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 Le pistashop

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Jaro
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Messages : 484
MessageSujet: Le pistashop   Lun 26 Aoû 2013 - 21:28

Le Pistashop.


Aménagement.


Avec le temps, Kelly avait finit par se faire une place dans le cœur des undercasts. Souvent de crainte, certains éprouvaient une sorte d’affection pour elle - seule enfant sautillant plus que rôdant dans les égouts de la ville - d’autres un intérêt curieux, d’autres enfin de la méfiance. Mais elle avait été recruté par Jaro en personne et aucun ne remettait en question les décisions du Roi. Et, de fait, elle avait aussi trouvé une place dans l’Undertown en elle-même.

Pas qu’elle l’ait particulièrement cherché. Elle avait déjà un territoire bien à elle dans les cendres fumantes du Zombillenium, à l’abri des regards indiscrets et qu’elle avait aménagé à ses convenances. Mais elle y était seule, ce qui signifiait qu’elle devait tout faire elle même. Beaucoup de temps perdu, donc, pendant lequel elle n’était pas en train de travailler sur ses projets, ses équipements ou autres plans diaboliques. Ici, elle disposait de nombreuses pièces en tout genre, allant du filtre à air à la chambre de tir d’une automatique de gros calibre, sans parler de toute la panoplie de produits chimiques qui allait avec. Kelly était aux anges.

Bien sûr, Jaro avait eut ses raisons. Un membre de la Horde plus présent dans l’Undertown présentait tout les avantages possibles : il ne risquait pas de se faire prendre à l’extérieure ou d’attirer les regards, on l’avait toujours sous la main et, a fortiori, à l'œil, et surtout, pas de problème pour le contacter. Dans un cas comme dans l’autre, le compromis du déménagement semblait tout bénef’.

La nouvelle antre de Kelly avait donc été aménagé dans une ancienne station de retraitement des eaux, à l’époque installé en sous-sol au cas où une tempête engendrerait de fortes crues sur les côtes. Avec la mise en place de nouvelles normes anti-incendie et de nouvelles méthodes de filtrage, la station s’était petit à petit retrouvé obsolète. Elle avait cependant servie beaucoup plus longtemps que prévu et ce n’est que peu de temps avant l’arrivée de la Horde qu’elle fut officiellement désaffectée. Les installations étant très volumineuses et les matériaux bons marchés, les undercasts n’avaient pas jugés nécessaire de la démanteler : il y avait largement la place dans le reste des galeries et démonter le tout coûterait plus en terme d’effort et de temps qu’il n’en rapporterait.

Mais avec le temps, les activités de la Horde étaient assez florissantes pour avancer la nécessité d’une salle de stockage. La station avait été partiellement démonté pour offrir la place demandé. Avec la construction de nouvelles galeries plus pratiques prévues à cet effet, les lieux avaient de nouveaux étés désertés. Jusqu’à maintenant.

La station avait cet avantage qu’elle était assez isolé des logements des undercasts dont beaucoup auraient tout à fait désapprouvés la proximité d’expériences dangereuses aussi près d’eux. Kelly n’était pas réputé pour son sens du sécuritaire. Elle disposait d’un grand espace, assez peu utilisé somme toute, mais qui avait le mérite de n’être convoité par personne, et n’en gêner pas plus.

Cela dit, le lieu ne servait pas seulement d’habitation et de laboratoire pour savant fou (ou savante folle). Plutôt bricoleuse, Kelly avait demandé l’aide de certains membres de la Horde pour réaménager l’alimentation en électricité de la ville souterraine. L’éclairage et le reste était assuré par détournement des réseaux publiques, qui était assez contraignant : il fallait ponctionner peu et partout pour s’assurer que la combine ne soit pas détecté par la compagnie électrique de Galway, et même là subsistait encore un risque. De plus, la consommation était beaucoup plus limité.

La Pistache avait donc choisit une option plus pratique : utiliser la tuyauterie et les turbines puissantes de ce qui restait de la vieille station pour transformer le débit des flux des égouts en énergie. Après quelques mois de travail quotidien, l’alimentation avait arrivée à son niveau optimal et était desservie dans presque tout l’Undertown. Il fallait toujours frauder le réseau publique, mais de façon à présent tellement négligeable qu’elle représentait un risque virtuellement inexistant. De la sorte, Kelly assurait l’entretien de l’alimentation tout en menant ses expériences ou en mettant aux point de nouveaux armements et plans pour ses frères de meute.


Description des lieux.


Au détoure d’un énième égout asséché, on peut voir deux lourdes portes de presque trois mètres de haut chacune, sur lesquelles est tagué en vert fluo "Pistashop !". Ces portes, montés sur rails sont presque toujours ouvertes. Entrer lorsqu’elles sont fermées n’est pas très conseillé, même si, dans tout les cas, Kelly vous accueillera avec plaisir et sourire.

Le Pistashop apparaît comme un long hangar souterrain de près de 30 mètres de long sur une dizaine de mètres de large et de hauteur. La grande majorité de l’espace est occupée par les installations électriques, parfois bruyantes, parfois plus calme, mais jamais silencieuses. L’entrée de l’antre passe sous une mezzanine à laquelle on accède par des escaliers en colimaçon. La mezzanine est le seul espace à peu près privé et qui n’ait qu’une fonction de séjour. C’est là que Kelly dort et mange. Comme cet espace est peu souvent utilisé, elle l’utilise tout de même pour y entreposer quelques caisses de pièces diverses. Mais on y trouve de vieux poufs kitsch, des emballages de bombons, de hamburgers, des bouteilles de soda en pagaille, quelques peluches et beaucoup de poster de tout et n’importe quoi : avions de guerre, chiens, pin-up, chanteurs, paysage, prévention contre la tuberculose... On croirait que l’occupant de la pièce est un alien tentant d’étudier l’humain et non un de leurs représentants.

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Kelly
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Mer 1 Jan 2014 - 16:10

Partie principale :

Le Pistashop est occupé en son milieu de gros tuyaux massifs qui canalisent l’eau des égouts vers les turbines qui se trouvent principalement sur la gauche. Le reste de l’espace est occupé par de nombreuses caisses de bois contenant absolument tout et n’importe quoi, de quoi faire pâlir la plus exhaustive des quincailleries. Sur la droite se trouvent quelques machines ayant diverses utilités : donner des formes à certains matériaux, souder, faire fondre des métaux, incuber des cultures biologiques, distiller etc... Il s'agit de vieilles machine industrielles qui furent jadis aux normes et qui ont étés pour la plupart trouvées dans la décharge où Kelly passaient toujours beaucoup de temps. Ces machines sont presque toutes assez encombrantes et bien souvent en fonte, donc suffisamment lourde pour démotiver tout déménagement dans le secteur. C'est principalement pour cette raison que la Pistache avait demandé des bras en renfort. De fait, la partie centrale du hangar est paradoxalement celle qui dispose du moins de place au sein du Pistashop.

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Kelly
Lycanthrope
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Jeu 16 Jan 2014 - 18:44

Bigre de fion !
Un fracas retentit dans la grande salle du Pistashop. Pièces métalliques de tous genres s’éparpillèrent sur le sol, certaines avaient glissées jusque sous de grosses machines qui ne donnaient pas l’envie de les déplacer à mains nues. La moue boudeuse, une jeune adolescente sortie d’un nulle part en désordre pour se diriger vers la mezzanine - toute aussi désordonnée - poings fermés et talons claquant.

Ces derniers temps, la mode pistachéenne était au vocabulaire ordurier. Qu’il s’agisse d’insultes, d’exclamations de stupeur, de joie, ou - comme c’était présentement le cas - de colère, la lycanne, fidèle à son goût de l’innovation, s’était piqué d’inventer, le plus spontanément possible, les chapelets d’insanités les plus originaux que son cerveau était capable de générer. Au cours des trois dernières semaines, les couloirs de la Horde avaient résonné de “Pichenette de bouse !”, “Face de prolapsus !” et autres “Nom d’un Chianti au vomi !”. Elle estimait avoir encore des progrès à faire, mais elle s’en sortait plutôt bien.

Ce jour là cependant, aucune occasion ne s’était présenté à elle. Pas du genre à s’en affliger, elle avait vaqué à ses occupations. Occupations qui consistaient actuellement en l’installation d’un petit laboratoire personnel dans un coin encore inoccupé du hangar et qu’elle avait réservé à cet usage. Elle avait trouvé plus de matériel qu’il n’en lui avait fallu à la décharge, mais la gestion de tout cela lui posait quelques soucis, notamment parce qu’avec les précédents travaux qu’elles y avait entreprit, le Pistashop manquait peu à peu de place. Tout du moins pour une tonne de briques et de brocs. Le passage vers la petite annexe était donc plus ou moins obstrué, mais surtout, Kelly n’avait pas réussit à fixer le rail de boucherie aux l’attaches de plafond qu’elle avait pratiqué la veille.
Il y avait des jours avec…

Burne d’ortie !
Et des jours sans.

La boudeuse s’était alors réfugié dans son espace de séjour, que d’aucuns auraient traduit par salle de torture. Le nombre d’emballages de produits de consommations trop sucrés - ou au contraire trop gras - était tel qu’il était devenu difficile de voir la couleur du sol. Les murs n’étaient pas en reste, entre affiches de concerts locaux, de promotion pour le don d’organe, de pin-up très dénudées ou de plans de porte-avions, définir si oui ou non il devait exister une tapisserie derrière tout cela relevait du défi. Diverses odeurs régnaient dans la pseudo-chambre tout autant que dans le Pistashop : il s’agissait principalement d’odeurs de produits chimiques, qu’on aurait peine à imaginer inoffensifs. Pour compléter le ravissement des sens, deux radio branchées sur des chaînes d’informations en continu déversaient leur flot ininterrompu de prosaïsmes pratiques.

