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 Kiss Me Honey - Tea Room

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Tamara Brooke
Humain


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MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Mer 5 Mar 2014 - 10:34

" J'imagine que vous avez ce qu'il faut d'accessoires ; mais je peux avoir les mêmes chez moi et chacune de leur utilisation me coûte moins cher. Il n'y a certes pas les frivolités qui vont avec, mais quand j'ai envie de ça, je me trouve un vrai mec. " répondit Tamara à la nouvelle proposition de la maquerelle. C'était bien la première fois qu'on insista tant pour lui montrer les côtés positifs d'une maison close pour la gente féminine. Les mœurs avaient bien changé depuis que ces lieux de luxure avaient été créés pour tromper l'ennui des maris volages. Jamais femme n'aurait été autorisée à y mettre les pieds, même pour y récupérer son infidèle époux. Et voilà que cette vampire voulait étendre sa clientèle à la seconde partie de la population qui méritait tout autant de jouir des petits plaisirs coquins que son établissement proposait.

Cela dit, l'anthropologue ne comptait pas s'attarder davantage sur cet aspect. Non pas qu'elle n'en apprécia pas la chose, mais d'autres priorités l'occupaient bien plus souvent et d'autant plus depuis qu'elle était arrivée à Galway. Son esprit travaillait trop pour laisser le temps à son corps de l'avertir de ses désirs.

" Hormis la pierre, rien de ce que vous citez n'est vraiment insoumis à la dégradation du temps. Seuls les écrits restent, dit-on, mais ça dépend sur quel support vous les placez. Même l'alcool devient imbuvable si on laisse le temps. " On avait retrouvé des dépôts de vins grecs vieux de plus de 2000 ans dans des épaves. Déjà que ces vins devaient être imbuvables à nos palais sensibles de contemporains, là ça battait tous les records. Que le vin vieillisse pour qu'il gagne du corps en bouche, oui... mais au bout d'un moment une bonne bouteille devient toujours une bouteille infecte.
Elle pourrait disserter longtemps sur la conservation des écrits, des fibres textiles, des denrées alimentaires également... mais là n'était pas le sujet, ni le public idéal.
" Mais je suis bien d'accord que tout ce qu'on invente aujourd'hui est inutile, futile, éphémère et uniquement là pour nous prouver notre intellect. Je suis anthropologue funéraire ; vous ne m'apprendrez rien sur la mortalité des hommes. En revanche, les questions de Charlie sont intéressantes. Et j'aimerais également savoir comment êtes-vous devenue vampire ? Et quand était-ce ? "

Aurait-elle une véritable réponse à ces questions intrusives ? Ça ne la regardait pas et pourtant elle avait besoin de recueillir des informations de ce type, des "témoignages" pour dresser des bilans, des conclusions, en somme les grandes lignes d'une compréhension globale du phénomène. Elle se dit qu'il faudrait qu'elle interroge aussi Keith qui ne s'était pas caché d'être un vampire et qui devrait sans trop de peine accepter de lui répondre.
La scientifique regrettait de ne pas avoir de quoi enregistrer et devrait donc compter exclusivement sur sa mémoire pour retenir le maximum d'informations que voudrait bien fournir Llylewin.
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Llylewin
Vampire


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MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Lun 10 Mar 2014 - 21:01

La vampire soupira devant l’incompréhension des humaines :
Tsss, non mais vous n’avez rien compris ! Le but ce n’est pas de passer l’éternité avec des objets inusables, faut bien faire un peu de shopping pour s’occuper de temps à autres, c’est qu’on a pas mal de temps à tuer quand on ne risque pas de l’être…

Non, ce qui est intéressant c’est de s’intéresser uniquement aux basiques intemporels : certes, je ne peux pas faire 150 ans avec la même paire de chaussures ou la même bouteille de vodka, mais ce n’est pas le but ! Les chaussures et la vodka existent depuis des siècles et existeront encore très longtemps, on peut donc en tester plusieurs, constater leur évolution…

