même. Ne pas s'attendre aux mots qu'on prononce, était-ce un peu un lapsus ? Le "ensemble" sonnait étrangement à ses oreilles désormais qu'il avait été formulé.

" Après une longue journée de balade, on en aura bien besoin." se rattrapa-t-elle, comme cherchant une justification.

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 26 Nov 2012 - 18:20

James rigola quand elle lui parla de son sens de l’orientation. Malgré tout il ne se venterait pas d’être lui aussi un guide d’exception, après tout depuis des années, les seuls bâtiments qu’il arpentait étaient ceux des université ou il enseignait, et le pire c’est qu’il c’était souvent perdu dans ces lieux. Mais heureusement la technologie viendrait à leurs secours.

« Vu mon sens de l’orientation, je crois que nous prendrons une boussole… Juste au cas ou… »

Mais alors que le professeur rigolait imaginant l’improbable duo complètement perdu alors qu’ils visitaient un dolmen ou autre monument historique, voilà que Juliet remettait sur le tapis l’histoire du SPA. Mais alors qu’il allait faire un commentaire, il fut coupé net dans son élan.
Étrange pouvoir que celui de certaines demoiselles avaient avec un simple doigt. Le professeur loucha sur le doigt de la jeune femme, posée sur sa bouche alors que ses joues reprirent, pour la énième fois ce soir, une couleur rosée.

Il écouta donc sagement ses explications. Puis se gratta la tête, sans trop comprendre pourquoi cet élan de générosité, après tout il n’était pas très SPA, se retrouvé dans des pièces envahit de fumée dense, passé d’un bain brulant a un bain froid, pour terminer par se faire masser… Non franchement il préférait plutôt un bon restaurant que de se retrouver avec Juliet, là bas… en maillot… juste tous les deux… dans un lieu de détente…

La teinte rosée des joues du professeur devint encore un peu plus foncée.

« Heu… Oui je trouve que c’est une excellente idée… Après une journée de marche… Se détendre… »


James se saisit de sa tasse vide afin de faire diversion, car depuis le début il était toujours en lutte perpétuel avec son éducation anglaise, et même s’il l’avait déjà vu dans une tenue bien plus minimaliste, l’idée de se retrouvé dans ce genre d’endroit avec Juliet, femme qui lui plaisait beaucoup était à l’encontre de toute les règles que sa british et acariâtre mère d’adoption lui avait inculqué.

« Heu… tu veux encore un peu de thé ? »

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Lun 26 Nov 2012 - 21:04

La situation était finalement aussi gênante pour celle qui avait fait la proposition. Pourtant une partie d'elle-même s'en félicitait. Cette voix qui avait insisté plus tôt pour qu'elle agisse en femme et qu'elle se laisse exister sans cette perpétuelle épée de Damoclès qu'elle maintenait seule au dessus de sa tête. Cette petite voix qui lui répétait que l'expérience ne pourrait qu'être intéressante, où qu'elle mène. Qu'elle serait juste en compagnie de quelqu'un qu'elle appréciait dans un lieu agréable. Après tout, il n'était pas faux qu'elle avait envie de partager ça avec quelqu'un. Les arrières-pensées étaient arrivées ensuite, petites coquines. Ça expliquait sans peine le regard fuyant qu'elle adopta en remarquant les joues de James rougir.

" Oui je veux bien. Je vais le goûter sans sucre, cette fois. " répondit-elle avec un sourire distrait tandis qu'elle se levait à son tour.
Laissant l'anglais manier la théière, elle se rapprocha de son bureau encombré et attrapa une pile de livres. Elle les posa sur sa chaise métallique peu confortable et regarda alors ceux dont elle venait de découvrir la tranche. Les coudes appuyés sur la plaque froide du bureau, elle avait penché la tête sur le côté pour lire les titres, passant d'un livre à l'autre avec son doigt.