A cela s’ajoutait encore une autre source sonore. Il s’agissait de téléphones placés sur écoute qui se relayaient. Plusieurs conversations alternaient donc entre différents portables ou téléphones fixes, ne laissant que quelques minutes de répit entre chaque appel enregistré. On avait droit au médecin généraliste, au chercheur en biochimie, au responsable de la commission territoriale sur les permis immobiliers ou au chef de service de facturation des telecoms. A ce propos, saviez vous que le DRH de la chambre du commerce de Galway aimait faire des choses pas très catholiques avec sa cousine au second degrés impliquant les lettres de motivations de postulants ? Oui, oui. Et le plus triste dans tout cela, c’est que sa femme était parfaitement au courant de la chose.

Et Kelly de suivre toutes ces informations en continu, et toutes ces télécommunications, en mangeant des produits de consommations trop gras/sucrés au milieu d'odeurs rances. Le signal sonore du détecteur laser fixé à la porte d’entrée l’avertît d’une visite. Chouette ça !
Quelqu’un allait pouvoir le lui fixer, son rail.

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Meredith O'Farrell
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Dim 19 Jan 2014 - 17:01

Une petit virée à la cour des miracles ne fait jamais de mal. J'avais envie de me bouger un peu et de voir quelqu'un qui ne soit pas un mouton enragé ou complètement dingue. J'ai encore d'ailleurs du mal à croire qu'on s'en soit sorties sans dommage et en fait, maintenant que je suis là, je me dis que peut-être quelqu'un pourrait m'expliquer ce qui leur est passé par la tête.

Mais c'est pas pour ça que je suis là. J'ai entendu parler de l'ouverture de la boutique de la gamine et, comme je suis d'une rare curiosité, je me suis dit qu'il fallait absolument que j'aille y jeter un œil, d'autant qu'elle pourrait avoir des gadgets sous le coude qui pourraient me permettre de défendre le bar de l'Undertown de façon originale et surtout, surprenante, lorsqu'il aura rouvert. Histoire d'avoir toujours un coup d'avance si on vient nous chercher des noises.

Non pas que je sois parano hein, encore que, avec le temps, ça ne va pas trop en s'arrangeant de ce coté-là, autant être honnête. Mais bon, il faut savoir être paré à toute éventualité, surtout à celles qui me viendrait pas  l'esprit. Et pour ça, je sais que Kelly sera d'une rare efficacité pour imaginer des trucs totalement improbables et des solutions encore plus farfelues.

Et puis, j'ai besoin de m'amuser un peu. Pour ça aussi, je sais que je frappe à la bonne porte, la petite lycanne étant toujours d'une rare imagination.

J'ai un peu de mal à trouver la boutique, même si Jaro m'a indiqué trois fois comme y aller. Ca me confirme qu'il faudrait vraiment que je passe plus de temps ici, histoire de pas me paumer douze fois avant de trouver ce que je veux.

Je finis par pousser la porte du Pistashop et j'esquisse un sourire amusé quand je vois Kelly arriver. Elle a vachement grandi depuis la dernière fois que je l'ai vue tiens, on dirait qu'elle a eu une poussée de croissance ces derniers temps. C'est possible vu son âge. Enfin, j'ai comme un doute sur son âge à dire vrai, le coté lycan aide pas vraiment à y voir clair.

Je croise son regard et mon sourire se fait plus large.

"Alors gamine, ça se passe comment ton emménagement ?"

Je jette un coup d'œil aux alentours et je grimace devant le bordel avant de la fixer avec mon plus beau sourcil perplexe.

"Tu t'y retrouves là-dedans ? Tu devrais pas manger trop de ces saloperies, tu vas nous faire une crise de diabète et je sais pas trop comment réagit un lycan diabétique. Ou pire, tu vas perdre des dents et là, ce serait ridicule. Je peux te faire à manger si tu veux."

Tout en parlant, j'ai ramassé un paquet de sucreries que j'ai ouvert et je commence à manger alors que mon regard se perd devant l'amoncellement d'objets hétéroclites qui nous entourent.
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Kelly
Lycanthrope
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Mar 21 Jan 2014 - 13:02

La vie était parfois comme une boîte de chocolat : on pouvait trouver de délicieux chocolats à l'intérieur.
La vie de Kelly ressemblait pour beaucoup à ce genre de boîte. Aussi, lorsque Meredith entra dans le Pistashop, la jeune lycanne était, comme à son habitude, en train de se goinfrer aux fourrés 70% de cacao.

Elle avait baissé le son des radios lorsque son invité avait entreprit de monter les marches pour accéder à la mezzanine. Elle faisait ça pour le côté pratique. En effet, les gens avaient toujours plus ou moins de mal à suivre une conversation en parallèle à plusieurs autres, de volume sonore équivalent. Cela n’était pas pour la gêner personnellement (si l’on peut suivre trois conversation, je ne vois pas pourquoi l’on ne pourrait en suivre quatre, pensait-elle), mais les hurlement de ses interlocuteurs lui demandant de “RÉPÉTER S’IL TE PLAÎT !” lui avaient inculqué un certains sens de l’hospitalité.

- Alors gamine, ça se passe comment ton emménagement ?
- Ouï oua !
" Répondît la bouche pleine.
*Pourquoi il faut toujours que les gens me parlent quand je suis en train de bouffer* se demandait la Pistache en dépeçant un ordinateur de ses précieux composants pour se détendre.

La véritable question à se poser, bien évidemment, était : “Pourquoi Kelly bouffait-elle tout le temps ?”.
Ce fut visiblement ce qui interpella la barmaid lorsqu’elle arriva enfin dans la pièce à vivre au revêtement de sol particulier.

Tu t'y retrouves là-dedans ? Tu devrais pas manger trop de ces saloperies, tu vas nous faire une crise de diabète et je sais pas trop comment réagit un lycan diabétique. Ou pire, tu vas perdre des dents et là, ce serait ridicule. Je peux te faire à manger si tu veux.

A ces mots, l’adolescente fut prise d’un sursaut et se retourna brusquement avec des étoiles dans les yeux.
Qu’on lui fasse à manger ? De vrai de vrai ? Et comment qu’elle voulait bien ! On ne lui avait pas fait à manger depuis la dernière fois où elle avait vu son père adoptif. Elle aimait bien son père adoptif, il était gentil avec elle. Mais elle savait qu’ils étaient séparés à cause d’elle. Cela ne lui pesait pas outre mesure, pas plus qu’il ne lui manquait ; mais du temps où elle avait vécu en tant que Kelly Hanney, elle avait bien aimé son père. Qu’on lui fasse à manger ne la rendait pas nostalgique, mais - en lycanne qui se respecte - elle adorait manger. Qu’on lui apporte de quoi éveiller ses papilles était toujours une initiative bienvenue selon elle.

Elle avala précipitamment son chocolat avant de dire : “Ouah ça serait trop cool ! On m’a jamais cuisiné de trucs depuis des années !

Elle retourna sur son ordinateur afin de finir ce qu’elle y avait entreprit, tout en continuant à parler.
Enfin, y avait bien ces mecs à l’hosto’, mais ils faisaient de la bouffe dégueu’. A croire que les fous ont pas d’odorat ni de goût.

A ces mots, Kelly posa ses outils et se leva. Quelques pas vers un recoin sombre de la pièce et la voilà qui fouillait dans un fatras d’objets de tout genres.
Enfin, t’en fais pas pour le diabète, j’analyse régulièrement mon sang pour voire si je me suis pas empoisonnée durant mes expériences. J’en profite pour ajuster les taux des composants sanguins excédents par une ou deux injection de temps en temps.

Une boîte à chaussures émergea du désordre et elle s’afféra rapidement à y ranger les organes de ce qui n’était plus maintenant qu’une vieille carcasse informatique bonne pour le recyclage.

Passant derrière une armoire jouxtant la barrière de la mezzanine, Kelly en tira tant bien que mal un vieux fauteuil en velours délavé, non sans débarrasser le sol à l’aide de coup de pieds balayette. Tout en s’exécutant, elle disait :
Mais je suppose que t’es pas venu pour faire ma visite médicale, hein ? Et si je me rappelle bien, tu travailles dans un bar. On trouve pas beaucoup de nutritionnistes chez les barmaids.

Toujours de derrière l’armoire, elle fit rouler un touret en bois qui, lui aussi, devait avoir connu des jours meilleurs. Posé à plat devant le fauteuil, elle y déposa une plaque de plexiglas maculée de taches jaunes circulaires qui l’avaient corrodée, ainsi que deux tasses sur lesquelles ont pouvait lire 'Marathon de Dublin'.

Qu’est ce que je peux faire pour toi ? Tu veux suivre la position géosatélite de ton petit copain ? Besoin un assommant pour tes transformations ? Ou alors quelqu’un dont tu aimerais te débarrasser ?

Elle se rendît vers le rebord de la fenêtre en verre épais qui donnait sur l’intérieur de l’égout et y prit une bouteille dont l’étiquette avait été arrachée, dont elle ne versa qu’un fond du contenu dans chaque tasse. Un numéro avait été écrit au marqueur sur le plastique de la bouteille mais le liquide semblait parfaitement transparent.
Je te préviens, si la personne est déjà morte, tu ferais mieux de demander à Sasha, dans le quartier des humains. C’est son boulot ici, il a l’air plutôt doué. Si tu veux, je peux t’indiquer son adresse. C’est un coin assez paumé.” Fit-elle comme si le Pistahsop était un lieu évident.

Elle prit un tabouret de camping et s’assit en face de Meredith puis leva sa tasse, but son contenu cul-sec et se mit à tousser furieusement, toute rouge, des larmes roulant sur ses joues. Cela lui prit bien une minutes avant qu'elle eût l'air de respirer de nouveau comme un être vivant normal.