Bref, on peut s’amuser avec sans risquer d’être frustré, parce que vous n’imaginez pas à quel point c’est rageant de s’attacher à une denrée périssable !
J’ai croisé un vampire français qui n’aimait rien tant que d’assister aux exécutions par guillotine, au début c’était facile d’accès, en place publique, puis c’est devenu plus complexe à apercevoir, il fallait graisser des pattes pour y assister en prison… Puis ça a carrément été interdit, du coup le pauvre est tombé en dépression !
Ho, il a bien essayé de s’en procurer une et de couper des têtes dans sa cave, mais ça n’avait plus la même saveur, comment pouvait-il se contenter d'une contrefaçon après avoir goûté l'original? Le pauvre est tombé dans une dépression terrible… Alors que tant que l’homme aura des pieds, il aura besoin de chaussures, c’est imparable.


Bien sur, les pauvres péronnelles ne pouvaient pas comprendre du haut de leur obsolescence programmée, tout juste pouvaient-elles apercevoir l’abîme vertigineux qui se profilait devant chaque être atteint d’immortalité, une bénédiction pour certains, mais une malédiction pour d’autres.
Voir sa famille humaine, ses domestiques, ses animaux de compagnie voire même ses compagnons vampires malchanceux disparaître et vous laisser continuer votre route seul, ça finit par filer un coup au moral au plus aguerri. Pour ça que les vampires les plus vieux sont les plus tarés : ils finissent tous par développer un grain plus ou moins gros.

Envahie par une vague de nostalgie, Llylewin soupira :
Oui, en gros c’est ça, les vampires sont immortels dans le sens où ils ne craignent ni le temps ni la maladie, donc si aucune cause extérieure ne vient s’en mêler ils peuvent vivre pour toujours, en théorie…

Mais c’est surtout de la théorie, parce qu’avec le temps on finit par devenir moins vigilant ou pas attiser les convoitises, vous imaginez, si on se débrouille bien, la fortune qu’on peut amasser au fil du temps?
Mais ce n’est pas plus mal au fond, parce que si le corps ne se dégrade plus avec le temps, on ne peut pas dire la même chose de l’esprit. Regardez, moi du haut des 300 petites années certains disent que je ne tricote déjà plus très bien du ciboulot, alors imaginez pour ceux qui ont le double, voire le triple !
plaisanta-t-elle, ne souhaitant pas épiloguer sur son cas personnel. Car qui parlait de sa transformation parlait d’Utrillo di Sans Remo, son Créateur, et du clan psychopathe qui allait avec, ce qui incluait la pierre rouge, et elle n’avait aucune intention de soulever la vase d'une histoire bien trop douloureuse et trop complexe pour elle.

Mais dites-moi mesdemoiselles, embraya-t-elle sur un ton amusé, vous êtes bien curieuses, vous n’envisageriez pas de vous faire transformer par hasard ? Si c’est le cas il faudra vous trouver une autre bienfaitrice, j’ai déjà une mioche impossible à gérer et je ne compte pas agrandir la famille !
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Charlie Dickens
Humain
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Messages : 619
MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Mar 11 Mar 2014 - 20:12

Llylewin ne les fit pas attendre longtemps avant de leur expliquer qu’au final, elles ne comprenaient rien à rien. S’étant arrêté sur le sens premier de ce qu’avait énuméré la vampire, Tamara et Charlie n’y avait vu qu’une mauvaise interprétation d’objet immortels. La maquerelle elle, leur avait en effet donné de très bons exemples au final, mettant de l’avant que l’alcool et les chaussures perdureraient pendant bien des siècles à venir, élément indispensable pour l’homme et certains vampires visiblement.