" Je suis sure d'avoir un livre sur ce qu'il y a voir dans les environs... "

Ne trouvant pas sur le bureau, elle s'agenouilla et regarda dessous. D'autres piles s'y trouvaient, cachées dans la pénombre créée par l'éclairage sommital. Des romans côtoyaient des contes, des ouvrages d'art et de photographies, des dictionnaires et quelques livres touristiques. Juliet finit par s'asseoir par terre pour chercher, jonglant avec les livres, un coup posés à droite, un coup à gauche. Encore quelque chose qu'il lui faudrait ranger. Mais elle attendrait d'avoir une bibliothèque pour s'y atteler convenablement. Toutes les piles retrouveraient en attendant leur place par terre, sous le bureau.

" Ah voilà ! C'était presque le dernier... forcement... "
La jeune femme se releva en prenant appui sur la chaise, qui évidemment décida de rouler sur le côté à ce moment-là. Elle se rattrapa sans encombre au bureau et soupira. Drôle de journée... Se retournant, elle sourit avec un clin d’œil au professeur pour le rassurer.
Ils allèrent se rasseoir et la brune déposa le livre sur le coffre.
" Je l'ai acheté quand je suis arrivée... et je l'ai peu ouvert depuis." En fait, elle n'avait pas besoin de le préciser. Il avait l'air neuf.
Juliet laissa James se recouvrir du plaid et vint se placer tout à côté de lui, cuisse contre cuisse. Nulle volonté déplacée dans ce geste, bien qu'elle apprécia cette présence près d'elle. La tasse pleine dans une main, elle posa le guide sur ses genoux et entreprit de le feuilleter, en jetant un coup d’œil à son voisin.

" Tu me dis si quelque chose te plait. "

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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Mar 27 Nov 2012 - 22:39

James se leva et alla de nouveau remplir la tasse de thé de Juliet ainsi que la sienne. Il sourit alors que la jeune femme partait fouiller son bureau. Il trouva la tentative de la jeune femme à boire son thé sans sucre des plus adorables… A moins que ce soit pour avoir la paix et ne plus subir un interminable monologue de sa part. James se demanda s’il ne l’avait pas effrayé finalement… Lui et sa manie de toujours parlait du thé !

James soupira et vint se rassoir a coté de la jeune femme se maudissant intérieurement. Une sensation qui disparut rapidement au moment où il l’a sentit contre lui et où tous les deux commencèrent à chercher les lieux possibles à visiter.

James passa encore un agréable moment, alors qu’il arrêtait la jeune femme à chaque lieu qu’il désirait voir, qu’il observait sur son visage un sourire approuvant le lieu ou une petite grimace indiquant que non cela lui disait rien. Il rigola alors qu’il fit exprès d’insister sur des zones à visiter totalement inintéressante, voyant Juliet faire la grimace en tentant de le convaincre gentiment de changer d’avis… Oui un moment plus qu’agréable, oubliant le reste, ne voyant pas le temps passer…

« Bien, je crois que nous avons fait le tour, et nous sommes tous les deux d’accord… Une journée qui s’annonce des plus plaisantes, je suis impatient d’y être. »

James souriait, il était heureux, tous simplement.

« Il ne reste plus qu’a voir quand nous organisons cette petite ballade… »

Il se retourna fixant la jeune femme dans les yeux, le regard pétillant trahissant un enthousiasme et une excitation débordant.

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Juliet Ahston
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Mer 28 Nov 2012 - 10:26

A mesure qu'ils parlaient, elle but son thé sans sucre et découvrit que ça n'avait effectivement pas le même goût. En revanche, elle n'aurait pu dire quelle version elle préférait.
Le guide était complet, peut-être un peu trop d'ailleurs. Jamais elle n'aurait cru qu'il y avait autant de choses à voir dans les environs. Elle ne lassa rien paraitre quand elle vit marquer le nom de la petite ville dont elle était originaire. Étrangement, elle ne voulut pas aller voir ce qui se trouvait à proximité et réussit à convaincre James que cela n'en fallait pas la peine. Elle s'était levée pour récupérer un morceau de papier dans lequel elle déchira des bouts en guise de marque-page.
Quand ils eurent fini l'ouvrage, Juliet fut un peu triste car ce moment partagé avec James prenait fin, annonçant le terme de leur soirée. Mais en voyant l'excitation du professeur, elle ne put que sourire à son tour ; car, oui, ça serait assurément une journée superbe.