En tout cas, si avec ça les turbines de la génératrice ne fonctionnaient pas, elle ne saurait plus avec quoi les désoxyder.

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Meredith O'Farrell
Lycanthrope
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Ven 24 Jan 2014 - 19:37

A la réaction de Kelly quand je lui propos de lui faire à manger, j'ai un large sourire et je hoche la tête. Visiblement, il lui en faut peu pour lui faire plaisir et ce genre de trucs c'est dans mes cordes.

"Je te ferais à manger alors, quand tu veux. Ou mieux encore, je peux t'apporter des trucs ici quand je me motive pour me faire mes repas. En faire pour une personne de plus c'est pas la mort. Et les bouffes d'hôpital, ça se saurait si c'était pas dégueulasse tu crois pas ? C'est pas une question de folie, ça doit être pour respecter les clichés du genre."

Quand elle parle de faire ses propres analyses de sang, j'ai un haussement de sourcils sceptique et je jette un regard autour de moi, me demandant si elle fait ça ici. Parce que, niveau hygiène, c'est pas le top quand même. Mais bon, je dois arrêter de me la jouer mère poule, c'est pas trop le genre de la maison.

"Mmmh… le truc pour m'assommer pendant les transformations, ça marche pour de vrai ? Parce que bon, pas que j'ai du mal avec ça, mais un peu… le lendemain je me retrouve toujours dans des coins super louches à pas savoir comment j'ai atterri là et complètement à poil... et ça commence à m'agacer un peu quand même, mine de rien. Mais euh… non je suis pas là pour ça."

J'ai un temps puis j'ajoute, avec un sourire amusé alors qu'elle s'affaire à nous préparer des sièges et de quoi boire.

"Je suis pas là non plus pour me débarrasser de quelqu'un de gênant, vivant ou mort. Mais je note ta proposition, sait-on jamais, ça pourrait me servir un jour."

Avant que je n'ai le temps de continuer et de lui expliquer ce que je viens faire là, je la vois boire le contenu douteux de sa tasse cul-sec et se mettre à tousser comme si elle allait cracher ses poumons sur le plancher. Je la fixe, passablement perplexe et, voyant que ça se calme je lui demande, du ton le plus naturel du monde.

"Euh… tu bois quoi là ? T'as inventé une boisson qui va révolutionner le monde ? Ou alors tu bois des trucs trop forts pour toi. Faut attendre avant de te mettre aux alcools frelatés gamine, ça va te bousiller les boyaux."

Enfin, bref. Je sais pas ce qui est le plus bizarre, le fait que cette gamine gère sa propre boutique, si tout le monde trouve ça normal ou, pire encore, le fait que personne ne soit choqué par sa présence. Même moi je m'y suis faite rapidement, c'est dire. Et puis, elle est attachante en fait, même si elle part souvent dans des délires un peu flippants. Je finis par m'installer sur le fauteuil que m'a sorti la lycanne de derrière les fagots avant de tapoter dessus pour en virer un minimum de poussière.

Je m'installe tranquillement, réprimant une grimace quand le fauteuil couine, me demandant s'il va tenir bon ou si je vais m'écrouler comme une patate sous son poids.
J'attrape ma tasse et je la fixe, attendant de voir ce que va me répondre la gamine quant à l'origine du liquide douteux qu'elle voudrait me faire boire à mon tour.

"Donc euh… je disais quoi ? Ah ouais, pourquoi je suis là. Tu sais que je bosse comme barmaid hein. Et je me disais que, comme tu connais bien les créatures qui peuvent mettre le bordel, tu pourrais me trouver des idées… innovantes pour m'occuper des gens qui viendraient nous chercher des noises."
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Kelly
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Mer 29 Jan 2014 - 16:16

Meredith avait une confiance toute relative en Kelly lorsqu’elle lui exposa un moyen de se débarrasser du sempiternel problème du lendemain de cuite (lycan édition©). C’était chose compréhensible, et Kelly ne s’éternisa pas sur la question. Si elle voulait vraiment résoudre ce problème, elle le lui demanderait bien un jour, ou trouverait une solution. Après tout, les membres de la Horde étaient réputés pour ça : passer outre les obstacles. Ou, dans la plupart des cas, faire du mal aux obstacles - ce qui posait problème lorsqu’il s’agissait de soi-même...
Ses pensées n’eurent pas le temps d’aller plus loin. La jeune femme ne semblait pas convaincue non plus par les rafraîchissements qu’elle lui proposait.
C’était fâcheux, parce qu’il n’y avait pas grand chose d’autre.

Je bois pas tout le temps. Rarement même ! C’est juste qu’il m’arrive de prendre un verre de temps en temps pour éliminer tout ce qui pourrait poser problème dans mon estomac.
C’était une longue histoire, qui concernait principalement ses expériences. Disons que Kelly n’arrivait pas à trouver de cobayes consentant, et que Jaro lui avait interdit d'amener ses propres sujets pour faire des tests. Question de sécurité.
C’était important, la sécurité. Elle ne savait pas trop à quoi ça pouvait bien servir, mais elle admettait que ça devait bien être un truc important.
Alors elle faisait des expériences sur elle-même.

Cela dit, Meredith croyait toujours que la potion allait la transformer en grenouille. Elle la tenait et la regardait comme s’il s’était agit d’un contrat d’achat pour une familiale quatre portes avec extension de garantie.
Oh tu peux y aller, c’est du naturel cette fois.
Il était toujours rassurant de savoir que Kelly ne poussait pas le vice jusqu’à créer de l’alcool synthétique. Ce que Meredith ne pouvait cependant pas savoir, c’est que la seule raison pour laquelle elle ne le faisait pas était qu’elle ne savait pas encore comment y parvenir. Au fond d’elle même, la Pistache était impatiente de pouvoir boire de la vodka de plastique.
Inutile que sa visiteuse soit au courant de ce détail.

Enfin vinrent les choses sérieuses.
La requêtes exprimée ne laissait rien présager de bon quant au sérieux des-dites choses.
J’ai déjà pensé à ça une ou deux fois. Il doit y avoir tout un tas de moyens…
Elle parût réfléchir un instant. Puis elle se leva. Puis elle marcha. Vers un coin de la pièce.

Il y avait à cet endroit un fouillis ordonné d’objets et de nombreuses boîtes entassées les unes sur les autres. Elle déplaça distraitement nombre de ces boîtes puis, brusquement, ralentit ses mouvements pour prendre l’une d’entre elles le plus délicatement possible et la posa lentement au sol. Elle continua ensuite de fouiller normalement et sortit d’un carton Ikea un objet qui ressemblait à une pièce de voiture. Elle pratiqua ensuite l’opération en sens inverse pour faire semblant de ranger.
Les gens faisaient ça ; ranger.

J’ai peut être quelque chose qui pourrait t’intéresser. A utiliser en dernier recourt. C’est pas très commode.
Kelly brancha un fil à une fiche incrustée dans la pièce en métal. En observant plus attentivement, on pouvait remarquer qu’une face de l’objet en question possédait un renfoncement de forme circulaire et ce qui avait tout l'air d'une membrane. Le fil, quant à lui, devait être relié à un ordinateur, puisqu’elle en alluma un.

Il se peut que tu aies, un jour ou l’autre, de sérieux ennuis dans un endroit comme l’Insomniaque. Enfin, je veux dire, une nuit ou l’autre.
Elle s’assît et posa l’objet sur la table de fortune.

Si on t’embête vraiment trop, tu peux toujours faire ça…
Elle appuya sur un petit interrupteur à bascule et PIIIIIIIIIIII !!!

Le son retentît dans toute la pièce, si aigu et si violent que la tasse de Kelly, qui était la plus proche, éclata instantanément. Celle de Meredith se fendît sérieusement. Il ne fallût pas une seconde à Kelly pour éteindre l’appareil, mais ses oreilles sifflaient déjà. Ses yeux, quelques secondes seulement, étaient devenu opalins et aussi ronds qu’il était possible à la surprise de les rendre.
Bon, je crois que je vais peut être débrancher ça et s’il…

En regardant Meredith, elle se rendît compte que celle-ci ne l’entendait pas du tout, ce qui - pour être tout à fait honnête - était aussi son cas. Elle arrêta ses mouvements et attendît un moment, afin de laisser son invitée se remettre de ses émotions. Elle fît claquer ses doigts devant son visage et dit :
Je disais : si jamais tu avais en tête quelque chose de plus diplomatique, ou alors quelque chose du moins… Collectif, tu peux toujours me soumettre quelques paramètres. Je ne dirai pas non à un genre de nomenclature.

Elle débrancha l’appareil et alla le ranger. Tant qu’à faire, autant ne pas laisser un objet de cette trempe devant les yeux de la barmaid. C’était le genre de chose qui avaient tendance à stresser les gens.
Ça, et les armes à feu.
Mais je sais faire des autres trucs aussi, hein ? Tu peux toujours demander l’option ‘comment partitionner un vampire comme un disque dure’. J’ai peut être quelques idées impliquant leur trou d’balle et un symbole religieux…

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Meredith O'Farrell
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Messages : 36
MessageSujet: Re: Le pistashop   Dim 2 Fév 2014 - 19:56

A la répartie de Kelly je secoue la tête sans cacher mon amusement.

"Ouais, histoire de désinfecter un peu tout ça c'est ça ?"

Malgré tout, je continue de fixer ma tasse avec une mine profondément dubitative. Pas que j'ai pas confiance dans la gamine qui se tient devant moi, elle ne me ferait pas du mal volontairement, en tout cas j'espère, mais j'ai un peu peur de ce qu'elle pourrait imaginer comme boisson à servir aux invités du moment. La notion d'hospitalité étant quelque chose de très personnel et connaissant la demoiselle, je me dis que ça peut provoquer des mélanges suffisamment hasardeux pour que je sois méfiante.