-Mouais…

Charlie n’avait pas vraiment envie de dire que la vampire avait raison, mais force était d’avouer que si, cette fois ci précisément, elle avait raison. Puis elle leur sortie une histoire pour appuyer ses dires, une histoire qui aurait pu la toucher, stimuler sa compassion. Oui, c’était triste ce genre de vie, de voir tout le monde ou presque crever autour de soi, de s’accrocher a des principes ou des inventions vouées à disparaître, ne plus avoir de pilier ou de repères solides, c’était horrible oui. Mais ce grand vent de compassion était très rapidement étouffé, car les principaux intéressés étaient de véritables tueurs suceurs de sang, pervertie et sadique. Si en plus on ajoutait à cela que ce qui avait rendu le-dit vampire si triste était le fait qu’il n’y avait plus d’exécution à la guillotine, oui, cette histoire laissait Charlie pratiquement de marbre, malheureusement, mais venait démontrer le point de la maquerelle à la perfection.

Ça et, aussi stupide, mais logique que cela pouvait sonner à ses oreilles, le tant que les ''hommes auraient des pieds'', oui pour le coup, la blondinette n’avait plus rien pour réfuter ce qu’avançait Llylewin. Se retrouvant le bec cloué pour le coup, l’anglaise reprit une gorgée de café pour se redonner un peu de contenance.

Llylewin en profita pour leur confirmer que les vampires ne craignaient au final pas grand-chose, ce qui était à la fois confortant et franchement pas rassurant, certes elles savaient maintenant quels étaient les points faibles de ces êtres quasi immortels, mais c’étaient si peu et franchement pas assez. Haussant les épaules tout en réfléchissant alors que Llylewin leur demandait rhétoriquement d’imaginer la petite fortune qu’un immortel pouvait amasser au fil du temps, Charlie imaginait facilement que ce devait être un sacré pactole, surtout avec les intérêts. Probablement pour ça que pratiquement tous les proprio de bâtiments à Galway étaient des sangsues… Perspective loin de l’enchanter, Charlie loucha sur sa paperasse sagement rangé près d’elle.

Avant même d’avoir le temps de laisser place à ses pensées glauques et ses interrogations, Llylewin leur lança une petite bombe. Charlie faillit bien s’étouffer, aussi redirriga-t-elle son attention sur Llylewin.

Voilà, elle venait de confirmer. Trois cents ans ! Fuck ! C’était donc vrai ! C’était diablement impressionnant et difficile à concevoir à la fois. Toutes les questions que Charlie aurait eues, tout ce qu’elle aurait aimé entendre, savoir, comprendre, seulement, c’était Llylewin… et une vampire. Sa soif de connaissance et sa curiosité en souffrirait, mais jamais au grand jamais elle s’assiérait avec la maquerelle pour un cours d’histoire teinté de vampirisme. Cela dit, ça expliquait pas mal pourquoi ils étaient tous un peu siphonnés les sangsues finalement… L’immortalité venait avec un prix.

Pour l’heure par contre, Charlie était contente, Tamara en avait eu des infos et elle-même avait pu confirmer deux trois trucs sur les vampires, une rencontre fortuite et pas nécessairement heureuse qui s’avérait pas si mal en fait.

Llylewin revint cependant à la charge.

-Hein ?! Euh, non non, pas vraiment…  j’aime encore assez le soleil et … la vie quoi.

Brrr, l’idée d’avoir Llylewin comme mère vampire… elle en ferait des cauchemars cette nuit pour sûre !
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Tamara Brooke
Humain
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MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Mer 12 Mar 2014 - 23:16

" Dans ce sens-là, effectivement, ce sont des choses qui ont une certaine durabilité. " acquiesça l'anthropologue. Des indémodables encore et toujours utilisés par les hommes et femmes. Depuis les tuniques en fourrure jusqu'aux strings, il n'y avait presque d'un pas bien que des millénaires les séparent. Se protéger, se vêtir, se nourrir ; dans cet ordre ou dans un autre, peu importe. Ces éléments faisaient toujours partie de l'existence. Même lorsque celle-ci est immortelle.