" Quand tu veux ! Je n'ai d'obligation qu'en semaine. Idéalement, il faudrait faire ça avant qu'il ne fasse trop froid... Le plus simple, c'est... "
La jeune femme se leva pour récupérer un petit calendrier et un stylo sur son bureau.
"... pas ce week-end car ils prévoient de la pluie. Ce samedi, je suis invitée le soir, donc le lendemain, je dors... "
Elle griffonna sur un bout de papier restant et remit celui-ci à son ami. Elle y avait annoté son numéro de téléphone.

" On va faire comme ça plutôt... Appelle-moi quand ça t'arrange et je me libèrerais ! Et tu peux aussi passer quand tu veux, maintenant que tu sais où j'habite. " termina-t-elle, radieuse.

Puis vint le temps du départ. Pendant que James se rhabillait dans la chambre, l'irlandaise chercha une idée pour le retenir encore un peu. Mais elle voyait également l'heure et pensait à sa journée de travail du lendemain. Lui même avait peut-être quelque chose de prévu aussi.
Elle tint à le raccompagner jusqu'en bas de l'immeuble où ils se dirent au revoir et bonne nuit. Elle l'embrassa sur la joue en lui rappelant qu'il était invité à revenir quand il souhaitait.

Après un brin de rangement, elle se mit au lit, le sourire aux lèvres, plus qu'heureuse de cette rencontre et de la soirée étrange puis très agréable qu'elle avait passé. Même si elle avait hâte de leur prochaine rencontre, la fatigue prit le dessus et elle s'endormit sans peine pour se réveiller, un peu plus d'une heure plus tard, en hurlant. Elle était en nage d'un cauchemar affreux dont elle ne se souvenait déjà plus et elle constata sans surprise que les draps qui la couvraient avaient pris feu. Ne prenant pas le temps de s’appesantir, ni de reprendre son souffle, Juliet tira sur les draps pour les retirer du lit et alla faire couler une douche pour éteindre les flammes et se rincer par la même occasion.
Elle finit la nuit, accoudée à son balcon, une tasse vide et froide entre les mains, où l'odeur du thé était encore vaguement présente.

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Dernière édition par Juliet Ahston le Mer 28 Nov 2012 - 13:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Appartement de Juliet   Mer 28 Nov 2012 - 13:25

Le professeur acquiesça l’idée de la jeune femme. Lui aussi avait un emploie du temps chargé, alors autant se contacter dès qu’ils en avaient l’occasion.
Maintenant que ses habits étaient secs, il était grand tant d’y aller, il se faisait très tard et ils avaient tous les deux besoin de repos.

James s’habilla, regrettant légèrement de mettre un terme à cette agréable soirée, riche en rebondissement. Mais tout avait une fin, et on pouvait dire que pour une rencontre faite au hasard le professeur pouvait s’estimer chanceux, Juliet était gentille, avenante et doté d’un incroyable don. Elle lui avait brulé sa crème et sauvé la vie en flambant une drôle de créature… Ce qui lui fit penser que…

La jeune femme raccompagna le professeur jusqu’à la porte et l’affubla d’un dernier et chaste baiser… Décidément Juliet était charmante à tous point de vue. Après lui avoir fait la promesse de donner rapidement de ses nouvelles, James se dirigea vers sa voiture. Cependant il ne prit pas la direction de l’hôtel, il avait une dernière chose à faire…

Vers : http://www.hellsgate.fr/t17p30-les-bords-de-mer#7215

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