"Du naturel hein… bon… on m'a toujours dit que c'était impoli de refuser un verre. Santé alors !"

J'avale le contenu de ma tasse cul sec et je sens mon visage s'empourprer alors que je me retiens à grand peine de tout recracher tout autour de moi. Je finis pas réduire le mal à un simple toussotement et je lève mon pouce en direction de Kelly avec une grimace qui se veut un sourire.

"Pas… mal… On dirait un mélange d'alcool à 90° et de produit pour déboucher les toilettes. Ca décape."

Inutile de préciser que oui, j'ai déjà goûté du produit pour déboucher les toilettes. C'est l'inconvénient d'avoir des grands frères un peu trop facétieux. Ils avaient tendance à me proposer une vague de "même pas cap'" et, toute gosse que j'étais, je démarrais bien évidemment toujours au quart de tour.

Enfin bref, trêve de divagations. Il est temps de passer au but de ma visite, que je lui expose brièvement avant de la voir se relever et fouiller dans le fatras qui lui sert de… de quoi au juste ? De labo ? De bureau où elle accueille les gens ? Difficile à deviner et je suis pas sûre de vouloir connaitre la réponse. Je la regarde avec une curiosité non dissimulée et je fixe l'engin qu'elle pose entre nous, écoutant la gamine avec attention.

C'est alors que retentit le bip de la mort qui tue. J'en lâche ma tasse qui éclate en mille morceaux par terre et je me couvre les oreilles en fermant les yeux. Déjà pour un humain normal ce bruit doit être insupportable mais, avec notre ouïe c'est tout simplement un cauchemar. Heureusement ça s'arrête, ou alors c'est parce que je n'entends plus rien et que j'ai du avoir les deux tympans crevés sous le choc.

Kelly se décide à parler, en tout cas, je vois ses lèvres bouger et je plisse des yeux dans sa direction sans comprendre un traitre mot de ce qu'elle me raconte.

"Quoi ?"

J'entends juste un affreux sifflement et je me focalise sur la bouche de la gamine, réussissant, en tout cas j'espère, à capter un peu l'idée générale. Je la vois ranger l'engin diabolique sans chercher à la retenir et quand elle se rassoit devant moi, le sifflement s'est atténué.

Je finis par retrouver une audition totale, c'est pour l'entendre me parler de vampires, de disques durs et de je sais pas quoi. Je fixe la petite lycanne durant quelques secondes avant d'ouvrir la bouche, puis de la refermer sans rien dire, les yeux un rien écarquillés. Je finis alors par lâcher, un sourcil haussé.

"Euh… hein ?"

Ouais je sais, super classe. Mais c'est ça ou partir dans un fou-rire sans fin en m'imaginant certains vampires de ma connaissance partitionnés de cette façon. Je toussote un coup, histoire de me redonner une contenance et ça a l'air de marcher… à peu près.

"C'est un peu extrême ton truc mais, au final, ça pourrait quand même être utile en cas de fin du monde."

J'ai un temps puis j'ajoute, avec un sourire en coin.

"Il me faut un truc pour calmer les ardeurs des lycans ou des vampires s'ils décident de se mettre minables dans le bar. Autant les dégâts matériels je m'en remettrais, mais j'ai pas trop envie que ça attire les flics vu que la possibilité qu'offre l'Eventreur de remonter vers nous. Tu vois le truc ?"

L'engin maléfique me revient  à l'esprit et je continue, brandissant un index menaçant en direction de la gamine.

"Et un truc qui ne fasse pas venir les flics non plus. Que ça les assomme, les paralyse ou un truc du genre. Pas les flics hein, qu'on soit d'accord."
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Kelly
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Ven 7 Fév 2014 - 18:09

Ainsi qu’elle s’y attendait, le système de neutralisation sonore ne sembla pas remporter un franc succès. Surtout au niveau des tympans. Ce bijou était pourtant un spécimen tout à fait édifiant de la diplomatie pistachéenne et, jusque là, elle n’avait jamais eu à se plaindre des résultat de sa diplomatie.
Sauf au niveau des vêtements propres.

L’expérience eut tout de même l’avantage de préciser considérablement la requête de Meredith. Kelly s’en alla de nouveau fouiller dans divers tas de d’objets que Dieu n’avait définitivement pas conçu pour aller ensemble, un peu comme un anglais et une cuisine. Pas de dégâts trop important, pas de flics. Bien, c’était dans ses cordes. Où étaient-elles, d’ailleurs ?

Attends un peu que je retrouve mes cordes de piano et je te pond un truc aux petits ognons !

En réalité, elle ne savait pas trop ce qu’elle allait faire avec une corde de piano, mais cela ne consisterait en rien qui ait un rapport avec Bethoveen, et elle faisait toujours confiance à son inspiration du moment. Une méthode toujours probante. En peu de temps, elle tendit poing victorieux en l’air. La lumière qui filtrait à travers les vitres de la cabine de contremaître laissait entrevoir quelques reflets où se dessinaient de fines courbes bouclées.

Bon, OK. Je sais que beaucoup de vampires se laissent pousser les ongles pour se donner un look Mephisto, mais je peux t’assurer qu’une corde de cette facture, c’est plus résistant que… Que la connerie humaine !
Bien entendu, Kelly se trompait. Rien n’était plus résistant que la connerie humaine.

Elle retourna vers Meredith. Un bruit de métal tinta contre le bois de la table.
Tiens, au passage, ça pourra toujours te servir en cas d’urgence, et c’est mieux que les bagues. Tu peux t’exploser les doigts avec une bague.
L’objet consistait tout bêtement en un poing américain dont les phalanges étaient ornées de solides croix soudées entre elles. On pouvait voir des traces de brûlures sur certaines parties.
Et la Pistache n’utilisait pas de poing américain pour faire la cuisine.

Ceci… Est une corde de piano. C’est très fin, c’est très discret, et ça peut être très désagréable.
Surtout au niveau du cou.

Comme la physiologie des vampires ne connaît pas beaucoup de points faibles, seule la douleur peut encore les tenir en laisse. Tout simplement parce que la douleur est capable de tenir en laisse tout ce qui a des nerfs. Or, c’est précisément une laisse que nous allons fabriquer avec ça.

Kelly manipula la corde quelques secondes et prit la bouteille de liqueur d’avion pour la poser bien en évidence sur la table. Il y avait comme une atmosphère de téléachat dans l’air. Un nœud coulant vint encercler le corps de la bouteille, et une petite croix brillante en fer apparut qui pendait à l’extrémité de ce nœud.
Imagine que la bouteille soit le cou d’un vampire récalcitrant. ‘Oh non, pitié, ne me fais pas de mal !' YAH !
Elle resserra brutalement le nœud qui se referma sur la bouteille. La petite croix était fermement plaquée contre le vers et ne bougeait pas. Derrière la bouteille se trouvait un serre câble qui maintenait le tout fixé.
Tu vas les voir se tortiller comme des vers de terre sous acide ! Tu auras tout le temps de te décider sur la façon de te débarrasser du goujat et de finir ta partie de tarot.

Elle réfléchit un instant et ajouta :
Mais pour ça, il faut déjà que tu l’immobilises un minimum. Je pourrai toujours te confectionner un petit asperseur d’eau bénite, mais je ne connais personne capable de m’en fournir, alors je ne te serai d’aucune aide pour ce qui est des munitions.
Bref, Passons à nos congénères griffus !


Elle se leva et recommença le rituel de fouilles archéologiques. Bien qu’elle aie réduit le son de la radio et de ses stations d’écoute, on put de nouveau entendre une conversation téléphonique lorsque l’une des personnes sur écoute appela quelqu’un. Apparemment, Eliza avait moyennement apprécié de lire une invitation à donner une fessée sur le portable que son mari avait oublié dans le salon avant de partir au travail. Elle lui demandait si le nom de Julia ne lui disait rien et lui, sans doute embarrassé de la situation mais ravi qu’elle ne se passe qu’au téléphone, lui demandait si c’était un truc qui se mangeait.
- Arrête de me prendre pour une conne John ! Tu ferais mieux d’être franc avec moi ! Est-ce que, oui ou non, tu connais une fille du nom de Julia ?
- Trouvé !


Elle en revint à Meredith en se disant qu’elle n’aurait pas de mal à convaincre celle-ci de l’efficacité de son invention, mais elle vérifia préalablement qu’elle n’était pas chargée. L’objet, qui avait un peu la forme d’une arme, était assez imposant. A y regarder de plus près, on comprenait qu’il s’agissait en réalité d’un pistolet à clou.

- Je sais ce que tu vas dire : dangereux, sang partout, flics, tout ça…
- Mais bon sang, je ne vois pas de quoi tu veux parler. Bien sûr que j’ai connu des Julia dans ma vie, c’est quand même un nom commun. Mais je ne vois pas de qui tu veux me parler !
- Et bah même pas ! Parce que je l’ai modifié. Regardes : tu vois ? A l’intérieur de la réserve à clous, j’ai placé un petit conteneur. Et j’ai changé le mécanisme de projection par un système pneumatique tout simple.
- Ah non ? Tu vois vraiment pas ? Attends, laisse-moi te rafraîchir la mémoire !