" Voir directement tout ça... " dit tout haut Tamara, sans s'adresser particulièrement à l'une ou l'autre de ses interlocutrices.
Le regard dans le vague, elle n'écouta que d'une oreille l'anecdote "guillotine" comme passe-temps d'un vampire. Ce n'était pas tant l'évolution de la mode qui l'intéressait, mais bien le déroulement de l'Histoire complexe de l'Homme. Bien des gens avaient assisté aux différentes étapes marquantes de cette chronologie, mais certains étaient encore là pour en parler... des êtres qui n'auraient pas du traverser autant de décennies, qui ne l'auraient pas pu s'ils n'avaient été si différents du commun des hommes.

La maquerelle évoqua alors une chose bien plus personnelle. Ils étaient certes immortels, mais pas moins soumis à un problème typiquement humain : ils avaient la pensée et celle-ci aime à jouer des tours en instaurant des doutes, des peurs, des regrets, des tristesses... Le temps qui passe, les gens autour de soi qui disparaissent, un sentiment de solitude qui doit envahir peu à peu l'esprit et en quelques siècles, la folie guette. C'était à peu près ce que venait d'expliquer la vampire.
300 ans ! C'était donc vrai ! A Galway, les multi-centenaires parcouraient les rues. La brune se retint d'assaillir Llylewin de questions supplémentaires ; où ? quand ? qu'avait-elle vu, vécu ? avait-elle croisé des personnages historiques ? comment vivait-on réellement avant ?
Autre chose titilla bien vite sa curiosité et mit de côté toutes ses interrogations précédentes.

" Une fille ? Au sens biologique du terme ? "

Ses doigts tapotaient le bois de la table ; inconsciemment, elle rêvait d'avoir une feuille et un stylo pour prendre des notes. Voilà une chose bien plus fascinante que des considérations purement pratiques d'existence. Les vampires étaient des êtres à part ; de ce qu'elle avait appris jusque là, rien ne parlait de gestation pour cette espèce. La seule façon d'être "parent" était de transformer quelqu'un. La vampire évoqua cette possibilité en l'excluant rapidement pour ce qui la concernait.
" Mais non, je ne suis nullement intéressée pour moi-même, seulement pour la science. Je suis anthropologue ; j'étudie l'évolution de l'espèce humaine. Vous êtes une branche de cette évolution, dont j'ignore encore bien des choses, ne serait-ce que l'origine. " expliqua-t-elle.

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Llylewin
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MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Dim 16 Mar 2014 - 11:13

Llylewin scruta avec amusement la réaction de la blondinette qui déclina le concept du vampirisme d’un air limite dégoûté.

Ha, tu dis ça parce que tu es encore jeune, belle et en bonne santé, mais attend un peu que ton visage se flétrisse comme une vielle pomme, que tes seins subissent l’effet de la gravité et que tu sentes tout ton corps en proie aux maladies liées à la décomposition causée par le temps…
Tu verras, quand ton organisme commencera à sentir la mort paradoxalement tu n’y seras plus tant attachée que ça, à ta vie…
sourit-elle en affichant un rictus, car certes, elle était peut-être une sorte de morte-vivante, mais elle ne connaîtrait jamais la joie des rides, des nibards au niveau du nombril, des articulations qui rouillent, des sens qui s’émoussent au fil du temps et des cancers en tout genre ; bref, elle était
"La rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil"


Alors que ces humaines verraient tomber leurs précieux pétales uns à uns;
"Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté"


Finalement, Ronsard ne s’était pas tant planté que ça avec son poème, il avait simplement oublié de préciser que la rose immortelle déployait sa robe au clair de lune.

Comme quoi, la non-vie avait aussi ses avantages, même si elle avait conservé certains inconvénients inhérents aux bribes d’humanité qui lui restaient, comme la capacité de donner la vie. Ou la non-vie, appelez-ça comme vous voulez.