Les hauts parleurs laissaient entendre le bruit de claques répétées.
- Et là ? Ça te rappelle toujours rien ? Si tu te souviens pas de son visage, peut être que le cri de son cul te dira quelque chose, non ?
- Tu sais tout aussi bien que moi que les lycans ont la peau dure lorsqu’ils perdent leur sang froid, et qu’ils prennent forme lupine ; sans parler de cette horripilante manie à se régénérer aussi vite qu’une commande McDo ! Et bien l’objectif, c’est justement de le leur faire retrouver, leur sang froid. Mais comment ? Me diras-tu. Haha !
- Chérie, est-ce que tu es en train de te mettre des claques sur le cul parce qu’il existe quelque part à Galway une femme qui s’appelle Julia ? Non, parce que sinon je trouverais ça complètement dément !
- Les forces spéciales de la police utilisent un sédatif très puissant. Le genre de truc capable d’assommer un éléphant génétiquement modifié avec Chuck Norris. Moi, j’ai amélioré ce sédatif.
- Oh ! Par dément, tu veux dire se mettre en colère ou aller voir des gonzesses pour leur verser de la cire sur les tétons ? Parce que moi, je trouve ça foutrement dément, en effet !
- Ce à quoi la police n’a pas pensé, c’est qu’en inhibant la lycantrhopie, on pouvait très bien utiliser des sédatifs tout à fait normaux pour neutraliser la plus grosse boule de poil en fureur.
- Chérie, tu devrais aller te faire soigner. Qu’est-ce que tu compte faire ? M’attaquer en justice ? Te mettre à hurler dans la rue ? Attendons de nous voir en tête-à-tête pour discuter de tout ça tranquillement. Ne fais pas de bêtise, pense aux enfants.
- Le conteneur est donc rempli d’un composé de nitrate d’argent pour inhiber les fonctions morphologiques de la lycantrhopie et de tétrazépam pour rendre la bête toute douce. J’ai aussi ajouté un anticoagulant pour que le produit circule plus vite vers le cerveau et agisse plus rapidement. C’est que les sédatifs, c’est pas aussi efficace qu’on le croit !
- Tu te fous de moi ou quoi ? On a pas d’enfant ! T’es vraiment pathétique. Qu’est-ce qu’elle t’as dit quand tu l’as prise sur notre canapé pendant que j’étais avec Jenny à la mort de maman ? ‘Ohlala ! Que tu es fort, grand et beau ! Oh ! Oh ! Et ta zigounette ! Qu’elle est…
- Enorme ! hein ?


Surtout au niveau du cerveau.

"… Dis, est-ce que tu m’as écouté ?"

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Meredith O'Farrell
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Ven 21 Fév 2014 - 11:50

Si son truc sonore aussi affreux que douloureux ne peut pas m'être utile, tout du moins dans mon bar, je me rends que, quand même, il pourrait être vachement efficace dans d'autres circonstances. Je me demande même s'il pourrait pas péter une vitre ou deux si on monte le volume encore plus fort.
Ou, mieux encore, quelques tympans. Mais bon, je ne suis pas venue là pour ça et je m'empresse de donner plus de détails à la gamine avant qu'elle ne parte dans un délire que je n'oserais même pas imaginer de moi-même.

"Des cordes de piano ? Euh… t'es sûre de ton coup là ?"

Je la laisse quand même fouiner dans son bric-à-brac vu qu'elle semble savoir ce qu'elle fait. Pendant que je médite sur l'utilité d'une corde de piano dans un bar, elle me lance un poing américain et j'esquisse un sourire en l'enfilant sur les doigts de ma main droite.

"Intéressant. Simple mais efficace."

Je replie ma main et je donne quelques coups dans le vide, histoire de voir ce que ça peut faire avant d'ajouter, d'un ton amusé.

"Comment t'as réussi à brûler ça dis-moi ? Je t'avoue que j'ai beau chercher, je vois pas trop ce que… à moins que t'aies baigné ça dans l'eau bénite pour que les petites caresses aux vampires aient leur petit effet. J'ai bon ?"

Ce serait bien le genre de la gamine et, si c'est bien ça, je trouve l'idée particulièrement ingénieuse. Je tapote pensivement le poing américain alors que Kelly revient avec sa fameuse corde de piano. Réprimant mon sourire en la voyant s'agiter devant moi, je l'écoute quand même avec attention, comme une élève devant un prof particulièrement intéressant.

Devant sa démonstration face à la bouteille, j'ai une moue avant de répondre, pas vraiment convaincue.

"L'idée est bonne, je dis pas. Mais la bouteille se débat vachement moins qu'un vampire et, surtout, n'a pas du tout la même force. J'ai peur que ça me pourrisse ma partie de tarot. Mais le coup de la croix sur la corde, c'est pas bête. Et à part ton aspergeur sans munition pour les calmer, t'as pas autre chose sous le coude ? Venant de toi, ça m'étonne."

Elle embraie sur nos congénères lycans et alors qu'elle repart dans ses recherches, je finis par capter ce qui se dit à la radio. Je jette un regard à l'arme que me présente alors Kelly mais, alors qu'elle commence son petit discours, tout se mélange petit à petit dans mon esprit.

Je crois alors qu'elle finit par me poser une question et je cille, réussissant tant bien que mal à déglutir alors qu'elle attend visiblement une répartie intelligente.

"Euh… hein ?"

Bon, c’est raté, encore une fois. Secouant légèrement la tête, j'ajoute, d'un ton indécis.

"Euh tu m'as parlé de Chuck Norris, d'éléphants, de tétrazépame et de McDo… mais je t'avoue que là, de suite j'ai un peu de mal à faire un lien entre tout ça. Mais je pense que Julia devrait aussi arrêter de se faire claquer les fesses. Ou de les claquer, j'ai un vieux doute. Ou alors, tout le monde devrait s'y mettre mais perso, c'est pas dans la liste de mes fantasmes à court terme, j'avoue. Ni le coup de la cire sur les tétons. Bref… on parlait de quoi déjà ? Je suis paumée."

Non mais vraiment, j'ai totalement décroché du sujet original, l'esprit totalement embrouillé par ce mélange de discussions que je n'ai pas vraiment compris.
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Kelly
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Ven 21 Fév 2014 - 23:09

Comment t'as réussi à brûler ça dis-moi ? Je t'avoue que j'ai beau chercher, je vois pas trop ce que… à moins que t'aies baigné ça dans l'eau bénite pour que les petites caresses aux vampires aient leur petit effet. J'ai bon ?

Bien entendu, la réponse était : oui et non. Elle avait déjà testé ce procédé, mais comme elle s’y attendait, il n’était pas efficace du tout.
Baigner une arme dans l’eau bénite est inutile, note ça dans un coin de ta tête. Lorsque tu baignes une arme dans un liquide non poisseux, elle dégoûte et il n’y a pas assez de liquide pour que ça ait la moindre efficacité.

Non, en réalité, ce poing américain était une relique de l’air anté-pistachéenne. C’était une arme qu’elle avait utilisé le jour où elle a été atteinte de lycanthropie. Mais comment expliquer les faits à Meredith sans prendre trop de temps ? Sa cible était un lycan massif qui avait le gênant défaut d’être paranoïaque. Kelly, alors habituée à la méthode douce du poison - ou tout autre procédé discret - avait finit par se faire repérer par sa cible. Le lycan avait en quelque sorte perdu le contrôle et s’en était prit à la gamine dans une rue déserte que la Pistache avait sciemment choisie pour son attaque.

Elle pensait mettre une pastille de phosphore dans sa poche pour que, une fois son enveloppe fondue sous la chaleur estivale, le reste s’enflamme et brûle la victime, mais elle devait presque frôler le lycan et, l’ayant bousculé, il advint que sa cible ne supporta pas suffisamment son traitement hormonal contre le cancer des testicules et fut prise d’une magistrale colère.

Kelly, par réflexe, s’était défendu avec efficacité, ce qui avait fait comprendre au lycan qu’il n’avait pas affaire à un simple enfant. En bon paranoïaque recherché par des organisations fanatiques anti-lycans, il s’était jeté sur la gamine, dont la souplesse l’avait supplanté. S’ensuivit une poursuite dans un bâtiment en construction et Kelly le sema. Mais le lycan disposait de sens beaucoup plus développés et il eut l’avantage. Sa tactique était de se placer un étage au dessus, au niveau d’un balcon et, caché derrière des bobines de cuivre, d'attendre qu’elle passe en contrebas pour lui sauter dessus.

Le hasard des choses voulu que le niveau où se trouvait Kelly n’était un véritable étage mais un inter-étage, qui devait notamment abriter le système de ventilation, les câblages, etc. La surface de soutient était donc un contre-plaqué. Un contre-plaqué solide, mais un contre-plaqué tout de même. Aussi, lorsque le lycan se jeta sur Kelly, le tout céda sous le poids des deux individus. Kelly, par chance, n’eut qu’un bras cassé.
Le poing de ce bras été armé du fameux point américain.

Le lycan, avec la hauteur de son saut et son poids, s’était empalé sur le poing américain, ce qui ne lui aurait pas été fatal si celui-ci n’était pas en argent. Les entrailles lui brûlant de l’intérieur, il se débattit un long moment contre Kelly, lui mutilant l’oreille, et elle n’arriva pas à retirer son bras de la bête mourante. La fin fut donc longue, embarrassante, un peu comme après que mémé ait signé son testament. Les morceaux d’intestins fondus s'étaient irrémédiablement collé à la surface de l’argent.

Hum… Disons que j’ai fais une césarienne sans le faire exprès.
… C’était vraiment pas ma faute !

Pour une fois.

Meredith fut moins convaincu par l’idée du collier ou du pulvérisateur, mais lorsqu’elle lui fit part de ses impressions, Kelly était déjà sur l’autre front. Ça n’avait pas d’importance, elle avait d’autres tours dans son sacs ; elle pourrait bien revenir sur les buveurs de sang plus tard.

Cela dit, la présentation de son adoucissant à toutou n’eut pas l’effet escompté. Meredith semblait avoir du mal à faire abstraction d’Eliza imitant l’orgasme de Julia sur la machine à laver à plein régime. Kelly ne lui en voulait pas du tout, elle avait tout son temps.