Ouais, au sens biologique du terme, le fruit de mes entrailles, tout ça tout ça… répondit la vampire en référence à la célèbre strophe du « Je vous salue Marie » : « Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni ». Sauf que, dans ce cas précis, la gamine était vraiment le fruit de ses entrailles dans le sens où elle avait du se faire éventrer pour la pondre, et que sur le coup elle ne l’avait pas franchement bénie.

La suite du discours de la brunette lui fit l’effet d’une douche froide. Une scientifique ? Quelle horreur ! La maquerelle comprenait que les humains, pour se donner l’illusion de maîtriser leur monde avaient besoin de croire qu’ils pouvaient tout comprendre, mais le mélange science + créatures de la nuit était souvent explosif. Comment concilier ces amateurs de logique pure avec des êtres qui étaient par définition sur-naturels, c'est-à-dire au-dessus de toute loi de la nature ?

Elle avait entendu tant d’histoires à propos de vampires et de loups-garous kidnappés par ces illuminés qui avaient fini traités avec encore plus de cruauté que des rats de laboratoires : examinés, découpés dans tous les sens jusqu’à ce que mort s’en suive, brrr, rien que la perspective de se retrouver aux prises avec ces dingos en blouse blanche, tel le pauvre John Merrick offert en pâture à l’académie de médecine la faisait frissonner.

Le ton de la vampire se fit instantanément plus froid et plus dur.
La science ? C’est des conneries tout ça ! L’essence d’un être ce n’est pas quelque chose qu’on peut étudier ou disséquer comme un animal mort en observateur extérieur, non, pour le comprendre il faut le vivre, le ressentir dans sa chair…
Et vu que vous n’êtes visiblement pas prête à faire don de votre corps à la science, vous vous limiterez aux légendes et autres racontars populaires, il existe des êtres qui n’ont pas besoin d’être expliqués, juste imaginés !
conclut-elle en étant consciente que son petit laïus ne convaincrait certainement pas la demoiselle d’arrêter ses recherches, mais au moins avait-elle réussi à répondre quelque chose de plus nuancé que le « si tu t’approches de moi avec un scalpel, je te le fous dans le cul » qui lui était venu à l’esprit en premier lieu.

Bien, je ne vais pas vous importuner plus longtemps, vu que mon pâtissier n’a pas l’air disponible pour ma commande je vais rejoindre mes quartiers et vous laisser continuer à prendre votre collation. Vu le tournant que prenait la discussion, il était plus sage de s’éclipser avant que cela ne tourne au vinaigre. Elle n’avait aucune envie de voir débarquer chez elle une armada de cinglés en blouse blanche venus pour décortiquer sa fille. Si elle avait été ouverte en deux pour la mettre au monde, elle et elle seule avait le droit de lui rendre la pareille, et elle ne laisserait jamais quelqu’un d’autre toucher à ses cheveux filasse.
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Charlie Dickens
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MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Mar 18 Mar 2014 - 3:23

Spoiler:
 


Le petit discours servit par Llylewin à la suite du déclin que lui donna Charlie face à sa possible vampirisation eut l’effet d’une gifle en pleine figure. Certes, c’était les conséquences naturelles du temps et de la vie, mais de se les faire rappeler ainsi, par une vampire qui ne vieillirait pas d’un poil ni ne craindrait les cancers et autres joyeusetés, il y avait de quoi être légèrement plus amer en fait. C’est vrai que la psychopathie et la  sociopathie qu’ils semblaient tous développer n’étaient pas tellement charmante, mais avant d’en rencontrer pour de vrai, Charlie avait toujours été passionnée par le concept qu’était alors les vampires dans son esprit inculte. Ne pas vieillir, voir le monde évoluer, ne pas avoir peur des maladies ni de la mort en tant que tel, c’était cool quand même… enfin, moins maintenant sachant le prix à payer, mais en théorie c’était un peu le rêve de pas mal d’être humain… C’était déprimant.