Oh, ça ?
Elle se dit tout de même qu’il serait plus sage de stopper toute source de distraction afin de ne pas la disperser.
Quand je pense que je t’ai cru quand tu disais acheter tout ce suif de bœuf pour graisser ton moteur ! et les gants ? Je suppose que tu n’as jamais récuré le filtre d’aération comme tu le disais ! Je te préviens, si c’est toi qui étais à l’origine de mes tampons qui disparaissZIP !
Voilà. Elles pourraient parler en toute inti… Tranquillité.

Désolé mais, maintenant que j’ai découvert comment envoyer des messages à partir d’un cellulaire à distance, ce genre de blagues est devenu mon pécher mignon.

Donc, je disais : un pistolet qui peu injecter un liquide dans la peau jusqu’à cinq centimètres de distance, quelque soit la dureté de l’épiderme, un anticoagulant qui fluidifie le sang pour que le composé agisse plus vite, un mélange comprenant du célèbre nitrate d’argent pour inhiber la lycanthropie ET donc, entre autres, la résistance aux drogues, et enfin, un sédatif pour assommer la bête. Il faut environ trente secondes pour que ça agisse, mais elle sera concrètement neutralisée au bout de dix.


Elle laissa à Meredith le temps de réfléchir et de proposer des objections/suggestions.

Et maintenant, comme tu ne sembles pas très emballée par le pulvérisateur anti-vampire, je dois bien pouvoir trouver quelque chose qui convient. C’est vraiment regrettable qu’ils n’aient pas de circulation sanguine, ça arrangerait bien les choses. Une fléchette à l’eau bénite, et bim ! Le voilà qui tente d’arracher ses propres veine ! Mais non. Trop bête !

J’ai bien mis au point un système qui permettrait d’injecter du plomb en forme de crucifix par injection sous-cutanée, mais pour l’instant, c’est très encombrant et j’éprouve des difficultés à le réduire. Les armes anti-vampire que j’ai sont toujours meurtrières ou très bruyantes. C’est très dur de neutraliser un vampire sans faire de vague. J’avais griffonné quelque chose sur un supertaser et je pourrai rebosser sur les ultrasons à l’occasion, mais ce que j’ai de plus probant à te proposer pour l’instant est un neurotoxique en gaz qui peut être inoculé par voie oculaire et paralyse les fonctions motrices en une minute. Atteindre directement le système nerveux est la façon la plus efficace de s’en prendre à un vampire. Tout ce qui est composé d’eau bénite ou de croix n’est pas très utile ou trop dangereux selon tes critères.


Puis, un éclaire illumina sont visage. Et un visage de Pistache éclairé n’annonçait rien de bon pour la victime de ses idées.
Elle fonça vers un réfrigérateur.

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Meredith O'Farrell
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Dim 2 Mar 2014 - 10:35

Je hausse un sourcil, un rien perplexe.

"Et bah merde, tu viens de foutre en l'air une idée reçue. Le coup de l'arme plongée dans l'eau bénite, j'étais tellement sure que c'était efficace. Mais… c'est le cas pour tout alors ou ça concerne que les armes ? Enfin, genre les crucifix, c'est du bois, ça doit boire l'eau bénite non ? Et avoir son petit effet ?"

Mes autres questions semblent la plonger dans une profonde réflexion et j'attends sagement une réponse qui, pour le coup, me laisse bouche bée quelques instants.

"Une césarienne ? Pardon ?"

J'hésite un instant, me demandant si j'ai réellement envie de savoir le pourquoi du comment de cette petite histoire, tout en fixant Kelly avec une curiosité que je ne fais même plus mine de vouloir camoufler, même un tout petit peu.

"Je me sens obligée de te demander des explications. C'était sur un être humain ?"

J'ajoute, avec un demi-sourire.

"Oh et, tu sais, quand un gamin dit que c'est pas sa faute, généralement, c'est totalement l'inverse. Tu te crames direct avec ce genre de propos."

Finalement, elle essaie de m'expliquer un super plan génial auquel je ne pige rien, mon attention un rien détournée par Julia, sa copine, son mec et je ne sais qui.  Je plisse un instant les yeux, mon regard passant de là radio à là demoiselle et je reprends, sans cacher mon amusement.

"Si je comprends bien, Julia c'est toi ? Rappelle-moi de jamais te contrarier."

Elle est vraiment terrible cette môme mais, avant que je ne me penche plus en avant sur ses capacités à dévaster un couple juste pour le fun, elle me réexplique sa petite invention. Cette fois-ci, je suis plus attentive et, autant le dire tout de suite, vachement plus intéressée.

"Oh ça, ça me plait. Pas de sang, ça calme juste les ardeurs des lycans un peut trop enthousiastes pour leur bien. Le plan idéal. Niveau technique, y a combien de munitions ? Et ça se recharge comment ? Tu l'as déjà testé en vrai ? Et là cible est neutralisée combien de temps ? Ca peut stopper une transformation ou ça la freinera juste le temps où elle sera dans les vapes ?"

Kelly embraie sur les vampires et le moyen de les neutraliser. Comme je m'en doutais, à part l'eau bénite, les moyens de calmer les suceurs de sang ne courent pas les rues. Elle me parle de plomb et de crucifix et ma tête pas franchement convaincue doit parler d'elle-même, pas besoin que j'en rajoute une couche. De toute façon, avant que j'ai le temps de dire quoi que ce soit, je vois son visage s'illuminer, telle une gosse qui à trouvé comment piéger le Père Noël le soir du réveillon et, une fois de plus, elle se précipite dans son fourbis.

C'te gosse fait vraiment flipper en fait…
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Kelly
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Lun 3 Mar 2014 - 21:45

- Enfin, genre les crucifix, c'est du bois, ça doit boire l'eau bénite non ? Et avoir son petit effet ?
- Et bien… Tu sais, l’eau bénite est un liquide comme les autres. Je dirais même plus : en fait, c’est de l’eau. Chimiquement. Si tu trempe de l’acier dans de l’acide, ça veut pas dire pour ça que tu pourras faire fondre les gens. A moins que ta croix soit toute mouillée… Et en plus, en temps que croix, je pense qu’elle est déjà efficace en soit pour cramer du bouffeur de sang.

Kelly savait pourquoi l’on imaginait aussi facilement de telles combinaisons. L’eau bénite, était, et bien… Bénite ? Son caractère sacré faisait grande autorité dans l’esprit de tout un chacun. Sa théorie, c’était que la religion n’avait rien à voir dans tout ça. En fait, la religion n’avait rien à voir dans le sacré. Elle n’était qu’une broderie faite autour. Le coeur, le noyau dur, était le sacré : l’implacable terreur superstitieuse de ce qu’il ne fallait pas toucher. Si les vampires brûlaient sous l’eau bénite, c’est parce que les foules y avaient cru pendant des siècles. Les mystères cauchemardesques prenaient racine dans la réalité. Alors, de là à penser qu’il suffisait d’en badigeonner un petit peu n’importe quelle arme pour la rendre encore plus meurtrière, il n’y avait qu’un pas vite franchi.

Cela dit, scepticisme de Meredith revenait au galop lorsque la Pistache lui résuma très succinctement sa mésaventure avec un lycan.
- Je me sens obligée de te demander des explications. C'était sur un être humain ?
- Pas exactement. Un lycan mal léché s’est empalé sur moi alors que je portait ce truc. Les tâches que tu vois, elles viennent de son système digestif.
Donc, tu vois ? C’était vraiment pas ma faute.
” Répondit-elle avec un sourire qui se voulait faire amende honorable.

Quant à Meredith, elle était tout de suite beaucoup plus impliquée quand elle écoutait. La voilà qui posait toute une foule de questions sur la petite arme de Kelly.
Oui, je l’ai testé une fois. Mais je dois t’avouer que je  n’ai pas eu l’occasion de découvrir combien de temps ça durait. C’était juste pour qu’il arrête de bouger. Le pistolet a une capacité de 10 fléchettes. C’est que c’est plus gros que des clous, c’est trucs ! Néanmoins - comme on dit - la cadence est de un coup toutes les deux secondes, le temps de réamorcer les gazs, ce qui n’est pas trop mal. La cible est neutralisée en une minute maximum et, bien évidemment, ça stoppe totalement la transformation, le lycan ayant de l’argent partout dans le système sanguin et donc dans le cerveau.

Tout en parlant, elle fouillait dans son réfrigérateur. On entendait des cling et des clang, un pchit et un glouglou. C’est en effet avec deux limonades qu’elle revint s’asseoir, mais pas seulement.
J’avais complètement oublié ce truc. Il faut dire que j’avais prévu d’utiliser ça en mission, mais que la dernière fois où j’ai eu l’occasion de le faire, j’ai rencontré une jeune femme sur les docks. On aurait vraiment dit qu’elle était du genre de celles qui traînent seules dans les pires quartiers juste pour se faire violer. Enfin bref, le principal problème, c’est que tu dois le conserver au frai. Mais je me suis dis : foutre de Zeus ! Les barmaids, bien sûr qu’elles ont des congélateurs ! Ça fait partie du matos !