Mais alors que Tamara posait des questions à la maquerelle, faisant état de sa profession et du pourquoi elle posait ce genre de question, Llylewin changea du tout au tout. Finit la maquerelle qui tentait de les appâter dans son bordel ou de la vampire leur démontrant les bons côtés du vampirisme. Visiblement la vampire ne portait pas les scientifiques et leur science dans son cœur. Elle leur servit un laïus teinté de sa propre opinion à ce sujet, pro-mysticisme contre la science et ses progrès.

Charlie était amusée, mais surtout bouche-bée. Avec toutes les avancées dans les différents domaines scientifiques, comment la vampire pouvait dire de telles choses ? Elle avait vu plusieurs siècles passés, après tout Llylewin avait vu la science elle-même évoluée ! Avant même de pouvoir poser plus de questions, ok ça aurait été plus pour l’emmerder qu’autre chose, mais quand même, Llylewin coupa court à toute conversation en leur souhaitant une bonne soirée afin de s’éclipser.

-Eum… Au revoir ? Fit Charlie, pas certaine de ce qui venait de se passer.  Et bien, je pense qu’on l’a vexé… Un large sourire s’affichait malgré tout sur le visage de l’anglaise qui se retenait de rire.  

Ça alors, qui l’aurait cru, avec son caractère de cochon qu’elle lui connaissait, Charlie ne croyait pas que Llylewin fuirait devant de si petites questions. La prochaine fois qu’elle l’a verrait et voudrait s’esquiver, elle n’aurait qu’à commencer un débat à saveur de science pour la voir détaler ! Mais la vampire avait quand même titillé quelque chose en elle. De se faire rappeler qu’elle allait crever d’une maladie ou bien de vieillesse et pourrir dans une tombe c’était pas trop joyeux en fait. On y pensait pas trop, d’ordinaire, mais Llylewin avait bien résumé les choses. Perdue dans ses pensées tout en terminant son café, Charlie regarda sa montre pour voir quelle heure il pouvait bien être.

-Ouh la ! Bon, je crois que je vais terminer tout ça à la maison. Conclut-elle tout en s’étirant sur son siège.  J’espère au moins que Llylewin a répondu a certaine de vos interrogations, pour ma part je sais maintenant que les racontars sont pas si faux finalement.

Rassemblant ses papiers, toujours assise, Charlie agrippa son manteau et l’enfila avant de s’adresser de nouveau au Docteur Brooke.

-J’espère que votre dépanneuse ne vous fera pas attendre trop longtemps. Je vous dis à bientôt, la soirée a été assez intéressante je dois l’avouer, mais il est temps de rentrer pour moi. Prenez soin de vous et à la prochaine Tamara.

Charlie alla régler leur commande à toute deux, surprise pour Tamara, et avant de sortir lui fit un petit signe d’au revoir de la main, s’engouffrant paperasse sous le bras, dans les vents enneigés de Galway.
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Tamara Brooke
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MessageSujet: Re: Kiss Me Honey - Tea Room   Mer 19 Mar 2014 - 14:49

Le petit laïus sur la décrépitude humaine la fit sourire. Il fallait savoir ce qu'elle voulait : soit être immortel, c'était génial parce qu'on ne souffrait pas du vieillissement soit ça ne l'était pas car on finissait plus fou et sénile qu'un humain lambda, sous le désespoir de ne pas connaitre la fin de son existence. C'était parce qu'il y avait un achèvement que la vie avait un intérêt. Tamara aurait pu aussi lui répondre que sans cette fin programmée, elle n'aurait pas de travail ; elle se contenta de terminer sa tasse de café en haussant une épaule, le sourire aux lèvres. Même si elle savait pertinemment qu'elle laissait progressivement derrière elle les meilleures années que son corps ait pu connaitre, l'anthropologue ne craignait pas l'inéluctable. La seule chose qui la contrarierait énormément serait de perdre ses capacités intellectuelles.