Après avoir donné une des limonades à Meredith, elle déballait quelque chose d’un entremêlement de sachets plastiques transparents. Quelque chose de blanc. De la glace. Bientôt, c’est un pieu de glace que Kelly brandissait victorieusement sous les yeux de sa comparse.
Ce que tu m’as dis à propos de l’eau bénite, c’est ce qui m’y a fait souvenir. Si ça sert à rien, tout du moins à pas grand chose, d’en mouiller des objets, on peut bien faire des objets avec ! Hein ? Tu vois l’espèce de rainure au milieu ? C’est une faiblesse. Je sais que t’es pas très fan à l’idée de nettoyer du sang dans ton bar, mais un vampire, c’est costaud : il en faut plus pour le tuer. Cette petite pique n’est pas très dangereuse, mais une fois bien enfoncée dans ta victime, ses gesticulations la brise en deux à ce niveau. Comme du papier toilette ! Et ton nuisible se retrouve avec de l’eau bénite qui lui fond lentement à l’intérieur. Tu n’imagines même pas à quel point ce genre de truc est difficile à déloger. Niak niak niak !
Le rire sardonique de Kelly était pour le moins perfectible, mais la glace commençait à fondre dans son moule, aussi la remballa t-elle.

Je ne sais pas si j’ai autre chose en réserve, mais de toute façon, je découvrirait bien de nouvelles techniques incessamment.

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Dernière édition par Kelly le Sam 15 Mar 2014 - 14:41, édité 1 fois
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Meredith O'Farrell
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Sam 15 Mar 2014 - 10:06

La réponse de Kelly ne fait que me conforter dans l'idée que les trucs plongés dans l'eau bénite n'ont pas l'air d'avoir une grande utilité.

"Bon bah au moins, ça m'évitera d'avoir à m'échiner à chercher un prêtre qui me filera de l'eau bénite en douce. Pas dit qu'on trouve ça facilement, même à Galway et même avec toute la bonne volonté du monde."

D'autant que ça fait des années que j'ai pas remis les pieds dans une église. Allez savoir pourquoi, le fait d'être devenue une des ces créatures que certains bigots du coin rêveraient de cramer sur un bûcher ne doit probablement pas aider. De toute façon, j'avais jamais été vraiment pratiquante, je faisais ça par habitude et parce qu'on me filait du fric aux grandes occasions quand j'étais môme.

La gamine finit par changer de sujet à une vitesse folle. Je la fixe un instant, me demandant si les pensées se bousculent au même rythme dans son esprit et, après quelques secondes, je me dis que ça doit être pire là-dedans en fait. Elle doit pas être toute seule même à mon avis, mais ça lui confère un certain charme. A sa réponse sur sa césarienne forcée, j'ai un sourire amusé et je hausse les épaules.

"Ah ouais, il est tombé tout seul par accident dessus et paf, ça a fait des chocapics ? Ou un truc du genre ? Tu es donc l'innocence incarnée, je vois."

Quand elle me sort sa petite arme, là, je deviens brusquement une bonne élève. Faut dire que c'est tout à fait le genre de truc que j'aimerais avoir sous mon bar, là au moins je sais que ce sera pas moi qui verserait le premier sang.
Bon, autant être honnête, une fois que le gars se sera remis de sa fléchette, pas dit que je me prenne pas une beigne ou pire encore. Mais bon, ce sont les risques du métier comme on dit. Alors je me renseigne sur les détails du petit gadget et Kelly me répond de bonne grâce. Je hoche doucement la tête, la mine un rien pensive alors que je l'écoute attentivement.

"Dix fléchettes ? Ca me parait bien. De toute façon, si j'ai autant de monde à devoir neutraliser dans mon bar, m'est avis que ton gadget me servira plutôt à me stopper moi pour ne pas devoir assister au massacre qui suivra. Me faudrait tet un système d'alarme pour avertir les copains tiens quand j'y pense. Au cas où on ait un débarquement du genre. Un truc moins bruyant que ce que tu nous a sorti tout à l'heure par contre, voire une alarme silencieuse en fait, ce serait mieux."

Je la vois alors se relever et j'ai un soupir compatissant à ses propos.

"Non mais les docks, faut pas chercher, y a que des décérébrés en mal de sensations fortes qui se baladent par là-bas. Enfin, je dis pas ça pour toi. Te connaissant, tu avais encore un plan machiavélique que tu voulais appliquer. Je pensais plutôt aux simples humains."

J'attrape alors la limonade qu'elle me tend et je l'ouvre, la fixant avec curiosité.

"Et oui j'ai un congélo. T'imagines un bar sans glaçon ? Ca la foutrait mal quand même."

Pas le temps de demander pourquoi qu'elle me dévoile sa nouvelle idée. Je fixe le pic et je lâche, avec un sourire.

"Je sais pas si c'est complètement dingue ou complètement génial. Le truc qui laisse absolument aucune trace quoi. Et je me dis que je suis assez costaud pour arriver à planter ça sur un vampire. Enfin, j'espère sinon j'aurais pu qu'à l'agiter en espérant l'effrayer et en faisant yahaaa… ce qui, je te l'accorde, ne servira probablement à rien d'autre qu'à le faire éclater de rire mais ça pourrait faire diversion… Bref…"

J'avale une gorgée de limonade, jetant un regard aux alentours. Mine de rien, y en a des trésors dans le coin en fait.
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Kelly
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Sam 15 Mar 2014 - 15:44

Meredith semblait satisfaite du lance fléchettes, ce qui était un bon point. Elle pouvait se gratter pour un emballage cadeau - principalement parce que le seul truc que Kelly emballait était les bombes - mais elle lui laisserait le prototype en attendant d’avoir put concevoir un petit quelque chose de plus abouti. Elle avait quelques détails à régler pour rendre l’arme plus performante. Et puis, un petit pointeur laser ne serait pas de refus. Il n’était pas dit que les barmaids aient une formation au maniement d’une arme de poing. Quoique, dans la Horde, elle s’attendait à tout.

Néanmoins, lorsqu’elle lui annonça que l’Eventreur n’avait pas de système d’alarme silencieuse, Kelly fit les yeux ronds. Quelque chose qui lui paraissait aussi essentiel manquait ? A bien y réfléchir, cela n’avait rien d’étonnant. L’Undertown avait un fonctionnement assez coutumier et une petite touche d’archaïsme. Que la Pistache soit venue moderniser tout ça ne pouvait pas faire de mal, cependant, elle estimait que cela ne pouvait être une mauvaise chose de savoir se débrouiller avec aussi peu de moyens. Après tout, le KGB était bien revenu à la machine à écrire pour parer l’espionnage numérique et la méthode s’était avéré très efficace. C’était un point fort de L’Undertown qu’il ne fallait pas négliger, mais rien n’empêchait de faire aussi usage des points forts que comportaient les nouvelles technologies.

Queuah ? T’as même pas ce genre de truc dans ton bar ? Mais, mais… Mais c’est pourtant la moindre des choses ! Je comprends mieux pourquoi tu es venu me demander des jouets.
Écoute. Tu sais ce qu’on va faire ? Je vais t’installer quelques trucs qui te seront utiles. Genre, des micro-caméra haute définition devant l’entrée et aux endroits où il y a le plus de risque de bagarre. Ça te permettra d’avoir des preuves solides en cas de pépin et de régler les problèmes mineurs en parfaite légalité.
Pour ce qui est des cas un peu plus… Corsés, tu auras un bouton d’urgence, le genre de truc discret placé sous le zinc et qui préviendra directement l’Undertown. Je vais aussi bricoler un soft qui prévienne par SMS ou par mail tous ceux qui sont géolocalisés le plus près, pour qu’ils interviennent rapidement. Ça permettra aussi au magicien de préparer de quoi faire disparaître les cadavres éventuels et ça prévoira une diversion à l’autre bout de la ville pour tenir la police en haleine si tu en as besoin.


Kelly finit sa limonade cul-sec et eut pendant quelques secondes une drôle de tête à cause des bulles, ce qui lui donna l’air d’avoir un bugg. Son petit bout de museau frémit un instant et elle rota. Ce que Meredith lui disait à propos de la façon de se servir du pieu de glace conforta la lycanne dans l'idée qu’elle n’avait pas subie de formation au combat. Rapproché tout du moins. Kelly eut comme une envie de la rassurer, de lui donner des tuyaux.

Oh tu sais, la plupart des vampires sont complètement cons, pour la simple raison qu’ils sont immortels et deviennent de plus en plus costauds avec le temps. Ce qui les conduit à ne plus faire aucun effort et ils finissent comme des larves. Alors quand y en a un qui te cherche, il y a de grandes chances pour qu’il soit très fort mais qu’il ne sache pas du tout se battre. Surtout que, la plupart du temps, ils n’ont pas peur des blessures, et donc ils ne savent pas se protéger non plus.
Le truc, c’est qu’il ne faut jamais se la jouer menace avec un vampire, tout simplement parce qu’il a des plus grands crocs que toi. Alors, à moins que tu te transformes - et j’ai crus comprendre que c’était mauvais pour tes affaires - lui montrer les dents ne lui fera aucun effet. De peur, aucun effet de peur. Ouais, je dis pas que t’as pas de jolies dents, hein ? Au contraire, elles sont très belles, comme le reste de ton visage d’ailleurs. Mais si tu veux vraiment être efficace, il ne faut pas qu’ils te voit venir. Et surtout, ne jamais, jamais montrer ta peur. Tu sais très bien qu’ils la sentent. Bon, ça nécessite quelques exercices de self-control, mais tu peux maîtriser tes flux hormonaux pour tromper une créature de la nuit. D’ailleurs, tu peux même jouer de tes charmes. Les vampires, parce qu’ils sont plus forts, pensent toujours qu’ils pourront sans conséquence prendre ce qui leur plaît. C’est pour ça qu’ils sont souvent à l’origine des bagarres.
Alors tu t’approches du trouble-fête, et tu la joues relax, genre la fille conciliante, qui est d’accord avec lui, qui est facile d’approche, bref, la femme-objet. C’est un peu pareil que de jouer l’enfant. ‘Oh, dis-donc, tu m’as l’air très en colère. Allé, laisse moi t’offrir une bière, t’en fais pas, ça va aller ; viens rapproche toi donc, par là, voilà. On est pas mieux là ? C’est quoi que t’as à la main ? Une chevalière ? Ah ! Une alliance ? Dis-donc, elle doit en avoir de la chance, celle qui porte l'autre ! Mais, c’est bizarre, regarde, t’as un truc sur la main, là. C’est quoi ?’
ET BLAM !!!


Kelly planta d’un coup brutal un couteau papillon dans la table improvisée. Oui, elle portait toujours un certain nombre d’armes sur elles. Simple formalité routinière. Elle se sentait nue si elle n’avait aucun moyen de neutraliser quelqu’un sans avoir à salir ses mains. Non pas qu’elle redoutait de se salir, mais elle dénotait d’une profonde attirance pour la diversité.

Tu lui plante le couteau dans sa main ! Perds pas de temps ! Il est prit de court, faut lui mettre un max de vecteurs force dans sa tronche en un minimum de temps ! C’est un vampire, il est costaud, t’en fais pas, tu peux y aller ! Prends pas de risque à hésiter ! BAM ! BAM ! BAM !

Kelly martelait maintenant la table avec le poing américain. Le bois se creusait et, par endroit, des petits motifs de crucifix se formaient à chacun des bruits sourds.

Un coup dans le nez pour la douleur ! Un coup dans les yeux pour l’aveugler ! T’as pas besoin d’être précise, dans le doute, mets lui en plusieurs. Et surtout, le plus important : faut cogner derrière la tête ! C’est là que t’auras le plus de chances de l’assommer rapidement. BAM ! BAM ! Tu sais, là où y a la petite bosse ? Si tu peux, fous lui quelques coups dans l’estomac avant ; juste en dessous de la cage thoracique ; un coup qui remonte comme un uppercut de préférence. BAM ! Comme ça, t’auras plus de facilité à lui foutre la tronche sur le comptoir et t’auras un accès dégagé vers l’arrière du crâne. BAM ! BAM ! BAM ! Si tu utilises le pieux en glace, vise les cuisses ou les reins. Évite le torse, les côtes le protègent et en plus y il a de fortes chances pour que le pieu finisse dans le cœur ou les poumons, là où il n’est pas très efficace en sommes. BAM !

Kelly se rassit bien sagement, quelques mèche de cheveux venaient barrer son visage tant elle s’était démené furieusement sur la table.
Elle ouvrir un paquet de cacahuètes.
Elle adorait les cacahuètes.

Spoiler:
 

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Meredith O'Farrell
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Dim 23 Mar 2014 - 16:37

L'histoire du lance-fléchette étant plus ou moins validée, je raconte à la gamine que je n'ai pas de système d'alarme silencieuse et, visiblement ça ne manque pas de la choquer. J'y peux quoi moi si j'ai pas pensé avant à lui parler de ce genre de trucs ? Faut dire que la sécurité, ou en tout cas la sécurité à un stade aussi élevé, n'a jamais été ma priorité jusqu'à maintenant. Ca l'est toujours pas vraiment mais je me suis dit qu'il faudrait peut-être faire un effort au vu de la position du bar vis-à-vis de l'Undertown.

Heureusement que Kelly ne semble bloquer sur rien et c'est encore d'une traite qu'elle m'annonce tout ce qu'elle va pouvoir ajouter dans le bar pour assurer ma sécurité et celle des nôtres. Je laisse échapper un sifflement admiratif et je rétorque, avec un léger sourire.

"Faudra aussi que tu m'apprennes comment utiliser tout ça. Pas que je sois réfractaire face à ce genre de technologie, mais j'ai tendance à avoir deux mains gauches dès qu'il s'agit de s'en servir."

Je retiens un rire amusé quand je vois l'effet des bulles sur la gamine et, surtout, quand je vois à quel point elle peut se montrer à la fois digne de l'ado qu'elle est et tellement adulte. Le mélange a de quoi en perturber plus d'un mais, à mesure qu'elle commence à me parler de la façon de gérer un vampire, je redeviens un rien plus sérieuse et elle finit par avoir mon attention complète. Faut dire que j'ai encore jamais eu l'occasion de me battre avec un vampire et que, bizarrement, c'est pas dans mon top ten des trucs que je rêve de faire dans les prochains mois. Il faudrait peut-être que je demande à Jaro un peu d'entrainement de ce coté-là, je me dis que ça pourrait pas me faire de mal.

Alors que je m'apprête à commenter tout ce qu'elle vient de me dire, voilà qu'elle plante un couteau sur notre petite table de salon. Je sursaute et je la fixe, les yeux écarquillés, levant un index pour dire quelque chose sans succès.
Je finis par poser ma main sur le couteau, le tapotant nerveusement avant de le détacher de la table et de le regarder avec attention.

Avant même que je n'ai le temps de dire quoi que ce soit, je me rends compte qu'elle s'est mise à marteler la table et le vide avec son poing américain, avec une dextérité surprenante. Je sursaute à chacun de ses coups et il me faut quelques secondes avant de retrouver la parole, ce que j'essaie de faire avec une assurance que je n'ai absolument pas.

"Donc… si je résume bien. Je fais ma potiche, ma séductrice ou que sais-je encore pour retenir son attention et, si ça marche pas, je sors un couteau d'on ne sait où et je plante avant de le tabasser ? Tiens, si je le planquais dans mon décolleté, ce serait déconne… et surement très douloureux. Hem… Bref…"

Je laisse filer un instant, jouant toujours avec le couteau avant de lâcher, d'une voix pensive.

"Je me disais un truc… Tu veux pas me filer des cours de self-défense en fait ? Enfin, une fois que t'auras installé tout le bardas au bar, se faire une session en live, sur les lieux du crime, tout ça tout ça. Histoire que je sache comment gérer au véritable endroit."

Oui, oui, je demande des cours à une gosse de même pas 15 ans. Certains me demanderaient où est passé mon amour-propre et je leur répondrais qu'au vu de la gamine et de l'univers dans lequel on vit, c'est vraiment le genre de détails qui me passe largement au-dessus de la tête.

Spoiler:
 
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Kelly
Lycanthrope
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MessageSujet: Re: Le pistashop   Sam 5 Avr 2014 - 12:53

- Faudra aussi que tu m'apprennes comment utiliser tout ça. Pas que je sois réfractaire face à ce genre de technologie, mais j'ai tendance à avoir deux mains gauches dès qu'il s'agit de s'en servir.
- Oh, je m’en fais pas pour ça. Les hommes n’ont jamais aussi rapidement compris les principes d’Edison qu’en branchant des pinces crocodiles aux couilles de leurs congénères. Tu t’y feras assez vite.


A chacun sa vitesse d’adaptation. On avait beau dire, Kelly était tout de même capable de rendre certaines inventions tout à fait accessibles au grand publique. Il ne fallait pas être un génie pour appuyer sur une gâchette et délivrer une dose de tranquillisant sous forme pointue. De même, la stupidité crasse des nouvelles générations ne les empêchait aucunement de contrôler avec une certaine aisances les nouvelles technologies prévues pour la masse.

Mais on était dans la capitale des vieux-jeux, et l’évolution n’était pas vraiment le maître mot de ses habitants. Tant pis. L’on faisait partie de la Horde, l’on devait savoir s’adapter. La Pistache savait adapter les gens à grands coups de pieds au…

- Donc… si je résume bien. Je fais ma potiche, ma séductrice ou que sais-je encore pour retenir son attention et, si ça marche pas, je sors un couteau d'on ne sait où et je plante avant de le tabasser ? Tiens, si je le planquais dans mon décolleté, ce serait déconne… et sûrement très douloureux. Hem… Bref…
Pour toute réponse, ledit décolleté subi un regard inquisiteur de la part de l’adolescente, dont le potentiel n’était encore qu'esquissé. Non pas qu’elle trouvât ce genre d’équipement attirant ou même jolie, cela avait pour elle quelque chose de fascinant : c’était quelque chose qu’elle n’avait pas. Pas encore. L’intérêt était à peu près le même que celui dont elle faisait preuve pour les malformations congénitales ou les dégénérescences liées à la vieillesse.

Ce que Kelly trouvait bien chez Meredith, c’est qu’elle avait l’air impliquée. Consciencieuse, tout du moins. La voilà qui demandait même des cours de self-defense. Kelly se leva et tâcha de mettre un peu d’ordre dans son Bagdad personnel, c’est à dire prendre des objets et les placer à un autre endroit ou dans une autre disposition.

Ouais pas de problème. Comme tu peux le voir, j’ai encore pas mal à faire dans mon antre. Mais j’y suis pas H24, hein ? Je fais d’autres trucs pour la Horde des fois, des petits boulots, je gère des maintenances réseau, je fais des calculs budgétaires, des trucs de ce genre. En ce moment, le roi des rats à l’air de planifier des trucs importants, je ne sais pas, en tout cas il ne m’a pas donné de mission importante depuis un petit bout de temps. Mais ça ne saurait tarder. Je pourrai te faire découvrir certains aspects du ‘terrain’ à l’occasion. Il suffit juste que j’obtienne de Jaro une tâche excitante, mais sans danger, ou tout du moins facilement gérable, et hop ! Tu pourras venir. Je pense qu’il ne sera pas contre l’idée que certains de ses membres s’endurcissent un peu.

Quelques tintements métalliques retentirent de là où la Pistache avait disparue une poignée de secondes, et elle en ressorti avec un masque de soudure et un chalumeau.
En tout cas, n’hésite pas à me demander si tu as encore besoin de quoi que ce soit. Maintenant, j’ai quelques tôles à découper. Tu peux rester si tu veux, il reste un truc à boire dans le frigo, près de l’imprimante industrielle, là. Je sais plus si ça se boit, mais tu peux tester à l’odeur.

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