Puis en presque un rien de temps, la conversation s'acheva. L'une puis l'autre s'en allèrent, laissant un goût d'inachevé dans la bouche de la scientifique. Elle n'aima pas particulièrement ça, mais en ce qui concernait le départ "précipité" de la vampire, elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même. C'étaient ses dernières paroles qui avaient enclenché le processus : la maquerelle s'était refermée comme une huître, prétextant que certaines choses ne méritaient pas d'être examinées par la science. Science et paranormal n'avaient pas à fricoter ensemble. Une vision bien réductrice aux yeux de Tamara : si on ne sait pas l'expliquer, alors qu'on ne s'acharne pas et on clôt la question. On détourne le regard et on appelle juste ça "dieu", "mystère", "hasard", "paranormal"... Effectivement, il peut être compliqué, voir impossible, de comprendre et expliquer toute chose en ce monde complexe. Ce n'est pas une raison pour ne pas essayer. C'est être faible que de se cacher bêtement derrière le connu, ayant peur d'aller vers l'inconnu : ce principe marche pour les sciences dures mais aussi et presque surtout pour les relations aux autres, pour la vie en général. C'est facile de dire "je ne connais pas, je n'y vais pas". L'Américaine n'était pas de ce genre-là. Arriverait-elle jamais à percer les mystères qui l'intéressent ? Seule ou devrait-elle être aidée par d'autres ? Elle n'en savait rien : c'était le chemin pour y parvenir qui comptait le plus. Le résultat était limite un bonus pour l'esprit curieux.

Llylewin s'éclipsa, prétextant qu'elle ne pouvait attendre davantage. La blonde résuma bien la chose : elles l'avaient vexée. Vexée de ne pas savoir apprécié les avantages indéniables de sa condition ? L'Américaine penchait aussi pour de l'agacement à être prise pour un sujet d'étude sans en avoir été préalablement avertie. Comme si cela menait systématiquement à être "disséqué" et observé "comme un animal mort"... Et les sciences humaines alors ? Sa propre discipline était un mélange parfait entre ces deux factions de la Science -au sens large- qui ne se méprisaient l'une l'autre. Si elle devait se mettre à pratiquer tout ce qu'elle étudiait, elle se serait essayée à bien des pratiques étranges...
" Je crois qu'elle n'a pas aimé ma profession... Je le saurais pour la prochaine fois. "

Charlie lui demanda si elle avait pu obtenir des réponses. Un sourire s'étira sur ses lèvres : " Vu que plus de questions se bousculent maintenant dans ma tête, oui cet entretien a été bénéfique. "
Dommage qu'il n'ait duré davantage de temps. Et cela semblait compromis désormais pour que la propriétaire du QS s'épanche davantage sur la question en sa présence... Il lui faudrait un sujet plus docile ; plusieurs seraient l'idéal. Il fallait un bon échantillon représentatif d'une population pour que l'enquête soit pertinente.

" Bon courage pour votre projet. Nous ne manquerons pas de nous revoir ; vous me direz où vous en êtes alors. " conclut-elle tandis que l'Anglaise récupérait ses affaires pour s'en aller à son tour. Elle regarda alors son téléphone et remarqua un appel en absence et un message : le dépanneur avait essayé de la joindre. Tout en écoutant sa messagerie, elle répondit au salut d'au-revoir de la barmaid. Il arrivait dans environ un quart d'heure ; c'était il y avait cinq minutes... Elle avait juste le temps de retourner à la voiture, chargée de ses encombrants paquets.
Sacrée soirée ; elle ne serait pas couchée avant un moment, entre le déménagement à achever et les informations obtenues qu'elle allait retranscrire à l'écrit. D'autres choses lui viendraient alors à faire et il était probable qu'elle veille jusqu'à très tard.

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